CHAPITRE IV. — TRAITEMENT DE LA GONORRHÉE CHEZ LA FEMME
136. — En général, la guérison de cette maladie s'obtient^ moins de frais chez la femme que chez l'homme, mais elle se fait attendreplus longtemps.
137. — On n'ï* presque rien à faire quand la gonorrhée est bénigne, si ce n'est de calmer l'irritation des organes génitaux quand elle existe , ou de les .tonifier quand ils sont affaiblis.
138. — Le traitement simple répond alors à toutes les nécessités. Aussi faut-il, huit à dix fois par jour, faire des injections vaginales avec une solution de 15 grains de sucre de Saturne et 8 grains d'opium, dans 1 once d'eau (§ 59).
(1) De Home a souvent remarqué à la face interne des grandes lèvres et des petites, aussi dans le vagin, de petits points d'où suintait une humeur aqueuse très abondante, qui pouvait faire croire à Pexistence d'une gonorrhée secondaire. Il guérissait ses malades en ouvrant ces petits conduits fistuleux, qui n'étaient autre chose que l'accroissement deglandules muqueuses suppurées.
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139. — Si celle injection n'est pas assez énergique, on peut remplacer le sel de plomb par 15 ou 17 grains de vilriol blanc dont on ne contestera pas les bons effet*. Quatorze jours de ce traitement suffisent pour guérir une blennorrhagie (1).
140. — En général , il faut oublier cette crainte ridicule de la suppression brusque d'une gonorrhée, quand elle n'est suivie ni de brûlure en urinant, ni de strangurie , non plus que d'aucun aulre symptôme. Tout moyen capable de détruire l'irritation locale et de modifier la disposition spécifique qui l'accompagne guérit la blennorrhagie.- Mais, -dira-l-on 9 faut-il donc un traitement purement local? Je répondrai oui, car le mal est lui-même lout à fait local.
141. — On doit se rappeler que ce traitement n'a pas été trouvé trop énergique pour la gonorrhée de l'homme, et qu'il le sera bien moins encore pour celle de la femme, dont les organes génitaux sont incomparablement plus lâches, plus mous et moins irritables.
142. — La forme la plus violente de gonorrhée chez la femme nécessite l'emploi d'un traitement affaiblissant ; elle se trouvera bien alors du traitement que j'ai indiqué pour celle de l'homme, à l'exception de l'émulsion de graine de lin opiacée, et des applications locales calmantes et antiphlogistiques; les douleurs insupportables dont les parties enflammées sont le siège ne permettent aucune espèce d'injection.