Grundleuunii, llaileiislein. |). 268, noie
2. Kritik (ter Prakl. Verntinfl. Examen critique do l'Analytifiuo. Ilartenstein. VIII, p. 95. Pioavet, p. 104.
logisme, dont la mineure énoncerait les différentes actions subsumées sous ce principe comme bonnes ou mauvaises, pour aboutir à une conclusion qui serait la détermination de la volonté. Mais quand a-t-on vu le principe de la raison (l'axiome d'identité) servir de majeure au syllogisme de la connaissance ? Qui ne voit qu'alors un tel syllogisme n'ayant en fait, qu'une prémisse, ne pourrait conclure, à moins de se réduire à une tautologie ? En réalité on conclut conformément au principe de non-contradiction, mais ce principe, qui régit tous les syllogismes, n'entre dans aucun comme prémisse. C'est lui sans doute qui l'ait la validité du raisonnement, mais tout ce qui est affirmé par la conclusion est tiré de ce qu affirment \ç% prémisses. C'est dans le contenu des énonciations posées que réside toute la preuve quant au contenu de la conclusion. Mieux suivi, le parallélisme de la Raison pratique et de la Raison spéculative devait donc conduire Kant à déclarer, conformément à la réalité psychologique, mois contrairement à sa théorie du formalisme et de l'autonomie, que par lui-même le principe formel de la Raison, ne pouvait jamais déterminer la moindre volition et que toute la justification d'une décision réelle de la volonté résidait dans les prémisses concrètes de l'action. Ces prémisses sont d'abord la volonté antécédente, plus générale, mais réelle et non formelle, qui est la majeure (je veux la santé), ensuite la connaissance scientifique des causes qui peuvent produire l'effet désiré dans ce cas particulier (le remède) et ces prémisses déierminent intégralement et doivent déterminer seules la conclusion, qui est la volonté conséquente (l'acceptation de l'ordonnance :. Sans doute c'est encore la règle formelle de l'accord de la volonté avec elle-même qui est le ressort nécessaire de ce raisonnement pratique ; mais à
lui seul il ne me fera rien vouloir, et quelque régulier que soit mon raisonnement, ma conclusion pratique, le précepte que j'observe, ne pourra jamais valoir que ce que valent mes prémisses. Si ma volonté initiale est condamnable, ou si ma connaissance des moyens est imparfaite, ma conclusion pratique est viciée. Les principes formels de la Raison pratique ou théorique qui commandent Taccord de la Volonté ou l'accord de la Pensée avec elles-mêmes, sont des rois constitutionnels. Ils régnent, mais ne gouvernent pas. Ils donnent ou refusent leur signature, mais ne font ni ne motivent les décrets.
Ainsi le formalisme kantien, sous sa forme précise, n'est pas seulement un insoutenable paradoxe psychologique, il est à l'envers de toute logique; il marche à Fcncontre des directions de la raison pure considérée comme principe commun de la pensée et de l'action. Le rationalisme critique devait exclure le formalisme comme il devait exclure l'impératif catégorique, loin d'}' conclure. Il devait conduire à traiter la morale — puisque aussi bien la morale n'est qu'une partie ou un aspect de la pratique en général — comme une technique siii generis, analogue, quant à sa forme, à toutes les techniques, différente seulement quant à la matière. C'est le renversement de la fameuse (iistinction de l'impératif hypothétique et de l'impératif catégorique, c'est la négation de toute métaphysic|ue morale, et c'est virtuellement la possibilité de construire une morale positive.
De cette façon et de cette façon seulement se trouve éliminée la difficulté dont nous étions partis : de faire du bien un objet de ])reuve et de science. Insoluble s'il s'agit d'un bien absolu, d'une fin dernière, d'un impératif catégorique, elle trouve une solution on ne peut plus simple,
EN QUÊTE d'une MORALE POSITIVE o3
plus claire, plus conforme à toutes les analogies, du coté de l'art comme du coté de la science, si Ton prétend seulement, comme dans les techniques, démontrer un ijrécepte pratique en postulant une volonté préexistante, en s'appuyant sur une crriLé positive, et arriver ainsi à quelque i^ien partiel et relatif par quelques prescriptions conditionnelles.
Sans doute, on substitue ainsi FEntendement à la Raison pu"e. Objection toute scolastique : cette substitution n'est-elle pas conforme au mouvement de la pensée contemporaine, devenue positive sans cesser d'être rationelle? Suivant la voie même ouverte par le criticisme, elle n'admet plus guère la métaphysique comme un domaine autonome de pensée, ni la connaissance a priori comme un mode indépendant de connaissance, ni la raison séparée de la science.
Mais cette solution, qui a sur toutes les doctrines a priori l'incontestable supériorité d'une parfaite clarté en théorie, ne rencontre-t-elle pas dans l'application de nouvelles dilficultés, et remplit-elle d'autre part l'idée qu'on peut se faire et qu'on se fait en général d'une morale ? La morale positive ainsi conçue peut-elle aisément se réali^ier, et peutelle suffire! C'est ce qui nous reste à examiner,