‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 1 sur 84 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

S'il est un pays qui doive beaucoup à la Géologie, c'est assurément la Tunisie. On peut dire, sans exagération, que la découverte mémorable des gisements de phosphaté de chaux de Gafsa et de la Kalaat es Snam, due à la savante intuition de mon éminent prédécesseur et ami, M. Ph. Thomas, a marqué l'aurore d'une ère économique nouvelle pour la Tunisie. C'est sans doute en songeant aux services rendus à ce pays par la géologie (et qu'elle lui rendra encore, je n'en doute pas) que la Direction Générale des Travaux publics a décide la publication de mes modestes travaux. J'en suis redevable, tout d'abord, à M. Pavilliek qui posa le principe de cette publication et fit éditer mon Ëtude géologique de la Tunisie centrale, accompagnée d'une carte géologique au 1/200.000, puis à M. de Fages de Latour qui m'a donné la facilité de faire paraître ces Études de Paléontologie tunisienne, complément naturel de mon premier travail ; c'est grâce à leur esprit éclairé et à leur large compréhension des besoins de la science moderne que j'ai pu mettre au jour le résultat d'un travail assidu de dix années. Je leur en suis profondément reconnaissant et je suis heureux de leur exprimer publiquement toute ma gratitude. Je serai largement récompensé de mes efforts si ce mémoire me fait juger digne de la confiance qu'ils m'ont témoignée. Je n'oublie pas quel inestimable appui j*ai f trouvé près de M. Jordan et de son successeur, M. Gourguecuon, Chef du Service

j des Mines de la Régence, auquel est échu le rôle ingrat de donner un corps au

projet et d'en assurer la réalisation; aussi est-ce un plaisir pour moi, en même temps qu'un devoir, de leur adresser mes remercîments les plus sincères.

Dans la préparation de mon travail, j'ai également contracté des dettes dont je tiens à m'acquitter. Le Commandant Flick a mis à mon entière disposition la belle collection de fossiles qu'il a formée en Tunisie, pendant qu'il occupait les fonctions de Chef de brigade topographique ; on verra par la suite que j'y ai largement puisé. De même, M. Ph. Thomas et M. Peron m'ont communiqué de nombreuses ammonites de nos possessions nord-africaines. Qu'ils me permettent de les unir tous trois dans une même pensée reconnaissante. Je tiens également à remercier M. Albert qui m'a autorisé à utiliser la collection faite par lui en dressant la carte géologique provisoire de la Tunisie, ainsi que le Colonel Romieux et le Lieutenant-Colonel Toussaint, qui m'ont prêté quelques ammonites appartenant à la collection du Service géographique de l'Armée, et enfin MM. Pageiral et GrCnberg. qui m'ont envoyé divers fossiles du Ressas.

a PRÉFACE

J*ai aussi des obligations envers ceux qui m'ont aidé dans l'élaboration de mon mémoire, tout d'abord envers mon regretté Maître, Munier-Ghalmas, et envers son éminent successeur M. Emile Haug, dont j'ai souvent mis à contribution la vaste érudition. M. H. Douvillé m'a toujours accueilli avec une bienveillance inlassable ; il ne s'est pas borné à me communiquer des pièces intéressantes, il les accompagnait de précieux enseignements ; aussi ai-je beaucoup appris en l'écoutant, MM. Gaudrt et Boule m'ont autorisé à étudier les types de Goquand et de d'Orbigny, conservés dans la collection de Paléontologie du Muséum ; j'étais alors guidé dans mes recherches par mon ami Thévejïin, qui a fait preuve d'autant d'amabilité que de savoir. D'autre part, j'ai pu examiner la riche collection que mon ami et collègue Blatac a faite dans la province de Gonstantine et qui m'a fourni, à diverses reprises, d'intéressants termes de comparaison. Je suis également l'obligé de M. Ficheur, de M. Répelin, ainsi que de M. Ghoffat, qui m'ont aimablement communiqué des échantillons ou des moulages d'ammonites algériennes ou portugaises. MM. Arnaud et ToucAs m'ont prêté, pour comparaison, des espèces de France, tandis que M. Oëhlert m'a donné des conseils qui ne m'ont pas été moins précieux. Une mention spéciale est due à M. Bceckh, Directeur du Service géologique de Hongrie, et à M. Papp, Gonservateur du Musée de Budapest, où se trouve maintenant la collection Goquand ; nos obligeants confrères hongrois ont bien voulu photographier à mon intention les types de Coquand, ce qui m'a permis d'identifler plusieurs espèces mal connues et de trancher diverses questions de nomenclature. D'autre part, M. Nicklès a eu la complaisance de me fournir des éclaircissements concernant son procédé opératoire pour la reproduction des cloisons. Enfin, j'ai de grandes obligations envers ma chère femme et mon frère Louis, qui ont vaillamment partagé avec moi la besogne fastidieuse de la correction des épreuves. Que tous ceux qui m'ont ainsi aidé veuillent bien prendre part aux remercîments que je leur adresse du fond du cœur.

Quelques mots maintenant sur la façon dont a été fait ce mémoire. Dans mon Étude géologique, j'ai évité soigneusement de créer des dénominations nouvelles dont il n'eût pas été possible d apprécier la valeur ; aussi avais-je dû laisser de côté quantité de fossiles, précisément les plus intéressants. Leur description et leur reproduction sont l'objet des Études de Paléontologie tunisienne, dont je donne aujourd'hui la première partie, consacrée aux Céphalopodes des terrains secondaires. La Tunisie possède, en effet, une faune d'ammonites d'une richesse et d'une variété extrêmes (près de 3oo espèces sont étudiées dans les pages suivantes) qu'il y avait intérêt à faire connaître tout d'abord.

Je me suis efforcé de ne créer de nouvelles espèces ou de nouveaux genres que dans la mesure où cela était absolument nécessaire ; c'est pourquoi j'ai cherché à préciser nombre d'espèces jadis nommées par Goquand, qu'il était bien difGcile de reconnaître d'après une description sommaire trop souvent sans figure. Grâce à la photographie des types et à la comparaison de plésiotypes, je crois y être arrivé dans

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