EXPLICATION DE LA PLANCHE IL
Fragment d'une stèle de marbre à Nice (Cimiès, villa des Roches choisies). La photographie en a été faite sous mes yeux par M. Nègre, professeur de dessin au Lycée, en ■1870. J'en ai égaré les dimensions exactes, qui, d'après mes souvenirs, doivent être dans le rapport de 2 i à 1 . La stèle passait pour avoir été trouvée dans des fouilles à Cimiès même ; mais jamais on n'a pu m'indiquer l'endroit. M. de Longpérier y reconnaît un monument de provenance grecque, et spécialement atli(jue.
L'état fruste n'empêche pas de distinguer les détails de la composition, même au point de vue de l'art, dont notre dessin, très-fidèle d'ailleurs, ne donne que médiocrement l'idée.
Au centre du tympan une Sirène est debout. Ses longues aîles descendent jusqu'à la corniche. Une queue d'oiseau s'épanouit derrière ses pattes. Le relief des plumes apparaît encore sur ses jambes jusqu'au tarse qui appartient aux passereaux. La chevelure, disposée soigneusement au sommet de la tête^ se répand eu tresses désordonnées sur son épaule gauche. La main qui y est plongée les arrache. Du côté droit, l'état fruste ne permet pas de saisir la disposition des tresses correspondantes, mais on n'y voit pas de désordre. La main droite se crispe pour déchirer la poitrine. La figure exprime la douleur -, la bouche est fermée.
La Sirène est accostée de deux Colombes, opposées l'une à l'autre
dans les angles du tympan, et tournant la tête en arrière. Cette position rappelle les vers de Moschus dans le chant funèbre de Bien :
'ASovtSîç ■KxtTKt TS ;^£)vt§ôvâç, âç roT szepnvj, civTLO'J àl'ki'koKnv Izwxuov.
Les ailes semblent s'agiter du mouvement propre aux oiseaux de cette famille.
Sur la stèle est une figure de jeune femme élégamment coiffée avec un voile sur la partie postérieure de la tête. Une autre figure devait faire pendant à droite.
Je lis ainsi l'inscription :
OINAN0H KAAAISTPATHS KAAAfiNIA.
Le dernier nom appelle sans doute l'attention des palaeographes.
Amiens. — Imp. de Lenoil-Herouakt, rue des Eabuissnos, 30.