Dans le Bulletin monumental^ t. XI (1845), p
2. BuU* mon. y XI, p. 60. — On trouvera à cette page une gravure représentant la roue de Beauvais.
Allant plus loin, ils assurent que « durant la période monumentale dite romane, les fenêtres circulaires présentaient exactement la figure d'une roue, et qu'elles en portaient le nom. » Et, après avoir cité quelques exemples de roues de fortune dans les miniatures des manuscrits du moyen âge, MM. Jourdain et Duval concluent ainsi. « Il est donc bien évident que l'idée des roues de fortune ne s'est jamais perdue dans le cours du moyen &ge et tout porte à croire qu'en sculptant, comme ils l'ont fait, la circonférence des roses, les artistes de ce temps n'ont pas eu autre chose en vue. Ce que le miniaturiste enseignait au savant dans ses précieux vélins^ le bâtisseur le disait aussi au peuple dans le livre où il lisait le mieux, au fronton des églises. »
Nous citons cette théorie comme document, car le terrain du symbolisme est fécond en déceptions, et l'architecture du moyen âge est pour nous un sujet tout à fait inconnu et nous n'avons pas le loisir de chercher à confronter ce système par Topinion des maîtres et la doctrine des ouvrages spéciaux ^ Mais que la rose vienne ou non de la roue, le fait qu'à Beauvais et à Amiens on a sculpté de véritables roues de fortune sur l'église même, montre que ce symbole d'origine peu chrétienne était d'un usage courant et adopté par l'Église.
Nous allons maintenant revenir à l'antiquité. Nous la comprendrons mieux après ces recherches sur les temps modernes et le moyen âge. Nous avons à nous occuper: 1** de la roue dans l'antiquité classique ; 2* dps rouelles si fréquentes en Gaule ; et ce dernier sujet nous ramènera à notre point de départ.
i. Disons pourtant que, d'après VioUel-le-Duc {Bict. raisonné d'architecture y t. VÏII, p. 39), « Voculus de la primitive basilique chrétienne, percé dans le pignon élevé au-dessus de l'entrée , paraît être l'origine de la rose du moyen âge. »
D'après Didron {Hist. de Dieu, p. 148) la rose des cathédrales est lareprés(entation du nimbe et de « la gloire de Dieu ». On verra plus loin que cette interprétation nous ramène à la même origine symbolique.
LA ROUE DANS l'aNTIQUITÉ CLASSIQUE ; LA ROUE d'iXIOX.
Nous voudrions pouvoir commencer par l'Egypte cette revue de l'antiquité, d'autant que nous croyons y retrouver Tancêtre des roues de fortune suspendues dans nos églises. C'est aux égyptologues qu'il appartient d'apporter des faits précis et l'explication du rite ; peut-être même une de ces roues se retrouvet-elle dans les musées. Mais Tusage nous est connu, au moins pour l'époque grecque de l'histoire égyptienne, et plusieurs écrivains grecs parlent de roues symboliques suspendues dans les temples égyptiens*. Un de ces écrivains même, ne comprenant pas Tusage et lui cherchant une explication allégorique, y voit un symbole de l'instabilité des choses humaines '.
La rouelle est l'image diminutive de la roue. L*Asie Antérieure en fournit-elle des exemples dans ses pratiques religieuses? nous l'ignorons, mais nous la trouvons en Grèce comme amulette, employée dans les enchantements et dans les mystères*. D'autres