‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 20 sur 84 · XL · texte numérisé non relu

XL

1903. /d. Pervinquièrb : Et. géol. Tun. cent., p. 138, et BaeuHtes, p. 126.

Les deux noms proposés successivement par Lamarck se rapportant à la même figure de Faujas, j'adopte celui de Bac, vertebralis qui est plus ancien.

Coquille croissant très lentement en diamètre ; section ovale, un peu plus étroite du côté siphonal que du côté opposé ; flancs modérément, mais régulièrement bombés, complètement lisses. Cloison composée de six selles bifides et de six lobes également bifides^ sauf le lobe antisiphonal, lequel est d'ailleurs beaucoup plus réduit que ses voisins. Lobe siphonal légèrement plus court, mais bien plus large que le premier lobe latéral ; deuxième lobe un peu plus petit. Deux premières selles égales, la troisième plus basse.

Les échantillons (d^ailleurs réduits à de petits fragments] de la Kalaat es Snam et du braa et Tbaga (Maëstrichtien) répondent bien à cette définition. Ils ont une

FiG. ti. ^ Bac, cf. vertebralis X 4. Cloison complète (lobe anitoipbonal répété), d*ipr4a Péch.,Pl. IV, flg. 9.

cloison assez découpée, à selles élevées, tout à fkît semblable à celle figurée par

BOKHORST.

Par contre, les échantillons du Dj.SeJibia (Santonien), que j'ai cités sous ce même nom, présentent quelques diflerences, qui font douter de l'exactitudje de Tattribution. En eflet, le bord siphonal est légèrement pincé, tandis qu'une très faible dépression court longitudinalement de chaque côté (sur les branches du lobe siphonal) ; de plus, la bande siphonale, éclairée obliquement, laisse voir des rugosités (PL IV, fig. g 6). Enfin, la cloison (fig. jS) a. des éléments moins élancés que dans le cas précédent. Cette forme ferait songer à Bac, carinatus Binkhorst (^), mais il n'y a pas de côtes individualisées, comme dans cette dernière espèce. Plus proche serait Bac, incunmtus Dujardin {*), qui appartient précisément au môme niveau, mais, notre

(i) BiNKUORST : Gast. Céph. Craie Limboiirg, 11, p. >/i3, PI. V d, fig. a a-d.

(a) DuJARDiN : Sur les couches du sol en Touraine, Mém. S. G. F., vol. H, a, p. a3a, PI. XVII, fijg. i3 a-d.

baculite a une section plus franchement elliptique, et ne présente pas un rétrécissement aussi accentué du côté siphonal. En outre, Tespèce de ïouraine, indépendamment de l'incurvation qui est peut-être accidentelle, possède de fines côtes obliques et des tubercules, qui apparaissent, d'après Holzapfel. au diamètre de 8 mm. Or, nos échantillons ne montrent ni cotes, ni tubercules. Enfin, Ja cloison diffère fortement de celle qui est attribuée par SghlGter {^) à Bac, incurvatus. Au total, c'est de Bac. vertebralis que nos échantillons se rapprochent encore le plus, mais on trouverait sans doute des différences spécifiques si on avait des individus plus complets.

Gisements. — Dj. Selbia, au bord de la route et à i Km. au S de Si Abd el Kerim. Santonien supérieur. — Kalaat es Snam (dans les 4o premiers mètres après les calcaires à Inocérames), avec les Pentacrines et Balanocrines. Draa et Tbaga (A. el Arrericy ) . Maëslrichtien .

Le type vient de la montagne de Saint- Pierre, 'près de Maëstricht. L'espèce paraît assez répandue en Allemagne. Peron a cité quelques fragments du Bir Magueur pouvant s'y rapporter.

Baculltes paradoxus Pervinquiére 1907

PI. IV. fig. 10, II

Petite coquille conique (abstraction faîte de la partie initiale qui est inconnue), lisse, à angle très petit ; section parfaitement circulaire.

Cloisons (fig. a4) tout à fait singulières, dépourvues de plan de symétrie, se

composant de cinq lobes et de cinq selles, au lieu de six. Toutes les selles bifides et semblables, sauf celle qui est opposée au lobe siphonal.

Fio. 24. ~ fp';^^;^^^^^^^^ '*P**^°'* Lobes, également bifides et sembla-

bles, le lobe siphonal ne se distinguant des autres que par la présence d'une petite dent au milieu de la sellette siphonale.

Rapports et différences. — Il ne peut s'agir ici de BacuUies cylindrica Lamarck (■), puisque ce dernier porte de nombreuses côtes annulaires. J'ai pu m'assurer, d'autre part, que Bac, vertebralis possède une section ovale dès sa jeunesse. Au surplus, notre espèce se distinguera immédiatement de toutes les autres par la présence de cinq lobes seulement. J'ajoute que les quatre exemplaires que je possède sont bien semblables à ce point de vue. Il m'a semblé qu'on pouvait les faire entrer encore dans le genre Bacalites, puisque la définition de Lamarck n'indique pas le nombre d'éléments de la cloison, ni la symétrie de celle-ci.

(i) SchlOteb : Ceph. ob. d. Krcidc, p. lia, PI. XXXIX, fig. 6-7 ; XL, 3. (2) Lamarck : lUst. nat. an. sans vertèbres, vol. VII, p. 648.

Gisement — Quatre petits fragments provenant du Maëstrichtien du Draa et Tbaga (A. el Arreridj), où ils sont associés à Bac, vertebralis et Scaphites Cunliffei.

Baculltes indét.

PI. IV. iïfr. 13 a-b

Longueur du fragment 13

Diamètres antérieurs 3,3 et 3

— postérieurs 3 et 2,75

Il me reste à signaler un petit baculite très particulier, qui se distingue immédiatement par sa section presque circulaire et son accroissement en diamètre cxtraordinairement lenl, de sorte que le tube est presque cylindrique, comme en témoignent les mesures. Il existe des con strictions obliques, comme dans Bac. bacuioides.

La cloison (fig. a5) présente le nombre normal d'éléments, mais acquiert un cachet très particulier par le développement considérable du lobe ^lo ». - Bac«a<e» indéi. x 7 (éch. pi. iv.

^ ^^ flg. «;d = 3).

antisiphonal, qui atteint presque la taille de ses

voisins, au lieu d'être très réduit comme c'est généralement le cas. Le premier lobe

latéral dépasse un peu le siphonal. La cloison est peu découpée.

Rapi>ort8 et différences. — Je ne connais, en dehors de la variété ronde de Bac. baculoides, qui se distinguera aisément par la cloison, que deux baculitcs cylindriques : c'est Bac. cylindrica Lamargx, espèce munie de nombreuses côtes annulaires, qui pourrait bien être un fragment de Hamiies, et Bac. roiundus Reuss (*), qui croît un peu plus vite en diamètre et dont la cloison m'est inconnue.

Gisement. — Un seul individu, du Sénonien supérieur de Pont du Fahs (gare).

Genre TURRILITES Lamarck

Ce genre est trop connu pour avoir besoin d'être défini à nouveau. Hyatt l'a démembré et en a séparé le genre OsiUngoceras (»), dont le type est Turr. Puzosianus d'Orb. Cette mesure me parait trop radicale ; néanmoins, on peut conserver le terme pour désigner le sous-genre ou la section des turrilites à côtes droites, peu tuberculeuses, et à tours plats.

D'autre part, j'ai recueilli un turrilite remarquable par la simplicité de sa

(i) Relhs : Vcrst. bôhm. Kreidcf., p. 2^, PI. VU, Vig. /i ac. (3) Zittel-Eastmo : Tcxt-book of Pahronlology, p. 687.

96 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENxNE

cloison, qui demeure à peine ondulée à une taille où les autres sont très découpées. Munibr-Chalmas était d'avis d'en faire le type d*un nouveau genre ; néanmoins, étant donné que l'enroulement et l'ornementation sont analogues à ce qu'on observe dans divers autres turrilites, je me contenterai de placer cette nouvelle espèce dans un nouveau sous-genre, pour lequel je propose le nom de Carthaginites.

En dehors de Turr. Kerimensis, décrit ci-dessous, je ne connais pas d'autre turrilite susceptible de rentrer dans ce sous-genre, qui est- essentiellement caractérisé par la simplicité de sa cloison. Je ne puis dire si le sillon qui marque le milieu des tours est constant et constitue un caractère générique. . La position systématique de Turrilites est difficile à fixer. Neumayr, Zittel et la plupart des auteurs placent ce genre dans la famille des Lytocératidés, dont il a les cloisons. D'autre part, l'ornementation est tellement difl'érente, que ce classement me paraît assez douteux ; n'en ayant pas de meilleur à proposer, je m*en tiens à l'opinion courante (^).

Turrilites costatus Lamarck

1799. Corne d^Àmmon iurbinée Denys de Montfort : Journ. pbys. cbim. hist. nat.

p. 1, PI. I, fig. 1.

1801. Turrilites œstata Lamarck : Syst. an. s. vertèbres, p. 102. 1840. Turr. costatuS d'Orbigny : Pal. fr., p. 598, PI. CXLV. 1862. Id, Pictet et Campiche : Ste Croix, II, p. 142. (SynoDymie). 1862. Turr, Tevesthensis Coqûand : Géol. Pal. S. Constanline, p. 174, PI. II, ûg. 5. 1889. Turr, costatus Peron : Moll. foss. Tun., p. 34. 1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 71, 81. 1907. Id., Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. Diégo-Suarez, p. 59, PI. XIV, fig. 3 a-b.

(Synonymie).

Cette espèce cosmopolite ne paraît pas très commune en Tunisie. J'en ai cependant recueilli quelques représentants typiques, soit calcaires, soit ferrugineux.

Un spécimen de Foum el Guelta s'écarte un peu des précédents : il a un angle au sommet plus ouvert ; la rangée supérieure de tubercules est à peine sensible, tandis que l'inférieure est très saillante. Il répond sensiblement à la forme que Passt (') a appelée Turr. acutus et qui paraît être simplement une variété de Turr, costatus.

Gisements. — Trois spécimens calcaires du Dj. Mrhila (Foum el Guelta) (coll. Flick), du Dj. ben Habbes, du Dj. Résina et de Djebba (coll. Aubert). Un petit spécimen ferrugineux du Guern er Rhezal. Cénomanien. Cette espèce est connue dans toute l'Europe, en Algérie et à Madagascar.

(i) Htatt classe ce genre parmi les Cosmocératidés, opinion qui ne me semble pas non plut inattaquable.

(a) Passt : Dcscr. géol. Seinc-Infôricurc, p. 33.'i, PI. XVI, fig. 3-4.

Ttirrilltes Scheuchzerlanus Bosc

1801. Turr, Schttichzerianm Bosc in Buffon, édit. Délerville, vol. V, p. 190.

1822. Turr. undulatus Mantell : Geol, of Sussex, p. 124, PI. XXIU, fig. 14, 16 ;

XXtV, 8.

1840. Turr, Scheuchzerlanus d'Orbigny : Pal. fr., p 602, PI. CXLVI, fig. 3-4. 1840. Turr, Desnoyersi d'Orbigny : Ibid., p. 601, PI. CXLVÏ, fig. 1-2. 1856. Turr. Scheuchzerlanus Sharpk : Foss. Moll. Chalk, p. 64, PI. XXVI, fig. 1-3. 1862. Id, PiCTET et Campiche : Sle Croix, H, p. 144. PI. LVIII, fig. 6. (Bibliographie). 1903. Turr. Scheurhzenanus et Turr. Desnoyersi Pervinquière : Et. géol. Tun. cent.,

Ce turrilite se distingue par ses tours nombreux, peu bombés, croissant lentement en diamètre, ornés de fortes côtes (une vingtaine), continues dans Tadulte d'une suture à l'autre. Dans la jeunesse, au contraire, les cotes sont interrompues par une dépression située vers les deux tiers de la hauteur. C'est cette forme jeune que d'Orbigny a appelée Turr. Desnoyersi ; la figure qu'il en donne est une reconstitution inexacte. Au contraire, la figure de Mantell, représentant une coquille presque entière, montre bien la modification de l'ornementation avec l'âge.

Nous possédons de grands exemplaires à côtes continues et de petits à côtes interrompues; vers la fin de l'un d'eux, l'interruption est à peine sensible. Ces jeunes spécimens sont souvent difficiles à distinguer de Turr. costatus. Pictet dit qu'on reconnaîtra toujours Turr. Scheuchzerlanus à Tabsence complète de tubercules vers la suture supérieure, en dessus de ceux qui proviennent de l'interruption médiane de la côte. Gela ne me paraît pas tout à fait exact. Certains de mes exemplaires montrent, au-dessus du tubercule voisin du sillon, deux autres tubercules beaucoup plus petits ; autrement dit, la partie de la côte supérieure au sillon est crénelée. Néanmoins, j'estime avoir affaire à Turr, Scheuchzerlanus et non à Turr. costatus. Dans ce dernier, en effet, la saillie située au-dessus du sillon est très marquée et arrondie ; c'est un vrai tubercule, tandis que nos exemplaires montrent plutôt une côte courte. Au surplus, ces exemplaires ont été recueillis avec des Turr. Scheuchzerlanus typiques. Le siphon, qui est visible sur un échantillon, est placé exactement à la suture. Comme la cloison de ce turrilite a été bien rarement figurée (sinon jamais), je reproduis celle de l'échantillon dont il vient d'être question (Rg. 36).

Gisements. — Cette espèce est relativement commune au Mrhila (une dizaine de fragments), depuis le Vraconnien jusqu'à un niveau assez élevé du Cénomanien (5 6). J'en ai trouvé également un gros fragment entre le bou cl Hanèche et le Kef Gouraï.

Turr, Scheuchzerlanus n'est pas rare en Europe, mais je ne crois pas qu'on l'ait encore cité dans d'autres pays.

Fio. 26. — Turr. Scheuchzeriantu X 2 (éch. du Mrhila).

98 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISlEN?iE

Turrllltes Bergerl Buongniart

1822. Turrilites Bergeri Brongniart : EaviroQS de Paris, p. 395, PI. VII, ûg. 3 a-b, 1840. Id. d'Orbiony : Pal. fr.. p. 590, PI. CXLIII, fig. 3 6.

1862. Id. PiCTET et Campighe : Sle Croix, H, p. 134, PI. LVIII, (ig. 1-5. (Synonymie). 1903. Id, Pervinquière : Et. géol. Tuo. Cfnt., p. 66, 69.

Cette importante espèce est facile à reconnaître, grâce à la présence de quatre rangées de tubercules, dont les trois inférieures sont visibles, tandis que la supérieure (^) est cachée par le tour suivant; les tubercules de cette rangée supérieure sont allongés vers Tombilic. Les tubercules latéraux sont généralement arrondis et égaux, mais, sur nos exemplaires, les tubercules de la rangée inférieure sont allongés et plus grands que les autres, caractère que la figure type de Brongniart montre également. Tous nos exemplaires sont sénestres.

Gisements. — La plupart de mes échantillons (une dizaine) proviennent du Mrhila (Foum el Guelta et pied du Kef Si Abd cl Kader), des calcaires gréseux, jaunâtres, qui se trouvent à la base des argiles. Vraconnien. Une empreinte douteuse du Guern er Rhezal et un fragment douteux du Dj. Résina (coll. Albert).

Cette espèce est connue, non seulement en France, en Angleterre, en Suisse, mais aussi en Espagne, en Algérie, dans l'Afrique australe (Conducia), l'Inde, la Perse,* etc.

Turrllltes Wlestl P Suarpe

PI. IV. (Iff. i3. i',

I806. Twr, Wieslu Sharpe : Foss. Mol). Clidlk, p. 67. PI. XXVII, lig. 8, 0, 14, 17. 1903. Turr. alT. Wiestl Pervinquière: Et. géol. Ton. cent., p. 75.

Je rapporte, non sans quelques doutes, à l'espèce anglaise trois turrilites ferrugineux, qui pourraient à la rigueur n'être qu'une variété de Turr, Bergeri. Dans l'une et l'autre espèce, il y a quatre rangées de tubercules égaux et en même nombre. Dans Turr, Bergeri, la rangée supérieure (terminant les cotes situées à la partie supérieure du tour) est cachée ; extérieurement, on distingue aisément les trois autres rangées. Dans Turr, Wiesti, deux rangées seulement sont bien visibles, les deux autres sont cachées ; mais comment sont disposées ces deux autres ? PiCTET admet qu'elles, sont toutes les deux à la suture supérieure, ce qui serait le cas de nos échantillons, mais le texte de Sharpe ferait plutôt croire qu'il y a une rangée à chaque suture ; la figure est impuissante à lever la difficulté. Quoi qu'il en soit, un de nos exemplaires ne montre certainement que deux rangées de tuber-

(i) La pointe olaiil supposée diriffée vers le bas.

cules ; on ne saurait donc Tattribuer à Turr. Bergeri. Par contre, Texemplaire que je figure laisse deviner une autre rangée; naturellement les deux rangées supérieures sont visibles sur le dernier tour.

Je reproduis ci-contre (fig. 37) la cloison de cet exemplaire (*). On voit qu'elle ne diffère pas beaucoup de celle de Turr, Morrisi Sharpe.

Grisements. — Trois exemplaires ferrugineux du Vraconnien du Dj. Zrissa. Turr. Wiesti a été découvert dans la Craie grise de Tîle de Wight et ne paraît pas

FiG 27. — Turr. cf. Wiesti X 10 (éch. IM. IV, fig. 13;

avoir été signalé ailleurs, (coll. Peron).

Des turrilites semblables aux nôtres existent à Aumale

Turrllltes Morrisl Suarpe

PI. IV, (ig. i5, 16, 17 ab

1856. Turr, Morrisii Sharpe : Foss. Moll. Chalk, p. 65, PI. XXVI, fig. 4mS. 1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. H9, 71, 72.

Ce turrilite est certainement le plus commun en Tunisie, tandis qu'il a rarement été cité en d'autres régions ; aussi me paraît-il bon d'en rappeler les principaux caractères.

Coquille à enroulement sénés trc assez lent (angle spiral iS"), à tours nombreux, presque plats, ornés de trois rangées de tubercules : deux au voisinage de la suture supérieure, la troisième au milieu des flancs. Les deux rangées supérieures comptent le même nombre de petits tubercules arrondis (22-28 par tour). Les tubercules de la première rangée se prolongent par de petites cotes rayonnant vers l'ombilic, mais ils ne sont visibles que sur le dernier tour, car, sur les tours antérieurs, ils sont généralement recouverts et cachés par le tour supérieur. La rangée médiane présente 8-12 tubercules arrondis, un peu plus gros et très espacés. Il n'y a pas de tubercules à la suture inférieure, mais celle-ci parait crénelée, les indentations servant à loger les tubercules supérieurs du tour précédent. Celte coquille varie très peu avec l'âge ; je crois utile, néanmoins, de faire reproduire un individu adulte, afin qu'on se rende bien compte que les différences présentées par les petits spécimens ferrugineux par rapport à d'autres espèces voisines ne sont pas

(i) Le siphon est .situe sous la suture même; la ligne de droite (indiquant la position de la suture supérieure) devrait être plus près de la rangée de tubercules ; c'est dire (juc la deuxième branche du lobe siphonal est déjà un peu au-dessus du tour.

lOO

dues seulement à la jeunesse de mes exemplaires, mais que ce sont là des différences spécifiques.

La fig. a8 montre le lobe siphonal, à cheval sur la suture supérieure (à droite),

et le premier lobe latéral, bordé naturellement par deux selles très inégales. La selle située sur les flancs est large et divisée par trois lobules inégaux. Le lobe latéral, à cheval sur la suture inférieure, est divisé en deux branches quelque peu difTérenles, l'externe portant des rameaux plus développés.

Fio. 28.

Turr. Morrisi X 5 (éch. PI. IV, flg. 15).

Rapports et différences. — Au premier abord, ce turrilite a une grande ressemblance avec Turr. tuberculaliis Bosc; on remarquera cependant que, dans celle dernière espèce, les tours sont arrondis, que les tubercules médians sont plus nombreux (ao), plus espacés, et qu'enfin on aperçoit une rangée supérieure de tubercules de plus que sur Turr. Morrisi.

Turr. Carcitanensis Math. (^), espèce mal connue, paraît avoir encore plus d'affinités avec Turr. Morrisi ; néanmoins, je ne crois pas qu'on doive lui réunir cette dernière espèce. En effet, dans Turr. Carcitanensis , les tubercules principaux sont plus nombreux, moins saillants, et placés en dessous de la moitié de la hauteur, tandis que les tubercules de la deuxième rangée sont plus éloignés de la suture et par conséquent des tubercules de la première rangée. Dans Turr. Denjeri Brongn. et Turr, Wiesti Sii\rpe, les tubercules sont en même nombre dans les diverses rangées et disposés autrement.

Gisements. — Un exemplaire calcaire provenant du Mrhila (C.énomanien infVrieur) et une cinquantaine de petits spécimens ferrugineux du Guern er Hliezal, du Kef Rakrima, du Ghirich (coll. Flick), de Si Abd el Kerim, de l\)nt chi Fahs (gare) et de la Mechtat Mergueb (coll. Auhert). Vraconnien.

Gelte espèce ne paraît avoir été citée qu'en Angleterre et en Allenia^'ne, mais elle existe en Algérie (coll. Peron).

Turrllltes (Ostllngoceras) Puzoslanus d'Ouiugny

1840. Turr. Puzosianus d'Orbigny : Pal. fr., p. 587. PI. CXLIII, fig. 1-2. 1862. Id. Pictet et Ca.mpiche : Ste Croix, II, p. 139, PI. LIX, fig. 3-6. 1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 73, 75.

Gette espèce, facilement reconnaissablc, est représenlée dans ma («»ll('<lion |».u trois fragments provenant du Vraconnien du Dj. Sertlj,*d(' l)f)i(Ij Dtlthuli «l du Dj. Zrissa. I^ même espèce existe en France, en Suisse, en All( 111.11:11*. < n Vu-I.terre et à Madagascar, toujours à la limite de l'Albien et du (Iriiomnii. n

D'autre part, deux turrilites de Pont du Fahs (Vraconnien) m r;i|i|ii.M h. ni .1,

(i) Mathero?! : Cat. môlh. foss. Bouchcs-dti-Hhônc, p. 2()7. PI. \LI, Wj. ',

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CÉPHALOPODES DES TERRAINS SËCONDAIllES

lOl

var. GaUienii (^) B. L. T., dont ils ont les cotes fines et nombreuses, un peu bpdâleuses, et l'angle spiral assez ouvert ; toutefois, les tubercules sont disposés autrement. Il est possible qu'il s'agisse d'une espèce distincte, mais nos matériaux sont insuffisants pour la bien caractériser.

Turrllltes indét.

J'ai recueilli, dans le Vraconnien du Guern er Hhczal, un petit turrilite qui diffère assurément de tous ceux que j'ai cités jusqu'ici. Il se rapproche par contre de Tarr. Aumalensis Coq. (*), sans lui être identique ; il appartient à une espèce qui existe en Algérie et que je ferai connaître ultérieurement, car le seul exemplaire tunisien que je possède est en trop mauvais état pour pouvoir servir de type.

Turrllltes (Carthaglnltes) Kerlmensis Pervinquière 1907

PI. IV, flg. 18. 19 1903. TuiTiiites nov. spec. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 72.

Coquille à angle spiral très petit (vo°), à enroulement sénestre, à tours peu bombés, séparés par des sutures déprimées ; bords des tours anguleux, les tours s'encastrant les uns dans les autres ; milieu des tours marqué par une légère dépression spirale, en dessous de laquelle se trouve une rangée unique de tubercules arrondis, au nombre de 6 à 7 par tour ; le dernier tour montre, en outre, une rainure en dessous de la suture supérieure.

Cloisons très simples (fig. 39), ne montrant extérieurement qu'une partie de la première selle et du lobe siphonal. La première selle est divisée par deux lobules larges, mais peu profonds ; le lobe siphonal est à cheval sur la suture supérieure. Ces éléments sont très peu découpés, ce qui donne un aspect très spécial à la cloison.

Fio. ». — Turr. Kerimensis X 10 (éch. PI. IV fiK- 18; cloisons de deux loars voisins).

Rapports et différences. — Ce turrilite se distinguera immédiatement de tous les autres par son sillon spiral, par son unique rangée de tubercules et surtout par ses cloisons très simples.

Gisement. — Un seul exemplaire ferrugineux du Vraconnien de Si Abd el Kerim.

(i) Boule, Lemoi?ie et Tiii^:vEHi?i : V.é[\\i. Diéffo-Suarez, p. Go, PI. XIV, fij;. ^-5. (a) CoQUAî«D : Géol. Pal. S. Conslanlinc, p. SaS, PI. WXV, fif?. 5.

lOa /•• • ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Genre BOSTRTGHOGERAS Hyatt

Ce genre a été créé par Hyatt (^), qui s'est borne à en indiquer le type : Turrilites polyplocus Roemer. Celte espèce, primitivement placée dans le genre Turrilites, a été bientôt transportée dans le genre lleieroceras, mais Kilian a montré qu'elle n'y saurait entrer ; il l'a donc replacée dans Turrilites. J'ai cru avantageux d'adopter la nouvelle coupure proposée par Hyatt, car Bost. polyplocum diffère des turrilites typiques, à la fois par son ornementation (côtes fines et nombreuses pouvant se diviser et porter des tubercules) et par son mode d'enroulement, comprenant une partie turriculée et une crosse ; l'enroulement est d'ailleurs très irrégulier. D'autre part, le siphon et la cloison sont placés autrement que dans les vrais turrilites, les angalati de d'Orbigny ; le siphon, et par conséquent le lobe siphonal, se trouvent, non pas à la suture, mais vers le milieu des tours ; on a donc, à ce point de vue, la môme disposition que dans les Turrilites rotundati, qu'il faudra peut-être réunir à Bostrychoceras. Toutefois, ces cloisons ne sont pas tellement éloignées de celles des Turrilites qu'il faille classer les deux genres dans des familles différentes, comme l'a fait Hyatt, qui place les Crioceras entre eux. En réalité, les cloisons de Bostrychoceras (fîg. 3o) sont beaucoup plus voisines de celles de Turrilites que de celles de Crioceras et d^Ancyloceras. Tout en adoptant le genre Bostrychoceras, je le laisse donc auprès de Turrilites.

Quant aux limites de ce genre, je ne saurais les préciser ; il faudrait faire pour cela une étude à laquelle je n'ai pas le temps de me livrer. 11 est évident d'ailleurs que le genre Bostrychoceras doit renfermer toute une série de formes de l'Inde, du Japon et des États-Unis, qui seront mentionnées ultérieurement et qui se relient intimement à Bost. polyplocum, quand elles ne se confondent pas avec lui. En outre, je décris plus loin un petit Céphalopode turriculé que je crois devoir également placer dans ce genre.

Bostrychoceras polyplocum Rgemer

1841. Tuirilites polyplocus Roemer : Verst. nordH. Kreide, p. 92, PI. XIV, tig. 1-2. 1865. Helicoceras Indicum Stoliczka : Cret. S. India, p. 184, PI. LXXXVI, fig. 1-2. 1872. Heterocevas poliiplocum Schlûter : Cepli. ob. d. Kreide, p. 112, PI. XXXIII, lig. 3-8;

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