CHAPITRE III. — DE LA BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME
127. — Les organes génitaux de la femme étant composés de tissus moins étroits , moins sensibles et plus lâches que ceux de l'homme, la blennorrhagie est chez elle moins compliquée, moins intense, et plusieurs de ses symptômes ne paraissent jamais.
128. — La simple leucorrhée vénérienne, lorsque les parties sont légèrement atteintes, est si peu douloureuse, les fonctions et l'aspect des organes sont si conformes à Tétat sain , que la distinction à établir entre cet écoulement et une leucorrhée produite par la faiblesse ou entretenue parles scrofules ou la chlorose (1) est impossible, si la constitution de la malade ne vient lever quelques doutes, et si l'on ne sait qu'elle peut avoir eu commerce avec un ou plusieurs hommes infectés de syphilis. -Je crois que la découverte d'un spécifique à employer contre la gonorrhée serait plus facile, si Von pouvait reconnaître plus facilement la nature syphilitique d'une leucorrhée (2). Il serait au moins possible d'empêcher alors l'extension de cette maladie.
129. — Mais il en est tout autrement lorsque la gonorrhée est complètement déclarée. La malade éprouve
(1) La gonorrhée produite par l'onanisme est aussi lenacc que la gonorrhée vénérienne.
(2) Girlanner a indiqué plusieurs signes auxquels on peut distinguer la leucorrhée syphilitique de celle qui ne Test pas. Celle-ci ne paraît que quelques jours avant les règles et quelques jours après , et aussi chaque mois, pendant huit à quatorze jours. A mesure que le flux menstruel diminue, la leucorrhée reparaît. Les douleurs dans les lombes et le basventre^ les tiraillements dans les cuisses, la douleur des jambes, la pâleur du visage, la dyspepsie, l'hystérie, enfin la stérilité, sont autant de signes qui appartiennent exclusivement à la leucorrhée simple.
5'& Traité- des maladies vénérienne».
alors une sensation de chaleur incommode dans les parties génitales; elle est sans cesse portée au coït, il y a des érections fréquentes du clitoris. Puis , les douleurs cessent et se trouvent remplacées par l'écoulement d'une petite quantité de mucus.
130. — Les femmes éprouvent au bout de quelques jours un sentiment de plénitude, de roideur et de brûlure dans le vagin et aux grandes lèvres, lesquelles sont chaudes, gonflées el très sensibles au toucher. Le canal de l'urètre est enflammé au niveau du méat; dans les cas graves, celte inflammation s'étend à toute sa longueur. La brûlure , en urinant , est aussi douloureuse que chez les hommes. Le clitoris est très douloureux; le coït est impossible; marcher, rester assise, uriner, sont insupportables.
131. — Un écoulement acre , quelquefois sanieux, de couleur variée, est sécrété sur toute L'étendue de la surface interne du vagin et au niveau de ses muscles constricteurs, des caroncules myrtifofmes et du canal de l'urètre où le mal est le plus violent.
132. — Lorsque la malade ne peut éviter la fatigue ou toute occupation capable d'échauffer le corps ou, d'irriter les parties génitales, ou bien quand on a donné à l'intérieur des médicaments irritants, on voit paraître, comme chez l'homme, des engorgements ganglionnaires sympathiques dans les aines , des inflammations du périnée , tandis que l'écoulement diminue. Quand les conditions sont plus défavorables encore, 09 voit survenir la rétention d'urine , qui est aussi un effet de l'irritation consensuelle.
133. — Quand la maladie devient plus intense, les glandes muqueuses qui se trouvent dans l'épaisseur des grandeslèvres s'enflamment à leur tour. Elles se gonflent.