‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 21 sur 84 · XXXIV,1 5; XXXV · texte numérisé non relu

XXXIV,1 5; XXXV

1889. Id. Ghiepenkerl: Verst. Kreide v. Kœnigsifitter, p. 105, PI. XIÏ, fig. 1. 1895. Turrilites (Ueieroceras) Indiens Kossmat : Sûdind. Kreid»»f., p. 47, PI. VI, lig. 5 a-e, 6. 1903. Bosti-ychoceras polyplocum Pkrvinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 113, 114, 122, 124,

1907. TurHlites (Bost.) polyplocus Boule, Lemoine et Thkvenin : Céph. Diégo-Suarez, p. 61,

PI. XÏV, lig. 1-2.

( I ) Zittel-Eastma> : Texl-book of PalîPontoIogy. p. jSy.

SchlCter a montre combien cette espèce était variable dans son ornementation et dans son enroulement. Les tours, à section ovale ou circulaire, décrivent une spirale conique plus ou moins élevée ; ils peuvent se toucher ou être séparés par un intervalle de largeur variable ; puis le dernier tour quitte la spirale, pour former une crosse plus ou moins régulière. En Tunisie, où l'espèce est commune, on trouve rarement les tours en contact ; le plus souvent ils sont disjoints, comme dans le genre Helicoceras. J'ai mentionné antérieurement un exemplaire du K^ Si Ahmed (Ouertane) dont la spire, très surbaissée, reproduit, en les exagérant, les caractères des fig. 2-3, PI. XXXIV de SciilCter, mais les tours sont plus séparés. En général, l'enroulement est encore plus irrégulier et ne peut plus être qualifié de spiral ; toutefois, il ne réalise pas encore la forme étrange offerte par Nipponites mirabilis Yabe ('). La crosse paraît plus développée que dans les spécimens européens et forme souvent un grand U, plus ou moins régulier. Cette crosse ressemble alors singulièrement à celle d'un Hamites ou d'un Anisoceras, d'autant que, sur celte partie, les côtes sont simples et qu'il existe fréquemment deux (quelquefois trois) tubercules sur la région externe ; mais, si on a un fragment assez grand, on voit bientôt que la coquille abandonne le plan de la crosse et que les côtes se bifurquent.

L'ornementation présente, en effet, la plus grande variabilité. En principe, les côtes sont fines, nombreuses, un peu flexueuses, simples sur le côté externe (convexe), bifiirquées sur le côté interne ; mais quelquefois la bifurcation est visible extérieurement et s'effectue à un tubercule situé presque au milieu des flancs. Il peut exister un autre tubercule au voisinage du tour suivant, mais ces tubercules peuvent manquer complètement. Le nombre des côtes et leur force sont également variables ; cependant on constate toujours que les côtes sont plus nombreuses (par bifurcation) et plus fines du côté interne ; quand on examine un échantillon par le bord, les côtes paraissent obliques, car elles ne sont pas à la même hauteur des deux côtés. Ces caractères s'atténuent sur la crosse, où les côtes sont moins obliques, plus égales et rarement bifurquées ; en outre, les deux tubercules peuvent reparaître, ainsi que je l'ai dit plus haut.

Quant aux cloisons, elles ne sont visibles sur aucun de mes échantillons ; je renvoie donc aux dessins de Griepenrerl et de KosSxHat. Je rappelle seulement que le siphon se trouve ici vers le milieu de la partie convexe des tours.

Rapports et différences. — Les échantillons tunisiens montrent que Bostrychoceras polyplocum est encore plus variable que ne le pensait Schlûter ; comme les variations sont irrégulières, il n'y a pas lieu de leur donner des noms, mais il est nécessaire de comprendre l'espèce dans un sens extrêmement large.

Dans ces conditions, il est opportun de lui réunir Helicoceras Indicum Stol., ainsi que l'ont fait Boule, Lemoine et Thévenin, car les différences invoquées sont comprises dans les limites de variabilité de Dosi. polyplocum. J'en dirai autant pour

(i) Vabe : Ceph. from Ihe llokkaido, lï, p. jo, PI. IV, 11^^ ^7 ; Vï, 0. .

les espèces du Japon, décrites par Yabe (^) sous les noms de Heteroceras Japonicum, H. Oshimai, H. Otsukai, qui paraissent être de simples variétés du même type.

De même, Meek (') a décrit un certain nombre de Heteroceras américains, provenant des couches du Fort Pierre, c'est-à-dire sensiblement du Campanien, peu différents entre eux, et encore bien voisins de Bost. polyplocum, l^e mode d'enroulement est encore le même dans Helicoceras Stevensoni Whitfield (*), mais l'ornementation est un peu différente ; en effet, les côtes sont plus fortes, moins nombreuses et divisées en une partie longue, une partie courte (un peu comme dans Turr. coslatus). Inversement, Heteroceras simplicicostatam Whitfield (*) possède la même ornementation que Bost. polyplocum, mais l'enroulement est différent : le jeune offre deux branches rectilignes situées dans le même plan, de sorte que, d'après l'auteur, la coquille passe par les stades Hamites, Ancyloceras, Heteroceras (ou plutôt Bostrychoceras). 11 y a donc lieu de considérer cette espèce comme distincte. Laissant de côté le fossile auquel Anderson a appliqué le nom de Helicoceras Indicum (*) et qui est sans doute autre chose, nous voyons que l'Amérique possède des formes au moins très voisines de Bost. polyplocum. Il en est de même pour le Japon et l'Inde ; si j'ajoute que cette même espèce a été trouvée en Perse et à Madagascar, on reconnaîtra qu'elle a une répartition presque mondiale.

Gisements. — Mares, Thomas, Le Mesle, Rolland, Aubert avaient déjà cité Bost. polyplocum en Tunisie, où c'est l'un des Céphalopodes les plus communs. J'en possède des fragments plus ou moins complets du Kef (coll. Mares, Flick et la mienne), du Bled ech Chems et du Bled Zaafrane, de Zanfour (coll. Aubert), d'Ellez, de Souk el Djemaa (a)ll. Aubert et la mienne), du Fedj et Tmer, du Dj. Mzita, de la Kalaat es Snam, du Dj. Bireno et du K* Si Mabrouk. J'en ai vu des débris en bien d'autres endroits.

Bostrychoceras polyplocum a une extension verticale très limitée ; on le trouve uniquement dans les calcaires que j'ai désignés dans mes coupes sous le n* 4. Ces calcaires correspondent aux couches supérieures du Campanien, que divers auteurs placent même dans le Maëstrichtien ; c'est la zone à Hoplites Vari, qu'il vaudrait presque mieux appeler zone à Bost. polyplocum, car ce dernier est moins rare et a une extension géographique bien pins grande ; toutefois, il semble apparaître un peu après Hopl. Vari et persister plus longtemps que lui.

(i) Yabe : Ceph. from thc Hokkaido, il, p. la-ao, PI. UI. lig. 5-9 ; IV, i-3.

(2 Meeil : Inverl. Crct. foss., p. /i78-i84, PI. WI-XXII.

(3) Whitfield : Note on a very fine cxamplo of ffclicoceras .Stevensoni presen'ing thc outcr chambcr. Bull. Amer. Mus. Nat. Ilisl., vol. XIV, lyoi, p. 319, PI. XXIX, XXX.

Cl) Whitfield : Observations on and cmendcd description oî Heteroceras simplicicostatam. Bull. Amer. Mus. Nat. IHst., vol. XVl, lyoa. p. 67, PI. XXIll-XXVII.

(5) Andeiison : Oct. dep. Pacilic coast, p. 91, PI. 111, fij?. 9O-97.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES lo5

Bostrychoceras Punicum Pervinquirre 1907

PI. IV, fipr. îo, Il a-b

Coquille turriculéc, à enroulement dextre, à tours conligus, probablement peu nombreux (deux visibles), croissant rapidement en diamètre, à ombilic large et peu profond. Tours à section ovalaire (un peu déformés par aplatissement), ornés de côtes simples, au nombre d'une quarantaine par tour, s*étendant, sans modification, de Tombilic à la suture opposée ; des étranglements se voient çà et là, encadrés entre deux côtes un peu plus fortes. Siphon non visible, mais certainement placé un peu au-dessous du milieu des tours (d'après la disposition de la cloison).

Cloison (fig. 3o) comprenant un lobe siphonal placé un peu en dessous du milieu des tours ; à droite (vers la suture) se voit une selle bifide incomplète; à gauche (vers Tombilic), deux selles et deux lobes. Les selles \

sont divisées par un profond lobule presque mé- '

dian, chaque partie étant encore subdivisée ; la deuxième selle est plus large que la première. ^'**- ^ " ^pû'ivfflJ.'aSr ^ *'* ^^^' Le premier lobe latéral est un peu plus long

que le lobe siphonal ; ses deux branches sont légèrement inégales. Le deuxième lobe est bien plus réduit ; il paraît également bifide. La suite se perd dans l'ombilic.

Rapports et différences. — J'ai d'abord été tenté de considérer cette espèce comme une simple variété de la précédente. A vrai dire, elle diffère du type de Bost. polyplocum par sa spire bien plus surbaissée, son ombilic plus large^ ses côtes moins nombreuses, non bifurquées, ses étranglements, et par l'absence de tubercules, mais tous ces caractères se trouvent, l'un ou l'autre, sur des exemplaires généralement rapportés à Bosi. polyplocum ; seulement ils ne sont pas réunis sur le même individu. En outre, la cloison, que je reproduis ci-contre, tout en étant de même type que celle figurée par Griepenkerl, difTère néanmoins par de nombreux détails ; on ne trouve pas ce minuscule lobe siphonal ; les selles sont autrement divisées et ne sont pas aplaties.

Quelle est la valeur de ces différences ? Je l'ignore. Jai cru cependant devoir séparer cette espèce qui habite un niveau bien inférieur à celui de BosL polyplocum ; peut-être est-ce une mutation ascendante de ce dernier.

Je dois signaler également les relations possibles de notre espèce avec Turr. acuticostatus d'Orb. (^), dont le type provient de Soulatge, c'est-à-dire sans doute du Santonien supérieur, comme notre Céphalopode. Ce type n'est d'ailleurs qu'un fragment de tour, ce qui rend la comparaison difficile. 11 paraît différer de notre espèce par ses côtes tranchantes et très fortement arquées.

Quant à l'attribution générique, mon échantillon ne permet pas de la fixer exacte-

(i) D'Orbigiit : Pal. fr.. p. 6o5, Pl. CXLVU. fig. 3-4.

ment. La position du siphon et de la cloison éloigne cette espèce du genre Turrilites au sens strict (T. angulati d'Oab.) ; on ne peut non plus la ranger dans le genre Helicoceras, dans lequel, d'après la définition de d'Orbigny, les tours ne se touchent pas. D'autre part, mon échantillon ne montre aucune partie déroulée, mais il est encore très jeune ; comme, d'autre part, il me paraît avoir des affinités manifestes avec Bost, polyplocum, je crois devoir le ranger dans le genre Bostrychoceras.

Gisement. — Un seul exemplaire ferrugineux du Dj. Selbia (t Km. au S de Si Âbd el Kerim) ; niveau à ammonites. Santonien.

Genre OPPELIA Waagen

Oppella Nisus d'Orbigny

1840. Amm. Nisus d'Orbigny : Pal. fr., p. 184, PI. LV, lig. 7 9.

Je rapporte à cette espèce, prise dans son sens large, une petite ammonite qui en possède les principaux caractères, mais qui est plus fortement carénée, bien que le dernier tour soit moins tranchant. On distingue de légères côtes falculiformes. 11 ne serait pas impossible qu'on eût affaire à Oppelia Haugi Sarasin ('), mais on ne peut l'affirmer, les cloisons étant presque invisibles.

Gisement. — Un seul exemplaire ferrugineux trouvé entre Béjà-gare et l'Oued Zerga, au-dessus du Trias (coll. Albert). Aptien.

Genre FORBESIGERAS Kossmat

KossMAT a très justement séparé des Placenticeras (où on les rangeait généralement) les ammonites du groupe d'Amm. Largilliertianus d'Orb., et a proposé pour elles le nom de Discoceras, qu'il a ultérieurement changé en celui de ForbesiceraSy le premier ayant déjà été employé (*). Ce sont des coquilles à tours très embrassants, à ombilic presque nul, à section ovale-lancéolée, à région ventrale en forme de toit, susceptible de porter au milieu une légère carène, contrairement à

(i) Sarasiw : Et. sur Oppella, p. i56, PI. IV- VI. fig. ii a-c. {•X) KOS.SMA.T : Sûdind. Krcidef., p. 83 et 190.

CEPHALOPODES DES TEHHAINS SECONDAIRES IO7

ce que. dit Kossmat. L'ornementation consiste en côtes rayonnant de l'ombilic, puis s'incurvant en arrière, pour revenir ensuite en avant, comme dans Amm. LarglUiertianus d'Orb., ou bien présentant un point de rebroussement (cotes en accent circonflexe), parfois marqué d'un tubercule, comme dans Amm. obtecius Sharpe.

La cloison, extrêmement compliquée à l'âge adulte, est remarquable par une forte convexité générale. Le lobe siphonal demeure toujours extrêmement court ; il est suivi d'un autre lobe assez réduit dans l adulte et semblant n'être qu'un lobule de la première selle, mais qui, dans le jeune âge, est presque aussi développé que le lobe suivant ; il se pourrait donc que ce fût en réalité le premier lobe, frappé ultérieurement d'un arrêt de développement. Le lobe qui lui fait suite est extrêmement développé, les six autres décroissent régulièrement en devenant de plus en plus obliques. Les selles sont bifides (ou quadrifides), larges à leur extrémité antérieure, pincées à leur base dans l'âge moyen.

11 n'est pas douteux que cette cloison n'a rien de commun avec celle de PlaceniiceraSy pas plus qu'avec celle de Hoplites. Quant à l'ornementation, elle appartient à un tout autre type et rappelle ce qu'on observe dans certains groupes du genre Oppelia (côtes en accent circonflexe), ainsi que Kossmat l'a déjà fait remarquer. Cette ressemblance porte aussi sur l'allure générale de la cloison ; en outre, on constate parfois dans les Oppelia que la première selle est beaucoup plus réduite que la deuxième, tandis que, dans d'autres espèces du même genre, se développe un fort lobule au bord externe de la première selle. Les deux procédés par lesquels a pu se développer la forte branche avoisinant le lobe siphonal des Forbesiceras adultes sont donc déjà esquissés dans le genre Oppelia, Ajoutons enfin que, dans les formes crétacées, les éléments décroissent très rapidement après la deuxième selle, qu'ils sont très découpés et que les lobes ont parfois une tendance à former la fourche à l'extrémité. Au total, la cloison parait confirmer l'opinion de Kossmat, basée tout d'abord sur le mode d'ornementation ; il est très possible que les Forbesiceras soient les descendants des Oppelia,

Forbesiceras Largllliertlanum d'Orbigny

1822. Amm. complanatus Mantell (non Bruguière, 1790) : Geology of Sussex, p. 118.

1827. Amm. complanatus Sowerby : Min. Conch., vol. VI, p. 133, PI. DLXLX, ûg. 1.

1840. Amm. Largilliertianus B'ORBiQtiY : Pal. fr., p. 320, PI. XCV.

1850. Amm. subcomplanatm d'Orbigny : Prodrome, vol. Il, p. 146, n* 28.

1854. Amm. complanatus Sharpe : Foss. Moll. Chalk, p. 19, PI. VII, fig. 1-3.

1861. Amm. LargiUier tianus Stoliczka : Cret. S. India, p. 94. PI. XLIX, ûg. 1.

1867. Amm. Largilliertianus Guéranger ; Album pal. Saribe, p. 5, PI. III, fig. 2.

1867. Amm. complanatus Guéranger : Ibid., p. 5, PI. IV, ûg. 5-6.

1889. Hoplites Largilliertianus Peron : Moll. foss. Tunisie, p. 31.

1895. Discoceras LargiUievtianum Kossmat : Sùdind. Kreidef., p. 84, PI. Vlll, fig. 6 a-c.

La synonymie d*Amm. LargiUier tianus étant assez compliquée, il m'a paru bon de la donner ici.

Cette intéressante ammonite a été signalée par Thomas fel Peron, puis par moi

à Foum el Guelta. N'ayant pas vu les échantillons de mes prédécesseurs, je n'en saurais rien dire, mais ceux de la même localité que j'avais tout d'abord attribués à cette espèce me paraissent plutôt appartenir à 1^4 mm. ohtecius Suarpe. En effet, dans le stade moyen, ils possèdent vers le milieu des flancs un tubercule, qui disparaît plus tard. Or, aucune des figures se rapportant à ri4mm. Largilliertianus ne montre ce tubercule, aucune description n en parle, et enfin je n'ai pu le retrouver sur aucun des exemplaires que j'ai examinés. En outre, l'allure des côtes est différente sur les échantillons tunisiens.

J'ajoute que l'ammonite du Kheneg el Arouia (Sud algérien), figurée par Peron (^), ne me paraît pas non plus attribuable à l'espèce de d'Orbigny; c'est un Engonoceras ou un Hoplitoides.

L'existence d'ilmm. LargUlieriianas dans l'Afrique du Nord est donc douteuse (peut-être quelques petits exemplaires à Aumale).

Forbesiceras obtectum Suarpe

PI. V, fig. 7, 8. 9 a-6, 10 a-6, 11 a-c^ A

1853. Amm, obtectus Sharpe : Foss. Moll. Chalk., p. 20, PI. VU, fig. 4 a-c. 1903. Forbesiceras Largillierlianum Pervinquière : El. géol. Tun. cent., p. 66, 69, 78 et Forbesiceras indét., p. 74.

Diamètre

Hauteur du dernier tour . .

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de l'ombilic

MI. Éch. du Guern er Rhezal, PI. V, flg. 7 et 9. — 111. Éch. du Kef cl Hamra, PI. V, fig. 10. — IV. Éch. de Foum el Guelta, PI. V, ng. 11. — V. Éch. de Foum el Guelta.

C'est à cette rarissime espèce que je rapporte maintenant, non seulement le Forbesiceras du Kef el Hamra, mais aussi les ammonites que j'avais tout d'abord attribuées à Forb. Largilliertianum. Comme je possède des échantillons de taille très variable, je suis en mesure d'indiquer les principaux stades de l'évolution individuelle .

Le diamètre de la loge initiale ne paraît pas dépasser i/3 de millimètre. De celle-ci part un tube arrondi, légèrement surbaissé, comme le montre la fig. A, Pl. V, qui représente les deux premiers tours (diamètre 1,26 mm.). A ce moment, les tours se recouvrent faiblement, au tiers environ. Au troisième tour, la section est déjà bien plus élevée, les flancs sont plats et la région ventrale arrondie. Sur le quatrième tour (dont les fîg. 7 et 8, Pl. V montrent la fin, ainsi que le début du cinquième), la section continue à s'élever, tandis que l'ombilic se rétrécit. Le tour précédent n'est alors plus visible dans l'ombilic, et celui qu'on aperçoit est, en réalité, le pénultième, comme permet de le constater une petite cassure ; l'ombilic a une paroi verticale et

(i) Peron : Amm. Crct. sup. Algérie, p. ^o, Pl. I, fig. 6-7.

un bord arrondi. C'est à ce moment que commence à poindre l'ornementation . La région ventrale perd sa courbure, pour devenir plate, et les deux arêtes s'ornent bientôt de très fins tubercules, lesquels sont déjà bien développés sur le cinquième tour. La section est alors plus haute que large (n' I des mesures) ; elle montre deux côtés parallèles sur les a/3 de la hauteur et convergeant ensuite faiblement vers la région ventrale ; il y a donc sur chaque flanc un méplat limité par une ligne spirale. On distingue déjà des rudiments de côtes, presque droites sur le méplat, infléchies en avant à partir de la ligne spirale et se terminant aux tubercules marginaux. Ces côtes s'accentuent sur le tour suivant (PL V, fig. 9) et deviennent un peu flexueuses et bifurquées, tandis que les tubercules marginaux s'allongent dans le sens de la spirale; il n'y pas encore de tubercules sur les flancs, mais on devine de petites saillies vers le milieu de ceux-ci, comme sur la ligne spirale. En même temps, la section s'est élevée, tandis que l'ombilic se rétrécissait (n'' II des mesures). Au stade suivant (PI. Y, fig. 10, environ i tour i/a plus loin), les tubercules des flancs sont aisément visibles, surtout ceux qui sont situés un peu audelà du milieu des flancs ; il n'y a toujours pas de tubercules dans le plan de symétrie, mais on commence à voir une légère saillie sur la ligne ventrale. L'ombilic est très petit, presque réduit à un point, et en entonnoir. L'échantillon qui représente ce stade appartient à une variété à côtes plus fortes et relativement un peu moins nombreuses, mais il n'y a pas lieu de le séparer des précédents.

Ici se produit un hiatus considérable dans nos connaissances, puisque nous passons d'un échantillon de 27 mm. à un autre de 106 mm. (Pi. V, fig. 11). Néanmoins, la forme générale s'est très peu modifiée, comme le prouvent les mesures (n** IV) ; la section est alors ovale-lancéolée, tronquée au pourtour ; la région ventrale affecte la forme d'un toit surbaissé dont l'arête est occupée par une carène mousse, finement granuleuse, immédiatement en dessous de laquelle se trouve le siphon ; la limite des flancs et de la région ventrale est marquée par une file de très fins tubercules. L'ombilic est extrêmement petit, et les flancs légèrement déprimés, en entonnoir, à son voisinage. L'ornementation des flancs est alors tout à fait celle de VAmm, obiectus. Sur la première moitié du tour, on distingue aisément des côtes fines, partant obliquement en avant, puis brusquement renversées en arrière, un peu avant d'atteindre le milieu des flancs ; le point de rebroussement est généralement marqué par un léger tubercule arrondi (il n'y en a quelquefois que de deux en deux côtes), tandis que la côte va aboutir à un des tubercules marginaux. Sharpe dit que l'angle formé par les deux tronçons de côte varie avec l'âge ; d'abord très obtus, il devient ensuite droit ; on pourrait ajouter que l'angle peut encore se fermer davantage. Au delà du stade que nous considérons, l'ornementation disparaît ; déjà peu sensible sur le dernier tiers de l'ammonite figurée, elle est presque entièrement absente sur un grand fragment appartenant à un spécimen de ig cm. environ ; on distingue cependant encore les côtes au pourtour de l'ombilic. La région ventrale tend à s'arrondir, mais la saillie médiane est toujours bien nette et fortement crénelée ; les tubercules marginaux sont toujours perceptibles.

L'individu adulte (PI. V, fig. 11) semble, au premier coup d'œil, assez différent

du jeune dont il a été question antérieurement (PI. V, fig. lo) ; ainsi, les côtes sont beaucoup plus nombreuses et relativement moins fortes. On pourrait donc douter de la convenance d'attribuer l'un et l'autre à la même espèce, mais le doute ne serait pas fondé. Je rappelle, tout d'abord, que l'individu de 37 mm. appartient à une variété à fortes côtes ; d'un autre côté, la plupart des échantillons à'Amm. Largilliertianus que j'ai eus entre les mains montraient des côtes relativement plus fortes et moins nombreuses dans le jeune que dans l'adulte ; il est donc permis de supposer la même particularité pour VA mm, obtectus. L'observation prouve d'ailleurs que la puissance de l'ornementation est très variable dans les ammonites de ce groupe; ainsi un individu de Foum el Guelta présente, de part et d'autre de la région ventrale, des tubercules bien plus développés que de coutume. La cloison acquiert assez vite ses caractères. 11 m'a été impossible de voir les premières cloisons, malgré tous mes efforts ; cette ammonite étant rare, je n'ai pu en sacrifier plus de deux exemplaires. La première cloison que j'aie pu suivre appartient au 3* tour (rayon 2,5 mm.). Le dessin que j'en donne est malheureuser ment incomplet et un peu schématique (flg. 3i) ; il manque, vers la gauche, une petite selle et le lobe siphonal, lequel est déjà -plus court que le grand lobe latéral. Ce gradd lobe, qui prédominera toujours, est-il bien le premier lobe latéral, ainsi

Fïo. 31. — Fnrbes. obteclum x 15 Fig. 32. — Forbes. obUctum x 6

(éch. du Guern 6r Rhezal ; r = 2,5). (éch. PI. V, fig. 7 ; r = 4).

que l'ont pensé les auteurs, le lobe ou lobule précédent n'étant qu'une forte indentation de la première selle P II n& semble guère en être ainsi ; aussi loin que j'aie pu remonter, ce lobe voisin du lobe siphonal avait déjà son individualité. Ce caractère est encore bien visible sur la fig. Sa, se rapportant au 4* tour (rayon 4 mm.); ce serait donc réellement le premier lobe, mais je ne puis l'affirmer» n'ayant pu suivre la cloison sur les deux premiers tours. Dès ce moment, la

courbure générale de la cloison est indiquée. Plus tard (fig. 33, 34). le lobe principal (qu'il soit en réalité le premier ou le deuxième) se développe beaucoup plus que le précé-

"^ dent, lequel est profondément bifide.

Fio. 33. — Forbes. obtectum X 6 (éch. PI. V, flg. 9 ; r = 10). ^ ji 1 ir. .

On remarquera que, dès le début

et jusqu'à la fin, le lobe principal se termine également par une fourche à deux

pointes. Le lobe siphonal re^te toujours très court. La cloison se découpe très

rapidement, comme on peut en juger par la Vig, 34. qui correspond à un rayon

de 16,5 mm. La première (ou deuxième) selle est divisée par un profond lobule,

chaque partie étant à son tour subdivisée. La selle suivante est également bifide

et sa partie interne plus haute que l'externe. Toutes ces selles sont fortement

resserrées à leur base ; leurs terminaisons antérieures ont un certain caractère phylloïdien. Les autres éléments décroissent assez régulièrement de hauteur absolue, mais dans Tensemble la cloison présente une forte convexité en avant.

Désormais, la cloison a atteint son maximun de complication. Si on examine, en effet, la fîg. 1 1 de la PI. V, on verra que la cloison est restée sensiblement la même, à cette différence près que les éléments sont plus élancés et les lobes

FiG. 34. — Forbes. nbtectum x 6 (éch. PI. V, flg. 10 ; r = 16,5).

plus grêles. La dernière modification, visible sur le grand échantillon (n- V des mesures), est plutôt une simplification ; par suite du grand accroissement en diamètre de la coquille, les éléments de la cloison ne se multipliant plus ont dû s'élargir, ce qui s*est surtout fait sentir pour les selles, lesquelles sont alors largement ouvertes à leur base, au lieu d*être pincées. Le lobe siphonal est toujours très court, séparé par une toute petite selle du lobe qui l'avoisine et qui semble alors n'être qu'un lobule entamant latéralement la première selle.

Rapports et différences. — Malgré la variabilité dans la puissance de l'ornementation, Forbes. obtectum ne peut être ramené à Forbes. Largilliertianum, car il n'en diffère pas seulement par la présence de tubercules vers le milieu des flancs, mais aussi par une tout autre allure des côtes. Forbes, Larg illieriianum a des côtes flexueuses, falciformes, mais n'offrant jamais le rebroussement caractéristique de Forbes, obtectum ('). Quant à Forbcsiceras subobteclum Stol. ('),

(i) Si l'on admellait, avec Steiumann, que les argonautes tertiaires et actuels sont les derniers descendants des ammonites, c'est pcut-ôlrc du côte des Forbcsiceras qu'il faudrait chercher leurs ancêtres, puisqu'on trouve ici l'amorce du double système de côtes pleinement développé dans Argonauta hians SoLANDER, mais il faudrait supposer une tendance scaphitoïde et une résorption des cloisons. Il y a déjà un obstacle sérieux dans le fait que les argonautes ne sont pas connus avant le Pliocène, mais il y en a un autre, plus grave encore : c'est que la coquille apparaît seulement à un stade tardif du développement ; la femelle de l'argonaute n'acquiert sa coquille qu'après avoir atteint la taille de a cm. i/a environ. Il est donc bien vraisemblable qu'il y a simplement là analogie morphologique.

(a; SiOLiczKA i^^rel. S. India, p. 9O, PI. \LIX, lig. 2 a-d.

lia ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

c'est une espèce assurément très voisine, mais qui possède une ornementation très puissante à une taille où nos ammonites sont devenues lisses.

Gisements. — Six petits exemplaires ferrugineux du Vraconnien du Guern er Rhczal et de Si Abd el Kcrim. Un échantillon complet et six fragments calcaires du Mrhila (Foum el Guclta) et du Bireno (A. el Glaa) ; ces derniers appartiennent à un niveau un peu plus élevé, vers le milieu du Cénomanien.

Forbeslceras Flickl Pervinquière 1907

PI. V, fig. 13 a-6. B 1903. Forbesiceras indét. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 67.

Je ne possède qu'un fragment de tour de cette curieuse ammonite, mais je n'hésite pas à lui donner un nom, car elle possède des caractères tellement spéciaux qu'elle ne peut être confondue avec aucune autre. La section des tours est ovalelancéolée (hauteur: 47 mm.; épaisseur: ai mm.), tronquée en haut par un double méplat. La région ventrale, en forme de toit, présente au milieu une carène arrondie et lisse, de part et d'autre de laquelle se voit une carène plus fine, également lisse. Du côté des flancs, chacune de ces carènes latérales est longée par un sillon, qui parait s'atténuer dans l'adulte. Ce qui donne à Tammonite son cachet spécial, c'est l'allure des côtes ; celles-ci, d'abord obliques en avant, sont ensuite fortement incurvées en arrière et s'arrêtent au sillon bordant la carène latérale. L'ombilic paraît être très petit.

La cloison est suffisamment visible sur la photographie pour qu'il ne soit pas nécessaire de la reproduire. C'est une cloison typique de Forbesiceras, offrant la même division et la même incurvation que dans les autres espèces du genre.

Rapports et différences. — Je ne doute pas qu'il ne s'agisse d'un Forbesiceras, et comme le nombre des ammonites rentrant dans ce genre est fort restreint, il est aisé de voir qu'aucune de celles-ci ne présente les caractères cités plus haut. La seule espèce comparable est Forbes. obiecium, mais notre ammonite en diffère par ses trois carènes très accentuées et lisses (ce qui n'est pas dû à l'usure) et surtout par la forte courbure en arrière des côtes, bien diflerente du rebroussement qu'on observe dans la précédente espèce ; en outre, ces côtes s'arrêtent au sillon et n'atteignent pas le pourtour. Je ne parle pas du tubercule du milieu des flancs, car il peut être très atténué sur certains Forbes. obtectum et qu'inversement notre échantillon montre à la même place une très légère saillie.

Gisement. — Un seul fragment recueilli par le C Flick dans le Cénomanieu de Foum el Guetta.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES I l3

Genre LISSOGERAS Bayle

Llssoceras Qraslanum d*Oriugny 1840. Àmm, Crewtttnu* d'Orbigny : Pal. fr., p. 141, PI. XLIV.

J'ai recueilli au Dj. Oust quelques ammonites un peu endommagées, mais qu'il est néanmoins facile de reconnaître comme appartenant à cette importante espèce, répandue dans tout le Néocomien des régions méditerranéennes.

La collection Aubert renferme, en outre, un fragment de la même ammonite, provenant du pied N du Zaghouan, partie W.

Genre HOLGOSTEPHANUS Neumayr

Holcostephanus Astierlanus d'Orbigny

1840. Amm. Àsiierianus d'Orbigny: Pal. fr., p. 116, PI. XXVIII.

Cette espèce bien connue est représentée dans la collection Aubert par un petit échantillon ferrugineux à côtes fines, appartenant par conséquent à la forme désignée par KiLiAN sous le nom de H. Sayni (*).

Gisement. — Dj. Oust. Néocomien.

Genre HOLGODISGUS Uhlig

Holcodlscus cf. Incertus d'Orbigny

1840. Amm. incerius d'Orbigny : Pal. fr., p. 120, PI. XXX, fig. 3-4.

Diamètre 21 (1)

Hauteur du dernier tour U (0,52)

Épaisseur du dernier tour 9 (0,43)

(i) KiLiAH : Note strat. sur Sisteron, B. S. G. F., (3), vol. XXIII, p. 733.

Une ammonite du Dj. Ahmar (coll. Aubert) possède la forme et le mode d'ornementation d'Amm. incertus ; elle n'en diffère que par des cotes un peu plus fines et par Tabsence des grosses côtes en arrière des sillons. Peut-être ces différences sont-elles dues seulement à la jeunesse de notre exemplaire.

Une autre ammonite (coll. Aubert) du bou Kournin du Fahs appartient sans doute à la même espèce, mais elle est encore très jeune ; aussi est-il bien difiBcile de se prononcer.

En Provence, cette espèce caractérise le Valanginien.

lA, collection Aubert et la mienne renferment encore quelques autres Holcodiscas, mais ils sont trop jeunes ou en trop mauvais état pour être sûrement déterminés. Dj. Oust et Dj. Telia.

Genre SAYNOGERAS Munier-Chalmas ,

Le nom de Saynoceras a été proposé par Munier-Chalhas (^), mais, à ma connaissance, le genre n'a jamais été défini. Le type est Amm. verrucosus d'Orb, {'), espèce du Valanginien, qui était communément rangée dans le genre Cosmoceras. Le Vraconnîen de Tunisie renferme une ammonite très voisine de celle-ci et qui me parait devoir rentrer dans le même genre.

Le genre Saynoceras comprendra donc des ammonites globuleuses à ombilic étroit, à flancs ornés de tubercules en nombre pair (deux de chaque côté dans les représentants connus jusqu'à ce jour), réunis par des côtes droites ou en zigzag. Une large bande presque lisse règne sur la région ventrale, encadrée entre deux rangées de tubercules.

Les cloisons (qui ne comptent qu'un élément auxiliaire) sont très peu découpées, les selles étant simplement festonnées ; elles sont généralement plus larges que les lobes. Le lobe siphonal dépasse un peu le premier lobe latéral, lequel ne porte que de courtes branches ; le deuxième lobe est déjà bien plus réduit, à peine différent du lobe auxiliaire.

Ces caractères s'appliquent à l'adulte, car le jeune a une tout autre ornementation. D'abord globuleux et lisse, il montre un profond ombilic en entonnoir. Il acquiert ensuite de petits tubercules, d'où partent de fines côtes traversant la région ventrale, laquelle est encore régulièrement bombée. A ce moment, VAmm, verrucosus ressemble considérablement à un jeune Holcostephanus ou Holcodiscus ('). C'est donc de ce côté qu'il faut chercher l'origine de ces formes curPeuses. Cette opinion est

(i) Munier-Cmalmis et de Lappahent : Nomenclature des terrains scdimentaires, B. S. G. F., (3), vol. XXI. 1893. p. 664.

(a) D'OuBiCKY : Pal. fr., p. 191, PI. LVIII, Gg. i-3.

(3) On pourrait ajouter: à un jeune Scaphites du groupe de Se. xqualis.

GÉPIIALOPODKS DES TERRAINS SECONDAIRES Tl5

appuyée par l'examen de la cloison, car, dans le jeune, les lobes sont plus allongés, plus franchement trlfides, les selles sont moins élargies et ne présentent pas le festonnage sans caractère qui s'observe dans Tadulte. A ce moment (au diamètre de 6-7 mm.), la cloison est une cloison de Holcostephanus ; ultérieurement, les selles croissent en largeur bien plus qu'en hauteur, s*étirent, tandis que les lobes se développent assez peu.

Le genre Saynoceras, limité au Crétacé inférieur et moyen, est très pauvre en espèces, car je ne lui vois guère que deux représentants certains : le type et l'espèce que je vais décrire, puisque YAmm, pretiosus d'Orb. paraît se rattacher aux Douvilleiceras,

Saynoceras Qazellae Pervinquière 1907

PI. V, fig. I, 2 a-6, 3. 'j ac 5 a-b, 0 a-b

Diamètre... 9,5 (1)

Hauteur du dernier tour 4,3 (0,45)

Épaisseur du dernier tour 8,5 (0,89)

Largeur de rombilic 1 (0,10)

I, II.' Éch. PI. V, fig. 4 et fig. a, Tiin et l'autre du Guern er Rhezal.

Coquille globuleuse, à ombilic presque nul. Section des tours semi-lunaire. Flancs réduits, faiblement bombés; région ventrale très développée, régulièrement arrondie sur la plupart des exemplaires. Tours lisses jusqu'à un diamètre de 6-7 mm., puis acquérant des côtes, qui s'irradient autour de l'ombilic, et des tubercules au nombre de deux rangées de chaque côté, soit quatre au total. Le premier tubercule se trouve, non pas à l'ombilic, mais à la limite des flancs et de la région ventrale ; le deuxième, sur cette région même ; il y a donc une bande siphonale comprise entre deux rangées de tubercules, bande dont la largeur est égale ou légèrement inférieure à l'intervalle des deux tubercules situés du même côté. Sur l'individu de la PL V, fig. a-3, les tubercules sont presque au même niveau de chaque côté, mais d'autres fois ils alternent, ainsi que sur l'original de la PI. V, fig. 4-5, où l'on peut distinguer de très faibles côtes en zigzag, comme dans YAmm. verrucosus, mais beaucoup moins saillantes que celles attribuées à cette dernière espèce par la Paléontologie française. L'échantillon de la PI. V, fig. 3-3 a conservé une grande partie de sa loge d'habitation (2/3 de tour) et un reste de test, qui possède exactement la même ornementation que le moule interne. Le^ tubercules sont très saillants, aigus et un peu arqués en arrière.

La cloison (fig. 35) est curieuse, par suite *"'«• ^- - ■^^î"»- GaseiUx 6 (ech. pi. v. fig. 4 de l'élargissement des selles et des lobes et du mode de division de ceux-ci. Le lobe siphonal dépasse toujours un peu le premier

[iti

FiG. 36. — Sayn. Gasellx monstrueux x 6,8 (éch. PI. V, flg. 8).

latéral, pour lequel il est difficile de dire si la division est paire ou impaire. L'autre échantillon figuré montre un premier lobe latéral moins élargi, qui se termine manifestement par trois pointes courtes. Le deuxième lobe, extrêmement petit et déjà au bord de Tombilic, se termine par deux pointes inégales. Dans l'ombilic, on aperçoit encore un petit lobe auxiliaire.

Parmi les individus normaux se trouvait un monstre qu'il m'a paru curieux de figurer (PI. V. fig. 6 a-b). Sur le coté droit s'est développé un profond sillon, qui existe déjà sur le tour précédent; la symétrie de la coquille s'en est trouvée gravement affectée. La première rangée de tubercules du côté droit est atrophiée, mais il en subsiste des témoins au bord du sillon ; par contre, la deuxième rangée, celle qui aurait

dû limiter la bande siphonale, a disparu ; dès lors, la rangée voisine (du côté gauche) a empiété vers la droite et se trouve maintenant au milieu du tour. La cloison (fig. 36) a naturellement ressenti le contre-coup de cet état de choses : le lobe siphonal est devenu oblique et la première selle de gauche a gagné en largeur ce que perdait sa voisine de droite. Malgré cette anomalie, l'animal a pu vivre et a même atteint une taille comparable à celle des individus sains.

Rapports et différences. — Saynoceras Gazellœ ne peut être comparé qu'à Sayn. verrucosum. On l'en distinguera par l'étroitesse de Tombilic, lequel est presque complètement fermé, par la section en croissant des tours et par ce fait que les premiers tubercules sont reliés à l'ombilic par des côtes droites, bien marquées, qui font défaut dans Sayn. verrucosum, lequel possède, par contre, entre les tubercules, des côtes en zigzag plus accentuées. De plus, la cloison de notre espèce montre un élargissement du premier lobe latéral.

Gisements. — Cette curieuse ammonite est une des plus caractérisllqucs du Vraconnien du Guern er Rhezal (la corne de la gazelle), d*oii elle a tiré son nom. Six exemplaires. J'en ai trouvé un autre près de la gare de Pont du Fahs et un Imitième à Si Abd el Kerim.

Genre SGAPHITES Parkinson

Le genre Scaphites a été créé par Parkinson (*) pour un C('|)lial()|)0(lc à enroulement anormal, qui est connu maintenant sous le nom de Scfijthih's :r<ii((i/is.

Ce genre s'applique donc tout d'abord à des Céplialoixnles |m>iii\u^ d iin< partie spiralée, plus ou moins globuleuse et étroitement ombili(iiire. d'um r ôiitf<

II) Parkiusom : Orp. remains, vol. lil. p. i/|5. PI. \, (i{<. lo.

hampe, droite ou faiblement incurvée, et d'une crosse. L'ornementation consiste en petites cotes, simples ou divisées, pouvant porter des tubercules. La cloison peut comprendre des éléments auxiliaires, en outre des deux lobes latéraux, dont le premier est toujours beaucoup plus développé ; à l'état adulte, ce premier lobe est bifide. Le mode de division de cette cloison est d'ailleurs très spécial et permet de la reconnaître au premier coup d'œil. Ultérieurement, on a été amené à classer parmi les Scaphiies des Céphalopodes présentant cette même cloison spéciale, mais dans lesquels le déroulement était très faible ou bien encore dont la partie déroulée était inconnue, la loge d'habitation n'ayant pas été conservée.

Ainsi compris, le genre Scaphiies me paraît être hétérogène, et peut-être est-ce là l'origine des divergences qui se sont produites entre les auteurs au sujet de sa position systématique. Peu de genres ont été plus ballotés que lui. Placé par divers paléontologistes à côté de Lytoceras, à cause de la cloison, il est mis par d'autres à côté de Stoliczkaia ou dans la famille des Cosmocératidés. Pour les formes typiques tout au moins (Se. œqualis, etc.), je crois qu'il faut en revenir à l'opinion de Neumayr, qui rattachait les Scaphites à Holcostephanus. De fait, un jeune Scaphiies asqualis est à peine distinct d'un jeune Holcostephanus ou d'un jeune Holcodiscus. La forme générale est la même (^), l'ornementation est la même et l'aptychus est de même type, d'après Neumatr ; j'ajoute que la cloison est la même. La 6g. 37 montre, en effet, que dans la jeunesse le premier lobe latéral est divisé suivant le mode trîaenidien ; le deuxième lobe conserve souvent toute la vie ce mode de division, et si le premier lobe devient plus tard bifide, c'est secondairement, par accroissement plus rapide d'une branche latérale. Non seulement les Scaphites possèdent parfois des lobes auxiliaires, mais la figure précitée montre qu'ils ont plusieurs lobes internes, caractères qui ne s'observent jamais chez les Lytoceras proprement dits, et seulement chez les Tetrago^ niies, qui s'en écartent par d'autres caractères ; en outre, les Lytoceras sont dépourvues d'aptychus. Je ne crois pas que cette pièce ait été signalée chez Stoliczkaia^ mais les représentants de ce genre sont trop peu nombreux pour qu'on puisse tenir compte de ce caractère négatif. De plus, Stoliczkaia possède de petits lobes auxiliaires et sans doute aussi des lobes internes. 11 n'y aurait donc pas à son égard la même objection que pour Lytoceras, mais la forme du jeune se rapproche de celle de Hoplites et fort peu de celle des premiers tours de Scaphites. L'opinion de Neumatr me paraît donc plus vraisemblable.

Ce que je viens de dire concerne les scaphites typiques, mais ne s'applique que partiellement à ces Céphalopodes liés aux précédents par leur cloison, quoique différant notablement par la forme extérieure. Encore dois-je faire remarquer tout de suite que l'accord- des cloisons n'est parfait qu'à l'état adulte. On verra par l'étude de Se. Cunliffei Forbes qu'il existe plusieurs lobes internes, mais le mode de division du premier lobe latéral est tout différent ; ce lobe ne passe jamais par le stade trifide, car les lobes, arrondis sur les deux ou trois premiers tours, sont immédiatement

(i) U y a cependant une légère difTércncc dans l'accroissement en épaisseur, qui est plus brusque dans SeaphUft, comme on le verra plus loin.

Il8 ÉTUDES DE PALÉONTOF,OG1E TUNISIENNE

remplacés par des lobes à deux pointes, ainsi que cela s'observe dans les Lytoceras. Gomme dans ce genre, la forme est discoïdale, Tombilic large et peu profond ; les tours sont peu embrassants. J'ajoute que la fin du premier tour est marquée par un étranglement semblable à celui qui a été observé par Branco, puis par Perrct Smith dans Lytoceras et dans Baculites, mais ce caractère se retrouve aussi dans des ammonites très différentes les unes des autres, de sorte que je ne crois pas devoir en tenir compte ici. Au surplus, si le jeune. a des caractères lytocéroïdes, l'adulte prend une ornementation souvent très puissante, inconnue dans Lytoceras, Enfin, il reste toujours l'objection des lobes internes.

Ces ' scaphites à large ombilic diffèrent considérablement des vrais scaphites et devront en être séparés. J'aurais volontiers adopté pour eux le genre Discoscaphites Meek (^), dont un des caractères principaux (au moins pour le second groupe) est la largeur de l'ombilic, mais j'ignore le mode de développement de ces formes américaines et je ne sais comment est faite la crosse de nos scaphites, si même ils en ont une. Je veux encore moins créer un genre nouveau qui serait incomplètement défini, dont les relations resteraient douteuses et les limites imprécises. Je me bornerai donc pour le moment à distinguer des véritables scaphites un deuxième groupe de Céphalopodes à cloisons scaphitoïdes, groupe qu'il y aura lieu plus tard de séparer de Scaphites et peut-être de démembrer luimême.

Scaphites aequalls et Se. obllquus Sowerbt

PI. IV, fig. 23, a3 a-c, ai, aS û-6, 36, 37 a-c

1813. Scaphites œqualis Sowerby : Min. Conch., vol. I, p. 53, PI. XVIII, fig. 1-3. 1813. Scaphites obliquus Sowerby : Ibid., p. 54, PI. XVIII, fig. 4 7. 1840. Se, œqualis d'Orbigny: Pal. fr., p. 518, PI. CXXIX, fig. 1-2 et d'autre part 3-7. 1861. Se, œqualis et Se, obliquus Pictet et Campiche: Sainte-Croix, II, p. 11 et 14. (Bibliographie détaillée).

1903. Se, œqualis Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 71, 72.

1 II m IV

Longueur totale 10,5 (1,62) 15 (1,66)

Épaisseur maximum 4,5 (?) (0,69) 8,8 (0,98)

Diamètre de la spire 5,6(1) 6,5 (I) 9,2(1) 9 (1)

Hauteur du dernier tour 3 (0,54) 3,2 (0,48) 4,4 (0,48) 6 (?) (0,66)

Hauteur de Tavant-dernier tour. . . 1,5 (0,27) 2,5 (0,27)

Épaisseur du dernier tour 5 (0,89) 4 (?)(0,61) 7 (0,76) 6,2 (0,69)

Épaisseur de l'avant-dernier tour. 1,6 (0,29) 4 (0,43)

Largeur maximum de l'ombilic. . . 2,3 (0,41) 1,5 (0,23) 2,2 (0,24) 2,2 (0,24)

I. Éch. très jeune, probablement Se. obliquus (Pl. IV, ûg. aa-aS). — II. Se. obliquus un peu écrasé (Pl. IV, ûg. 37). — III. Se. xqualis {PL IV, fig. aA-aS). — IV. Se. «qualU (Pl. IV, fig, 26).

Les auteurs n'ont pu se mettre d'accord sur la convenance de réunir ou de séparer ces deux scaphites ; j'entreprendrai d'autant moins de les départager qu'ils interprètent les types de façons difTérentes. Le fait que les deux formes se trou-

(1) Meek : Invert. crcl. foss., p. ^i5.

vent toujours ensemble, qu*il y a tous les passages de l'une à l'autre et que les cloisons sont identiques est évidemment en faveur de la réunion. Au surplus, mes matériaux comprennent surtout des parties spiralées, qu'il est souvent bien difficile d'attribuer à Tune ou à Tautre espèce ou variété.

Je constate d'ailleurs que la Tunisie renferme les deux formes. La fîg. 36, PI. IV (n* IV des mesures) doit évidemment être attribuée à Se. œqualis, comme le prouvent l'épaisseur des tours et la puissance de l'ornementation, surtout sur la hampe. La partie spiralée représentée PL IV, fig. a4-35 montre les mêmes caractères, et doit évidemment se rattacher à la même variété. Par contre, l'original de la PI. IV» fig. 37 est notablement moins épais (indépendamment de la déformation qu'il a pu subir) ; il ne possède que des cotes fmes, non seulement sur la spire, mais aussi sur la hampe ; c'est assurément Se. obliquas.

Quant au tout petit exemplaire (PL IV, fig. 22-28), il se rattache peut-être à cette dernière variété, mais on ne saurait l'affirmer, car il est encore trop jeune. D'ailleurs, ' son intérêt n'est pas là; je l'ai fait photographier parce qu'il montre l'accroissement brusque des tours. Les deux premiers tours et la moitié du troisième sont arrondis et ont une forme lytocéroïde; ils croissent lentement en hauteur et en épaisseur, et se recouvrent très peu; l'ombilic est donc relativement large. Puis, brusquement, l'épaisseur augmente dans des proportions considérables ; du miheu du troisième tour au milieu du quatrième (dernier tour de l'échantillon figuré), l'épaisseur devient trois fois plus grande {0.29 — 0,89 Vo)- Ultérieurement, l'accroissement redevient lent, mais il se fait de façon à clore de plus en plus l'ombilic, lequel est généralement un peu elliptique.

Il est très intéressant d'examiner la cloison dans le jeune âge. Celle que je donne ici (fig. 37) correspond à la fin du dernier tour du petit spécimen dont il vient d'être question. On constate immédiatement que les deux lobes latéraux sont franchement trifides; ce n'est que plus, tard qu'ils deviendront ^'''' ""' " ^^^fU"^^^^^:^^^^^ ''"p^'"

secondairement bifides, par accroisse-.

ment d'une des pointes latérales. Ce mode de division éloigne donc ces Scaphites des Lytocératidés, constatation qui est corroborée par l'examen de la partie interne de la cloison. On y voit deux lobes pointus, en dehors du lobe, antisiphonal ; or, les Lytoceras n'ont pas d'autre lobe dorsal que ce lobe antisiphonal.

Il me paraît inutile de reproduire la cloison de l'adulte, puisqu'on la trouve dans divers ouvrages. L'individu de la PL IV, fîg.' 26 a une cloison typique de scaphite, difTérant seulement par des détails de celle donnée dans la Paléontologie française.

Rapports et différences. — L'absence de tubercules coniques sur les côtés de la hampe et la brièveté de cette dernière empêchent d'attribuer nos scaphites à Se, Hugardianus d'Orb, ou à Se. Meriani Pictet et Campiche.

laO ÉTUDES DE PALÉaNTOLOGIE TUNISIENNE

Gisements. — 7-8 exemplaires ferrugineux du Guem er Rhezal, du Chirich (coll. Flick) et de Si Abd el Kerim. Vraconnien.

Celle espèce est connue en Angleterre, en France, en Allemagne, en Algérie, à Madagascar el dans Tlnde, où elle est associée à une autre espèce voisine (Se. similaris Stol.).

Scaphites Rochatlanus P d'Orbignt

PI. IV. Hg. 28, ag a-c

1850. Scaphites Rochatianus d'Orbigny : Prodrome, vol. II, p. 147, n' 35.

1872. Id. Fritsgh et Sghloenbacu : Ceph. bôhm. Kreide, p. 41, Pi. XIII, fig. 1-2.

1903. Lytoceras sp. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 74.

Diamètre 12 (1)

Hauteur du dernier tour 5,2 (0,43)

Épaisseur du dernier tour 4,7 (0,39)

Largeur de l'ombilic 3 , (0,25)

Ce petit Céphalopode, rapporté d'abord par moi à Lytoceras, me semble plutôt être un Scaphites, bien que toute partie déroulée fasse défaut, car il ressemble singulièrement à la partie enroulée de ce petit Scaphites signalé à Aumale, dans la zone à Discoidea Forgemolli Coq. (^), el caractérisé par la largeur de son ombilic. Or, tel est précisément l'un des caractères principaux de Se. Rochatianus d'Orb., tel du moins que Ta figuré Fritsch. Aussi bien en Bohême qu'en Provence, ce scaphile est associé à Se. œqualis; il occupe donc bien le même niveau que le fossile considéré.

Les tours sont d'abord arrondis, lytocéroïdes, et très peu embrassants; plus tard, ils deviennent plus hauts que larges (la section est alors subovalaire) et se recouvrent à moitié environ. Les flancs sont faiblement bombés et se raccordent par des courbes avec l'ombilic, d'une part, avec la région ventrale, d'autre part ; celle-ci est faiblement bombée. L'ornementation est très faible et consiste seulement en côtes partant de l'ombilic, légèrement onduleuses sur les flancs, puis traversant en ligne droite la région ventrale, où elles sont un peu plus marquées ; ces côtes se divisent vers le tiers externe ou plutôt il s'ajoute des côtes intercalaires, de sorte que les côtes sont trois ou quatre fois plus nombreuses au pourtour qu'à l'ombilic ; toutes les

côtes sont de même force sur la région ventrale, quoique, en somme, peu saillantes. Plus

> \^ U, (^ ^ ') ^"^ tard, Se. i?oc/ia/ia/iU5 acquiert

« //\\ { r^^\\ ^^^ crosse lisse, creusée d'un

' C/ V I I I I sillon sur la face interne,

Fio. 38. - .se. nochatianus X 10 (éch. PI. IV, fig. «8; r = 6). ^^^^ J^ '^'^^ ?«« t^OUVé Cette

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