SUD
Sl-
Si- Dominique
St-
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St-
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Sl-
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Aiidré
Pierre
Marlial
Louis
Seui'in
Bruno
Mickl
Croix
Nicolas
Eulalie
Paul
Eloi
tî
18 EPIDEMIE CHOLERIQUE
Ainsi donc : seize décès dans le mois de juin ; cent quatre-vingt-huit dans le mois de juillet; deux cent quatre-vingt-trois dans le mois d'août; quarante-un dans le mois de septembre; interruption jusqu'à la fin du mois d'octobre, pendant lequel on ne compte que six décès ; recrudescence dans le mois de novembre, oti le nombre des décès s'élève à deux cent douze; fin de l'épidémie en décembre, où il n'y a plus que cinq décès. En tout 751 décès cholériques : 528 dans la P® période et 223 dans la 2"'*' période.
Ces chiffres se subdivisent comme suit, relativement à l'âge et au sexe et à la condition sociale :
Hommes 344 Pauvres 636
Femmes 308 Gens aisés. ... 99
Enfants 99 Riches 16
Les sept cent cinquante-un décès cholériques se partagent de la manière suivante quant aux quartiers auxquels ils se rapportent :
S*- André....... 25
Notre-Dame ... 24
S*-Pierre 18
S*-Martial 48
S*-Louis 75
S*Seurin 55
S*-Bruno....... 59
On comprend facilement que si j'ai plus parti-
S^-Michel....
S^^-Croix
S*-Nicolas. . . .
S*^-Eulalie...,
S*-Pauh......
S^-Éloi
culièrement constaté le nombre des décès, c'est que lui seul pouvait me donner des éléments de certitude. Quant au chiffre des personnes atteintes, on n'arrive à son évaluation approximative que par une sorte de rapprochement avec les résultats connus des hôpitaux et des hospices.
Si par exemple dans notre ville on calcule que, sur le nombre des cholériques admis, un peu plus de la moitié a succombé, on sera probablement dans le vrai en établissant que dans la clientèle civile le chiffre des guérisons est au moins égal à celui de la moitié des malades. Nous aurions ainsi pour Bordeaux un total approximatif de QUINZE à SEIZE CENTS cholériqucs, et de dix-huit à DIX-NEUF CENTS cu j ajoutaut le chiffre connu des hospices et des hôpitaux.
Ce n'est certainement pas une proportion bien effrayante pour une population de 123,854 habitants {recensement de i85i); cependant, il faut tenir compte de cette circonstance, que s'il y a eu des cholériques à peu près dans tous les quartiers de la ville, c'est plus spécialement dans les faubourgs des Chartrons, de Sainte-Croix et de Saint- Nicolas que le fléau a exercé ses ravages! on a compté cent soixante-treize décès dans ce dernier arrondissement, dont les limites sont assez restreintes, ce qui, d'après notre calcul, fait supposer au moins trois cent cinquante malades ; or, n'esi-
20 ÉPIDÉMIE CHOLERIQUE
ce pas un chiffre assez imposant pour expliquer l'espèce de terreur qui s'était emparée de la population de Saint-Nicolas, sur laquelle sévissait à la fois la fièvre typhoïde, la dyssenterie et l'épidémie cholérique?
Mais laissons un instant la grande ville, pour jeter un coup-d'œil sur la marche du choléra dans le département de la Gironde, et pour en apprécier les effets dans les diverses contrées oti il s'est montré.
Ces contrées sont au nombre de vingt : La Bastide, Montferrand, Bourg, Saint-Ciers de Canesse, Lafosse, Saint- Vivien , Saint-Christoly, Saint- Savin, Libourne, Saint-Macaire, Langon, Pujols, Barsac, La Brède, Mios, Biganos, Le Teich, Mestras, Gujan et La Teste.
La Bastide. — Ce bourg, situé sur la rive droite de la Garonne , en face de Bordeaux , auquel il est relié par le pont, peut être considéré comme une de ses dépendances, tant en raison de la facilité des communications que de la fréquence des rapports commerciaux. Sa population est de 2,200 âmes. La moyenne des décès qu'on y constate, prise sur une période de six ans, est de quatre-vingt-seize par année.
Le nombre des décès du P"" juillet au 31 décembre 1849 fut de soixante-dix, dont trente hommes, dix-sept femmes et vingt-trois enfants.
Si cette mortalité, plus que doublée pendant les six derniers mois de l'année 1849, s'explique par l'influence de l'épidémie régnante, elle ne doit pas être exclusivement attribuée au choléra, car on ne compte à La Bastide que huit cas bien confirmés : trois douaniers, un marin, un postillon, un constructeur de navires, et deux femmes de peine. Dans ces huit cas, trois morts : le constructeur de navires, le marin et un douanier.
Là, comme à Bordeaux, deux périodes bien distinctes ; dans la première, cinq cas, deux morts : le marin et le douanier; dans la deuxième, trois cas, un seul décès : le constructeur de navires. C'est même par ce dernier que débuta la seconde période épidémique dans le département de la Gironde. Lorsqu'il mourut le 26 octobre, après douze heures de maladie, personne ne voulait croire qu'il eût succombé au choléra, car depuis le 15 septembre on n'en avait constaté aucun cas, ni dans Bordeaux, dans ni les environs; mais, dès le surlendemain de la mort de ce malade, plusieurs autres cas s' étant manifestés dans la vihe de Bordeaux, le doute ne fut plus permis.
MoNTFERRAND. — Communc de 8 à 900 âmes, située aussi sur le littoral de la Garonne, à 12 kilomètres de Bordeaux : deux cholériques, deux morts.
On était en pleines vendanges, aux premiers
22 ÉPIDÉMIE CHOLERIQUE
jours d'octobre, lorsque deux hommes, jeunes et bien constitués, furent pris tous les deux à la fois d'accidents cholériques auxquels ils ne tardèrent pas à succomber. L'effroi se répandit instantanément dans la contrée ; et même plusieurs propriétaires s'en éloignèrent; mais ces deux cas furent les seuls et la mortalité de cette commune ne dépassa pas de beaucoup, pendant le dernier semestre de 1849, les limites de la moyenne ordinaire.
Bourg. — Petite ville de 2,300 habitants, située yis-à-yis le Bec-d'Ambès, sur la rive droite de la Dordogne. Le choléra s'y est montré dans les premiers jours d'août 1849 et a disparu vers le 25 du même mois pour ne plus y revenir. Durant cette période de vingt à vingt-deux jours, quinze personnes furent prises d'accidents cholériques, sans dérangement préalable : sept furent très-malades, quatre succombèrent. Sur ces quinze personnes, toutes de l'intérieur de la ville, car la campagne fut complètement épargnée, on compte huit femmes, cinq hommes et deux enfants. Pour les quatre décès : un homme et trois femmes. On voit qu'ici, à l'inverse des autres localités, la maladie a surtout sévi chez les femmes. C'est une différence qu'il est bon de signaler, sans toutefois avoir la prétention de l'expliquer, car les habitudes y sont les mêmes que partout ailleurs, et ton-
tes les femmes qui ont été atteintes Aàvaient dans des conditions hygiéniques diverses.
Saint-Ciers-de~Canesse. — Bourgade située près du littoral, entre Bourg et Blaye; elle a 850 à 900 habitants. Le choléra s'y est déclaré, le 20 juillet 1849, sur un employé des bateaux à vapeur du bas de la rivière. Depuis cette époque jusqu'au 30 août, on compte huit cas : cinq hommes, deux femmes et un enfant; sur lesquels trois décès : deux hommes et une femme.
Ces huit individus, qui jouissaient d'une santé parfaite, ont été frappés subitement; trois appartenaient à la classe pauvre, les cinq autres étaient des artisans aisés.
Saint-Savin, Saint- Vivien, Lafosse et Saint- Christoly. — Ces quatre communes limitrophes sont placées dans l'intérieur des terres, où elles se rapprochent des confins du département de la Charente-Inférieure.
Presque tous les habitants de ces quatre communes, pendant les mois de juillet et d'août 1849, ont été atteints de la cholérine, à des degrés divers. Cette affection a surtout fait de nombreuses victimes parmi les enfants en bas-âge. Mais on ne signale que deux cas de choléra bien confirmés dans la commune de Saint-Savin : une femme et un homme de la même famille , qui tous deux sont morts après quelques heures de maladie.
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LiBOURNE. — C'est la plus importante de toutes les petites villes du département. Les rues y sont larges et tenues très-proprement ; les habitations généralement saines ; les vivres de bonne qualité; enfin elle est placée dans les meilleures conditions hygiéniques. Aussi le choléra n'a-t-il fait qu'y paraître, car sur une population de près de 8,000 habitants, on ne compte que huit cas bien constatés.
La moyenne des décès de la ville de Libourne, calculée sur une période de six années, est de vingt par mois. Dans le dernier semestre de 1849, il y eut environ trente-deux décès par mois, soit cent quatre-vingt-quinze, dont soixante -trois hommes, soixante-quatre femmes et soixantehuit enfants.
Sur ce nombre, cinq décès seulement sont attribués au choléra : quatre hommes et une femme; mais ce qui a surtout grossi le chiffre des décès pendant ce semestre, c'est la dyssenterie qui, depuis le mois de juillet jusqu'à la fin de novembre, n'a cessé de régner dans Libourne et dans ses environs avec la plus grande intensité.
Saint-Mac AIRE. — Quatre cas de choléra seulement ont été observés dans cette petite ville, située vis-à-vis de Langon, sur la rive droite de la Garonne. Le premier de ces cas se manifesta vers la fin de juin, sur un marin qui avait éprouvé les
premiers symptômes au moment de son départ de Bordeaux et qui mourut quelques heures après son arrivée. Les trois autres cas se déclarèrent peu de jours après sur trois jeunes femmes, qui vivaient dans l'aisance et qui, toutes trois, moururent très-promptement.
Pendant les mois de juillet et d'août, un grand nombre de personnes furent atteintes de la dyssenterie qui fit dans cette contrée d'assez nombreuses victimes.
Langon. — Un seul cas de choléra, qui fut suivi de mort; mais la mortalité ordinaire de cette petite ville fut plus que doublée, pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre 1849, par une épidémie de dyssenterie qu'on peut appeler cholériforme , à cause des symptômes particuliers qui la caractérisaient et de la cyanose qui survenait ordinairement vingt-quatre heures avant la mort.
Barsac et Pujols. — Le choléra se déclara en même temps, au commencement du mois d'août, dans ces deux communes presque limitrophes , et n'y cessa ses ravages que vers la fin du mois de septembre. On estime que le nombre des cholériques, pour ces deux communes, fut de trentecinq à quarante, sur lesquels seize morts ; cinq à Barsac : trois femmes et deux hommes ; et onze à Pujols : quatre femmes, six hommes et une
petite fille de douze ans. Le nombre des décès, pendant le dernier semestre de 1849, fut de quatre-vingt-sept pour ces deux communes , ce qui est à peu près le chiffre moyen de la mortalité de chaque année.
On voit, d'après cela, que dans cette contrée, comme dans toutes celles où le choléra. a sévi, il n'a pas seul contribué à l'augmentation de la mortalité, et qu'il a certainement fait moins de victimes que n'en faisaient, en même temps que lui, la fièvre typhoïde et la dyssenterie.
La Brède, — Vers la fin du mois d'août, le choléra se déclara, à La Brède ; huit personnes en furent atteintes : cinq femmes et trois hommes ; trois moururent : deux femmes et un homme. Le dernier cas eut lieu le 16 septembre, et depuis cette époque l'état sanitaire ne parut pas moins favorable que les années précédentes. Sous ce rapport, cette commune fait exception à toutes les autres, car il n'y en a pas une seule dont le chiffre de la mortalité, pour six mois, n'ait dépassé de plus de moitié celui de la moyenne annuelle.
La Teste. — C'est une petite ville de 3,000 âmes, située à l'extrémité sud-ouest de la Gironde; le canton dont elle est le chef-lieu est borné au nord par le bassin d'Arcachon sur le bord duquel elle est placée ; à l'est par les cantons de Belin et
d'Audenge; au sud par le département des Landes; à l'ouest par l'Océan. Ce territoire n'est qu'une vaste plaine sablonneuse, doucement inclinée vers le bassin d'Arcachon. Très-peu fertile dans l'intérieur des terres, où cependant, depuis quelques années, on se livre avec succès à la culture du riz, il le devient davantage en s' approchant du littoral du bassin, où des dépôts maritimes, ainsi que des engrais apportés par la main des hommes, ont sensiblement amélioré la couche végétale.
Le choléra se déclara dans la ville le 2 juillet 1849, puis il cessa dans les premiers jours de septembre, pour reparaître le 5 novembre, et sévir de nouveau sur les trois communes du canton de La Teste jusqu'au 16 décembre, date précise du dernier cas qui y fut observé; de cette façon, pour La Teste comme pour Bordeaux, l'épidémie se trouve divisée en deux périodes de date et de durée à peu près identiques. Il y a cependant à noter une différence importante : c'est qu'il ne régnait dans le canton de La Teste aucune autre maladie concomitante, et que les fièvres intermittentes ellesmêmes qui, tous les ans, à cette époque, affligent cette contrée, semblaient exceptionnellement la respecter cette année.
Pendant la première période, l'épidémie se renferma, pour ainsi dire, dans la ville de La Teste,
oti elle sévit sur près de deux cents personnes, dont quatre-vingt-six succombèrent.
Les vingt-trois premiers jours du mois d'août donnèrent à eux seuls trente-huit décès, ce qui est à peu près le chiffre qu'on atteint, année commune, en sept mois.
Pendant la deuxième période, sur un chiffre approximatif de quarante-cinq à cinquante malades, il n'y eut que dix-neuf décès.
D'où il suit que du P"" juillet au 31 décembre 1849, on observa dans la ville de La Teste deux cent quarante à deux cent cinquante cas de choléra, sur lesquels cent cinq décès, dont quarante-quatre hommes, trente femmes et trente-un enfants.
C'était un total de cent cinq décès pour six mois, lorsque le chiffre moyen des décès annuels, pris sur une période de dix ans, ne dépasse pas soixante.
Si, pendant la seconde période, l'épidémie sévissait avec moins, d'intensité dans la ville de La Teste, elle avait étendu ses ravages sur le littoral du bassin d'Arcachon, oîi elle éclatait en même temps dans les communes de Mios, Biganos, Le Teich, Mestras et Gujan, séparées les unes des autres par une distance de cinq ou six kilomètres.
Dans la commune de Mios, sur dix hommes malades, il en meurt quatre.
Dans celle de Biganos, trois femmes malades, toutes trois mortes.
Dans celle du Teich, dix-sept morts, dont neuf hommes, quatre femmes et quatre enfants, sur un chiffre approximatif de trente malades.
Enfin, dans les communes de Gujan et de Mestras, les plus voisines de La Teste, sur une population de 1,800 à 2,000 âmes, on compte cinquante décès cholériques, dont trente-trois femmes, quinze hommes et deux enfants. Sur ces décès, dix ont eu lieu dans la commune de Gujan et tout le reste dans celle de Mestras. Le chiffre total des décès dans ces deux localités avait été, pour l'année 1848, de soixante. Pour l'année 1849 il fut de cent vingt-trois, dont quatre-vingtseize pendant les six derniers mois.
Pour faire apprécier d'un seul coup-d'oeil ces divers documents sur la mortalité cholérique dans le département de la Gironde pendant les six mois qu'a duré l'épidémie de 1849, je vais les réunir dans un tableau oti seront indiqués : les noms des localités, les chiffres des décès pour chacune d'elles, le nombre des hommes, le nombre des femmes et le nombre des enfants.
L'addition de ces diverses catégories donne le chiffre total de la mortalité cholérique du département.
ÉPIDÉMIE CHOLERIQUE
lBLEAU GENERAL DE LA MORTALITE CHOLÉRIQUE