‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 50 sur 116 · CHAPITRE VI. — DU CHANCRE CHEZ LA. FEMME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DU CHANCRE CHEZ LA. FEMME

312. — 11 est possible de s'assurer chez la femme de la vérité de l'opinion émise par Hunier, à savoir que le virus spécifique de la syphilis mis en contact avec une surface sécrétante non recouverte d'un épidémie produit la blennorrhagic, tandis qu'il engendre le chancre s'il est porté sur une région recouverte d'un épidémie , et par conséquent sèche. On n'observe, en effet, aucun chancre dans les parties génitales de la femme, là oui épiderme manque.

313. — Les ulcères qui peuvent se montrer dans le cours d'une blennorrhagie sur quelque point du vagin sont très différents des chancres. Ils ont pour siège le pli qui sépare les grandes lèvres des petites, reposent sur un fond dur et enflammé, pénètrent profondément dans l'épaisseur de la lèvre. Il est probable qu'ils y occupent quelque glandule muqueuse dont il est important de dilater le conduit excréteur toujours fort étroit. Ces ulcères donnent lieu a un écoulement muqueux qui persiste jusqu'à leur guérison. Ils ressemblent à ces ulcères qui se forment chez l'homme au niveau des glandes muqueuses du canal de l'urètre, pendant une gonorrhée. Ceux-ci ayant revêtu le caractère syphilitique

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en raison do l'absorption du pus do la gonorrhéo , no peuvent être guéris sans mercure, ce qui leur donne une grande ressemblance avec les autres.

314. — Les chancres (1), au contraire, ont pour siège habituel cette partie des organes génitaux de la femme, où il y a un épidémie ; et surtout le point où cet épiderme commence à se fondre avec la muqueuse. Chez les femmes qui ne font pas métier de leur corps , c'est sur le bord libre des grandes lèvres qu'on les trouve, plus rarement à la fourchette et sur le clitoris; enfin , chez les sujets qui ont la peau très Fine, on les rencontre à la face externe des grandes lèvres, au mont de Vénus, à l'anus et au périnée. Chez les filles publiques, les chancres se retrouvent profondément dans le vagin, aux petites lèvres, etc. Quand un large chancre existe sur une des lèvres, celle ci gonfle beaucoup.

315. — Les chancres qui naissent sur les parties extérieures du corps, là où l'épidémie est plus épais , au mont de Vénus, au périnée, etc., ressemblent tout à fait à ceux qui viennent chez l'homme sur la peau de la verge et sur le scrotum. Ils sont recouverts comme ces derniers d'une croûte épaisse, qui est bientôt remplacée par une plus large, quand la première vient à tomber; ces chancres sont douloureux.

316. — Cette dernière espèce de chancres se forme lorsque le pus de quelque autre ulcère vient contaminer des parties humides, et lorsque ce contact répété irrite ces régions et étend la maladie jusqu'aux points où l'épidémie est plus épais. Telle est la marche de la maladie, quand il s'agit de chancres de l'anus et du périnée.

(1) Chez les femmes, les chancres ont la môme nature et le même aspect que chez les hommes.

)\li TRAITÉ DES MALADIES VÉNÉRIENNES.

317. — La structure plus simple et plus lâche des organes génitaux de la femme , surtout des parties où le chancre peut se former, ne permet pas qu'ils soient accompagnés de symptômes aussi graves que chez l'homme, dont les parties sexuelles sont bien plus compliquées.

318. — Les femmes sont exposées aussi à voir paraître des chancres sur les mamelons, lorsqu'elles nourrissent des enfants qui sont porteurs d'ulcères syphilitiques des lèvres. Ces ulcères rongent rapidement les tissus qui les entourent; ils peuvent même détruire les mamelons si l'on ne s'oppose pas à leurs ravages en administrant le spécifique antivénérien.

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