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BEMAKQUES SUR LE TRAITEMENT DES BUBONS

ration, afin de délivrer l'organismedu virus vénérien (1). Comme je l'ai dit, cette erreur est abandonnée; et Ton cherche à guérir les bubons par résolution.

385. — Le meilleur mode de traitement qu'on ait indiqué consiste à faire frictionner avec de l'onguent mercuriel (composé de parties égales d'axonge et de mercure coulant) la région qui sépare le point d'absorption du virus (le chancre) et celui où l'abcès s'est formé; en un mot, à faire pénétrer le mercure par la même voie que le virus, espérant que le médicament serait forcé de traverser la glande où il pourrait anéanlir le virus.

386. — Ce mode de traitement, exclusivement fondé sur la distribution des vaisseaux lymphatiques, s'appuie sur les découvertes anatomiques : Hunter en fait grand cas. Il faut remarquer seulement qu'on suppose démontré un fait encore douteux, à savoir, que le mercure administré sous forme de sel , de mercure soluble ou autre, agit chimiquement et détruit le virus syphilitique par une simple action de contact. On suppose aussi dans ce traitement chimique que le métal rencontrera tout le virus dans la tumeur, et qu'il l'y détruira tout entier.

387. — Je n'admettrai pas non plus cette puissance que l'on accorde au mercure, de désobstruer mécaniquement les glandes ; car , lorsqu'on se sert d'onguent napolitain, il n'y a peut-être pas la deux-centième partie

(1) De là ces conseils pernicieux que les charlatans de nos jours continuent à donner, de faire bonne chère, de boire largement, et de se livrer au plaisir de Pamoiir, de monter a cheval dès qu'un bubon commence à se montrer; en un mot, de faire tous ses efïorls pour amener rinilammalion et la suppuration de la tumeur. Un conseil plus insensé pourrait-il être donné?

du métal coulant qui se trouve oxydée (1). L'effet du traitement chimique prouve sons doule que le virus renfermé clans le bubon cède à l'onguent napolitain; mais en se rappelant le peu de succès des préparations mercurielles directement appliquées sur le chancre, surtout de l'onguent napolitain, et leur mauvais effet qui consiste à favoriser l'absorption du virus, on doit rester convaincu que le mercure n'agit pas seulement à titre de corps pesant, qu'il ne détruit pas le virus ex opère operato, mais qu'il en triomphe au moyen de la réaction passagère qu'il suscite dans les forces de l'économie (la fièvre mercurielle). On a dit aussi que Ton pouvait diriger l'action du mercure incorporé aux liquidesde l'économie pour lui faire rencontrer le virus, ou encore que l'irritation syphilitique était annulée par une irritation mercurielle spécifique, ou par les changements particuliers que le métal imprime aux secondes voies (quelquefois par l'intermédiaire d'un agent approprié); enfin, qu'il neutralisait chimiquement le virus.

388, — On n'aurait jamais dû oublier la réaction que l'organisme doit exciter pour que le mercure puisse détruire le virus syphilitique. C'est pour avoir commis cette faute qu'on a si souvent fait fausse roule dans le traitement de la maladie vénérienne, et que l'histoire de ce médicament spécifique nous laisse dans l'incertitude et nous empêche de dire s'il a été plus utile à l'humanité souffrante qu'il ne lui a causé de maux.

389, — Le grand nombre d'exemples de bubons et de syphilis constitutionnelle survenus après un traitement local d'un chancre où l'on n'a employé que des appli-

(1) Ou bien quand it est incorporé à un acide gras avec lequel il forme un se\.

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