‹ Etudes de mythologie gauloiseChapitre 3 sur 57 · Allmer, t. ÏI, p · texte numérisé non relu

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et par conséquent des roues. La conception du soleil comme une meule est donc plus ancienne, car la meule a été inventée avant le char. Les hommes se sont représenté les dieux et les objets divins à l'image de ce qu'ils voyaient autour d'eux, des objets matériels, des animaux et d'eux-mêmes. Mais comme ni la meule ni la roue ne sont des objets naturels, mais les produits de la civilisation, la conception du soleil comme une meule ou comme une roue n'est nullement primitive, à parler rigoureusement. C'est, si Ton veut, une façon de concevoir primitive chez des peuples dont la civilisation matérielle était déjà avancée.

Bien que leur religion fût déjà développée par l'anthropomorphisme, les Latins avaient gardé ce symbole dans leur langue, quand ils parlaient de la roue du soleil. Que Fon remarque le singulier : il ne s'agit pas encore du char, conception d'époque postérieure, ni de l'anthropomorphisme lorsqu'on se figura le soleil comme guidé par un être semblable à Thomme. La « roue du Soleil, » la « roue de Phœbus, » la « roue qui vole en haut » sont des expressions familières à la poésie latine *. Un commentateur de Virgile emploie encore la même expression de « roue du soleil » à propos du larcin deProméthée'^. Plus tard, chez les barbelés habitants du Nord Scandinave, nous retrouvons des expressions analogues : le soleil est dans les Eddas appelé la « roue brillante, » la « belle roue' » et dans quelques calendriers runiques le 23 décembre, jour du solstice d'hiver, est figuré par une roue \ Nous allons trouver cette conception plus largement développée dans l'Inde, et dans ses documents littéraires et dans ses monuments figurés.

1. « His neque tum solis rota cerni lumine largo Altivolans poterat. » (Lucrèce, V, 433.) — Cf. la « Phœbi rota, » dans Stace, Silves, V, 1. — On trouvera encore d'autres exemples de celle expression dans le grand Dictionnaire de Forcellini, s. v. rota,

2. « Promelheus, Japeti et Clymenes filius, post fados a se homines, dicitur auxilio Minervœ cœlum ascendisse,. et adhibita ferula ad rotam solis, ignem furatus quem hominibus indicavit. » (Servius ad Virg. Ecl. VI, 42.)

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