‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 30 sur 84 · IV. Var. Farnitana · texte numérisé non relu

IV. Var. Farnitana

Puzosia Mayorlana d'Orbignt

PI. VI, fig. aa a-6, aO a-6, 37, 38 a-6, 39 a-6, 3o a-c

1840. Àmm. Mayorianm d'Orbigny : PaL (r., p. 267, PI. LXXIX.

1853. Amm. planulatus Sharpe (partim) : Foss. Moll. Chalk, p. 29, PI. XII, fig. 4 (seulement).

1853. Amm. octosulcatus Sharpe : Ibid., p. 42, PI. XIX, fig. 3.

1878. Puzosia Mayori Bayle : Explic. carie géol. Fr., vol. IV, Atlas, PJ. XLV, flg. 6-8.

1903. PuzoHa Mayoriana et formes afliaes Pervinquière : Et. géol. ïun. cent., p. 71, 72.

Diamètre

Hauteur du dernier tour.

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de Tombilic

I et II. Éch. PI. VI. flg. a5, 36. — III. Vi

PI. VI, ngr. 37.

En créant cette espèce, d'Orbigny avait en vue une ammonite fréquente dans le Gault du Midi de la France, quMI assimilait à VAmm. planulatus Sow., dont le nom devait être changé pour cause de double emploi. En réalité, les deux espèces, quoique très voisines, sont sans doute différentes : ÏAmm. planulatus a toujours des tours plus plats et plus élevés, un ombilic plus large, à paroi moins rapide, une cloison plus découpée, dont le premier lobe est très fortement dissymétrique, par suite du grand développement de la branche externe, ce qui le rend presque bifide, du moins en apparence.

Admettons donc la distinction des deux espèces ; même dans ce cas, nous aurons à constater dans VAmm, Mayorianus des variations qui porteront sur l'épaisseur des tours et sur le nombre des sillons. Ainsi, la fig. 26, PI. VI ne montre que quatre sillons sur le dernier tour, tandis que les fig. 29, 3o, PI. VI en portent sept ; quelques individus en ont huit, d'autres, six. L'inconstance de ce nombre, jointe à la constance de la ligne suturale, empêche de voir là un caractère spécifique. Or, Sharpe a précisément créé une espèce d'ammonite, Amm. octosulcatus, qui ne diffère de VAmm, Mayorianus que par le nombre plus considérable des sillons. Sharpe ajoute à cela Tétroitesse de l'ombilic, mais là encore la différence n'est pas bien grande et à ce point de vue j'observe également quelques variations sur mes matériaux. Si on considère maintenant que le type d'>lmm. octosulcatus provient de la Craie grise de Ventnor, c'est-à-dire du Cénomanien, on sera sans doute porté à ne voir dans cette ammonite qu'une variété d*Amm. Mayorianus (^). Parmi mes ammonites vraconniennes du Nord de la Tunisie, cette variété à sillons nombreux est la plus fréquente.

(i) J*ajoute que Puzosia crebrisulcata Kossmat (loc* cit., p. 181, PI. XXIII, fig. h a-b ; XXIV, s) est encore bien peu dlfTércnt do l'ammonite qui nous occupe, quoique Tombilic soit plus large. On pourrait dire que Paz. crebrisulcata occupe, par rapport à Paz. subplanulatay la même position que Pus. octosulcata par rapport à Paz. Mayoriana. Toutefois, la cloison de Puz. crebrisulcata est celle do Paz. Mayoriana et non celle de Puz, subplanulata.

L'allure des sillons est assez constante; on en voit cependant quelques-uns qui sont moins flexueux, et qui forment un chevron moins aigu sur la région siphonale. Au contraire, la force des sillons est des plus variables ; on passe sans disconti^ nuité d'un type à sillons profonds à un autre, où les sillons sont peu marqués, et enfin à un troisième, où les sillons sont à peine sensibles. Les échantillons qui sont dans ce dernier cas ont en général des tours un peu plus ^levés et un peu plus plats, mais Tombilic ne s'élargit pas (il se resserre au contraire ; n' III des mesures), ce qui empêche d'attribuer ces exemplaires à Paz. subplanulata. Nous appliquerons à cette variété le nom de Furnitana {PI. VI, fig. 27. 28), car ses représentants ont été trouvés au Guern er Rhezal, en face de la belle ruine à laquelle une inscription attribue le nom d*Oppidam Farnitanuni.

Inversement, d'autres exemplaires sont plus renflés et ont des tours plus bas. C'est à une telle variété que Parona et Bonarelli ont donné le nom de Desmoceras Queristedti (^) ; dans ce cas, les sillons dessinent sur la région siphonale un chevron moins aigu. Cette variété n*est pas représentée parmi nos matériaux.

Les modifications dues à l'âge ne sont pas très considérables. Le petit exemplaire de 6 mm. que je figure (PI. VI, fig. 25 ; mesures nM) a déjà des caractères reconnaissables ; les tours sont seulement un peu plus arrondis (lytocératiformes) ; mais cela se rencontre également chez certains adultes. On commence à percevoir les sillons dès le diamètre de 4-5 mm. ; cependant ils sont si faibles que la photographie n'a pu les rendre.

La cloison est très constante et s'accorde dans ses traits principaux avec celle donnée par d'Orbigny ; seulement, comme cette dernière a été prise sur un grand échantillon, il m'a paru utile de figurer des stades antérieurs. La fig. 62 montre la cloison au rayon de 3 mm. seulement. On voit qu'à ce moment les deux premières selles sont assez régulièrement trifides. 11 en est de même pour les deux premiers lobes ; le premier latéral présente la même longueur que le lobe siphonal ; le troisième lobe, à peine développé, est déjà très oblique.

A un rayon de 8 mm. (fig. 63), la cloison est déjà beaucoup plus découpée; en outre, l'un des lobules intéressant les selles s'est accru beaucoup plus que l'autre, de sorte que ces selles sont presque bifides. En somme, tous les caractères principaux sont déjà indiqués. On remarquera la forme à peu près symétrique du premier lobe et des suivants.

Le lobe siphonal est notablement plus court que le premier latéral, tout comme dains

Fie. 61. — Puz. Mayoriana X 8 (éch. PL VI, fig. 25; r = 3)

Fio. 63.

Pus. UayoHana X 8 (èch. PI. VI, flg. 26 î r = 8).

(i) Paroîia cl Bo?fAREi.Li : Foss. Albiani, p. ac), PI. II, fi^. 3 a-b.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SEGOUDAIRES l5^

VA mm. planulatus ; il n'y a donc pas là un caractère de nature à permettre la distinction des deux espèces, comme le voulait Kossmat. Dans la cloison, le seul caractère distinctif gît dans la forme du premier lobe. En outre, d'après le dessin de KossMAT, les selles d*Amm. planulatus décroîtraient assez régulièrement ; ici, au contraire, les deux premières selles sont sensiblement de même hauteur, mais ensuite il y a une chute brusque.

Gisements. — Deux ou trois exemplaires de la forme typique, sept à huit de la variété oetosulcaia, quatre à cinq de la variété Farnitana et trois à quatre douteux. Vràconnien du Guern er Rhezal et du Nord du bou Tis.

Puzosia subplanulata SghlCter

1827. imm. planulatus Sowerby : Mm. Conch.. vol. VI, p. 136, PI. CLXX. fig. 5.

1853. Id. Sharpk: Foss. MoU. Cbalk, p. 2% PI. XII, fig. 3 (seulement).

1872. Amm. subplanulatus SchlOter : Ceph. ob. d. Kreide, p. 4, PI. II, fig. 5-7.

1878. Puzosia planulata Bayle: Explic. carte géol. France, vol. IV, Atlas, PI. XLVl, fig. 1.

18d8. Id. Kossmat : Sûdind. Kreidef., p. 177, PI. XXII, fig. 4, 5 a-b; XXIV, 1 ab.

1903. Id. PERyiNQCiÈRB : Et. géol. Tud. cent., p. 74.

Le nom d*Amm. planulatus ayant déjà été employé par Sghlotheim, d'Orbigny lui a substitué celui d'Amm. Mayorianus ; toutefois, il n'est pas évident que Tammonite du Midi de la France, décrite par notre grand paléontologiste, soit identique à l'espèce anglaise (^). Par contre, celle-ci ne paraît différer de la forme allemande, décrite par SchlOter, que par une ornementation un peu moins vigoureuse ; cette ornemen-* tation est de même type dans les deux cas et la forme est exactement la même. On doit donc, à mon avis, employer le nom de Sghlûter pour la forme plate à large ombilic.

Une demi-ammonite ferrugineuse du Cénomanien du K^ el Hamra présente pré- «cisément ces caractères ; néanmoins la détermination demeure très douteuse, étant donné l'état incomplet de l'échantillon et la mauvaise conservation de la cloison.

Puzosia indét.

PI. VI, fig. 3i a-6, 32 a-h

Diamètre 7 (1)

Hauteur du dernier tour 3 (0,43)

Épaisseur du dernier tour 2,5 (0,36)

Largeur de l'ombilic 2,4 (0,34)

A Puzosia Mayoriana se trouve associée une autre espèce très intéressante, qu'il me paraît opportun de figurer, car je la crois nouvelle. Comme on le voit par les mesures ci-dessus, les proportions ne sont pas très différentes de celles de Puz. Maya-

(i) Voir plus haut, p. iS;.

i6q études de paléontologie tunisienne

riana, mais les sillons ont une autre allure. Ces sillons sont rectilignes et disposés radialement ; ils traversent la région ventrale sans inflexion. On constate de plus qu'ils disparaissent de très bonne heure ; on en voit trois, très nets, sur la première moitié du dernier tour : le quatrième, déjà atténué, se trouve juste à la limite des deux moitiés, tandis que la seconde moitié est complètement lisse.

La cloison (fîg'. 64) permet également de distinguer cette ammonite de Paz,

Mayoriana, car elle est beaucoup plus découpée, bien que Téchantillon soit beaucoup plus petit que celui sur lequel -a été pris le dessin de la fig. 63.

Cette complication de la cloison ferait songer à Paz.

subplanuJàta; cependant le

Fio. 64. - Puzosia indél. X W (éch. PI. VI, flg. 31 ; r = 3.6). • ^ * » i

rapprochement ne serait pas justifié, car les lobes sont divisés autrement. Dans Paz. subplanulaia, la branche externe (plus développée) du premier lobe se détache du tronc plus haut que la branche interne ; ici, c'est le contraire. On remarquera la très grande obliquité des éléments suivant le deuxième lobe {lobe suspensif).

On ne peut manquer d'observer la ressemblance de cette ammonite avec PhylL laie-umhilicaium (p. 6o) ; on notera cependant que les sillons sont moins nombreux et qu'ils sont dirigés radialement, au lieu d'être obliques en avant. De plus, la cloison de l'espèce qui nous occupe est plus découpée que celle du Phylloceras (même à taille plus faible) et ne présente pas de terminaisons si nettement phylloïdiennes, bien que celles-ci soient un peu élargies.

Ces caractères, tant extérieurs que suturaux, séparent immédiatement cette espèce de toutes celles qui ont été décrites et figurées. Je n'ose cependant lui donner un nom, car je n'ai qu'un très jeune exemplaire et il ne serait pas impossible qu'il représentât le stade infantile et inconnu de quelque espèce déjà nommée.

Gisement. — Un seul exemplaire provenant du Vraconnien du Guern er Rhezal.

Puzosia AustenlP Sharpe

1853. Amm. Austeni Sharpe : Foss. MoU. Chalk, p. 28, PI. XII, fig. 1 et 2.

Une ammonite d'assez grande taille (i5o mm.), malheureusement en très mauvais état, montre des traces de côtes et rappelle un peu Paz. Austeni, bien que l'ombilic soit plus serré. Elle se rapproche aussi de l'ammonite figurée par Fritsch (^) sous ce même nom, et à laquelle de Grossouvre a appliqué le nom

(i) Fritsch : Ceph. bôhm. Kroidc, p. 36, PI. VI, fig. i-a.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECO^ÎDAIRES ï6l

de Paz, Laubei(*); toutefois, notre échantillon n'a pas le bord de l'ombilic arrondi comme dans cette dernière espèce.

Gisement. — Un exemplaire provenant du Turonien du Draa cl Minad. Puzosia Gaudama Forbes

PI. VI, fip. 33 ab, 34 a-b

1845. Arum. Gaudama Forbes : Foss. Invert. S. India, p. 113. PI. X, fig. Sab.

1898. Puzosia Gaudama Kossmat : Sùdind. Kreidef., p. 180, PI. XXII, fig. 2a-&, 3; XXIII, 3 ac

1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tiin. cent., p. 138.

1906. /d. Boule, Lemoine etTHÉvENLv : Céph. Diégo-Suarez, p. ^0, PI. IV, i\g. 4-6.

Diamètre 14,5 (1)

Hauteur du dernier tour 7,25 (0,50>-

Épaisseur du dernier tour 5 (0,34)

Largeur de l'ombilic 4 (0,27)

L*ammonite que je rapporte à Puzosia Gaudama ne paraît guère, au premier abord, offrir les caractères de cette espèce ; cependant il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un individu très jeune. Or, les dimensions ci-dessus s'accordent d'autant mieux avec celles fournies par Kossmat que, d'après cet auteur, les tours ont une section élevée dans le jeune âge. Les flancs sont légèrement bombés ; la région ventrale est arrondie ; l'ombilic est médiocrement ouvert, les tours se recouvrant presque à moitié. Boule, Lemoine et Thévenin disent que u les bords de l'ombilic sont très abrupts w ; cela peut être vrai pour les spécimens de Madagascar, mais ce n'est pas un caractère général, car les figures de Kossmat, aussi bien que celle de Forbes, montrent que le bord de l'ombilic est arrondi et que, seule, la partie inférieure de la paroi est verticale; notre petit exemplaire offre, exactement la même disposition. En éclairant convenablement celui-ci, on aperçoit cinq sillons à peine indiqués, simplement incurvés en avant. La seule différence par rapport à Paz. Gaudama est donc l'absence de côtes, ce qui n'a rien de surprenant, vu la petitesse de notre exemplaire.

La cloison de celui-ci (fig.

65) (*) s'accorde très bien avec

le dessin de Kossmat (PL XXII,

fig. 3). On remarquera la grande \ CK*^

longueur du premier lobe par rap- ^

port au lobe siphonal et Tasymé-

♦,.:^ A^ ^^ w.«-»«,;«« i^u^ 1 * 1 F'O- 65. - Puz. Gaudamu X 8 (ècli. PI. VI, flg. 33 ; r = 9).

trie de ce premier lobe, dont la

branche externe se détache du tronc bien plus haut que l'interne ; la même disposition

se retrouve, quoique moins accentuée, sur le deuxième . lobe. A partir de celui-ci, la

(i) De Gro9SOUyre: Rech. Craie supérieure, p. 66a.

(a) La différence de hauteur entre la première et la deuxième scUe est un peu exagérée sur ce dessin.

l6a ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

décroissance des éléments est très brusque et leur obliquité, très forte (lobe suspensif bien caractérisé).

Rapports et différences. — Puzosia Gaudama se distingue de Puz. planulaia Sow. par des tours plus élevés et plus étroits, ainsi que par la forme des sillons, qui sont simplement incurvés en avant, au lieu d'être flexueux, et qui se raccordent sur la région ventrale par une courbe, au lieu d'y dessiner un angle. ,Ce8 mêmes caractères serviront à distinguer cette espèce de Puz. Indo-pacifica Kossmat (^), où côtes et sillons montrent un brusque changement de direction au milieu des flancs.

Je ne discuterai pas ici l'identité de Puzosia Gaudama ,et de Puz, Hernensis ScHLûTER (= P. Mûlleri de Grossouvre), renvoyant pour cela à l'ouvrage . de

KoSSMAT (*).

Une autre espèce voisine est Puz. Corbarica de Grossouvre (*), qui présente presque la même forme que Puz. Gaudama, mais qui s*en distingue, à Tétat adulte, par la présence de quelques fortes côtes principales, séparées par de nombreuses côtes intercalaires.

Gisement. — Un exemplaire et un fragment provenant du Dj. Selbia, niveau à ammonites. Santonien supérieur.

Le type vient de Tlnde, où il habite les couches supérieures du groupe de Trichinopoly. La même espèce a été retrouvée à Madagascar, et il existe des formes au moins très voisines en Europe, soit au même niveau, soit un peu plus bas. De Grossouvre cite Puz. aflT. Gaudama dans les Corbières,

Puzosia leonls Pervinquiere 1907

PI. VI, fig. 35 a-6, 36 a-c

1903. PuMOsia gr. de Puz. planulata Pervinquièrk : Et. géol. Tun. cent., p. 138.

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