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LES AUTELS A LA ROUE

La statuette de Landouzy-la-Ville nous a, par son inscription, montré que ce dieu indigène de la Gaule avait été assimilé au Jupiter romain, c'est-à-dire conçu comme le dieu souverain de l'Empyrée. On peut donc rapporter à son culte ces autels dédiés à Jupiter et où est figurée une roue. M. de Villefosse en a dressé la liste : il en a constaté quatre dans le département du Gard, un dans la Mayenne, et trois dans le nord de l'Angleterre propre (région des Grandes Murailles*). Sur trois de ces autels anglais, deux ont été élevés par des cohortes de Tongres, c'est-à-dire qu'il s'agit peut-être là d'un culte importé. Sur plusieurs de ces autels, la roue est répétée, comme pour accentuer l'hommage au dieu, et on la trouve par deux, par trois et par six; on y trouve

1 . Isca Silurum, pi. XXI, fig. 4, et p. 37. Le pouce anglais est de 25 millimètres.

2. Ce sont les n»» 825, 879 et 882 du Recueil des Inscriptions de Grande- Bretagne de M. Hubner. (C. /. I., VIL)

aussi plusieurs fois un foudre, concurremment avec la roue. M. de Villefosse ajoute avec] raison à cette série trois autels du département du Gard, sans inscription, mais portant l'image d'une roue. Depuis la publication du travail de M. de Villefosse, on a découvert plusieurs monuments qui s'ajoutent à cette série : 1° un autel avec la roue dans le Gard * ; 2** un autel avec inscription à Jupiter et portant la roue entre deux foudres, dans le département de l'Hérault* ; 3" un minuscule autel avec inscription à Jupiter et avec la roue, à Nîmes '. Cette liste s'augmentera sans doute encore, aujourd'hui que l'attention des antiquaires locaux se porte avec zèle sur l'exhumation des antiquités gauloises et gallo-romaines.

LA. ROUE EST l'iMAGE DU SOLEIL

Le soleil est rond et il se meut dans l'espace. La conception d'une roue qui accomplit régulièrement sa course était de celles qui se présentent naturellement à l'homme témoin de ce spectacle et cherchant l'explication des phénomènes du monde. A côté de cette conception s'en rangent d'autres en quelque sorte parallèles, celle du disque mù par une force invisible, et celle delà meule, une meule semblable aux anciennes meules à main. Nous verrons ces trois conceptions survivre encore dans les croyances et souvent s'enlre-mèler dans les pratiques populaires qui nous conservent un débris et un souvenir du culte du Soleil.

La roue, image du soleil, ne se renconlre pas chez les sauvages et cela se comprend aisément. Cette idée ne pouvait se présenter à l'esprit que chez des peuples ayant déjà des chars,

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