TRAITEMENT DU PHIMOSIS ET DU FARAPHJMOSIS
fièvre mercurielle atteint aussi son but , qui est de guérir le chancre.
304. — Je disais, en m 'occupant de l'effet des applications locales, qu'il devait en être ainsi; car, en attendant que le mercure soluble ait déployé son effet, quelque rapide qu'il soit, il faut éloigner le danger qui menace le malade en appliquant, aussi vite que possible, les moyens locaux les plus énergiques.
305. — En général, quand il existe un phimosis ou un paraphimosis inflammatoires, il faut prescrire le repos le plus complet, ordonner au malade de se coucher sur les côtés , sur un matelas de crin, ou au moins sur un matelas dur, dans une chambre fraîche, en ayant sur soi des couvertures légères. Il est aussi très important d'éviter les passions excitantes, ainsi que les boissons spiritueuses et les épices.
306. — Dans le phimosis, on peut injecter entre le gland et le prépuce du lait tiède dans lequel on a fait infuser un centième de safran. On arrive ainsi à enlever le pus irritant qui resterait en contact avec les surfaces et a l'atténuer ; on évite également la formation d'un abcès qui s'ouvrirait au dehors, après avoir perforé le prépuce. On pose quelques sangsues à la base du gonflement, et on les laisse saigner suffisamment. On applique aussi des cataplasmes émollients, chauds; mais parfois ils sont nuisibles, parce qu'ils engourdissent la partie malade et ne s'opposent plus à l'afflux du sang , de sorte que le gonflement et l'inflammation augmentent. Il vaut mieux, dès que les sangsues sont tombées, recouvrir les parties malades avec des compresses trempées dans de l'eau glacée où l'on a fait dissoudre uncinquantièmed'exlraitde Saturne et un cinquantième
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de teintured'opium; ces compresses doivent être renouvelées à chaque minute. Quelques bains de pieds peuvent être également utiles.
307. — L'important est de ne pas négliger la constriclion que le prépuce fait éprouver au gland. À cet effet, dès que les sangsues sont tombées , on passe aux applications froides , ou bien on plonge la verge aussi souvent que possible dans le mélange dont j'ai donné la formule. Au bout de quelques heures, lorsque la plus grande partie de l'inflammation a disparu, on prend le gland à pleine main, on essaie, par de douces pressions, à le débarrasser du sang qui l'engorge , et lorsqu'on a ainsi réduit son volume, on saisit le prépuce entre le pouce et l'index de chaque main, et Ton essaie de le ramener en arrière, même en déployant quelque force. Cette opération est presque toujours possible alors.
308. — C'est seulement après avoir tenté cette manœuvre sans succès, à plusieurs reprises, qu'il est permis de pratiquer l'opération. Afin de ne jamais s'y décider avant d'avoir eu recours à tous les autres moyens, il faut se rappeler que cette opération est rarement applicable parce qu'elle exige beaucoup de soin et présente de grandes difficultés, en ce sens qu'elle augmente encore l'irritation, prédispose à la gangrène, et surtout parce que le malade s'y décide rarement en temps opportun. Elle est surtout préjudiciable dans la gonorrhée, parce que le pus se trouvant en contact avec la plaie y développe des chancres.
309. — Lorsque l'opération est absolument indispensable, il faut la pratiquer de la manière suivante : On introduit la pointe d'un bistouri courbe à la base de la partie du prépuce qui est le plus gonflée, et qui s'oppose le plus aux mouvements de ce repli , et on l'incise dans
TRAITEMENT DU PIÏÏMOSTS ET DU PAIUPCIIMOSIS. 111
un quart ou un tiers de sa longueur. Dans cet état, et afin d'éviter le retour de l'étranglement, on retire le prépuce et on le laisse dans cette position jusqu'à la fin du traitement.
310. — Mais d'ordinaire quand une fois on a remis le prépuce dans sa position, il faut le faire souvent glisser sur le gland en avant et en arrière, pendant qu'on s'occupe de traiter le chancre avec le mercure. et de faire cicatriser la plaie. Par ce moyen on évite qifil se fasse des adhérences entre le gland et le prépuce , que celui-ci ne se resserre au moment de la guérison , ce qui causerait un nouveau phimosis. Ce double mouvement du prépuce sur le gland est nécessaire aussi quand le chancre commence à se guérir sous l'influepce du mercure , et qu'on peut l'exécuter, parce qu'à ce moment le prépuce et le gland peuvent s'attacher l'un à l'autre. Si l'œdème persiste après l'opération, il faut le combattre par une forte solution d'un sel de plomb ou par une infusion d'écorce de chêne.
31 1. — Lorsque le paraphimosis a déjà amené la gangrène , il faut recourir aux moyens les plus prompts. La préparation suivante a, pour ainsi dire, une action instantanée, au moins le mieux se montre-t-ilde minute en minute. On fait bouillir pendant cinq heures une once d'écorce de chêne avec deux livres d'eau courante, de manière à réduire ce mélange à ne plus peser qu'une livre, on le fait passer à travers un linge de toile ; on met ce résidu dans quatre onces de vin blanc, on le passe et l'on mêle les deux liquides ainsi obtenus ; on trempe alors du linge fin dans ce décocté et on l'applique sur les parties malades en ayant soin de le renouveler toutes les deux heures. J'ai remarqué qu'aubout de cinq heures toute odeur de gangrène avait disparu par ce procédé. A
partir de ce moment, l'eschare commence à se détacher, etelle est éliminée au bout de quatre jours avec une suppuration de très bonne nature. Les moyens mécaniques ne doivent pas être négligés non plus ; l'incision du prépuce sera pratiquée, s'il en est temps encore. Les applications froides peuvent être aussi appliquées avec avantage . lorsqu'après l'opération, le prépuce a formé un paraphimosis (§ 309).