DES SYMPTÔMES LOCAUX CONSÉCUTIFS
muqueux, mais le plus souvent de bonne nature; tandis que celui qui était sécrété avant le traitement par le mercure avait une consistance gélatineuse.
645. — Il peut arriver qu'après la destruction du périoste l'os se carié; dans ce cas, dès que le traitement mercuriel est terminé , les douleurs continuellement éprouvées par le malade forcent à ouvrir la tumeur, et il est facile alors de reconnaître la carie par une exploration convenable, quand cette altération existe. Mais si la fièvre mercurielle a été assez forte, la carie n'est plus de nature syphilitique ; il faut la traiter comme les ulcérations des os dépendant de causes externes, et la combattre à l'aide des mêmes moyens.
646. — Si la carie est superficielle, on rugihe l'os, ou bien on l'attaque par le fer rouge, la poudre d'euphorbe* dont on saupoudre la plaie, des lotions pratiquées avec une solution de nitrate d'argent, etc. Si elle est plus profonde et qu'elle ait pénétré jusqu'à la substance dure de l'os , elle est généralement accompagnée par une fièvre lente, et produit une sécrétion ichoreuse abondante. Il faut ouvrir la plaie assez largement pour donner issue à la suppuration , en mettre le fond à découvert, afin de pouvoir y faire des applications de nitrate d'argent ou de nitrate de mercure (1) en solution. La carie des os spongieux, par exemple des os du nez, exige que l'on fasse des injections dans la plaie avec ce dernier médicament (2) , ou hien des fumigations de cinabre., dont on dirige les vapeurs sur les parties ma-
(1) On se sert d'une solution composée de 1 partie de ce médicament dissoute dans 300 ou ZiOO parties d'eau, auxquelles on ajoute 30 parties de myrrhe, ou de teinture d'aloès.
(2) GîiHânner vatite beaucoup les lotions faites avec une solution de nitrate d'argent.
lades (1), dans les narines par exemple. Si ces différentes espèces de carie ne sont que des restes d'une syphilis guérie, on en triomphe sans trop de difficulté; elles sont, au contraire, plus^dangereuses et plus redoutables, lorsque, comme il arrive souvent, elles ont été engendrées par l'abus du mercure, ou lorsqu'elles dépendent de quelque disposition morbide antérieure.
647. — Le gonflement consécutif des ligaments, des tendons et des aponévroses est beaucoup plus tenace. Il faut, lorsqu'il persiste après l'extinction du virus vénérien par le mercure , ce qui est rare, le combattre par l'application répétée de vésicatoires. Si Ton ne réussit pas par ce moyen, et que la tumeur reste douloureuse après la disparition de la fièvre mercurielle (ce qui est une preuve de sa nature non vénérienne), il faut l'ouvrir. On traite ensuite la plaie en la bassinant avec une solution composée d'une partie de sublimé pour quatre ou cinq cents parties d'eau, et avec des balsamiques.
CHAPITRE IL — DES LÉSIONS de texture et de sensation qui sont CONSÉCUTIVES A L'EMPLOI DU MERCURE MAL ADMINISTRÉ.
648. — Il est facile de présumer, par tout ce que j'ai dit, qu'un médicament capable de produire des effets aussi perturbateurs que ceux du mercure, c'est-à-dire la fièvre mercurielle, la salivation, etc., doit, lorsqu'il est donné pendant trop longtemps et à des intervalles trop rapprochés, amener un affaiblissement général et mettre la fibre dans un état d'excitation continu. Là, se trouve la source d'un grand nombre de maladies chro-
(1) Il faut éviter pendant cette opération de respirer Pair par le nez, afin de ne pas porter les vapeurs mercurielles dans les bronches.