‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 25 sur 84 · I. Écli. du Dj. Zrissa. — lî. Éch, PI. V, fig. a · texte numérisé non relu

I. Écli. du Dj. Zrissa. — lî. Éch, PI. V, fig. a

Coquille discoïdale, épaisse, à tours fortement embrassants (3/4). Ombilic petit, à

paroi verticale, mais à bord arrondi. Flancs sensiblement plats et parallèles, réunis par une région ventrale arrondie. Ni côtes, ni sillons. Dans la jeunesse, les tours sont un peu plus épais et les flancs légèrement bombés.

Cloison (fig. 5i) comprenant six lobes latéraux (dont deux dans Tombilic) ; premier lobe latéral symétrique, de même Fit.. J)i. - Desm. Milieu X 8 (éch. PI. V, Ar. 23; longueur que le lobe siphonal, deuxième

lobe et suivants quelque peu obliques vers Textérieur. Selles hautes cl étroites, pincées à leur base.

Rapports et différences. — Desm. Milleti paraît différer de toutes les ammonites décrites jusqu'à ce jour. Les deux espèces qui semblent s*en rapprocher sont : Destn, Toucasi Jacob et Desm, Seguenzœ Coq.

On remarquera, tout d'abord, que les proportions sont les mêmes que celles attribuées par Jacob à Desm, Toucasi ; les cloisons ont également les plus grandes ressemblances. Toutefois, Jacob dit que les flancs de Desm, Toucasi « sont régulièrement convexes et se raccordent tant avec la paroi de Tombilic qu'avec la région ventrale par une courbe continue », ce qui n'est évidemment pas le cas ici. Cette espèce porte des bourrelets dans l'adulte et, tout au moins, des constrictions dans le jeune âge ; or, Desm. Milleti paraît être toujours lisse.

Quant à Desm. Seguenzœ, il est déjà beaucoup plus éloigné ; sa section est plus haute et moins large ; à en juger par le dessin de Sayn, la cloison serait assez différente.

Par suite de sa forme générale et de la symétrie de ses lobes, Desm. Milleti doit vraisemblablement être rangé dans le sous-genre Uhligella, 11 est bon cependant de faire observer que sa cloison a une grande analogie avec celle de Puzosia Paronœ (cf. fig. 67) et qu'elle présente également une inflexion très marquée ; aussi l'espèce pourrait-elle être rangée dans ce dernier genre, si l'absence de sillons était accidentelle.

Gisement. — Deux échantillons ferrugineux du Dj. Zrissa. Albien. Desmoceras (Uhligella) cf. Desm. Zûrcherl Jacob

PI. V, fijî. a<) a-c

1906. Desmoceras Ziirchen Jacob : Gault de l'Engelberger Aa, p. 9, PI. II, fig. 1-3.

Diamètre 16 (1)

Hauteur du dernier tour 8 (0,50)

Épaisseur du dernier tour 6,4 (0,40)

Largeur de l'ombilic 3,8 (0,24)

L'ammonite dont il s'agit ici est identique à celles de Garniol et de Reynier, que KiLiAR a citées sous le nom de Desmoceras Belus d'Orb. (^) et qu'il déclare semblables à celles de la collection d'Orbigny. Or, cette dernière collection montre, réunies sur le même carton, au moins trois espèces, dont Tune est, en effet, celle visée par Kilian et qui nous occupe. Toutefois, ce même carton porte d'autres exemplaires qui, pour n'avoir pas rigoureusement la taille du dessin de d'Orbignt, répondent cependant bien à la figure de cet auteur (*) ; deux d'entre eux, en particulier, montrent nettement les sillons renversés en arrière près du pourtour, ce qui paraît être caractéristique de Desmoceras ou mieux Puzosia Belus. L'espèce citée par

( r ) Kiliau : Montagne de Lure. p. aC8.

(a) Ces échantillons à côtes et sillons montrent les cloisons; ce sont donc des moules internes comme les autres exemplaires.

lS8 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

KiLiAN devra donc recevoir un autre nom, si elle ne répond pas à Tune de celles décrites récemment par Jacob.

Les dimensions de mon échantillon sont celles de Desm. Toucasi Jacob (^), mais le texte dit que les tiancs sont régulièrement convexes, qu'ils se raccordfinl tant avec la paroi de l'ombilic qu'avec la région venlrale par une courbe continue et que, dans le jeune âge, le tour s'épaissit et s'arrondit ; malheureusement les figures sont médiocres et il n'y a pas de vue de face. En somme, notre ammonite ne paraît pas pouvoir trouver place dans cette espèce, tandis qu'elle possède certains caractères de Desm, Zurcheri, Elle a cependant des tours plus hauts et, en même temps, plus épais, bien que la forme de la section et celle de l'ombilic paraissent les mêmes ; on remarque, en effet, que, si la paroi de l'ombilic est verticale à son pied, elle se raccorde dans le haut par une courbe douce avec les flancs, lesquels sont à peine bombés et convergent légèrement vers la région ventrale (un peu plus que dans le type). On devine des côtes falciformes et on distingue quelques bourrelets au pourtour, sur la seconde moitié du dernier tour. La cloison donnée par Jacob est très incomplète, mais paraît s'accorder dans les grands traits avec celle de notre échantillon. On constate, en particulier, que le premier lobe est symétrique, ce qui est un des caractères du sous-genre Vhligella.

Gisement. — Un seul échantillon (coll. Aubert) du Dj. Telia (Oust), où il était associé à Douv. cf. Bigoureti ; il devait donc se trouver à la limite de TAptien et de TAlbien.

Genre PUZOSIA Bayle

Dans son Atlas paléontologique, Bayle (*) a appliqué le terme générique de Puzosia à YAmm. lalidorsalas Micii., à YAmm Mayorianus d'Orb. et à VAmm. planalatas Sow., qui étaient généralement attribués à Desmoceras; quoique l'espèce citée la première soit Paz. latidorsala, il résulte d'une communication de Douvillé (*) que le type du genre est YAmm. planalaias. Cette ammonite et les satellites qui l'accompagnent ont des caractères très tranchés, tant au point de vue extérieur qu'à celui de la cloison. L'adoption de ce genre s'impose donc.

Les Pazosia au sens strict ont des tours peu embrassants, arrondis au pourtour, parfois assez renflés, d'autres fois très plats, marqués de bourrelets sur le test (ce qui se traduit par des sillons sur le moule interne), ainsi que de côtes qui courent parallèlement aux bourrelets sur la partie externe des flancs et sur la région ventrale. Certaines de ces ammonites, comme Amm. planulatas, ont un ombilic très

(i) Jacob: Ciansaycs, p. /lo5, PI. XII, fig. i-5.

(a) Batle: Explic. carte f?éol. Fr, vol. IV, Allas. PI. XLV, fipr. 3-5, G-8 ; XLVI, i.

(3) Douvillé : B. S. G. F., f3', vol. Vli, iH;^,, p. 91.

large et peu profond. Au point de vue de la cloison, les caractères les plus importants sont : la symétrie du premier lobe latéral, qui dépasse à peine le lobe siphonal, la décroissance très rapide des éléments à partir de la deuxième selle et l'obliquité (vers l'extérieur) des lobes auxilaires, réalisant ce qu'on appelle un lobe suturai ou suspensif. Les selles sont élevées, larges à leur partie supérieure, mais très rétrécies à la base ; elles sont divisées par un profond lobule. La deuxième selle dépasse généralement la» première.

Bayle comprenait dans son genre Puzosia VAmm. latidorsatus Mich. Or, Jacob (^) a fait observer, avec juste raison, que cette ammonite était le type d'un petit groupe très bien caractérisé, auquel il a donné le nom de Latldorsella. Nous ne saurions mieux faire que d'adopter cette coupure, à Tintérieur du genre Puzosia, Les ammonites de ce groupe ont un ombilic petit, des tours renflés, une région ventrale large, des sillons onduleux, parfois peu marqués. La cloison rappelle celle des Puzosia par la symétrie du premier lobe, lequel dépasse à peine le lobe sipbonal; par contre, les éléments décroissent assez régulièrement et sont peu obliques ; il n*y a donc pas de lobe suspensif bien individualisé.

Cette cloison est intermédiaire entre celle de Puzosia s. st. et celle de certains Desmoeeras ; on pourrait faire une remarque analogue au point de vue de la forme extérieure. Aussi commencerai-je par ce sous-genre LaiidorseUa^ dont la Tunisie a fourni un certain nombre de représentants bien caractérisés : Paz, latidorsata, diphylloides, Snamensis, militis.

Faut-il rattacher à ce sous-genre le groupe de Paz. Emerici Raspail ? C'est douteux ; la forme générale et la cloison rappellent autant les Puzosia s. st. (premier lobe symétrique ; deuxième, selle surpassant la première, mais éléments auxiliaires peu obliques). Ce petit groupe est représenté dans mes matériaux par deux espèces : Puz, Melchioris et Puz. Paronœ.

Parmi les véritables Puzosia, il y a également à distinguer plusieurs groupes assez tranchés. Nous trouvons d'abord des formes à large région ventrale pas ou peu costulée, rappelant les La^/(/or5e//a, mais* se reliant à d'autres ammonites qui sont incontestablement des Puzosia s. st. On a ainsi la série : Puz. GeiaUna, Angladei, Mayoriana, planuiata^ Austeni, à laquelle il faut peut-être ajouter Puz, Gaudama et leonis, A Puz, Getulina se rattache une espèce remarquable par l'exagération de l'épaisseur et la réduction totale des flancs : Puz. Chirichensis, Inversement, Puz, Angladei est accompagné d'une variété mince, parfois difficile à distinguer extérieurement d'une autre espèce, Puz. Ibrahim, qui a une cloison assez spéciale, à éléments courts et larges ; à première vue, on dirait un Silesiies, n'était que le lobe extérieur s'incline légèrement vers l'extérieur et non pas vers l'ombilic. Toutefois, les lobes auxiliaires peuvent être presque droits et il est alors singulièrement difficile de dire si on a affaire à Puzosia Ibrahim ou à un Silesites voisin de SU, impare-coslalus. C'est à tel point qu'on peut se demander si certains Puzosia ne dérivent pas des Silesites, lesquels peuvent être parfaitement lisses.

(1) Jacob : Kl. partir; inoy. l. crût., p. 76,

l4o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TU.NISIENNE

Eiifin une ammonite, Paz. thos, qui constitué un dernier groupe, est remarquable par sa ressemblance extérieure avec Silesites vulpes, mais la cloison est une cloison typique de Puzosia.

Le genre Puzosia, connu depuis le Ncocomien, persiste en Tunisie jusque dans le Maëstrichtien ; les ammonites les plus récentes que j*aie trouvées appartiennent à ce genre.

Page 1