partie déroulée
La cloison (fig. 38) de notre fossile me paraît être celle d'un Scaphites plutôt
(i) Pbron : Notice sur la géologie des environs d'Aumale. B. S. G. F., (a), vol. XXIII, p. 700.
CEPHALOPODES DES TËUUAINS SECONDAIRES 131
que celle d'un Lytoceras ; malheureusement Fritsch ne donne pas la cloison de 5c. Rochatianus. Au total, l'attribution spécifique demeure douteuse.
Gisement. — Un seul exemplaire ferrugineux du Cénomanien du Kef cl Ilamra (W d'El Kef). Ix type a olé trouvé en Provence avec .SCf- œqualis et cette association s'observe également en Bohême (Korycaner Schichten). Je rappelle que cette espèce existe à Aumale.
Scaphites (?) ThomasI Pervinquiere 1907
PI. IV, fi-r. 3o a-b, 3i a-b
Hauteur du dernier tour 7,6 (0,54)
Épaisseur du dernier tour. 6 (0,43)
Largeur de l'ombilic 1,7 (0,24)
Coquille discoïdale, à enroulement très embrassant; ombilic très petit, en entonnoir. Section des tours rectangulaire, à angles arrondis. Région ventrale à large courbure. Flancs plats, d'abord lisses, puis ornés (sur la seconde moitié du dernier tour) de huit cotes de plus en plus fortes, très légèrement flexueuses, se surélevant au pourtour en un tubercule, puis s'atténuant sur la région ventrale, où elles dessinent une convexité en avant.
Cloison (fig. 39) comprenant quatre selles et autant de lobes. La première selle est peu haute» mais très large, divisée en trois parties par deux lobules inégaux ; la deuxième selle est beaucoup plus restreinte.
Le premier lobe est lui aussi
^ Fio. 39. - Se. Thomasi X 6,8 (éch. PI. IV, ng. 30 ; r = 7).
très développé, de môme longueur que le lobe siphonal, mais moins large que lui. D'après son mode de division, cette cloison rappelle tout à fait celle des Scaphites.
Rapports et différences. — C'est même en me basant sur le caractère de la cloison que j'attribue ce fossile au genre Scaphites, car son enroulement paraît normal et toute partie déroulée fait défaut.
Je ne vois aucun scaphite à lui comparer, et parmi les Céphalopodes décrits comme ammonites, je ne trouve guère à rapprocher de notre espèce que VA mm. idoneus et VAmm. Andoorensis Stol. (^), que Kossmat considère comme des Scaphites. Toutefois, le deuxième de ces fossiles possède des côtes bifurquées et une région ventrale plate ; quant à l'autre, il porte une rangée médiane de tubercules ; c'est d'ailleurs un monstre qui ne peut guère entrer en comparaison.
Notre Céphalopode n'est pas sans quelque ressemblance avec certains Acanthoceras
(ij STOLiczitA : Cret. S. Iiidia, p. 64. PI. XXXI V, lig. i a-d; et p. 94, PI. XLVII, tif(. 3 a-b.
iG
laa ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
qui seront décrits plus loin. Ac, Mariimpreyi Coq. s'en distinguera immédiatement par le caractère de la costulalion. La ressemblance est plus grande avec Ac, Aumalense Coq., mais on remarquera que cette ammonite a un ombilic à paroi abrupte et possède deux tubercules à l'extrémité des cotes ; la cloison est d'ailleurs difFérente.
Gisement. — Un seul exemplaire, recueilli par M. Pu, Thomas à la base du Cénomanien du Dj. Mrhîla, en dessous du Kef Si Abd el Kader.
Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à mon savant prédécesseur et ami.
Scaphites cf. 8c. Meslel de Grossouvre
PI. IV, ivr. 3a. n ac
1894. Scaphites MesUi de Grossouvre : Amtn. Craie supérieure, p. 239, PI. XXXll, tig. 4 et 7.
Diamètre 10 (1)
Hauteur du dernier tour 5 (0,50)
Epaisseur du dernier tour 5,5 (0,55)
Largeur de l'ombilic 2,7 (0,27)
Les marnes à Pachydiscus du Dj, Selbia m'ont fourni un petit scaphite qui n*est pas sûrement déterminable, car il ne possède que la partie enroulée, laquelle diffère peu d'une espèce à l'autre. Toutefois la description que donne de Grossouvre pour le jeune de Se. Meslei s'applique exactement à notre échantillon ; aussi avons-nous rapproché celui-ci de l'espèce de Villcdieu ; malheureusement les figures montrent mal la partie enroulée. Sur notre fossile, cette partie est assez renflée ; elle porte des côtes radiales, droites, qui se bifurquent sur le bord externe et passent sur . la région ventrale sans s'interrompre ; entre elles, s'en intercalent d'autres qui ne dépassent pas le point de bifurcation des premières. Cette ornementation débute vers le diamètre de 6 mm., les cotes principales paraissant tout d'abord. Sur notre échantillon, l'ombilic est relativement large.
Fio. 40. - Se. cl. MesMjc^ 6.8 (écb. PI. IV, flg.32; Leg cloisons (fig. 4o) sont des cloisons
typiques de Scaphites du Crétacé supérieur; le dessin ci-contre me dispense d'ailleurs de tout commentaire.
Rapports et différences. — On remarquera combien cette cloison est semblable à celle de Scaphites hippocrepis (Cuvieri), figuré par Morton, dont la partie enroulée ressemble aussi singulièrement à notre exemplaire; toutefois, les côtes principales y sont plus serrées et les intercalaires plus rares.
La forme et rorncmentation de notre scaphite se retrouvent également sur un fossile du calcaire à baculitcs du Colcntin qu'HÉBERT avait étiqueté dans la collection de la Sorbonnc Amm. scaphitoides, nom déjà employé deux fois (par Coquand et par Schluter) ; ce fossile, qui ne paraît être qu'une variété renflée de Se. conslrictus Sow., a des côtes un peu flexueuscs et des cloisons un peu plus découpées.
CÉPHALOPODES DES TEliliAINS SECONDAIliES ia3
Cette même ornementation existe encore dans YAmm. Cottœ Roemer (^), qui semble n*ètre autre chose que le jeune de Se, Geinitzi d'Orb., mais l'épaisseur toujours moindre, la forme aplatie et non globuleuse permettront de le distinguer du fossile qui nous occupe. On en pourrait dire autant pour Se. Brahminicus Stol. (•).
Gisement. — Le seul exemplaire figuré ; Dj. Selbia. Santonien supérieur. Se. Meslei appartient au Coniacien ; Se, hippoerepis, au Campanien.
Soaphites cf. Se. hlppocrepls Dekay
1828. Scaphites hippocrepis Dekay : Ann. New-York Lyceum, vol. II, p. 273 (?), PI. V
fig. 5.
1834. Id, {Se, Cuvieri.) Morton : Synopsis org. rein. cret. group, p. 41, PJ. VII, lig. 1. 1892. /d. Whitfield : Gasl. Ceph. Rarilan clays, p. 262, Pi. XLIV, Vig. 8-12. 1894. Id, de Grossouvre : Amm. Craie supérieure, p. 244, Pi. XXXII, fig. 23; XXXV, 6;
XXXVII, 3. (Bibliographie).
Les calcaires du Sénonien supérieur de Sbeitla ont fourni plusieurs crosses de scaphites, malheureusement mal conservées en général. Un de ces fragments montre trois forts tubercules au bord interne, donnant naissance chacun à 3-4 côtes bien nettes, dont les unes vont aboutir (9 par a) aux tubercules externes, tandis que les autres passent entre les tubercules et traversent la région ventrale ; de chaque tubercule externe partent d'ailleurs deux côtes qui courent sur la région ventrale parallèlement aux précédentes. Cet échantillon (malheureusement un peu trop fruste pour être reproduit) me parait se rapprocher de Se, hippoerepis plus que de toute autre espèce ; il en diffère cependant par l'accentuation des côtes sur les flancs, entre les tubercules. Il est intéressant de noter que le type de Se. hippoerepis a été trouvé dans le canal du Delaware avec le type de Morlonieeras Delawarense, ammonite qui se rencontre à Sbeitla avec le scaphite considéré.
En Allemagne, Se, hippoerepis (Cuvieri) se trouve dans les couches à Belemnilella quadrata que de Grossouvre paralléiise avec la zone à Mort. Delawarense, tandis qu'en Aquitaine il habiterait un horizon quelque peu inférieur.
Scaphites (?) afrlcanus Pervinquière 1907
PI. IV, Vifç. H a-b, 35 ab
1903. Lytoceras sp. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 74.
Diamètre 11 (1)
Hauteur du dernier tour 4 (0,36)
Épaisseur du dernier tour 3 (?) (0,27) (un peu écrasé)
Largeur de Tombilic 4,2 (0,38)
(i) RoEMER : Vcret. Nordd. Kreidegeb., p. 86, PI. XIII, Rr, i^, -^ Rbuss : Verat. bôhm. Krcidef., J, p. ai. PI. VII. fig. 10 ac
(a) Stoliczka : Cret. S. India, p. 138, Pl. LXIV, flg. 1.
Coquille discoïdale, peu renflée (toutefois réchantillon est un peu écrasé), à tours médiocrement embrassants (r/3), plus hauts que larges ; quelques vagues cotes falciformes, peu saillantes ; ombilic large et peu profond.
Cloison (fig. 40 très réduite ne comprenant que trois lobes et trois selles, avec le commencement d'une quatrième ; les deux premières selles sont bifides, les deux autres, entières. Le lobe siphonal, long et étroit, dépasse notablement le premier lobe latéral, lequel offre deux pointes bien nettes ; le deuxième lobe, bien plus réduit que le premier, est encore trifide ; il n'y a qu'une indication de troisième lobe.
Fio. 41. — Se. africanus x 5 (éch. PI. IV, flg. 34 ; r = 6).
Rapports et différences. — Je ne possède qu'un spécimen tunisien de celte espèce, à laquelle j'ai néanmoins donné un nom, car M. Pu. Thomas m'a comnmniqué une forme identique du Cénomanien de Berrouaguiah. Certains exemplaires sont légèrement plus renflés et l'un d'eux porte, sur la moitié externe, de très fines côtes intercalaires.
Ce Céphalopode rappelle un peu les Lytocèras (^) par son enroulement et sn cloison, mais cette dernière possède un élément auxiliaire ; à tout prendre, ce nie paraît être plutôt une cloison de Scaphites, Le classement générique restera d'ailleurs douteux jusqu'à ce qu'on ait trouvé la crosse, dont aucun de ces dix individus d'Algérie ne montre la moindre trace.
Par sa forme étroite et sa faible ornementation, ce scaphite se distinguera immédiatement de tous les autres. Se. cf. RochatianuSf décrit d'autre part ([). i.^o). a bien la même cloison, mais les tours sont beaucoup plus épais, rombilic plus élruit et plus profond.
Gisement. — Le type provient du Cénomanien du Kef el llainra à l'W dK\ Kef. La même espèce existe au même niveau à Berrouaguiah.
Scaphites Cunliffel Forbes
PI. IV, ii^. 30 a-6, 37 ah, 38 a-6. 3ç) a-6, 'lo a-L^ 'n ah, 'mi ah, \, h. C
1845 (ou 46). Amm. Cunliffei Forbes : Foss. Inverl. S. India, p. 109, PI. VIIL li-. 2 ad,
1845. Am7n, Pavana Forbes : Ibid., p. 110, PI. VU, fig. :i a-b.
1865. Amm. Cunliffei Stoliczka : Cret. S. India, p. 97, PI. L, lig. 3 u-r,
1897. Scaphites Cunliffei et .Se. Pavana Kossmat : Sûdind. Kr^Mdef.. p. i.3S.
1903. Amm. cf. Se. Pavana Pervinquière : Et. géol. Tuii. cent., p. 12().
I II m IV
Diamètre 3,60 (1) 5,75 (1) 7,75 (1) y,un ( l)
Hauteur du dernier tour. 1,95 (0,54) 2,40 (0,42) 3,50 (0/»:.) iUi) (U.'i.;)
Épaisseur du dernier tour. 1,75 (0,49) 2,20 (0,38) 3 (0.3'.ij :; M) ((i/ii)j
Largeur de l'ombilic 1,50 (0,42) 2,20 (0,38) 2,60 (0,:i:i)
(i) C'esl l'un des doux C<''phalopodc> du K' ol llanira que j'avais as-simih's à (l< > I yiu
Googl'T^^
Diamètre
.Hauteur du dernier tour.
Épaisseur du dernier tour.
Largr*ur de l'ombilic
I-IV. Forme normale. — I, H, III. Éch. fifrurés PI. IV, fig. 36. 87, 38. — V. Le plus grand exemplaire, var. à petit ombilic. — VI. Var. très épaisso. Pi. IV. lig. h. - VII, VIII. Var. mince (Pavana), PI. IV, fig. 4i, 4a. — IV et VIII de la Kalaat es Snam ; tons les antres du Tbaga.
Dans son Prodrome (vol. II, p. 3r3), d'Orbigny a réuni Amm. Pavana à Amm. Canliffeû considérant que c'était le jeune de cette dernière espèce. Stoliczka a combattu cette opinion, en disant que les deux types étaient de même taille, ce qui n*est cependant pas conforme aux mesures de Forbes. Laissant de coté cette question de savoir si l'un est ou n*cst pas le jeune de Tautre, j'estime néanmoins que d'Orbigny a eu raison de réunir les deux esï)èces, car on est ici en {)résence du cas bien connu de deux variétés, l'une mince et peu ornée, l'autre épaisse et à forte ornementation. Les différences se ramènent à ce qu* A mm. Pavana a une section plus haute, des cotes peu accentuées, dépourvues de tubercule ombilical, tandis (\\iAmm. Cunliffei a une section subcarrée, de forts tubercules marginaux et de petits tubercules ombilicaux ; mais Stoliczka nous avertit déjà que ces tubercules ombilicaux ne sont visibles que sur la fin du dernier tour et qu'ils sont très faibles. Or, je possède de petites ammonites, dont les unes répondent bien à VAmm. Pavana^ tandis que d'autres se rapprochent plutôt d'Amm. CAinliffei, et il y a tous les passages des unes aux autres. L'association de ces deu* formes, aussi bien en Tunisie que dans l'Inde, me porte à conclure que ce ne sont pas * des espèces distinctes, mais deux variétés ou deux .formes, qui doivent être groupées sous la même désignation spécifique. Je conserve le nom de Cunliffei, non seulement parce qu'il est cité le premier, mais aussi parce qu'il s'applique à la forme la mieux caractérisée.
Se, Cunliffei paraît beaucoup moins rare en Tunisie que dans l'Inde, mais il est encore de plus petite taille. J'ai choisi parmi mes matériaux, pour les figurer, un certain nombre d'exemplaires représentant les principales variétés, ainsi que les stades du développement.
La loge initiale (PI. IV, fig. A), qui est ovoïde, a environ 4/io de mm. suivant son plus grand axe (d'un ombilic à l'autre) et 3/io dans le plan de la spire. H en part un tube légèrement moins haut que large, qui est affecté, un peu avant la fin du preixiier tour, par un léger étranglement (PI. IV. fig. B), analogue à celui qui a été observé chez Lytoceras et Baculites par J. Perrin Smith et Amos Brown. Ce tube conserve sa forme pendant deux ou trois tours ; l'enroulement est alors peu serré et un tour recouvre seulement i/5 ou i/6 du précédent. Peu à peu, les tours s'élèvent et s'aplatissent sur les cotés, de façon à acquérir une forme rectangulaire à angles arrondis, subcarrée dans la variété épaisse (PI. IV, fig. G et 3G), notablement plus haute que large dans la var. Pavana. Dans cette dernière, la région ventrale est arrondie et la section presque ovale dans ladulte. Dans la forme typique, la région ventrale est plus large et très faiblement bombée. Les tours se recouvrent
ia6 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
à moitié environ dans la forme typique, au tiers seulement dans la var. Pavana. Les trois premiers tours sont entièrement lisses (PI. IV, fig. 36). Au début du quatrième apparaissent sur les flancs de vagues ondulations (PI. IV, fig. 87), qui sont remplacées, sur le cinquième tour et les suivants, par des cotes falciformes assez espacées (PI. IV, fig. 38). Dans la forme typique, ces cotes acquièrent au pourtour un fort tubercule allongé dans le sens de la spirale ; Textrémité ombilicale des côtes peut aussi se surélever légèrement, mais aucun de nos échantillons ne montre de véritable tubercule ombilical. Parfois les côtes peuvent s'atténuer sur le milieu des flancs ; le tubercule marginal devient alors proéminent (PI. IV, fig. 4o), ainsi que cela se voit d'ailleurs sur le dessin de Forbes. Celui-ci montre une dizaine de tubercules principaux, comme nos exemplaires, tandis que la description originale n'en indique que sept. Enfin, on aperçoit çà et là une vague côte intercalaire dépourvue de tubercule. Sur un ou deux exemplaires très épais (PI. IV, fig. 4o), on distingue de larges côtes basses sur la région ventrale, entre les tubercules marginaux. J'ajoute qu'un exemplaire se distingue par l'ctroitesse de son ombilic, mais les autres caractères sont constants (n** V des mesures). Dans la variété mince (-PI. IV, fig. 4ï-42)t les côtes paraissent un peu plus flexueuses et sont dépourvues de tubercule, aussi bien au pourtour qu*à l'ombilic ; quelques côtes sont plus saillantes que les autres ; or ce sont là précisément les caractères que For DES assigne à son A mm. Pavana.
Il est assez difficile de suivre les premières cloisons ; j'ai réussi à les apercevoir néanmoins sur le flanc d'un ou deux exemplaires (PL IV. fig. C) ; malheureusement tous ceux que j'ai déroulés ne montraient plus les cloisons dans la partie en contact avec le tour suivant, de sorte que je ne puis donner le développement complet de la ligne suturale. La première cloison parait présenter une selle relativement large dans le plan médian et un vague lobe de chaque côté. La deuxième cloison est difficile à suivre ; on devine cependant l'existence du lobe siphonal, lequel devient bien net à la troisième cloison ; il est alors flanqué d'une selle et d'un lobe. A ce moment, la cloison rappeUe celle d'un Gephyroceras . Je n'ai pu voir
s'il y avait déjà une seUette siphonale, mais celle-ci est I ( V-/"^ bien nette sur les cloisons du deuxième tour (fig. 42), où
un nouvel élément commence à se différencier. Désormais, Fio. 42. — Se. Cunli/Tei X 20 , , ,, . ^ .
(cloison prise sur le 2* toar C est a Nomismoceras que ferait songer notre cloison ou ' ~ " encore à certaines espèces de Nannites ; la forme exté-
rieure est plutôt celle du premier de ces genres (par exemple Nom. spirorbis Phillips). Vers la fin du deuxième tour, un nouveau lobe commence à s'individualiser, bientôt suivi d'une troisième selle. Puis, au troisième tour, apparaît une indentation, placée un peu dissymétriqucment sur la selle externe, et, une ou deux ^'«- \;:^';Q^''^f^^^.^^%^^^' '^' cloisons plus loin, une indentation analogue dans
le premier lobe. Ces indentations s'accen tuant, on a la disposition représentée ci-contre (fig. 43), qui correspond au dernier quart de tour de l'individu figuré (PL IV,
fîg. 36). La même chose se passe pour la deuxième selle sur le quatrième tour, au moment où l'ornementation commence à apparaître, tandis que, peu après, un petit lobe auxiliaire se différencie sur la paroi de l'ombilic. On ne peut s'empêcher de constater qu'à ce moment notre ammonite a bien des traits communs avec les Lyloceras, tant par sa forme extérieure que par sa cloison ; mais plus tard les ressemblances s atténueront, car les flancs prendront une ornementation inconnue chez les Lytoceras, tandis que les cloisons, en se découpant, adopteront le type (Jj [fl/jPO (^}Q On '' fO P si caractéristique des 5capAttes du Crétacé A \ y V ^ ^^^V/\ supérieur (fig. 44). A vrai dire, les élé- V^hf uly \ 11) ments peuvent encore être qualifiés de ^ ^ \
bifides: cependant les seUes possèdent ''X*s"u„ tb.nu»a ^ul 'rilS. rTr"
un deuxième lobule à côté du premier,
tandis que les lobes ne présentent en aucune façon les deux pointes régulières des
Lytoceras, D'ailleurs, la partie interne de la cloison n'est pas celle des Lytoceras, car ceux-ci n'ont pas de lobes internes en dehors du lobe antisiphonal, tandis qu'ici il y en a deux autres, comme dans les Teiragonites (lesquels ont aussi des selles subtrifides). Le lobe antisiphonal est extrêmement long -et muni de chaque côté de deux crochets.
Fio. 43. — iJc. C'una/7kt, var. . , , r^ , . .o -x ,.«.,
Pavana X 6 (écb. PI. IV, La variété Pavana a une cloison (fig. 45) ne différant par
"" ' aucun caractère important de celle qui vient d'être décrite.
Rapports et différences. — Mes ammonites diffèrent du type de Forbes par des caractères qui me semblent de faible valeur. Tout d'abord, elles n'ont pas de tubercules ombilicaux, mais l'exemplaire de Stoliczka les montre à peine et seule ment à la fin du tour ; or, tous mes échantillons sont beaucoup plus petits que le t\pe (a6 mm.); l'absence de ces tubercules, qui apparaissent tardivement, n'est donc pas faite pour nous surprendre. La cloison que je figure n'est point identique à celle de Stoliczka, mais elle s'accorde avec celle de Forbes autant qu'on peut l'attendre d'un dessin schématique.
L'absence de côtes individualisées sur la région ventrale et la simplicité des côtes latérales empêchent d'attribuer ces ammonites à Se, Andoorensis Stol. ('), ainsi qu'à Se. Kambysis Zittel (•), lequel possède d'ailleurs une rangée de tubercules supplémentaires sur chaque flanc. A vrai dire, cette ornementation apparaît à une taille que n'attf^gnent pas nos fossiles, car le jeune Se. Kambysis ressemble beaucoup à ceux-ci, mais la cloison est assez différente, autant qu'on en peut juger par le dessin de Quaas. A tout prendre, les analogies sont plutôt avec Se, Cunliffei.
Je ne vois aucune autic ammonite à laquelle il soit opportun de comparer celle qui est l'objet de notre élude.
Reste la question d'attribution générique. Pas plus dans l'Inde, qu'en Egypte ou
(i) Stoliczka : Oct. S. India, p. tj'i. PI. XLVII, lîg. 3 a-b.
(a) QoAAS : Ob. Kreidcb. d. libyschon Wûsto, p. 3of). PL XXIX, fig. 8-ii.
128 KTLDES DE l»ALÉOM'OLOGlE TUNISIENNE
en Tunisie, on n'a trouvé de partie déroulée, de crosse, pouvant être attribuée à ces Céphalopodes; aussi est-ce en se basant sur l'ornementation et plus encore sur le caractère de la ligne suturale qu'on range ceux-ci dans le genre Scaphites. Toutefois, ce que nous avons vu du dévcloj[)penient de la coquille et de la cloison dans respèce qui nous occupe prouve que celle-ci est considérablement différente des vrais Scaphites, dont le type est Se. œqualis. Ce genre est donc hétérogène, polyphylétique, et devra être émendé, mais nous n'avons pas les éléments d'une revision; nous notis bornons donc à placer provisoirement Se. Cunliffei dans le second groupe, celui qui est appelé à disparaître.
Gisements. — La forme type et la variété Pavana se trouvent côte à cote dans les deux gisements tunisiens; cependant cette dernière est beaucoup plus rare. Une cinquantaine d'exemplaires, tous très petits, provenant d'Aïn el Areridj, au pied N du Dj. Tbaga, et 5 ou 6 trouvés plus récemment à la Kalaat es Snam, dans les quarante premiers mètres des marnes foncées, après les derniers bancs de calcaires à Inocérames. Ces couches, bien supérieures au niveau à Bostrychoceras polyplocum, doivent être vraisemblablement rapportées au Marstrichtien ; elles renferment une petite faunule de Lamellibranches et de Gastropodes que je décrirai ultérieurement et qui existe également dans les couches à Ostrea Overwegi du désert libyque, d'où provient également Se. Kambysis, mais où manque, paraît-il, le véritable Nauiilus Danicus. Enfin, le type a été recueilli a Pondichéry dans les Valudayur beds, c'est-a-dire dans le Campanien supérieur ou le Macstrichtien.
Je ne connais cette espèce qu'en un autre endroit, dans les marnes schisteuses de l'ancienne route de Bizot, près Gonstantine ; ces marnes, considérées comme santoniennes, appartiennent donc à un niveau bien plus élevé. 11 s'agit ici de la var. Pavana, qui se trouve associée à un Lytoceras paraissant être Lyt. (Gaudr.) Kayei
FOUIŒS.
Genre DESMOCERAS Zittkl
Le genre Desmdeeras a été créé, en i88i, par Zittel ('), pour toute une série d'ammonites antérieurement classées dans le genre Ifaploceras Zittel; Quelques années auparavant (1879), Bayle avait proposé le genre Puzosla pour les ammonites du groupe de ÏAmm. planulatiis Sow., tandis que de Ghossolvre a ultérieurement établi le genre IFauericeras pour les ammonites voisines iVAmni. Gardent Baua. T1 me paraît opportun d'admettre ces genres ; aussi, limiterai-je le genre Desmoceras aux deux premiers groupes spécifiés par Zittel, celui de Y A mm. Beudanti Bron-
(i) ZiTTLL : Handbiicli dcr Palu'oiilolopic, p. '|(i5.
GNiART et celui de VAmm. difficilis d'Orrigny. Enfin, tout récemment, Jacor (^) a isolé des Desmoceras proprement dits le sous-genre Uhligelia.
Les Desmoceras s, st. sont des ammonites à enroulement très embrassant, à section étroite et élevée, à région ventrale amincie. Les flancs sont lisses ou bien ornés de fines côtes, de bourrelets ou de sillons falciformes. La cloison est caractérisée par un premier lobe latéral très dissymétrique, dépassant de beaucoup le lobe siphonal; les autres lobes, trifides comme le premier, décroissent assez régulièrement, en restant droits. Les selles sont larges et élevées ; elles peuvent être ouvertes ou, au contraire, fortement pincées à la base. Dans quelques espèces, la cloison est extrêmement découpée. Parmi ces Desmoceras s. st., j'ai à mentionner Desm. strettostoma, Desm, Gouxt, Desm, Dupinianum et Desm. Revoili.
Dans le sous-genre Vhligella, les tours peuvent être très embrassants, mais dans certains cas Tombilic s'élargit. L'ornementation, qui consiste toujours en côtes, bourrelets ou sillons falciformes, peut devenir très accentuée, rappelant ce qu'on observe dans certains Pachydiscus du Crétacé supérieur, qui auraient ainsi des racines jusque dans l'Aptien. Au point de vue de la cloison, le caractère le plus notable des Uhligelia est la symétrie du premier lobe latéral; les selles sont bifides et décroissent régulièrement de la deuxième à l'ombilic.
En se basant sur ce caractère suturai, il faut vraisemblablement placer dans ce sous-genre, non seulement Desm. cf. Ziircheri, mais aussi Desm. Monicœ et Desm. Milleti que je décris plus loin.