‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 17 sur 116 · TRAITEMENT DE LA BLENN0RKHAG1E CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA BLENN0RKHAG1E CHEZ L'HOMME

les sensations douloureuses de l'urètre , l'écoulement rester abondant, jaune, peu consistant. Il est alors très important d'abréger cette période, si l'on ne veut pas voir arriver une gonorrhée secondaire.

91. — Après l'usage interne des médicaments fortifiants et des balsamiques, il faut combattre (1) l'atonie de la membrane muqueuse de l'urètre avec des injections légèrement irritantes, agissant ainsi comme on le fait pour les dartres que l'on guérit avecdes vésicatoires, le coryza chronique avec des sternutatoires, et une transpiration habituelle avec un gilet de laine.

92. — Un, deux ou quatre grains d'alcali caustique ou de sublimé, mêlés à huit onces d'eau, forment la meilleure de toutes les injections, celle qui répond à tout. Il est souvent nécessaire de fixer à l'avance le degré d'irritation que l'injection doit produire sur les parties souffrantes ("2); s'il est faible, on les répétera plus souvent.

93. — Il est possible de cette manière de guérir chez tous les sujets la gonorrhée chronique, et cela dans un temps assez court; cinq à sept jours d'injection étant

(1) Ces injections iirilanles ont beaucoup de rapport avec les Tonifiants généraux; parce qu'elles déterminent l'action des libres relâchées, et mettent ces fibres aniagonislcs au même ton que celles dont toute la force a été conservée. Ces libres tonifiées agissent alors de nouveau, comme celles qui ont leur activité normale. On peut donc mettre ces irritants artificiels au môme rang que les autres toniques, que le cardamonc et le gingembre, que Ton regarde comme de puissants stomachiques, que les acides et les astringents végélaux.

(2) Il faut s'assurer aussi auparavant que le malade n'a pas une grande tendance à une irritabilité morbide, laquelle consiste dans un état de faiblesse nerveuse générale et une grande disposition aux inflammations érysipélateuses, ce que Ton peut reconnaître aux caractères propres à chaque constitution, et aussi à ce que les lésions de sensation sont restées limitées au siège spécifique de la gonorrhée.

suffisants en général 11 faut toutefois avoir la précaution de ne pas déterminer d'inflammation avec l'instrument (1), et dé maintenir le degré d'irritation dans une limite convenable, en î'atigffrêntank où la diminuant suivant le cas. Mats c'est la uh véritable chefd'œutrë , auquel uh homme ifiéxpérimrerité ne peut prétendre.

94. — Ces injection^ irritantes, convenablement appliquées , sont aussi un très bon préservatif de la gonôrrfrée secondaire, qui déperid presque toujoltrs en grande partie de la faiblesse et de l'atonie des fibres du canal de l'urètre et des vaisseaux excréteurs des glandes muci pares.

95. — 11 faut, au contraire, s'abstenir de ces moyens chez les sujets dont les symptômes inflammatoires de* la blennorrliagie soht très aigus ; chez ceux dent l'irritabilité s'excite facilement. On doit aussi les éviter quand la période de sécheresse des muqueuses se prolonge, qiie l'écoulement tarde à s'établir ; qu'il y a des menaces de stran^urie, de gonflement sympathique des testicules et des glandes de l'aine, une disposition aux abcès du périnée. Elles sont aussi contre- indiquées tant que l'écoulement reste clair et aqueux.

96. — En môme temps que l'on fait ces injections irritantes et que l'on donne les balsamiques à l'intérieur, on fait tremper souvent le membre viril dans l'eau froide, et l'on donne l'écorce de quinquina pour fortifier complètement l'organisme.

(1) On fait très bien , lorsqu'on n'emploie pas l'instrument que j'ai décrit (59) , et qu'on se sert de la seringue ordinaire , d'en choisir une dont l.i canule soit bien arrondie ù son extrémité, large dedeux ligues, couique et très évasée, de manière qu'elle ne puisse êirc enfoncée à plus d'un demi-pouce. Par ce moyen, il est impossible sans une grande incurie, de blesser les parties internes.

TRAITEMENT Dli LA BLBNNOllliUAGIE CHEZ l' HOMME. /|3

97. — Avec Ôe traitement, la gonorrhée ordinaire a une durée assez courte , et guérit sans accidents ultérieurs.

98. —Mais un résultat aussi heureux ne s'obtient pas lot/jôurs, Uhe disposition constitutionnelle, des-circonstances secondaires, engendrent souvent des symptômes graves, dont le traitement doit maintenant nous occuper.

99. — Les sujets dont la Constitution est faible, qui sont sujets à des maladies nerveuses, à des spasmes, à des inflammations violentes, sont exposés aux blennorrhagies les plus graves.

100. — La maladie ne se tient pas chez eux dans les limites de son siège spécifique ordinaire. L'inflammation s'étend dans le canal de l'urètre, à la manière des érysipèles, envahit une grande surface, pénètre profondément, et amène les accidents graves que' j'ai décrits plus haut (§23, 25) en parlant des blennorrhagies malignes. On voit apparaître alors toute la Gohorle des symptômes des gonorrhées graves, sans que le virus se soit trouvé pour cela d'une plus mauvaise nature, comme quelques-uns le croient. Une mauvaise constitution, et bien plus encore une irritabilité nerveuse maladive , en est la cause. Je caractériserai bientôt ces divers états.

101. — Les autres symptômes, qui sont bien plus fréquents que ceux dont je viens de parler : le priapisme, la cordée , les douleurs de tout le membre viril en urinant et au toucher, la rougeur de la verge, du périnée et de toutes les parties voisines , la strangurie, l'écoulement d'un ichor verdàtre ou gris, et tous les autres accidents évidemment inflammatoires , tiennent à cette disposition organique ; aussi ne faut-il jamais les combattre par des remèdesaffaiblissants et an tiphlogistiques, lesquels les aggravent toujours.

l\k TftAITJÎ DES MALADIES VJBNKMJGNNES.

102. — Les saignées répétées, les purgatifs, le nitre et lous les autres remèdes cmpiriquesle cet ordre, nuisent constamment, même quand les accidents sont essentiellement phlegmasiques; les sels alcalins, les bains et les boissons débilitantes, ne doivent non plus jamais être employés.

103. - Les dérivations produites par des irritants et des toniques donnés à l'intérieur, et appliqués à l'extérieur, rendent seuls des services ici.

104. — On peut aussi dans la même intention, lorsque ces symptômes inflammatoires locaux prennent une grande intensité, mettre un vésicatoire ou une pommade irritante sur la région sacrée. On fait en même temps laver les parties malades avec unedécoction préparée avec une partie de poudre d'écorce de chêne dans trente parties d'eau , décoction qu'on laisse bouillir pendant trois heures, et à laquelle on ajoute ensuite une demi-partie de fleurs de sureau qu'on laisse infuser loin du feu, puis un tiers d'opium dissous dans l'eau chaude. Le malade doit boire en même temps une infusion de fleurs de sureau, à laquelle on ajoute de quinze à trente gouttes de teinture thébaïque.On fait pratiquer en même temps des injections avec le liquide dont j'ai donné la formule ( §59), en ayant soin de varier la dose de sucre de Saturne suivant les circonstances.

105. — Le repos horizontal, le coucher sur un matelas dur, des couvertures légères au lit ; l'habitation dans une chambre bien aérée, pas trop chaude ; un régime (1)

(1) Quant au régime, il faut s'abstenir de tout aliment qui peut avoir une vertu diurétique quelconque : du cresson de fontaine, du persil, des pousses de houblon, des légumes flalulents, comme sont les lentilles sèches, des haricots, des pois, surtout quand ils sont assaisonnés avec du vinaigre. En général , le vinaigre et les boissons fermentées doiven être défendus, comme portant leur action sur les organes urinaires.

TRAITEMENT DE I.A. BLlïNNORRHAGIE CHEZ L'ilOMME. 45

nourrissant, légèrement végétal, composé de crème d'orge, de gruau, de sagou, de riz, de bouillie, sont aussi d'un grand secours. Des lavements composés d'assa fœtida en émulsion doivent tenir le ventre libre.

106. — Mais s'il existe une grande irritabilité morbide, que le défaut de force et une disposition idiopathique aient porté rinflammation à un degré extrême(l ), et que les accidents, sans être augmentés, ne soient cependant pas diminués, il faut donner une aulre direction au traitement.

107. —Il faut voir si la cause de cette aggravation (qui est souvent accompagnée de fièvre) ne se trouve pas dans un embarras bilieux des premières voies ; car il faudrait donner tout d'abord, et avant toute chose, plusieurs vomitifs.

108. — Les demi-bains froids et les pédiluves peuvent être également utiles; il faut les répéter une ou deux fois par jour, et les prolonger pendant deux ou trois minutes. On place aussi sur les parties malades des compresses imbibées d'eau froide (suivant en cela le procédé que j'ai indiqué pour les fomentations d'eau tiède); en même temps, on donne à l'intérieur du vin de quinquina, et quelquefois, la nuit, on le môle à de la teinture d'opium. On recourt également à lelixir acide de Mûller, dont on donne quarante gouttes par jour; ce médicament fait le plus grand bien à la fin d'un traitement. Le malade ne doit se coucher que sur le côté, jamais sur le dos. En même temps, il faut faire des injections avec un liquide qui ne soit pas trop astringent, mais qui puisse calmer rapidement l'irritation de l'urètre ; cinq à dix grains d'opium , maintenus en sus-

(1) En pareille circonstance le pouls s'accélère; il y a ««'doublement de douleur, et un écoulement clair et abondant.

pension dans une once d'eau avec la même quantité de gomme arabique pulvérisée , forment la meilleure injection à mon avis, et comme l'ont reconnu d'autres auteurs. Swécljaijr donnp le conseil de faire prendre des lavements composés cornue J'injection 4ont il vient d'être question, en ayant soin d'en donner, avant, un autre qui ait vidé l'iptestin.

109. — Tous les accidents graves cessée 4'ordinajre, lorsque l'irritation blennorrhagique revientà ses limites naturelles , c'est-à-dire à la partie de l'urètre qu'elle occupe d'une manière en quelque sorte spécifique. La maladie se trouve ramenée alors à l'état de gonprrhé,e simple, facilement curable par les efforts d,<3 la pâturé ou par un traitement bien conduit. Il faut seulement, pendant le reste du traitement, que le malade garde le lit ou au moins la chambre, qu'il popteun suspensoir, et qu'il observe un régime convenable ; autrement le mal peut s'aggraver.

1 10. — Comme il est très important alors d'avoir une connaissance complète de la nature du mal et de la constitution du malade, copiée aussi des remèdes employés, il est très nécessaire qu'un médecin vienne s'adjoindre au chirurgien chargé du traitement. C'est à lui, en effet, qu'il appartiendra de fixer la mesure dans laquelle l'opium , les vésicatpires , etc., devront être joints au traitement fortifiant.

111.-- Les sujets forts, robustes, ayant la fibre rouie et tendue, le visage brun, un tempérament vif et alerte, un caractère enjoué, une grande vivacité dans leurs mouvements , et qui sont accoutumés à une vie agitée , sont aussi ceux qui sont le plus exposés aux gonorrhjées franchement inflammatoires.

112, — Une grande fatigue longtemps soutenue , sur-

TRAITEMENT 1MÏ.J.A BLB.NNORRHAKIË CHEZ l.'flOMME. /|7

tout quand le temps est très chaud pu 1res froid ; la danse , Téquitation ; l'usage d'aliments forts et épicés (surtout qjjajud ils contiennent du poivre), des boissons irritantes ou spirjtueuses; la colère, l'habitation t]an$ une chambre trop chaude; J 'usage d'un lit trop mou, de purgatifs ? d'injections irritantes; l'emploi des J)ougies fait mal à propos, l^anisipe, l(e coït; etc., peuvent très facilement surtout chez les sujets d'une constitution irritable, transformer une gonorrhpe bénigne ei) une blennorrhagie des plus grayes, et d'un ^actère franchement inflammatoire.

113. ^ Une violente douleur en urinant, l'écoulement de quelques gouttes <ie sang après la miction, une vive douleur excitée parle toucher dans toute l'étendue de l'urètre, surtout an siège propre de la gonorrhéo, cest-à-dire à un pouce pu àuncjemi-poucedu méat(l), l'écoulement d'un ichor gris ou verdàtre, des érections fréquentes allant jusqu'à la cordée, un mouvement fébrile, sont, dans l'hypothèse du tempérament dont j'ai parlé, les signes d'accidents inflammatoires que l'on devra combattre avjcedes anliphlogistiques.

114. — Je placerai ici une autre espèce de gonorrjiée qu'on a appelée sèche, qui se déclare après un coït impur, et peqt exister pendant plusieurs semaines av^nl qu'il paraisse une goutte d'écoulement urélral, gonorrhée qui peut môme guérir sans qu'il existe aucun symptôme de suintement pendant toute sa durée. Les iij-

(1) Le signe véritablement palhognomonique auquel on puisse reconnaître que les accidents sont devenus inDaminaloircs, et ne dépendent pas de la faiblesse ou d'une disposilion aux affections éi ysipélateuses, serait, d'après Hunier, l'extension de la douleur de brûlure et de toutes celles de L'urètre au delà du siège qui leur est particulier. Aussi faul-il toujours preudre ce symptôme en grande considérai ion.

jections d'une solution aqueuse d'opium sont celles qui réussissent le mieux en pareil cas.

115. — En général, on se trouve bien d'employer contre toutes ces douleurs des bains de pieds chauds, qu'il faut donner le soir de préférence , des cataplasmes résolutifs de farine de graine de lin , de mie de pain cuite dans du lait avec un peu de safran , de bouillie de blé étendue d'eau chaude. Comme injection (1), on peut se servir avec avantage de lait chaud, dans lequel on a fait dissoudre du safran ou de l'opium. Un régime rafraîchissant, de l'eau de graine de lin, le repos le plus complet, l'usage d'un lit dur et frais, complètent la série des moyens accessoires qu'il faut employer. La saignée est rarement utile.

116. — Le priapisme, la cordée douloureuse, l'hématurie , le phimosis et le paraphimosis , nécessitent l'application de sangsues sur les parties malades; puis d?un cataplasme largement laudanisé (dans lequel on peut mettre jusqu'à cinquante gouttes d'opium), des fumigations de plantes aromatiques, et aussi l'emploi de l'opium à l'intérieur: celui-ci doit être pris le soir.

1 17. — Les mêmes moyens s'appliquent à la douleur de l'urètre en urinant, aux inflammations du périnée et à la gonorrhée sèche. On se sert souvent aussi pour in-

(1) On peut se servir, pour celte opération, du petit siphon dont j'ai parlé ( § 59 ), ou , si Ton a quelque préjugé contre lui, de la seringue ordinaire( § 92;. Toute fois il faut avoir la précaution dans ce cas d'aplatir le canal entre le pouce et l'index gauches, du < ôlé des testicules, pendant qu'on pratique l'injection avec la main droite. On empêche ainsi le virus blennorrhagique d'être repoussé par l'injection au delà du point où il est sécrété, et d'aller engendrer une nouvelle inflammation du côté de la vessie, ce qui est toujours plus dangereux. Il y a cependant des auteurs qui doutent qu'il soit possible à ce virus d'aller enflammer des parties situées au delà de ce point.

TRAITEMENT DE LA Bî.ENNORRIUGIE CHEZ l/flOMME. ft9

jection de parties égales d'opium et d'ichthyocolle, ou do gomme arabique dissoute dans seize parties d'eau à 80 degrés Fahrenheit.

118. — Le mouvement fébrile cesse de lui-même, quand les douleurs sont apaisées; de sorte qu'il n'y a rien de spécial à diriger contre lui.

119. — Si, au moment où l'écoulement diminue , ou, malgré sa persistance (§§ 28, 59), on voit les testicules se gonfler, il faut les soutenir doucement, mais assez haut, avec un suspensoir. Toutes les demi heures ou toutes les heures, on enlève le suspensoir, et Ton plonge les bourses dans l'eau froide (1) pendant quelques minutes ; on enveloppe en même temps la verge dans un cataplasme de farine délayée dans de l'eau tiède (§ il 6). Les mêmes cataplasmes froids peuvent être utiles sur le périnée ou sur les régions inguinales, lorsque, dans des circonstances analogues, les glandes de l'aine (§33) viennent à se tuméfier.

120. — En pareil cas, des injections de lait chaud, dans lequel on a fait infuser du safran ou une dissolution aqueuse d'opium, rendent les plus grands services pour ramener l'écoulement, ce qui fait que le gonflement des testicules cesse ensuite de lui-même (2). On peut dans le même but donner des lavements composés d'une drachme d'opium dissous dans une livre d'eau ; lavements qui sont aussi fort utiles contre la strangurie.

121. — Un vomitif doux, plusieurs fois répété, quand même l'estomac ne paraîtrait pas rempli de bile ou do

(1) On évite les cataplasmes chauds à cause du gonflement lymphatique des glandes.

(2) C'est six jours environ après leur apparition que le gonflement des testicules commence à se résoudre.

saburres, est d'un bon effet pour rappeler l 'écoulement, surtout si on le donne aussitôt après avoir fait usage des topiques indiqués et des opiacés pris le soir. Enfin, lorsque rien n'a réussi, quelques doses de mercure soluble ramènent l'écoulement, comme je l'ai souvent observé. L'introduction de bougies enduites d'esprit de sel ammoniacal (1) est rarement nécessaire pour ramener l'écoulement.

122. — Tant qu'on n'a pas obtenu ce résultat, on peut voir survenir tout à coup une rétention d'urine complète qui réclame les plus prompts secours. 11 faut alors joindre aux moyens indiqués (•§ 120) un demibain tiède composé de camomille et de -savon, des sangsues sur le périnée, ou un vésicatoire sur le sacrum. On évite les diurétiques aussi bien en boissons (2) qu'en aliments.

123. —S'il arrivait, ce qui est rare, que le gonflement des testicules ou celui des glandes de l'aine persistât après le retour de l'écoulement , il faudrait remplacer l'eau froide par des embrocations de vinaigre et d'esprit de sel ammoniac, ou bien faire des -frictions sur les bourses ou sur la tumeur inguinale avec de l'onguent napolitain, cherchant ainsi à obtenir la résolution de ces engorgements , aussitôt que les symptômes inflam-

(1) Il serait vraiment difficile (lorsque l'introduction de corps irritants, voire même crime bougie ordinaire, .peut amener le gonflement des testicules) de conseiller de rappeler l'écoulement par rintroduclion de bougies trempées dans du pus blennorrliagique recueilli pendant la période inflammatoire de la maladie.

(2) Si la rétention d'urine résisle malgré tout avec ses dangers parfois mortels, il faut pratiquer le cathétérisme , en choisissant de préférence une sonde de gomme élastique. Mais si le gonflement de la prostate ne permet pas de pratiquer cette opération, il faut faire la ponction de la vessie avec un trocart, ou par le rectum, afin d'éviter de léser le» vésicules séminales par la ponction latérale.

TRAITEMENT DÉ LA BLBNNOKRlUfîtE CHEZ-l'hOMME. 51

matoires sont apaisés. Mais il ne faudrait pas recourir d'abord à ces moyens, parce que la moindre irritation portée sur les glandes inguinales pourrait se transmettre au testicule, et que l'inflammation pourrait passer d'un testicule à l'autre, changements d'où il résulterait des accidents regrettables.

124. — 11 est très rare que ces engorgements sympathiques survenus dans les conditions que je suppose passent à la suppuration ; mais si cela arrive, on n'a jamais affaire qu'à un abcès simple qui n'a rien de syphilitique. S'il n'était pas de bonne nature, il le deviendrait sous l'influence de l'écorce de chêne ordonnée à l'intérieur et à l'extérieur. Les abcès du périnée arrivent souvent, mais non toujours, à suppuration quand on les bassine souvent avec une décoction froide d'écorce de chêne (95, 50) et de teinture thébaïque. Dans ce cas, l'abcès ne communique pas avecle canal de l'urètre (1), et l'urine ne coule jamais par la fistule. Le traitement doit toujours alors être simple ; il n'admet pas lesmercuriaux.

125. — Je dois parler encore du traitement de l'ophthalmie blennorrhagique , maladie .qui est une conséquence heureusement assez rare de la brusque cessation d'une gonorrhée , et qui peut amener subitement une cécité incurable (§ 2,4). Le signe le meilleur et le plus important est le retour de l'écoulement. Il

(1) Pour éviter qu'il en soit autrement, il faut ouvrir ces abcès aussitôt que possible, c'est-à-dire dès que la tumeur est devenue brillante, proéminente, et qu'on y sent la fluctuation. Si l'on néglige celte précaution, l'abcès peut s'ouvrir dans le canal, amener une fistule urinaire, toujours difficile à guérir, et qui exige l'usage interne el longtemps continué du mercure, el l'emploi des moyens chirurgicaux, surtout du calhé lérisrae pratiqué avec des sondes de gomme élastique. Le malade ne doit jamais uriner sans elles, tant qu'il n'est pas cicatrisé.

faut a cet effet mettre en œuvre tous les moyens que j'ai indiqués (§ 119, 121), excepté les fomentations froides ; il faut agir avec promptitude et énergie ; prescrire les injections narcotiques tièdes , l'emploi de l'opiuip à l'intérieur et à haute dose; enfin, quand tout a fait défaut, l'introduction dans l'urètre d'une bougie trempée dans l'esprit de sel ammoniac. Il faut en même temps bassiner l'œil avec de l'eau contenant î /1000e de sucre de Saturne, et que l'on a refroidie en y mettant des morceaux de glace. Des pédiluves et des demi-bains .tièdes, des saignées , des vésicatôires posés sûr le sacrum, la scarification de la conjonctive, les sangsues aux tempes ne doivent pas être oublié?, non plus que l'incision de la cornée, lorsqu'il s'est formé du pus entre ses lamelles. II vaut mieux cependant tâcher d'éviter cette opération en faisant #des fumigations de cinabre (1), ou en appliquant sur l'œil des cataplasmes de racine de mandragore. Quelques auteurs recommandent aussi la ciguë et l'aconit.

126. — La balanile (§39) est un symptôme très peu grave ; elle cause souvent un léger phimosis avec une sensation de léger prurit à la base du gland et au prépuce. Des lotions fréquemment répétées, faites avec une dissolution de gomme arabique , suffisent souvent à la faire disparaître assez vite. Mais si elle se montre plus profonde et plus tenace, il faut arriver à l'administration interne du mercure , comme pour les autres symptômes syphilitiques. Il faut- employer en même temps des lotions froides et astringentes.

(1) Gabriel Fallope avait déjà signalé cette maladie et son traitement par le cinabre : « Lippitudinem rebellem quœ adnatam inflammat membranam et corneam excoriât. » (De morbo gallico. Palav., 1564, vol. IV, cap. LXIX.)

DU LA. BLKNISOiUlHAGIK CHliZ LL FEMME. 53

Page 1