‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 34 sur 84 · I. Êch. figuré PI. IX, fig · texte numérisé non relu

I. Êch. figuré PI. IX, fig

aao É ru DES de paléoîîtologie tunisienne

Au moment où mon Étude géologique a vu le jour, le travail de Solger n'avait pas paru, tandis que celui de von Kge.nen m'avait échappé ; aussi ai-je désigné sous le nom de Sphenodiscus quelques ammonites qui me paraissaient identiques à celle figurée par Peron, sous le nom de Sphenodiscus Requieni. Que ce ne fût point Tespèce de d'Orbigny, je n'en doutais pas, ainsi que je Tai indiqué à ce moment, mais je pensais néanmoins avoir affaire à un Sphenodiscus, Un nouvel examen m'a montré que ces ammonites avaient la région ventrale fortement tronquée dans le jeune âge et qu'elles devaient être rattachées au genre Hopliioides de voN Kocnen. Ce caractère n'est plus visible sur l'exemplaire figuré par Peron; aussi Solger n'avait-il pas osé conclure à l'identité des ammonites tunisiennes et de celles du Cameroun, bien que leur grande analogie ne lui eût point échappé. On peut même aller plus loin et assimiler nos ammonites à une espèce de l'Ouest africain : Hopiitoides ingens v. Koenen, si on accepte cette espèce dans le sens large admis par Solger ; je ne vois aucune difl'érence importante entre les deux et l'on retrouve de part et d'autre les mêmes variétés.

A vrai dire, les cloisons sont loin d'être semblables, mais celles-ci sont si peu stables dans ce groupe qu'on ne peut y attacher grande importance ; seul, le plan général est à retenir, et celui-ci est reproduit dans nos ammonites. Pour les détails, Ifr remarquable travail de Solger permet de constater qu'il y a, dans la même espèce, des diCTérences égales à celles qui séparent nos ammonites de celles du Cameroun. Au surplus, cet auteur a eu en mains des matériaux plus nombreux que les miens et dans un état de conservation malheureusement trop rare ; il a pu ainsi préciser tous les stades du développement. Je ne saurais donc mieux faire que de renvoyer à son étude, me bornant à résumer ici les caractères les plus importants.

Au début de son développement, la coquille possède des tours très épais, croissant ensuite plus rapidement en hauteur qu'en largeur, de sorte que la section est ovale ou elliptique. Quand le rayon atteint 5 mm. environ, on voit naître un méplat ventral, qui peut même se déprimer légèrement et qui persiste jusqu'à un rayon de 20 mm. environ (fig. 85). Ultérieurement, le méplat disparaît ; le bord devient mince et tranchant, mais peut finalement s'émousser ou même s'arrondir quelque peu. Sauf tout à fait au début, l'ombilic est très petit et les tours se recouvrent presque entièrement. Les flancs peuvent rester lisses, ou bien il apparaît autour de l'ombilic quelques gros tubercules mousses (8-9), se prolongeant par une vague ondulation : c'est le type que Solger appelle H. ingens nodifer. D'autres fois, ces tubercules font défaut et les flancs portent des côtes falciformes, au nombre

Fio. 83. — Section . . , rr . •

d'un jeune tiopli- d'une douzamc sur lui demi-tour ; c est le type //. ingens cos-

tngens. taUis. Plus tard, tous ces ornements s'affaiblissent et disparaissent.

L'un et l'autre type se rencontrent en Tunisie. Le type nodifer est représenté

par un fragment provenant du Dj. Sif, tandis que l'original de la fig. 9. PI. IX

CÉPHALOPODES DES TEUliAINS SECONDA lUES

npparlicnt au type costatus. On reconnaîtra que ce dernier diffère à peine de l'aminonile figurée par Peron, sous le nom de Sphen. Requieni ; il est seulement un peu plus épais, mais cela n*a pas d'importance, car un exemplaire d*A. el Kohol est, au contraire, plus mince que celui de Peuon et possède un bord absolument tranchant. Si on examine maintenant la fig. 9 6, Pi. IX, représentant une coupe du premier individu, on constatera que le dernier tour est aminci au pourtour, tandis que Tavant-dernier est tronqué par un méplat de 2-3 mm. Enfîn, la fig. 8, PI. IX représente le stade adulte, où les cotes sont à peine sensibles.

Les cloisons (fig. 86-89) sont extraordinai renient variables ; elles offrent cepen-

KbF^<

Fiu. 86. — Hopl. ingens costatus (ccfa. PI. IX, flg. 9; r = 38).

Eio. 87. — llopl. ingens coslatus (*rli. mince à bord Irancliaiit, d'A. el Kohol; i* = 45).

dont quelques caractères constants: c*est, d'abord, le très grand développement du premier lobe latéral, divisé en trois ou quatre branches, qui grimpent, en quelque sorte, vers la première selle et se fondent dans celle-ci. Chacune de ces branches porte seulement de faibles denticulations. Ce premier lobe est déjà situé en dehors de la projection de Tavant-dernier tour. Le deuxième lobe est, tout de suite, beaucoup plus réduit, tant en longueur qu'en largeur, et à peine différent des lobes suivants, au nombre de trois, en moyenne, mais ce nombre même est variable. La première selle est médiocrement développée, arrondie et généralement divisée en trois

FiQ. 88. — Hopl. ingens costatus (éch. PI. IX. fl^. 8, trè» légèrement usé ; loulefols, la simpllficalion n'est pas due seulement à l'usare ; r = 65).

\-^\lP^

Fio. 89. — Uopl, ingens nodifer (diaprés un fragment du Dj.

SIC; r=: 40).

parties par deux petits lobules. La deuxième selle est bilobée, chaque partie pouvant se denticulcr ; les selles suivantes sont également bilobées ou arrondies. On retrouvera aisément ces caractères sur les figures que je reproduis ici, ainsi que sur celle donnée par Peron pour son Sphen. nequieni ; on verra, en môme temps, combien les cloisons varient dans le détail. Pour ce qui est du grand exemplaire (fig. 88), la première branche du premier lobe est très réduite et comme adjointe à Ma selle; ce lobe est beaucoup plus accusé dans un autre exemplaire, tandis que, dans un troisième spécimen, les éléments sont plus élancés. Quant à la dissymétrie dans la position de la cloison et à l'inégal développement de ses parties.

aaa études de paléontologie tunisienne

je ne puis la constater dans mes échantillons. Or, c'est, en partie, sur cette dissymétrie que SoLGER base sa théorie, d'après laquelle certaines ammonites, non seulement auraient mené une vie benthonique (ce qui est très admissible), mais aussi auraient rampé sur le fond, la coquille étant constamment déjetée d'un certain côté. Je renvoie d'ailleurs le lecteur aux deux ou trois travaux dans lesquels Solger a exposé ses idées sur ce sujet (^).

Rapports et difiërences. -^ Il n'est pas contestable que Hoplltoides ingens, tant par sa forme que par ses cloisons, présente une ressemblance très frappante avec plusieurs ammonites ; aussi n'est-il pas surprenant qu'il ait donné lieu & des confusions. Voyons, d'abord, Sphenodiscus Requieni. A taille égale, ce dernier est plus mince, quelles que soient les variations d'épaisseur de Hoplltoides ingens. L'ombilic est beaucoup plus petit; les côtes restent toujours faibles; il n'y a jamais de tubercules, mais surtout, à tous les stades de son développement, Sphen, Requieni a une région ventrale tranchante, jamais tronquée, comme il est facile de s*en rendre compte en examinant une série d'échantillons d'Uchaux. Ces derniers sont généralement très usés ; aussi les dessins de cloisons qui ont été donnés ne sont-ils « ^ pas très exacts. Comme je possède un superbe

exemplaire, provenant de Mondragon, sur lequel les moindres détails apparaissent, je crois utile de reproduire sa ligne suturale (flg. 90). On verra par là combien celle-ci diffère de la cloison des vrais Sphenodiscus américains, avec leurs selles réniformes (*). Cette constatation vient assurément Fio. 90. - Sphen, (?) Requieni (d'après un à l'appui de l'opinion de Hyatt, qui exclut VAmm.

éch. de Mondragon ; d = 95, r = 50). * '^ '^ ^

Requieni du genre Sphenodiscus et le range dans son genre Cœlopoceras (*). Par contre, cette cloison se rapproche singulièrement de celle de divers Hoplitoides et je me vois dans l'impossibilité d'indiquer un caractère constant, qui permette de différencier les deux cloisons. Dans les cas douteux, c'est donc la section aiguë ou tronquée du jeune qui décidera de l'attribution à l'un ou l'autre genre.

C'est à ce même caractère qu'il faudra faire appel pour distinguer l'espèce qui nous occupe de certains Hemitissotia Morreni, se rencontrant dans les mêmes couches ; d'ailleurs, dans ce dernier cas, le premier lobe est moins élargi et n'a pas les trois branches si bien individualisées, mais il est quelques exemplaires pour lesquels la différence est faible.

Le premier lobe est également moins élargi dans les Pseudoiissotia, Les représentants typiques de ce genre ont trois carènes et une large région ventrale, ce qui empêche toute confusion. Quant à ceux du sous-genre Choffaticeras, ils acquièrent directement une section lancéolée, sans passer par un stade à pourtour tronqué.

(i) Solger : Kamerun, p. ai 5. — Ueber den Ztisammcnhang zwischcn der Lobenbildung und der Lebcnweise bci einigen Ammoniten. VerhandL d. V. int. Zool. Kongress. Berlin, 1901, p. 786-793. (a) Voir plus loin la cloison de Sphenodiscus Cossoni. (3) Htatt : Pseudoceratites, p. 91. 99. Htatt écrit Coilopoceras.

L'ammonite qui nous intéresse présente très sensiblement la même forme que certaines ammonites américaines que Hyatt a réunies en un genre Meiengonoceras ('), dans lequel la région ventrale, d'abord tronquée, devient ensuite amincie, tandis que les flancs se renflent légèrement ; toutefois la cloison est trop différente pour qu'on puisse réunir les deux genres.

Pour ce qui est de la distinction entre Hoplitoides ingens et les autres espèces du même groupe, je renvoie au travail de Solger, car ces ammonites ne sont encore connues qu'au Cameroun.

Gisements. — Cette espèce, sans être commune, ne parait pas très rare dans la région de Tébessa (Peron) et de Thala. J'en ai recueilli quatre exemplaires et trois fragments dans les couches les plus inférieures du Sénonien (avec Hemitissoiia Morrenit un peu en dessous de Barroisiceras Haberfellneri), au Dj. Sif, au Dj. bou Driès, à A. el Kohol, c'est-à-dire à l'extrémité du Sif el Annba (où cette ammonite était associée à Tissotia Tunisiensis et à Barroisiceras Tanetanum), et peutêtre au Semmama.

Il est intéressant de rappeler que le type provient du Cameroun. C'est là une nouvelle preuve de l'extension de la . mer du Crétacé supérieur sur une grande partie de l'Afrique. Il ne parait pas douteux que cette mer s'étendait d'Algérie et de Tunisie, à Bilma, au Damerghou, au Cameroun et de là au Brésil, tous ces pays présentant la plus grande affinité quant à leurs faunes du Turonien et du Sénonien inférieur. J'ajoute, enfln, que la collection de l'Ëcole des Mines renferme un fragment de Hoplitoides provenant du Sinaï, ce qui nous indique l'extension, vers l'Est, de la même mer.

Genre SGHLŒNBAGHIA Neumayr

Ce genre est pris ici dans le sens restreint que lui assigne de Grossouvre, c'est-à-dire que j'en élimine beaucoup d'ammonites carénées, jadis placées ici, mais qui entrent dans les genres Morloniceras, Peroniceras, Prionoiropis, etc. Ainsi compris, il ne renferme que des ammonites à cotes plus ou moins flexueuses, partant fréquemment, par deux ou par trois, d'un tubercule ombilical et se terminant souvent à un tubercule externe. Quant aux cloisons, elles ont toujours, et de très bonne heure, un premier lobe trifide ou, tout au moins, un prenjier lobe rétréci en arrière, en triangle, au lieu d'être arrondi ou bifurqué. Le type est Schl, varians Sow.

(i) Hyatt : Pseudoccralilcs, p. 179. PI. XW-WVII.

324 ÉTUDES DE PALEO^ITOr.OGIE TUNISIENNE

Schlœnbachla OrossetI Peryinquière 1907

PI. XU, fig. I a-b

1903. ScfUcmbachia fk(î. Dlanfordiana Pervinquièiie : Et. géol. Tud. cent., p. 135.

Dîamèlre 210 (?) (1)

Hauteur du dernier lour (sur la car6ne) 68 (0,32)

Épaisseur du dernier tour 5B (0,27)

Largeur de l*ombilic 92 (0,44)

Coquille à ombilic large et médiocrement profond, laissant voir une bonne partie des tours précédents (recouvrement i/5). Section rectangulaire, plus haute que large. Région ventrale munie d'une très forte carène mince et tranchante, non bordée par des sillons. Flancs ornés de côtes nombreuses, environ a5 par demi-tour dans rage moyen et la moitié seulement dans Tâge adulte. Dans l'âge moyen, les côtes partent généralement, deux par deux, d*un fort tubercule ombilical allongé ; elles sont faiblement incurvées jusqu'à un tubercule situé un peu au delà de la moitié des flancs (presque aux 2/8) ; à partir de ce point, elles s'infléchissent davantage en avant et se terminent par un fort tubercule marginal, qui s'allonge obliquement en. avant. Plus lard, les côtes ne sont plus bifurquées, mais il y a des côtes intercalaires dépourvues de tubercule ombilical ; finalement, toutes les côtes se redressent et ne sont infléchies, en avant, qu'entre le deuxième et le troisième tubercule ; ce dernier (externe) est de beaucoup le plus saillant.

Les cloisons me sont inconnues ; néanmoins, je n'hésite pas à classer cette ammonite parmi les Schlœnbachla, car elle en a la forte carène non bordée de sillons et les côtes flexueuses. Elle a, d'autre part, un aspect si spécial que j'ai cru devoir la figurer, bien que je n'en possède qu'un exemplaire quelque peu incomplet.

Rapports et différences. — Dans mon Ëtude géologique, j'ai relevé la ressemblance de cette ammonite avec SchL Blanfordlana Stol. (*), dont elle a un peu la forme et les côtes flexueuses, se terminant par un tubercule marginal, allongé obliquement en avant. Néanmoins, il suffît d*un coup d'œil sur les deux figures pour en saisir les différences. Notre ammonite a un ombilic plus large, une carène beaucoup plus élevée, des côtes moins flexueuses, mais plus persistantes ; l'ornementation, au lieu de disparaître, se renforce, au contraire, avec l'âge. En outre, YAmm. Grossell ne porte pas de constrictions. Les quelques Schlœnbachla du Crétacé supérieur de France ont si peu d'analogie avec notre espèce qu'il n'y a pas lieu de s'arrêter à signaler les difl'ércnces.

Une autre ammonite a également quelque ressemblance extérieure avec la nôtre : c!est Mortonlceras Emscherls Schluter, mais cette dernière espèce présente un tubercule de plus sur chaque côte ; de plus, le deuxième tubercule est d(\jà très éloigné

(i) Stouczka : Crel. S. India, p. /iO, PL WVI.

CÉPHALOPODES DES TERHAINS SECONDAMES 335

de rombîlîc, tandis que les deux ou trois autres sont serrés près du pourtour. Enfin la carène est peu saillante et arrondie.

Gisement. — Un seul exemplaire, trouvé dans les calcaires siliceux du Rebeiba, en compagnie de fossiles nouveaux ; aussi est-il dillicile d*cn fixer exactement rage, qui peut osciller entre le Santonien et le Campanien.

Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à M. Grosset-Grange, contrôleur civil en Tunisie, dont j*ai reçu une cordiale hospitalité et une large assistance lors de mon premier voyage.

Genre BRANGOGERAS Stfjnmann

Le genre Brancoceras a été proposé par Steinmann (^), en i88r, pour un groupe d'ammonites de TAlbien d'Europe et du Pérou, comprenant Amm. varicosus Sow., Amm. Senequieri d*Orb., Amm. segoceraloides Steinm. Ces ammonites sont caractérisées par le fait que la carène disparait assez tôt (quand elle existe) et que les côtes traversent la région ventrale, en s'épaississant et en y dessinant quelquefois des chevrons, comme dans certaines ammonites du Lias. La cloison y est toujours assez simple.

Boule, Lemoine et Thévejun ont décrit récemment une ammonite de Madagascar (Bv, Laferrerei), qui se rattache à ce genre, dans lequel je crois devoir faire entrer une nouvelle espèce, où les caractères génériques ne sont pas encore très accentués, bien que déjà reconnaissahles.

Ce genre est limité à TAlbien et au Cénomanien.

Brancoceras Zrissense Pervinquière 1907

PI. Xï, (îg. 17 a-6. 18 a-b

Diamètre 11 (I)

Épaisseur du dernier tour 4,2 (0,365)

Largeur de rombilic 4 (0,36)

Coquille modérément renflée, à ombilic assez large ; tours se recouvrant sur un peu moins de la moitié. Région ventrale arrondie, munie d'une légère carène, qui tend à disparaître à la fin du dernier tour (coquille cloisonnée jusqu'au bout). Section un peu plus haute que large. Flancs arrondis, ornés de 18 côtes simples, les trois premières & peine sensibles et limitées au tiers externe ; les suivantes, très fortes,

(i) STEiNUAZiif : Ucber Tithon und Krcidc in don pcruanischcn Anden, p. i33. Ce ^enre a donc la priorité sur Brancoceras Htatt i883 (Goniatitc) et ne f aurait s'effacer devant ce dernier, ainsi que Boule, Lemoihb et THévEiiiR l'ont fait observer récemment.

aa6 ÉTUDES de paléontologie tunisienne

alternativement longues et courtes. Pas de tubercules, ni ombilicaux, ni marginaux. Les côtes, sensiblement rectilignes sur la plus grande partie de leur trajet, s'infléchissent en avant près du pourtour, en se renflant un peu ; elles s'arrêtent à quelque distance de la carène. Paroi de Tombilic se raccordant progressivement avec les flancs. Cloisons (fig. 91) relativement simples, comprenant quatre selles sur les flancs

et deux autres, très petites, dans l'ombilic. Lobe siphonal large, sensible-

^^ ment de même longueur que le pre- ^rv^. niier latéral. Selle siphonale franchement bifide, plus large que les lobes adjacents. La deuxième selle festonnée,

„ . les autres arrondies, décroissant régu-

Fio. 91. — Dranc. Znssense X 5 (éch. PI. XI, fig. 17 ; ^ °

r = 6. Le dessin s'étend, de chaque côlé, Jusqu'au fond * lièrement. Premier lobe siphonal terde l'ombilic).

miné par deux pointes, au dessus desquelles s'en voient deux autres ; lobes suivants bien plus petits et un peu irréguliers. Partie interne de la cloison comprenant trois selles et deux lobes, outre le lobe anlisiphonal.

Rapports et différences. — C'est avec Brancoceras Senequieri d'Orb. {*) que notre ammonite présente les plus grandes affinités, et c'est cela qui m'engage à la ranger dans le genre Brancoceras. A vrai dire, les cotes sont interrompues sur la région ventrale, mais nous avons affaire ici à un très jeune spécimen, qui aajnerrait sans doute des côtes épaisses et continues. La forme générale, l'allure des coles (parlant isolément de l'ombilic), la tendance à la disparition de la carène sont les mêmes de part et d'autre. Par contre, la ligne suturale est trop découpée dans notre ammonite pour permettre une réunion spécifique.

Brancoceras œgoceraloidcs Stelnmann ("), de 4'Albien du Pérou, a la même ornementation (côtes simples sans tubercules), mais ne possède jamais de carène, d'après son auteur ; en outre, la cloison est assez différente.

Quant à Br. varicosam Sow. (^) et à Br^ Laferrerei B. L. T. (*), on les distinguera immédiatement par la présence de tubercules ombilicaux, donnant naissance chacun à deux côtes ; en outre, l'ombilic est toujours plus large, tandis que les cloisons présentent des différences faciles à saisir.

Notre petite ammonite a aussi quelque ressemblance avec les jeunes A mm. rersicostalus Michelin ; cependant cette dernière espèce n'a jamais de carène et offre des côtes bifurquées sur la région ventrale.

Gisement. — Un seul exemplaire, en parfait état, recueilli au N du l)j. Zrissa, à la limite du Gault et du Cénomanien. Des espèces voisines exislenl dans l'Albicn de France, d'Angleterre et du Pérou.

(i) D'OiiBiOY : Pal. fr.. p. aya, PI. LXXWI, fig. 3-5.

{2) Stei.nmarn : Tillion u. Kn-idc pcruan. Andon» p. i33, PI. Vif, fig. a.

(3) SowERBT : Min. Coiicli., vol. V. p. 7/i. PI. CCCCLI, n«j:. 4-5.

(Il) BoLLE, Lemoine et TiiÉvEMM : Céph. Diégo-Suarcz, p. 65, PI. 1\, li}?. 0 ah.

GEPHA.LOPODES DES TERIM^INS SECONDAIRES 3^7

Genre MORTONIGERAS Meek

Coquille discoïdale, à large ombilic ; section des tours quadrangulaire, à bord externe large, orné d'une carène peu saillante, encadrée par deux sillons plus ou moins profonds, bordés eux-mêmes, extérieurement, par une rangée de tubercules allongés ; tours peu embrassants, portant des côtes droites, tuberculeuses, simples ou bifurquées.

Cloisons rappelant celles des Acanthoceras, composées d'un très petit nombre d'éléments : outre le lobe sipbonal et le lobe antisiphonal, il n'y a généralement, de chaque côté, que quatre selles (dont une selle interne) et trois lobes ; toutes les* selles ont à peu près la même hauteur ; le premier lobe latéral a sensiblement la même longueur que le lobe sipbonal, mais il est beaucoup plus long que les autres ; ce premier lobe est bifîde ou terminé par de petites pointes sensiblement égales.

Le genre Mortoniceras a été créé, en 1876, par Meek (') qui a pris comme type Amm. vesperiinus Morton, ammonite qui, d'après Gabb, serait identique à Amm, Texanus Rgemer. La -description et la figure de Morton (bien que très défectueuse) ne semblent pas confirmer cette assimilation. D'après cette description, ScHLt5TER (*) était enclin à croire qu'Amm, vesperiinus se rapprochait plutôt de son Amm. Emsçheris, D'autre part, Giebel (•) a réuni Amm. vesperiinus Morton et Amm, Delawarensis Morton. Enfin Stanton, qui a examiné à nouveau le type d*Amm, vesperiinus, déclare qu'il est très voisin d*Amm. injlatus, s'il ne lui est pas identique ; en tout cas, il est associé à des fossiles albiens. Les précédentes assimilations ne sont donc pas justifiées. Une conclusion se dégage de ces contradictions : c'esl qu'Amm. vesperiinus est une espèce à rejeter comme insuffisamment définie ; je me range donc entièrement à la proposition, faite par divers auteurs, de prendre comme type du genre Mortoniceras : Amm. Texanus Rcemer, espèce bien caractérisée, que Meek avait d'ailleurs en vue en créant son genre.

La délimitation du genre Mortoniceras est extrêmement délicate et ne peut être faite exactement dans l'étal actuel de nos connaissances. Outre le groupe typique des Mortoniceras sénoniens, ce genre parait avoir également des représentants dank le Crétacé moyen. Douvillé a montré, en 1890 (*), que le genre Schlœnbachia, tel qu'on l'admettait, à la suite de Nelmayr, et qui contenait toutes lès ammonites do la Craie pourvues d'une carène, était hétérogène. Les vrais Schlœnbachia, dont le type est Schl. varians, ont une ornementation d'Hoplitidé et montrent, dès leur jeunesse, une cloison dont les lobes se terminent par trois pointes très accentuées, comme le dessin ci-dessous (fig. 92) permet de le constater. Au contraire, une partie des ammonites autrefois rangées dans le genre Schlœnhachia a une section

(i) Meek •: Invert. cret. foss., p. hli%.

(3) ScHLÛTER : Ccph. ob. d. Kreide, p. i5G.

(3) Giebel : Fauna der Vorwelt, III, p. 7o().

(4) Douvillé : Class. Coralitcs de la Craie, p. jqo. . .

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ÉTUDES DE PALÉO?(TOLOGlE TUNISIENNE

plus OU moins carrée, des côtes droites ou peu arquées, tuberculées, autrement dit une ornementation d*Acanthocératidé. Au surplus, leur cloison présente un premier lobe plus ou moins carré, à deux pointes, comme le montre la lig. 98. Ce

FiG. 92. — Schl. varians X 7,5 (d'après un éch. de Roaen; dessin pris à l'endroil où rornemenlalion et la carène commencent à apparaître ; r = 4,ft).

FiQ. 93. -- Mort, inflatum X 6,8 (cloison complète, d'après un échantillon de Salazac; dessin pris i la même taille que le précédent; r = 4,5).

deuxième groupe, auquel appartiennent VAmm, inflatas Sow., VAmm, Elobiensis Sz\jNOGiiA, etc., doit être rattaché à Morloniceras, Malheureusement, la distinction des deux groupes n*est pas toujours facile à faire, car la cloison ne va pas forcément de pair avec l'ornementation. Déjà, dans Amm, inflatas, on trouve quelques exemplaires ayant des lobes trifides et des côtes qui s'incurvent un peu en avant. S*agit-il d'une espèce spéciale ou d'une simple variation ? Il est bien difficile de le dire. A VAmm, inflatas se relie toute une série d'espèces, qui en difRrent de plus en plus, pour ressembler aux vrais Schlœnhachia (par exemple Amm, Nicaisei Coq.). La question est encore plus complexe pour le petit groupe des ammonites très fortement carénées, comprenant Amm. crisiatas de Luc, Amm. Delaraei d'Orb., Amm. Bouchardianas d'Orb., etc. Il faudra, sans doute, adopter pour elles le nom de Dipoloceras que Hyatt a proposé, sans le définir, ni le délimiter. Cela ne nous dira pas, d'ailleurs, quelle position doit être assignée à ces formes et aux quelques autres dont il a été question plus haut. Pour résoudre cette difficulté, il faudrait faire une étude méthodique de la faune si riche de l'Albien de France ; mais, outre que je n'ai pas le loisir d'entreprendre ce travail, je sais que d'autres s'en sont déjà préoccupés. En attendant le résultat de leurs recherches, je placerai, provisoirement, dans le genre Mortoniceras un certain nombre d'ammonites de l'Albien et du Cénomanien inférieur, qui se rattachent de plus ou moins loin à VAmm. inflatas.

Divers auteurs se sont étonnés de voir Douville et de Grossouvre placer des espèces ayant une grande ressemblance extérieure dans deux familles aussi éloignées que celle des Hoplitidés et celle des AcanthocératidSs. Mais, en fait, ces deux familles sont-elles si éloignées qu'on le dit P 11 ne me semble pas en être ainsi. Si Acanthoceras dérive de Hoplites^ comme c'est vraisemblable, par les Parahoplites de l'Aptien et de l'Albien, les deux familles, qui ont ces genres pour types, constituent deux rameaux parallèles, dont le point de branchement n'est pas encore bien lointain. Cet éloignemcnt apparent vient de ce que, sur le papier, nous sommes forcés d'aligner les genres les uns à la 'suite des autres et que deux genres peuvent ainsi se trouver éloignés l'un de l'autre, alors qu'en réalité ils sont assez proches, car, dans la nature, la différenciation se fait dans toutes les directions.

CEPHALOPODES DES TEURAINS SECO?(D AIRES 339

Sous le bénéfice de ces obsei'vations, je distinguerai, dans le genre MorloniceraSt deux groupes :

1*) Formes du Crétacé inférieur et moyen, à cloisons assez simples, quoique un peu variables, comprenant d'abord Amm. inflatus, puis toute une série d'espèces qui paraissent s'y relier, mais qu'il y aura peut-être lieu d'exclure, en partie, du genre ;

2") Formes du Crétacé supérieur réalisant pleinement le type.

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