‹ Etudes de médecine homoeopathiqueChapitre 55 sur 116 · TRAITEMENT VICIEUX DES CHANCRES. M · texte numérisé non relu

TRAITEMENT VICIEUX DES CHANCRES. M

l'urètre. Souvent môme les parties génitales tout entières sont disséquées ou détruites par la suppuration, quand celle-ci n'est pas promptement limitée.

336. — Le mercure est encore nuisible dans cette circonstance. Les meilleurs moyens à employer sont : le china donné à l'intérieur à doses souvent répétées, le sel alcali volatil et l'opium, et aussi une forte décoction d'écorce de chêne refroidie avec de la glace (et fortement additionnée d'opium quand ce médicament est encore indiqué). Il faut mettre sur les parties malades des compresses trempées dans ce liquide et renouvelées toutes les heures ou toutes les demi-heures. Une fois que le danger est éloigné et que l'ulcère tend à se guérir, il faut, pour éviter loute rechute, combattre la faiblesse et l'irritabilité par des moyens appropriés.

337. — Les chancres qui ont été aggravés par l'application funeste de substances caustiques changent rapidement d'aspect. Leurs bords s'élèvent, deviennent sensibles et sont douloureux, saignent facilement, rongent les tissus qui les environnent et s'entourent de nodosités; ils ont ainsi l'aspect de véritables ulcères cancéreux. 11 faut les traiter énergiquement. On lave les parties malades avec de la teinture d'opium étendue de dix à trente fois son poids d'eau ; on donne à l'intérieur l'écorce de chêne et l'opium, jusqu'à ce que la douleur commence à disparaître. Lorsque le chancre devient d'une meilleure nature, on se borne à le panser avec des corps "gras : du beurre de cacao ou avec un jaune d'œuf, du baume du Pérou, etc. Ces moyens suffisent d'ordinaire à la guérison, lorsque le virus vénérien a été détruit par les préparations mercurielles convenables.

338. — On a coutume d'arrêter avec l'huile de térébenthine les hémorrhagies violentes que peuvent pro-

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duirc les chancres, lorsque le virus n'est pas détruit et que Ton a faittombei!1 les croûtes artificiellement ou naturellement. Dans beaucoup de cas l'usage de l'opium à l'intérieur est un très bon palliatif, surtout lorsqu'une irritation nerveuse générale ramène l'hémorrhagie.

339. — Les végétations qui succèdent aux chancres traités par des moyens locaux appartiennent à la catégorie des fies, dont j'aurai à parler bientôt.

CMAPITIïE IX. — DES VERRUES ET DES VÉGÉTATIONS VÉNÉRIENNES.

340. — On est si peu d'accord sur la nature des végétations et sur la place qu'il convient de leur assigner dans le tableau de la syphilis, qu'il me sera permis, je pense, de ne pas les considérer comme appartenant à la syphilis constitutionnelle, mais de les ranger parmi les symptômes vénériens primitifs et idiopalhiques.

341. — Ils ne paraissent pas, il est vrai, comme la gonorrhôe et le chancre, aussitôt après la contagion, mais bien plutôt au moment où les bubons se forment. Ils ont aussi la propriété de fournir un pus capable d'être inoculé (1), comme celui du bubon, et de produire exclusivement un des symptômes propres à la syphilis.

342. — Leur caractère contagieux et l'impossibilité de les guérir autrement qu'avec du mercure donné à l'intérieur, ce que j'ai souvent observé lorsque ces végétations n'étaient pas de nature cornée, réfutent complètement l'opinion de Hunier, qui considérait ces excroissances comme des suites de la syphilis, et non comme des symptômes primitifs de cette maladie.

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