II. — PUZOSIA sensu stricto
Puzosia Oetulina Coquand
PI. Vl, fip. 16 a-c
1880. Amm, (?f(uUnt46* Coquand : Et. suppl., p. 18. (Photo. Heinz, PI. I) 1890. Desmoceras Geiulinum Sayn : Dj. Ouacb, p. 44.
Diamètre 14 (1)
Hauteur du dernier tour. 6,3 (0,43)
Épaisseur du dernier tour •) (0,G4)
Largeur de rombilic 4,5 (0,32)
Éch. PI. VI, fig. 16.
Coquille globuleuse,- à tours très embrassants (3/4) ; région ventrale très large et arrondie, mal délimitée des flancs, lesquels sont réduits. Ombilic profond, à bord arrondi, mais à paroi presque verticale. Bouche en croissant, bien plus large que haute. Flancs portant cinq sillons presque droits dans la jeunesse, un peu flexueux dans Tadulte, traversant la région ventrale. Dans cette région, chaque sillon est bordé en arrière par un léger bourrelet, suivi lui-même d'une dépression très peu accusée.
Cloison (fig. 58) rappelant un peu celle de Paz. laiidorsaia, mais à éléments plus larges et moins découpés. Par suite de la forte courbure des flancs, les lobes auxiliaires sont entièrement dans Tombilic. Au total, cette cloison se rapproche encore davantage de celle de Pur. AngladeL
Mes exemplaires répondent bien à la des- fio. 58. — Vu%. ceiulina x 6,8 (éeh. pi. vi cription de Coquand et à la photographie de g. , r = ,0).
Heinz. Comme celle-ci n'a été tirée qu'à un faible nombre d'exemplaires, je crois utile de faire figurer cette intéressante espèce.
Rapi>ort8 et différences. — Par sa forme globuleuse, cette ammonite se distinguera facilement de toutes les autres, sauf peut-être de Puz, Chirichensis, dont je donnerai plus loin les caractères différentiels, et d'yimm. Jugw^lha Coq. ('). Il est même possible que cette dernière espèce soit identique à Paz, Geiulina, d'autant qu'elle appartient bien à TAptien, ainsi que Coquand l'avait d'abord pensé («). S'il en est ainsi, le nom de Puz, Getulina devra disparaître, mais je n'ose proposer cette réunion, car je n'ai pu retrouver le type de Coquand.
Par sa forme globuleuse, son très large ventre et même ses cloisons, Puz.
(i) Coquakd: Notice sur richesses pal. Const., p. 63o, PI. XIII, fig. ia-i3 ; Géol. Pal. S. Consk., p. 170. PI. I. fig. ai-22.
(2) Voir (l*autrc pari la note à propos d'Amm. (Hoplites) Reboudi Coq.
ibd' ÉTtDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
GetuUna rappelle un peu Paz, latidorsata, et on peut se demander s'il n'y aurait pas lieu de la ranger (ainsi que la suivante) dans le sousgenre Lalidorsella ; cependant les analogies me semblent encore plus grandes avec Puz, Angiadei, qui a presque identiquement la môme cloison ; aussi me paraît-il préférable de laisser VAmm, Getulinus, à côté de cette dernière espèce, parmi les Puzosia s. st.
Gisements. — Deux exemplaires (coll. Aubert) du bou Kournin (premier ravin à partir de Hammam Lif), probablement Aptien, et du Regoubat el Mabjbia, près de Teboursouk (coll. Gouuguechon) ; Aptien.
Le type provient de Sidi-Mcid, près de Constantine ; l'espèce a été également trouvée îiu Dj. Ouach.
Puzosia Chirichensis Pervinquière 1907
PI. VI, np. 17, 18 fl-c, 19, 20 a-c
lu
Hauteur du dernier tour 2 (0,S0)
Épaisseur du dernier tour 3,2 (0,78)
Largeur de Torabilic 2 (0,50)
I, II. Éch. PI. VI, fig. 17 et 19.
Coquille globuleuse, à tours bas et très larges, en croissant. Région ventrale largement arrondie et très développée, de telle sorte que les flancs sont réduits à rien. Ombilic assez large, limité de la région ventrale par une arête mousse, à partir de laquelle les parois plongent d'abord en entonnoir, puis presque verticalement. Tours marqués de 5 sillons droits, en arrière desquels se voit un très léger bourrelet, s'étendanl d'un ombilic à l'autre.
Je rapporte à cette même espèce une très petite ammonite (PI. VI, fig. 17, 18), présentant les mêmes caractères, sauf que l'ombilic a des parois un peu plus rapides. Fait remarquable, cet individu de 4 mm. possède une bonne partie de sa loge d'habitation (1/2 tour), tandis que l'autre échantillon est cloisonné jusqu'au bout.
Fio. 59. - Pu*. Chirichensis X 20 (éch. V\. VI. fig. 17 ; r = 1,5).
Je reproduis ci-contre (fig. 69) les cloisons du petit exemplaire ; on voit que ce sont bien des cloisons de Puzosia, Ije deuxième lobe se trouve presque au bord ombilical. Les cloisons de l'autre exemplaire sont im peu difiiciles à suivre ; on reconnaît, néanmoins, qu'elles ont les mômes caractères généraux que les précédentes, tout en étant naturellement plus découpées. Ainsi, la partie externe des selles, qui est plus large que l'interne dans le petit exemplaire, est ici subdivisée par un petit
céPHALOPODES DES TERRAINS SECONDA IRES l53
lobule. Le lobe siphonal, relativement moins large, est légèrement dépassé par le premier lobe latéral.
Rapports et différences. — Il est une ammonite dont la description s'appliquerait très bien à notre espèce: c'est Amm, Juguriha Coq. (^), et J'avais pensé lui attribuer ce nom. Toutefois, il y a à cela plusieurs difficultés. Les trois figures de Côquand, x qui sont dues à des dessinateurs difl'érents et ne paraissent pas être simplement des copies les unes des autres (sauf peut-être les deux dernières), montrent un accroissement tout à fait singulier; l'épaisseur des tours double entre le début et la fin du dernier tour, de sorte que la coquille acquiert un aspect très spécial. On ne voit rien de tel sur nos exemplaires. La forme de l'ombilic paraît un peu différente ; il en est de même pour sa largeur, qui est moindre dans l'espèce de CoQUAND. Cet auteur a d'abord indiqué Amm, Juguriha comme provenant de l'Aptien d'Ain Zaïrin, localité douteuse, situéa au S-E de Constantine ; plus tard, dans ses Études supplémentaires (page 37, note), il a placé cette ammonite et diverses autres dans le Néocomien ; je ne discuterai pas cette nouvelle attribution et je me bornerai à une remarque : que deviennent alors les autres espèces nettement aptiennes, que Coquand cite avec Amm. Jugurtha'? Au surplus, Amm. Rebondi Coq. est bien proche d*Amm, crassicosiaias et aussi d'Amm. Gargasensis, comme j'ai pu m'en assurer en examinant la photographie du type de Coquand. Malheureusement, j'ai été moins favorisé pour VAmm, Jugurtha, dont il a été impossible de retrouver le type. Dans ces conditions, étant donnée l'obscurité qui règne autour de cette espèce, les différences déjà notables et, enfin, l'écart entre les niveaux géologiques, j'ai pensé préférable de donner un nouveau nom à mes ammonites.
Je ne vois qu'une autre espèce susceptible d'être confondue avec Paz, Chirichensis, c'est Puz. Getulina Coq. (voir p. i5i). Toutefois cette dernière espèce a une section moins surbaissée et une région ventrale moins développée ; elle possède des flancs étroits, mais distincts ; les parois de l'ombilic ne sont pas si nettement en entonnoir ; enfin les sillons sont un peu incurvés et non rigides comme dans Qotre espèce.
Je dois noter encore l'extrême ressemblance de Puz. Chirichensis et de l'ammonite qui a été figurée par Whiteaves {*) comme voisine d'Amm. simplus d'Orb. Je ne serais pas surpris que ce fût l'espèce qui nous occupe.
Gisements. — Deux échantillons (coll. Flick), du Dj. Chirich et de bcn Bezina, près Mateur. Le premier de ces gisements appartient au Vraconnien et il en est sans doute de même du second, d'après un certain nombre de fossiles de la collection Flick.
|i) Coquaiid: Notice sur les richesses pal. de la Prov. de Constantine, p. ^i3o, PI. XIII, fipr- i2-i3. La description et les fi^iros sont reproduites sans grandes modifications dans les deux autres ouvrages de Ck>QUAifD : Descr. géol. Prov. Constantine, p. 1^2, PI. 111, lîg. i2-i3 et G<5ol. Pal. S. Constantine,
p. 170, PI. I, fig. 2 1-23.
(a) Whiteaves : Mcsozoic fossils. I. Invert. Queen Charlotte Islands, p. 47, PI. ITI, flg. 4.
l54 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
Puzosia Ibrahim Coquand
PI. VT, fig. a3 a-b
1880. Àmm. Ibrahim Coquand: El. suppl., p. 16.
1890. ? Desmoceras^a. Nabdalsa Sayn : Dj. Ouach, p. 43, PI. II, fig. 12 a-b.
Diamètre
Hauteur du dernier tour. .
Épaisseur du dernier tour.
Largeur de Tombilic
I. Type de Coquaitd. — II. Éch. PI. VI, fig. a3. — III. Éch. renflé du Dj. Telia.
u Coquille suborbiculaire, arrondie à son pourtour, lisse, creusée pat tours de six sillons profonds, presque droits; spire composée de tours subcylindrîques, apparents dans Tombilic sur la moitié de leur largeur. Bouche déprimée, arrondie en avant, échancrée en arrière par le retour de la spire. »
Quelques ammonites de la collection Aubert répondent très bien à cette définition de Coquand et s'accordent également avec l'un des échantillons types, dont nous avons en main la photographie. Celle-ci laisse voir les cloisons et permet de constater leur similitude avec celles de nos exemplaires. Je reproduis ci-contre Tune de ces cloisons (fig. 6o). On remarquera combien eUe est peu découpée ; c'est presque une
cloison de Silesiies, et, de fait, j'ai hésité à ranger ces ammonites dans ce dernier genre. Toutefois, les lobes auxiliaires sont légèrement inclinés vers le côté siphonal, tandis que dans les Silesites ils sont constamment
Fi6. eo. - Pux, Ibrahim y 6,8 (éch. PI. VI, fig. 23; inclinés vers l'ombilic. D'autre part, nos r = 7 5).
échantillons ne montrent pas de côtes, ce
qui ne parait pas être le fait de l'usure. En tout cas, cette cloison exclut tout rapprochement avec Lytoceras Davali, contrairement à ce qu'avait pensé S\\n (').
Nos exemplaires sont un peu variables sous le rapport de l'épaisseur et ont un ombilic quelque peu plus large que- celui du type. Pour compléter la description de Coquand, j'ajouterai que le bord de l'ombilic est arrondi et que les sillons s'infléchissent en avant, près du pourtour, de façon à former chevron sur la région ventrale. Ce caractère est un peu plus marqué dans nos exemplaires que dans le type.
Rapports et dififérences. — Par sa forme extérieure, cette ammonite est très voisine de Paz, Emerici, et c'est même sous ce nom que Coqiam) ravait dtsignéo primitivement. Toutefois, cet auteur fait observer que les sillons sont moins nom-
(i) Satw : Dj. Ouach, p. i5, PI. I, fig. 5-6. Notre attribution {çéncriquc (?st ('<,raicni<Mil vr.ii<' pour Ic^ échantillons de Duvivier, qui doivent être considérés comme les types; mais la cnll»<ti.m Cm.l wn rni ferme également, sous le nom d*Amm. Ibrahim, une ammonite d'Aïn Zaïrin, (nii |)oile dr Uik- . ùi* v im ui -^
vées et paraît être Silesites Seranonis ou une espèce très voisine. 5
CÉPHALOPODES DES TBRRAIIfS SECONDAIRES l55
breux et moins flexueux. Ce caractère ne serait sans doute pas suffisant pour motiver la séparation, mais la cloison est assez difîérente : beaucoup plus simple dans Paz. Ibrahim et possédant i-a éléments de moins. Ce môme caractère permettra la distinction d'avec Paz. Melchioris Tietze et même Paz, Nabdalsa Coq. ; au surplus, ces deux dernières espèces sont plus minces et ont une section plus élevée. Par contre, l'ammonite figurée par Satn sous le nom de Desmoceras aff. Nabdalsa a bien la forme de nos exemplaires et serait peut-être à rapprocher de Puz. Ibrahim, si la cloison le permet.
Puz. Ibrahim paraît avoir de grandes relations avec Paz. Angladei, et peutêtre ne sont-ce que deux variétés d'une même espèce, d'autant que quelques petites ammonites du Ressas possèdent des côtes très faibles et pourraient presque aussi bien être rapportées à lune qu'à l'autre. Toutefois, Puz, Ibrahim a des tours lisses, moins épais, à section presque circulaire, des sillons moins nombreux et presque droits. La cloison est presque la même, sauf que Puz. Angladei a un troisième lobe plus long et plus oblique. Dans certains cas, il est presque impossible de dire si tel échantillon doit être attribué à l'une ou à l'autre espèce.
Amm. Mayorianus d'Orb. a aussi ilne grande ressemblance avec l'ammonite qui nous occupe, mais la cloison est assez notablement différente : les lobes auxiliaires sont beaucoup plus obliques vers l'extérieur. En outre, les sillons dessinent généralement un angle plus aigu sur la région ventrale.
Enfin, Amm. impare-costatus Coq. (^) a très sensiblement la même forme que Puz. Ibrahim ; par contre, les sillons sont moins nombreux et plus arqués ; de plus, la cloison est comme en avance du côté de l'ombilic, ce qui est un caractère de Silesiies.
Gisements. — Cinq exemplaires (coll. Aubert) du Dj. Telia et d'un point situé entre Béjà-gare et l'Oued Zerga, au-dessus du Trias. Quatre autres plus douteux (coll. Sorbonne) du J)j. Ressas. Barrémien supérieur ou plutôt Âptien. Le type provient de Duvivier (Algérie).
Fuzosia Angladei Sath
PI. Vf, Og. ai a-b, aa a-e
1890. Desmoceras Angladei Sayn : Dj. Ouach, p. 43, PI. Il, flg. 13 a-r.
I II
Diamètre 23 (1) * 17,5 (1)
Hauteur du dernier tour 9 (0,39) 7,5 (0,43)
Épaisseur du dernier tour 11 (0,48) 7,2 (0,41)
Urgeur de Tombilic 9,7 (0,43) 6,2 (0,35)
1. Êch. PI. VI. ftg. as. — II. Éch. PI. VI. Og. ai ; variété plate.
Coquille discoïdale, à tours convexes, un peu plus larges que hauts, médiocrement embrassants (i/a) ; région ventrale fortement bombée, se raccordant insensiblement avec les flancs ; ombilic peu profond, à paroi verticale, mais sans arête
(i) Goquaud : Et. siippl., p. 371 ; photo. Hbi?iz. PI. I.
l56 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
au pourtour. Flancs ornés de 6-8 sillons larges, flexueux, infléchis d*abord en avant, puis très légèrement erl arrière, et de nouveau en avant, bordés par une légère surélévation, surtout au bord antérieur ; les sillons des deux côtés se réunissent en décrivant uq sinus en avant. Intervalle des sillons occupé par de petites côtes, qui leur sont parallèles et traversent la région ventrale, mais qui n'atteignent pas Tombilic.
Cloisons (fig. 6i) à éléments larges et peu découpés, décroissant régulièrement.
Lobe siphonal sensiblement de même longueur que le premier latéral, dont les branches sont presque égales ; troisième lobe un peu oblique, mais beaucoup moins que ne le ferait croire la figure de Sayn, laquelle est d*aill6ur8
FiQ. 61. — Pux, Àngladei X 6.8 (éch. de Hammam Uf, très inexacte.
appartenant à la variété plate; d = 17, r = B). i ./ u *-ii • n m \n
L échantillon que je figure PI. VI, fig. 32 ne diflcre du type que par un ombilic un peu moins resserré et une région ventrale plus largement arrondie, mais j*ai observé la même chose sur des exemplaires du Dj. Ouach. Par certains individus moins épais, on passe à une forme notablement moins renflée (PI. Yl, fig. qi), dans laquelle les tours ont une section circulaire, mais où Torncmentation, le nombre et l'allure des sillons restent les mêmes ; il me paraît donc difiicile de les séparer du type.
Rapports et différences. — Sayn a déjà indiqué les différences entre Amm. Bêlas d'Orb., Amm. Matheroni d'Orb. et l'espèce qui nous occupe. Je dois faire remarquer combien la variété mince ressemble à Paz. Emerici Raspail ; cependant, dans cette dernière espèce, le dernier tour est relativement plus développé, les flancs sont presque plats, les sillons ont une autre allure (si la figure de la Paléontologie française est bien exacte) et enfin les côtes font défaut. Mais la ressemblance est encore plus grande entre les variétés minces de Paz. Angladei et Paz. Mayoriana^ à tel point qu'on est fondé à croire qu'ils dérivent l'un de l'autre; la forme et l'ornementation sont les mêmes et la cloison est tout à fait de même type. On remarquera cependant que les sillons sont moins nombreux dans Paz. Mayoriana (4-5 au lieu de 7-8) et que les lobes auxiliaires sont beaucoup plus obliques.
Gisements. — Quatre exemplaires (coll. Aubert), du bou Kournin (Hammam Lif) ; le plus grand était associé à Macrosc. Ficheari et Plychoceras cf. lœve. Deux exemplaires (coll. Sorbonne), du Dj. Ressas. Barrémien supérieur ou plutôt Aptien. Le type provient du Barrémien du Dj. Ouach. D'après Sayn, des formes très voisines existent dans l'Aptien de France.
I II III
Var. octosulcata. Éch. de Pont du Fahs.