‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 12 sur 84 · I. — ^ Phylloceras Tethys d'Orbigny · texte numérisé non relu

I. — ^ Phylloceras Tethys d'Orbigny

1840. Amm. semistriatus dOrbign.y (non de Haan) : Pal. fr., p. 136, PI. XLI, fig. 3-4.

1840. Amm. Tketys d'Orbigny : Ibld.. p. 174, PI. LUI, fig. 7-9.

190L Phylloceras Thetys Sayn : Amm. pyriteuses marnes valangienoes, p. 6, PI. I, fig. 3-5.

1901. Id. Sarasin et Schôndelmayer : Amm. Crét. inf. Châtel-St- Denis, p. 14, PI. 1, fig. 6-9.

L'identité de VAmm. semistriatus et de VAmm. Tethys a été reconnue par d'Orbi^ny lui-même, qui y joint également Amm. Buchiana Forbes ('), espèce ayant cependant une section relativement bien plus large et un ombilic plus profond. PiCTET et KiLïAN y ajoutent VAmm. Morelianus d'Orb. Quant à VAmm. serus Oppel, ce parait être une espèce diflérente, bien que la distinction soit souvent difficile.

Les deux grands échantillons de la ferme Potin que nous avons sous les yeux se rapportent à Ph. Tethys plutôt qu'à Ph. sérum, car Tombilic est peu profond, les flancs ne présentent pas de méplat et Taccroissement en hauteur est assez régulier (*). D'autre part, les cloisons, bien que difficiles à suivre, montrent de larges phyllites. tandis que les cloisons de Ph. sérum sont beaucoup plus découpées.

11 reste à noter que les stries ne sont point transverses ou rayonnantes, comme l'indiquent d'Orbigny et Sayn. mais fortement incurvées en avant ; elles présentent un point de rebroussement presque au milieu de la hauteur. Ces stries sont serrées et bien marquées dans la moitié externe, beaucoup moins visibles dans la partie interne. Nous ne possédons d'ailleurs pas le test lui-même. Au total,, ces échantillons sont conformes à la figure 9 de la PI. I de Sarasin et Schôndelmayer.

Un troisième spécimen (Dj. Telia), beaucoup plus petit (11 mm.), a un ombilic relativement plus large, mais Sa^n a établi que c'était là un caractère juvénile.

(i) Forbes: Foss. from Santa Fé de Bogota, p. 177, n* 11, fig. a-b.

(a) Diamètre : iiC mm. ; haulour du dernier tour : GA mm. ; hauteur de l'avanl-dernier tour: 3o mm ; ombilic : 7 mm. La partie du dernier tour comprise entre le bord externe et le bord de ravant-dernier tour est donc à peine plus haute que la partie comprise entre le bord de l'avant-dernicr tour et rombllic. Dans Ph. sérum, cette partie non embrassante est bien plus haute que la partie embrassante.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 5l

Les autres caractères correspondent môme mieux au type que ce n'est le cas pour les deux exemplaires précédents. La cloison (fîg. 3) montre des phyllites fortement élargis en massue à leur extrémité, quoique ce caractère soit moins marqué

que dans la fi^re de d'Orbigny.

^ ° FiG. 3. - PhylL Tethys da DJ. Tclla X C

(d= II; r = 7).

Gisements. — Cette espèce se rencontre en France depuis le Valanginien jusque dans TAptien. L'un des deux grands exemplaires que nous avons examinés (coll. Aubert) provient du four à chaux de la ferme Potin, où Aubert cite Macroscaphites Yvani (^) ; il s'agit donc du Barrémien. L'autre n'a pas d'indication de gisement, mais, d'après l'aspect, la provenance doit être la même. Enfin, le petit provient du Dj. Telia, à l'E du Dj. Oust. Barrémien.

On connaît cette ammonite en de nombreux points du globe (Provence, Espagne, Algérie, Sicile, Alpes Orientales, Balkans, Caucase, Mozambique).

Phylloceras plcturatum ) d'Orbignt 1840. Amm. picturatus d'Orbigny: Pal. fr., p. 178, PL LIV, fig. 4-6.

Cette ammonite se distingué surtout de Ph. Tethys par sa cloison beaucoup plu$ découpée. Cette cloison diffère bien peu de celle de Ph, Rouyanum ; on note seulement que le lobe siphonal est légèrement plus court que le premier latéral, au lieu d'être d'égale longueur ou même faiblement plus long.

Un échantillon (coll . Aubert) du Dj. Oust (gauche de l'aqueduc) possède bien la forme et la cloison attribuées par d'Orbigny à VAmm. piciuratus. Kilian cite cette espèce dans l'Aptien. L'exemplaire visé se trouvant avec Ph, Rouyanum provient sans doute du Néocomien ; je me demande même s'il n'en est pas seulement une variété peu renflée, à ombilic moins profond.

La même espèce est connue en Provence, en Andalousie, en Algérie, etc.

Phylloceras elllpticum P Kossmat

PI. nt. fig. I, a a-b

1895. Phyll. ellipticum Kossmat: Sûdind. Kreidef., p. 11, PJ. I, fig. 2 a-b; VI, 1 ab.

Quelques petits Phylloceras du Vraconnien présentent des flancs bombés, des tours à section régulièrement elliptique, médiocrement élevés, un ombilic quelque peu ouvert. Ce sont là précisément les caractères de Ph. ellipticum, espèce très

(i) C*est peut-être plutôt Costidiscas recticostatuSj mais peu importe ici, puisque le niveau est le même.

5l. ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

voisine de Ph, subalpinum d'Orb., mais s'en différenciant par le fait que la plus

grande largeur se trouve à mi-hauteur, au lieu d'être au voisinage de Tombilic. Par contre, la cloison de nos exemplaires (fig. 4) (M est moins découpée que celle donnée par Kossmat et les selles ont une tendance à la bipartition ; au total, la cloison se rapproche plutôt de celle de Ph. subalpinum d'Orb. La détermination reste donc douteuse, d'autant plus que je ne

Fie 4. — PhyU. eUipticuM X 10 (éch. PI. III, ^ ,

flgi;r = 4). possède que de très petits exemplaires.

Gisements. — 6 échantillons du Guern er Rhczal et de Pont du Fahs. Vraconnien. Le type de Tespèce provient de Tlnde (Ootatoor inférieur).

Phylloceras Velledae Michelin

1834. Amm. Velledœ Michelln: Mag. Zool., PI. XXXV.

1840. Id. d'Orbigny: Pal. fr., p. 280, PI. LXXXIÏ.

1847. Id. Pictet: Grès verts, p. 30 (286), PI. II, Hg. 1 a-c.

1860. Id. PicTET et Campiche : Sainte-Croix, p. 268, 348, PI. XXXVi, fig. 8. (Synonjmie).

1865. Id. Stoliczka: Cret. S. India, p 116, PI. LIX, fig. 1-3.

1873. Id. Schmidt: Petref. Sachalin, p. 10, PI. I, fig. 3-4,

1895. Phylloceras Velledœ Kossmat: Sûdind. Kreidef., p. 12, PI. I, fig. 3.

1906. Id. Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. Diego Suarez, p. 7, PI. ï, fig. 6 a-c, 10 et li.

/Je rapporte à Ph. Velledœ un certain nombre de petits Phylloceras qui ont les principaux caractères de cette espèce, mais qui s'en éloignent par certains points ; il y a donc lieu de les considérer comme appartenant à une variété que je qualifierai de Seresitensis, car la plupart de mes échantillons ont été recueillis à peu de distance de THenchir oum cl Abouab, l'antique Seresita. Ces échantillons, tous très petits (moins de ao mm), ont les flancs presque plats et présentent même une sorte de méplat s'étendant à peu près jusqu'au bord externe ; à ce point de vue, ils répondent donc assez bien à la figure de Pictet (Sainte Croix, PI. XXXVI. fig. 8), mais l'ombilic est en entonnoir et plus étroit que dans cette figure. Cette forme de l'ombilic se voit, au contraire, sur la figure de d'Obbigny, ainsi que sur le moulage d'un grand échantillon provenant de Gérodot (coll. Sorbonne) ; mais alors les flancs sont plus bombés et les côtes plus flexueuses. Beaucoup de nos échantillons ne montrent d'ailleurs que des traces de côtes.

(i) La cloison que je reproduis ici est malheureusement usée, mais les autres exemplaires ne permettent pas d'en suivre entièrement le tracé. Le résultat de celte usure a été d'altérer la forme des x)hyllites, au point que, d'après le dessin, on pourrait douter qu'il s'ajîisse bien d'un Phylloceras ; je crois néanmoins celte attribution générique correcte, car l'échantillon montre en divers points les plnllites si caractéristiques de ce genre. En outre, le dessin est un peu inexact, car les lobes ont été légèrement élargis au détriment des selles, inconvénient qui risque de se produire quand on travaille sur des photographies de très petites ammonites.

Quant à la cloison, elle s'accorde mieux qu'on n'eût pu l'espérer avec la figure de d'Orbig:iy.

Rapports et différences. — Par leurs côtes, par la forme de l'ombilic et même par la cloison, ces ammonites rappellent singulièrement PhylL sérum Oppel ; la seule différence notable est la plus grande hauteur du dernier tour dans l'espèce que je viens de citer. Ph, Velledœ appartient, du reste, à un groupe de formes extrêmement voisines les unes des autres, dont la souche paraît être Ph. sérum Oppel et qui se sont perpétuées pendant tout le Crétacé. La distinction en est souvent très difficile.

Gabb (*) a figuré, comme Pliyll. ramosum Meek, une ammonite probablement identique à VAmm, Velledœ et du même niveau qu'elle ; Whiteaves unit d'ailleurs les deux formes. Par contre, Steinmamn (*) considère les deux espèces comme différentes et applique le nom de Ph. ramosum à une ammonite sénonienne du Chili. Amm. Velledœ a d'ailleurs été mentionné plusieurs fois à propos de couches turoniennes ou sénoniennes ; j'ignore si cette assimilatipn est exacte, mais peut-être s'agit-il dans ces cas de Ph. Velledœformis Schllter (*)/ espèce bien voisine de Ph. Velledœ, s'en difTérenciant par des costules plus fines, plus onduleuses, par une cloison encore plus découpée, dont le premier lobe est irrégulièrement trifide, au lieu d'avoir 3 pointes régulières.

Quant à Ph. subalpinum d'Orb. et Ph. ellipiicum Kossmat, leur section est beaucoup plus large, différente d'ailleurs dans l'un et l'autre cas.

Gisements. — Une vingtaine d'échantillons, tous de petite taille, du Vraconnien du N du Bargou (Kef Rakrima, Guern er Rhezal), du Chirich (coll. Flicr), de Si Abd el Kerim, de Pont du Fahs, de la Mechtat Mergueb, entre Tunis et le Dj. Oust (coll. Athert). Un échantillon du Ragoubat Feid el Gucnna a été trouvé au sommet du Cénomanien.

Cette espèce est commune dans le Gault supérieur de la France, de la Suisse, de l'Algérie, de Madagascar, de l'Inde, de la Californie (Shasta group), de Vancouver (?), etc. Elle a été citée également dans des couches turoniennes ou sénoniennes de l'île Sakhaliae, du Japon, etc. L'espèce chilienne paraît différente.

Phylloceras Tanlt Pervinquière 1907

PI. m, fig. 3, 'i, 5 a-6, G, 7 a-6, 8, 9

Diamètre

Hauteur du dernier tour.

Épaisseur du dernier tour Largeur de l'ombilic

I ri If. Éch. du Guern er lUicza! — III. Forme de passage à Ph. Velledse (PI. III, fig. 5)

(1) Gabb: Pal. California, vol. I, p. 05, PI. \I, fig. 12 ; \II, la.

(2) Steinmam?! : Geph. Quinquina, p. 80, PI. V, fig. !\ a-b.

(3) Schluteh: Gepli. ob. d. Kreide, p. Go, PI. XVllI, fig. k--].

Coquille disco¥dale, comprimée, à flancs plats ou à peine bombés, à région ventrale arrondie. Tours très embrassants, mais laissant voir quelque peu les tours internes. Flancs non déprimés au voisinage de l'ombilic. Paroi ombilicale abrupte, sans que le raccord avec les flancs soit caréné. Flancs ornés de petites côtes fines, traversant la région ventrale sans modification et visibles seulement près du pourtour sur nos échantillons. Dans le très jeune âge, tous les tours sont lisses, arrondis et beaucoup moins élevés, comme on peut s'en rendre compte par l'examen de la figure 8, PI. III ; l'enroulement est plus lâche.

Cloison (fig. 5) très découpée, rappelant beaucoup celle de Ph. Velledœ,

Chaque selle est divisée par un profond lobule, lui-même subdivisé. Le premier lobe latéral, notablement plus long que le lobe siphonal, possède trois branches longues et grêles, un peu inégales, ne se détachant pas F.o.5.PftW<.ran«xi5(éch.Pi.iii,flg.7;r=4). à la même hauteur; en

effet, la branche interne se détache un peu plus haut que l'externe, surtout dans l'adulte.

Rapports et différences. — Ce Phylloceras a certainement une grande ressemblance avec Ph, Velledœ, avec lequel il se trouve d'ailleurs. La distinction est cependant facile quand on a affaire à des formes typiques, car Ph, Velledœ (même la var. Seresitensis) a l'ombilic très petit et en entonnoir, tandis qu'ici l'ombilic est plus' large et à paroi abrupte. Il est indispensable d'ajouter qu'il existe des formes de passage entre Ph. Tanil et Ph, Velledœ^ telle que celle représentée par la PI. 111. fîg. 5. Les flancs sont plats et montrent même le méplat habituel, l'ombilic est légèrement ouvert, mais les bords de l'ombilic, au lieu d'être abrupts, sont légèrement en entonnoir. Malgré l'existence de ces termes de passage, j'ai cru devoir faire une distinction spécifique, car les types extrêmes sont bien caractérisés.

Si l'ombilic est un peu ouvert dans Ph, Tanit, il l'est cependant bien moins que dans Ph, decipiens Kossmat, qui se distinguera d'ailleurs aisément par les caractères de sa cloison.

Par sa forme générale et spécialement par la forme de son ombilic, notre ammonite s'accorde presque entièrement avec Ph. Tethys d'Orb.. qui en est vraisemblablement l'ancêtre, mais la cloison est différente : elle est beaucoup plus simple dans Ph. Tethys, où les éléments sont plus larges et moins grêles et où les selles se terminent par des phyllites élargis. Pour aider à saisir ces différences, je donne d'autre part (fîg. 3) la cloison d'un de mes Ph, Tethys du Crétacé inférieur.

Gisements. — Une quinzaine d'exemplaires ferrugineux provenant du niveau vraconnien à ammonites du N du Bargou (bou Tis et Guern er Rhezal), de Si Abd el Kerim et de Pont du Falis.

Phylloceras declplens Kossmat

PI. IH, fig. lo a-6. 11 ab

1845. Amm. Varuna Forbes: Foss. Inv. S. India. p. 107, PI. VIII, fig.. 6. 1895. Phylloceras decipiens Kossmat: Sùdind. Kreidef., p. 13, 63, PI. II, fig. 3 a-c.

Diamètre 10 (1)

Hauteur du dernier tour 5,6 (0,65)

Épaisseur du dernier tour 3,7 (0,37)

Largeur de l'ombilic 2,2 (0,22)

Cette espèce se distingue immédiatement de tous les autres Phylloceras avec lesquels on la rencontre par son ombilic relativement ouvert, laissant apercevoir ^ le tiers des tours antérieurs. Les tours sont peu épais, la section élevée, ovalaire, la plus grande épaisseur étant un peu au-dessous du milieu de la hauteur. D'après Kossmat, les premiers tours ont une section presque circulaire, et Tcnrou- ^*^- ^- ' ^^^'^- '^^Tf^^^'J^^''' '' ''^''^' ^ ^ lement est encore moins serré.

L'ornementation rappelle celle de Ph. Velledœ ; elle consiste en côtes fines, dirigées obliquement en avant, puis s'incurvant un peu en arrière sur la moitié externe des flancs, où les côtes sont d'ailleurs plus marquées. Notre échantillon montre, en outre, quelques dépressions séparées par des bourrelets' très vagues au début du dernier tour.

La cloison n'apparaît pas assez sur l'échantillon figuré pour permettre une reproduction, mais elle est bien visible sur un autre exemplaire, auquel est empruntée la figure 6. Le premier lobe ne dépasse que faiblement le lobe siphonal ; les selles sont irrégulièrement bifides ; on remarquera que le sommet de la cloisdn décrit une courbe accentuée, par suite de la décroissance très rapide des éléments à partir de la deuxième selle (lobe suturai).

Rapports et différences. — La largeur relative de l'ombilic et le caractère de la cloison permettront de distinguer aisément cette ammonite des autres Phylloceras crétacés, même de Ph. Tanit, Quant à Ph. lale-umbilicaium décrit plus loin, il possède un ombilic encore beaucoup plus large ; les tours sont marqués de sillons presque radiaux et ne montrent pas la fine costulation de Ph. decipiens. Nos échantillons concordent d'aiUeurs bien avec la description et les figures données par Forbes pour Amm. Varuna.

J'estime que ce dernier nom aurait dû être conservé pour ce Phylloceras, mais SroLiczxA et Kossmat l'ont entendu autrement et pour ne pas apporter la confusion dans cette question, j'adopterai le nom de Ph. decipiens proposé par Kossmat (*).

(i) D'après Kossmat, la collection Kayc, étudiée par Forbes, montre un Lytoceras et un Phylloceras sur le même carton et sous le même nom d'Amm. Varuna. 11 me parait évident, d'après la description de Forbes, que cet auteur a\ait en vue le Phylloceras en créant son espèce, puisqu'il range celle-ci

Gisements. — Trois échantillons provenant du Yraconnien du Guern er Rhezal et du Kef Rakrima. On remarquera que le type appartient aux Valudayur beds. c'està-dire au Gampanien, ce qui peut laisser planer quelques doutes sur l'exactitude de notre attribution ; pour le moment, il ne nous paraît pas possible de séparer les deux espèces ('). Ph. decipiens ne semble pas avoir été cité hors de Tlnde, mais il existe assurément au Natal, car Woods a figuré (*), sans le nommer, un petit Phyllacéras que sa forme, son ornementation et sa cloison font attribuer clairement à Ph. decipiens.

II. — Phylloceras Infundlbulum d'Orbigny 1840. Amm. infundibulum d'Obbiony: Pal. fr., p. 131, Pi. XXXÏX, fig. 4-5.

Gette espèce bien connue est représentée, dans la collection Aubert, par une empreinte sur un calcaire provenant de la ferme Potin. Le moulage que j'en ai fait est conforme à la figure de d'Orbigny.

En France, cette espèce se trouve dans Tllauterivien et le Barrémien.

Phylloceras Rouyanum d'Orbigny

1840. Amm. Rouyanus d'Orbigny: Pal. fr., p. 362, PI. CX, fig. 3-5.

1880. Amm. Baborensis Coquand: Et. suppi., p. .26. (Atlas de Heinz, PI. I).

D'Oii;i:;xY a lui-même réuni, dans son Prodrome, Y Amm. Rouyanus k VAmm. infundibulum, dont il ne serait que le jeune. La plupart des auteurs ont admis cette manière de voir, tandis que Goquaxd et Kilian considèrent ces ammonites comme deui espèces distinctes. Sans prendre parti dans la question (*), je me borne à mentionner l'existence en Tunisie de petites ammonites pyriteuses, répondant assez bien à Y Amm. Rouyanus ou plutôt à la variété de cette espèce que Coquand a nommée Amm. Baborensis. La photographie de Heinz nous montre que cette variété a des flancs plus régulièrement incurvés, la plus grande épaisseur étant presque au milieu du tour, tandis que dans Y Amm. Rouyanus la plus grande épaisseur se trouve aux trois quarts de la hauteur, point à partir duquel les flancs convergent rapidement vers l'ombilic.

Les cloisons concordent assez bien avec celles figurées par d'Orbigny. Les

dans les IleterophyUi, à côté d'Amm. Houyanus. Cependant Stoliczra et Kossmat ont appliqué le nom de Varuna au Lytoceras, A mon avis, le nom do \'aruna devrait rester an PhyUoccraSj tandis que le Lytoceras devrait recevoir une nouvelle dénomination. Néanmoins, i>onr éviter ce dout)le changement, et comme il peut subsister un doute sur la pensée de Fokises, j'emploie le nom do decipiens proposé par Kossmat pour le Phylloceras.

(i) D'ailleurs Blanford (Mem. gcol. Surv. India, vol. IV, i, p. cjy) a cité Amm. Varuna à propos des couches de l'Ootatoor, mais je ne sais s*il avait en vue le Phylloceras ou le Lytoceras.

(a) Woods : Cret. Fauna Pondoland, p. 33i, PI. XLF, lipr. tt.

(3) C'est pour celte raison que j*ai réduit la Ijibliojrraphie aux liffurcs types.

selles sont assez découpées, plus ou moins régulièrement bifides. Le lobe siphonal est de même longueur que le premier lobe latéral, lequel présente trois branches presque égales, disposées symétriquement. Le deuxième lobe est encore moins symétrique que dans la fîgure de d'Orbignt, car * la branche externe se détache encore plus haut.

Gisements. — Six petits exemplaires pyriteux (coll. Aubert), du bou Kournin du Fahs, du Dj. Oust (gauche de Taqueduc) et de Moghrane (près Zaghouan), an point de rencontre des deux aqueducs.

D'après Kilian, le type de l'espèce ne pourrait provenir que de l'Aptien, mais Sayn dit avoir trouvé des formes identiques dès le Néocomien inférieur ; toutefois il ne cite pas cette espèce dans son récent mémoire sur les ammonites du Valanginien. D'après les autres fossiles qui les accompagnent, les exemplaires étudiés doivent appartenir au Barrémien ; c'est d'ailleurs de ce niveau que provient le type de VAmm, Baborensis,

Cette ammonite existe dans toute la région méditerranéenne et alpine.

Phylloceras Forbeslanum d'Orbignt

PI. III, fig. la a-b.

1845. Afnm. Bouyanus Forées : Foss. Inv. S. India, p. 108, Pi. VIII, Rg. 6.

1850. Àmm. ForbesiantAS d'Orbigny : Prodrome, vol. II, p. 213.

1903. Phylloceras sp. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 138.

Diamètre 12 (1) 20 (1)

Hauteur du dernier tour 7 (0,58) . 13 (0,65)

Épaisseur du dernier tour 6,5 (0,54) 11 (0,55)

Urgeur de l'ombilic 0,5 (0,04) 1 (0,05)

(I. Ëch. flgurc, du Dj. Selbia, comme le premier

Cette ammonite a d'abord été confondue avec Ph. Rouyanum d'Orb., auquel elle ressemble en efTet beaucoup ; elle présente également des tours épais, à section pres-

Fio. 7. - Phyll. Forbesianum X 6 (éch. figuré ; r = 11).

que circulaire, et un ombilic étroit, en entonnoir. Cependant elle possède, d'après Forbes et KossMAT, de fines stries traversant la région ventrale; nos échantillons étant des moules internes sont complètement lisses. La section n'est pas tout à fait

la même dans les deux cas : Ph. Rouyanum, tel que Ta représenté d'Orbigny (PI. GX), a un ventre plus large, la plus grande épaisseur se trouvant tout près de la périphérie; Ph. Forbesianum a une section ovalaire, la plus grande largeur étant située au milieu de la hauteur des tours.

La cloison (fig. 7) est du même type dans les deux cas, mais les éléments sont plus découpés dans Ph. Forbesianum et les feuilles de chêne terminant les selles sont plus réduites ; néanmoins, la cloison a toujours le caractère phylloïdien. Gela montre combien est illusoire la séparation des SchlUteria et des Phylloceras. Le dessin de Forbes est naturellement très schématique, comme tous ceux de cette époque ; celui qui a été donné par Kossmat (^) sous ce nom se rapporte, en réalité, à une espèce différente (Ph. Whiteavesi Koss.) ; aussi ai-je cru devoir figurer la cloison de l'individu représenté PI. 111, fig. 12. On remarquera la réduction rapide des éléments au delà de la deuxième selle.

Rapports et différences. — Par ses tours très épais et son ombilic profond, ce Phylloceras se distingue de la plupart des autres Phylloceras du Grétacé supérieur. Cependant Ph. Ezoense Yokoyama (') en est très voisin, bien que l'accroissement en soit plus rapide et la section plus élevée. G'est par erreur que Kossmat, puis tout récemment Boule, Lemoine et Thévenin (M ont cité sous ce nom une ammonite du Génomanien de l'Inde et de Madagascar. D'ailleurs Kossmat avait déjà corrigé cette méprise dans son supplément (<); l'espèce du Génomanien, qu'il avait figurée tout d'abord sous le nom Ph. Forbesianum ('), doit s'appeler Ph. Whiteavesi Kossmat. Gette espèce cénomanienne se distingue de l'autre parce qu'elle est plus renflée et montre moins nettement la forme en entonnoir de l'ombilic ; les selles sont plus longues, la sellette du lobe siphonal reste simple, en forme de lancette, au lieu d'être fortement découpée.

Gisement. — Sept échantillons provenant tous des couches à ammonites du Dj. Selbia (au S de Si Abd el Kerim et au passage de la route de l'O. el Kebir) que je rattacjie encore au Santonien ; ils sont donc un peu plus anciens que le type (Campanien). Gette espèce, ramenée dans ses vraies limites, n'est connue que dans l'Inde, l'île de Vancouver et la Tunisie.

Ge Phylloceras est la seule espèce certaine du Sénonien de Tunisie ; les autres espèces auxquelles j'ai fait allusion dans mon Étude géologique (p. i38) sont en réalité de très jeunes Puzosia du groupe de Puz. diphylloides (voir plus loin).

(i) Kossmat: Sudind. Kroidef., p. i3, PI. I, fig. i a-d.

(a) YoKOTAMA.: Vcrst. jap. Krcidc, p. 178, PI. XIX, fig. 2 a-e.

(3) Boule, Leuoixe et Thévenin : Côph. Diégo-Suarcz, p. 9, PI. I, fig. 8 a-6, 9 a-b.

(A) Kossmat : Sudind. Kreidef., p. 189.

(5) Ibid., p. i3, PI. I, fig. I ad.

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