Il faut que les excroissances soient excessi
cl les lèvres couvertes d'ulcères ; la verge elle-même s'était de nouveau ulcérée, et présentait un chancre large et superficiel. L'anus était rempli d'ulcères semblables, de gerçures suintantes et de végétations qui sécrétaient un pus abondant; les douleurs ostéocopes étaient intolérables, et le malade se croyait menacé de mort. Je lui donnai alors douze grains de mercure soluble, dont il prit trois le premier jour, quatre le second et cinq le troisième. Il survint une fièvre médicinale intense sans salivalion, et, au bout de cinq jours, il n'y avait plus aucune trace de la maladie. Les ulcères étaient guéris, les douleurs avaient cessé, les fies se desséchaient et tombaient peu à peu. Voilà, maintenant, dix-huit mois que ce malade est guéri, et rien n'a reparu. Il suit de là, 1° que le mercure soluble donné à faible dose aggrave la vérole au lieu de la détruire ; 2° que la guérison n'est pas d'autant plus certaine qu'il est donné une plus grande quantité de médicament, mais que la certitude de la guérison est en rapport direct avec l'intensité de la fièvre mercurielle.
(1) On est plus heureux dans le traitement des chancres et des bubons; car, une fois guéris par le mercure donné à l'intérieur, on peut être certain que le virus syphilitique est anéanti. 11 n'en est pas de même dans la syphilis constitutionnelle, surtout lorsqu'elle est invétérée, parce que ses symptômes locaux sont tellement obscurs, offrent lanl de ressemblance avec ceux d'autres maladies, que l'on ne peut jamais être assuré de la guérison, si l'on n'est parvenu à exciter une fièvre mercurielle assez intense. La distinction est surtout difficile quand il reste quelque symptôme local qui conserve l'apparence de maladies syphilitiques non guéries, et font paraître douteux l'anéantissement du virus lui-même.
DKS SYMPTÔMISS LOCAUX CONSÉCUTIFS. 229
vement dures et anciennes pour ne pas se flétrir et tomber sous Tinfluence de la fièvre mercurielle; elles doivent au moins disparaître ou se trouver détruites par une suppuration de bonne nature, ce qui est beaucoup plus rare.
638. — S'il reste, après la complète destruction du virus, des végétations volumineuses, anciennes, de nature cornée, il faut les enlever par une opération chirurgicale. Tantôt on les lie à leur base; on serre le fil chaque jour davantage jusqu'à ce qu'elles s'atrophient et tombent, ou bien on les excise, et on brûle ensuite la petite plaie une ou plusieurs fois avec du nitrate d'argent. Lorsque la dernière escarre est tombée, la végétation doit être regardée comme guérie.
639. — Mais si cette espèce de végétations se trouvent sur une région où elles ne causent aucune gêne, ne se trouvant ni trop saillantes, ni trop volumineuses, on peut les laisser sans y rien faire; elles ne donnent aucune douleur et disparaissent le plus souvent peu à peu d'elles-mêmes.
640. — Les mêmes conditions se représentent avec le gonflement des os et du périoste; le plus souvent ces symptômes disparaissent d'eux-mêmes après l'extinction complète du virus syphilitique. Mais si ces tumeurs appartiennent à un degré plus avancé de la maladie, on chercherait en vain à les détruire par un excès de mercure. Si le virus n'est pas complètement détruit, il reste capable d'engendrer de nouveaux accidents ; mais il sera tout à fait anéanti si la fièvre a été assez intense. Dans cette dernière hypothèse, on aura la preuve que le virus n'existe plus à ce que le gonflement et l'induration des os auront cessé d'être douloureux. On voit alors ces tumeurs diminuer peu à peu d'elles-mêmes, si elles ne sont pas trop dures et si le sujet n'est pas trop âgé.
641. — J'ai rappelé déjà que ces tumeurs passent souvent d'elles-mêmes à la suppuration, laquelle, amenant la destruction du périoste, peut devenir dangereuse pour les os. Il arrive souvent que pendant une fièvre mercurielle assez inlense la suppuration change de nature et s'arrête tout à fait; il en résulte une guérison véritable qui laisse après elle une tuméfaction non douloureuse de l'os. Si la marche de la maladie est aussi heureuse, et qu'il y ait eu auparavant un abcès, il reste difficile de déterminer s'il y avait réellement maladie syphilitique; mais cette détermination est peu importante une fois que le malade est guéri.
642. — Si l'abcès s'est déjà étendu au loin, et que la fièvre mercurielle lui ait enlevé sa nature syphilitique sans arrêter complètement la suppuration, il y a toujours à craindre que les os ne s'altèrent après la destruction du périoste. Il est très important de reconnaître la présence de ces abcès pour les traiter localement.
643. — 11 n'est pas difficile , du reste , de découvrir l'existence de ces abcès non syphilitiques (il ne le serait pas davantage de reconnaître ceux qui auraient une nature vénérienne). Leur présence est certaine, en effet, si le malade accuse, au milieu de sa tumeur, une douleur de battement, constante ou passagère, pendant qu'il est en proie à un accès de fièvre mercurielle ou peu de jours après. Or, cette douleur est bien éloignée des souffrances intolérables causées par les exostoses syphilitiques.
644. — Si Ton pratique ensuite une incision large et profonde, le pus s'écoule, l'ulcère se modifie, et si on le traite avec attention, on évite que le périoste ne s'altère, et il suflit de traiter la plaie comme un ulcère ordinaire. Le pus qui s'écoule par cette ouverture est quelquefois