‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 2 sur 84 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

un certain nombre de cas. Malgré cela, on trouvera plus loin la description de nombreuses espèces nouvelles (54), ce qui prouve la nécessité de cette publication. Je me suis efforcé, chaque fois que c'était possible, de faire connaître les diverses phases du développement, que j'ai pu étudier soit en déroulant des échantillons, ce qui réussit assez rarement avec mes matériaux, soit en groupant des individus offrant les stades successifs du développement, La connaissance des jeunes est particulièrement utile quand on a affaire à des fossiles pyriteux, comme c'est assez souvent le cas en Tunisie ; Tidentification de ces derniers est parfois très délicate, aussi n'oserais-je me flatter d'y avoir toujours réussi. J'espère néanmoins que mes descriptions et mes figures seront de quelque utilité à mes successeurs.

J'ai attaché une attention particulière aux cloisons qui ont, comme on le sait, une importance capitale pour la détermination des ammonites. Malheureusement, les dessins qui ont été donnés par beaucoup d'auteurs (sauf quelques heureuses exceptions) sont d'une exactitude laissant fort à désirer ; c'est pourquoi je me suis astreint à exécuter les dessins moi-même, jusqu'au trait final. C'est un travail dont on n'a pas idée quand on ne l'a pas fait ; pour en donner un exemple, je dirai que j'ai passé presque une année à faire et à recommencer les dessins qui accompagnent les descriptions. J'ai essayé tous les procédés ; c'est pourquoi il n'est peut-être pas inutile d'en dire quelques mots, afin d'éviter des pertes de temps à ceux qui auraient à se livrer au même travail. Pour la reproduction des cloisons, le procédé photographique imaginé par Munier-Chalmas et appliqué surtout par NiCKLÈs reste le plus parfait, à condition d'être judicieusement employé ; la plupart des cloisons reproduites plus loin ont été faites de cette manière. Malheureusement, ce procédé est long et coûteux ; pour peu que l'échantillon soit un peu bombé, il faut faire un grand nombre de clichés, sous peine d'avoir des déformations considérables. Certains de mes dessins ont nécessité jusqu'à onze clichés, une petite partie de chacun d'eux étant seule utilisable. Si l'on songe que ces clichés ont été faits directement à un grossissement de lo diamètres, en moyenne, avec des échantillons ferrugineux, très peu photogéniques et offrant souvent des reflets, on voit quelles ont été parfois les réelles difficultés qu'il nous a fallu surmonter.

La photographie de petits échantillons, suivie d'un agrandissement, ne m'a donné que des résultats médiocres pour les cloisons. Dans le cas où l'objet est trop petit (certaines cloisons figurées plus loin se rapportent à des échantillons n'ayant qu'un ou deux millimètres de rayon), il est préférable d'utihser le microscope. On peut encore avoir recours à la photographie ; toutefois, les objectifs de microscope n'ayant presque pas de profondeur, on est entraîné à faire un nombre illimité de clichés. Je préfère alors me servir de la chambre claire, dont il y a désormais de très bons modèles grâce auxquels il est facile de régler l'éclairage. Avec de la pratique, on obtient de bons résultats, mais c'est évidemment plus fatigant que de dessiner sur des photographies.

Pour les échantillons de taille moyenne ou grande, le procédé le plus pratique est, sans doute, celui qui a été imaginé par M. Sohier ; c'est une sorte d'estampage

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photographique. Par contre, il ne m'a pas donné de bien bons résultats avec les très petites ammonites pyrileuses, même en le combinant avec Tagrandissement photographique. D'ailleurs, quel que soit le procédé auquel on a recours, le résultat final vaut surtout par l'adresse et la conscience de l'opérateur.

Pour la désignation des éléments de la cloison, j'ai adopté le mode du numérotage proposé par Munier-Chalmas, c'est-à-dire que j'appelle simplement les selles ['•, 2% 3% etc., et de môme pour les lobes. D'ailleurs, çà et là, j'ai aussi employé les désignations classiques. J'ajoute que la cloison est reproduite en vraie grandeur chaque fois qu'il n'y a pas d'indication de grossissement.

Quant à la reproduction des échantillons eux-mêmes, j'ai naturellement opté pour la photographie, procédé qui présente le plus de garanties de fidélité. A vrai dire, il y a bien eu encore quelques difficultés, mais elles ont été vaincues par l'habile artiste qu'est M. Sohier.

Il m'a semblé utile de donner, en tête des descriptions, les dimensions de plusieurs exemplaires de chaque espèce, pour préciser les idées et indiquer la valeur des variations individuelles. Dans quelques cas très rares, il n'y a pas accord parfait entre ces mesures et les photographies ; en telle circonstance (et sauf erreur manifeste, toujours possible), il faut s'en rapporter de préférence aux dimensions indiquées, quelques photographies n'étant pas exactement de grandeur voulue.

11 me reste à dire un mot de l'ordre suivi pour les descriptions. Déterminer cet ordre, c'est faire une classification des ammonites et l'on sait combien ce problème est ardu. Une telle classification doit montrer la filiation des genres et reproduire, en somme, l'arbre généalogique des ammonites. Dans ces conditions, il est diiïicile de conserver le cadre des anciennes classifications ; du moins faut-il le mettre en harmonie avec notre manière de voir. Pour le moment, j'y ai renoncé et j'ai étudié les genres les uns à la suite des autres, sans les grouper en familles. Il y a cependant un ordre dans la succession adoptée, bien qu'il n'apparaisse peut-être pas au premier abord ; on le saisira en examinant le tableau ci-contre qui reproduit l'arbre généalogique des ammonites dont j'aurai à m'occuper. Il est naturellement basé sur les travaux des principaux paléontologistes qui se sont occupés de ces Céphalopodes, mais il s'en écarte par un certain nombre de points, où il m'a paru nécessaire de modifier les données généralement admises. J'espère que les pages suivantes justifieront ma manière de voir. Quoi qu'il en soit, j'ai pris successivement chaque branche, chaque phylum, et je l'ai suivi jusqu'à son extrémité ; arrivé là, il m'a bien fallu revenir en arrière pour reprendre un autre rameau de la même branche ou une autre branche ; c'est ce qui explique pourquoi on trouvera cote à côte des genres qu'on est habitué à voir séparés dans les traités. Le tableau ci-contre a précisément pour but de permettre au lecteur de s'orienter et c'est pour cette raison que je l'ai placé en tète du volume, bien qu'il en soit le résumé.

es

.Stoliczkaia Neoptychites

Sphenodiscus ?

(Choffaticeras)

Pseudotissotia

Acompsoceras .Âcanthoceras.

.Maramites

(Pseudaspidoceras) ,

.Thomasites

. Vascoceras

Fagesia

...Tunesites

Prionotropis

Douvilleiceras

I Brancoceras

iMortoniceras p. p. (Gr. d'A. inflalus)

Barrolsiceras Tissotia Heteroti^sotia Hemitissotia

Peroniceras (Gauthiericeras Mortonicera§ s. st.

— Schlœnbachia

.Sonneratia Hoplitoides ?

IFlickia? 'Neolobites?

1 Ëngonoceras iPlacenticeras

Grioceras-Ancyloceras

Scaphites

Saynoceras Holcodiscus

..Silesites

Piizosia

Pachydiscus.

. Hauericeras

. (Parapachydiscus)

Aspidoceras

Peltoceras

OPPELIA

.ForbeEiceras

Neumayria

LYTOCERAS

Turrilites

Baculites

Plychoceras

Hamites (Anlsoceras)

Hanuilina

. .Macroscaphites

. (Costidiscus)

l(ïetragonitcs) (Kossinatelln)

l(Gaudryceras)

PHYLLOCERAS

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