XVII
1903. Id. Pervlnquiere: Et. géol. Tun. cent., p. 115.
J'ai recueilli au Dj. Sif (Coniacien) une demi-ammonite qui paraît représenter la variété lisse de cette espèce. La ligne sutur-alc est semblable à celle d'un bel exemplaire, bien typique, que j'ai rapporté de Tébessa.
Quant au classement générique de cette espèce, je ne vois pas la nécessité de modifier celui qui a été proposé par Peron et de faire passer cette ammonite .dans le genre HopliloideSy comme Solger incite à le faire. Assurément, cette espèce a une très grande analogie de forme et de cloison avec Hoplitoides gibbosulus (*), mais c'est là précisément une forme déjà aberrante de Hoplitoides. D'autre part, l'ammonite d'Algérie rentre fort bien dans le genre Placeniiceras, sans qu'il soit nécessaire de forcer la définition de celui-ci. La cloison de PL Prudhommei est plus voisine de celle de maint Placentlceras indiscutable que de celle de Hoplitoides gibbosulus type. Néanmoins, il serait intéressant de pouvoir comparer un certain nombre d'exemplaires de l'une et l'autre espèce.
Placentlceras Syrtale Morton
1834. Amm. Syrtalis Morton : Synopsis org. remains, p. 40, Pl. XVI, fig. 4. 1889. Placenlkeras Syrtalis Peron : Moll. foss. Tun., p. 18.
Je n'ai pas rencontré celte importante espèce en Tunisie, mais elle a été citée par Pli. Thomas dans le Santonicn' d'A. es Settara (Khanguet es Slougui).
(i) PalcheUia gibbosula von K(k>ex : Unt. Krcidc Mungo, p. g, Pl. I, fig 5 a-c, — Solger : Kamcnin, p. i53.
' Placentlceras indét.
J'ai ramassé, entre le Kef Gouraï et le bon el Hanèche, un fragment de Placenticeras lisse, à bord mince, trop incomplet pour être détjBrminé. Sa forme rappelle celle de PL placenta Meek, plutôt que celle de PL Syrtale Mouton. 11 provient d'ailleurs du Coniacien et non du Santonicn.
D'autre part, j'ai recueilli, au Mrhila (Fekirine), tout à fait à la fin du Turonien ou au début du Sénonien, un fragment d'ammonite paraissant appartenir également à ce même genre.
Genre ENGONOCERAS Neumayr et Uulig cm. Bqehm
Ce genre, créé, en 1881, par Neumayr et Uhlig ('), n'a été défini que d'une façon très insuffisante par ses auteurs. Il comprend des formes à section élevée, ayant deux ou plusieurs lobes latéraux et des selles cératitiformes. Le type est Engonoceras Pierdenale von Bucn (Pedernale).
En 1898, J. BoEnM (*) a repris l'étude de ÏAmmonites Pedernalis et a montré que les auteurs, trompés par les figures de von Buch et de Rgemer, avaient mal interprété cette espèce. En efiTet, ces figures ont été faites à l'aide de fragments isolés, plus ou moins usés. L'examen des débris qui ont servi à von Buch et à RoEMER permet cependant de constater que la section n'est pas aiguë, tranchante, mais qu'il existe un méplat ventral.
Le genre Engonoceras peut être défini de la façon suivante : Coquille discoïdale, à ombilic étroit. Région ventrale tronquée par un méplat, limité par deux arêtes, et souvent orné de tubercules alternants, allongés dans le sens de l'enroulement. Tubercules ombilicaux en forme de mammelon. Tubercules des flancs rares ou absents ; ces tubercules manquent dans le jeune, qui est lisse. Stries d'accroissement et côtes incurvées en faucille. Cloison nettement dissymétrique, déplacée vers le côté droit. La selle externe est divisée, par quatre lobes adventifs, en cinq selles adventives, inégales, entières ou entaillées. Lobes dentelés. Lobes auxiliaires nombreux, quadrangulaires.
Engonoceras se distingue aisément de Neolobites par le pcrsillagc des lobes et par le nombre beaucoup plus grand des éléments de la cloison. Indoceras se reconnaîtra à la forme arrondie de la région ventrale, au manque d'ornementation et à la présence d'un seul lobe adventif, tandis qu'il y en trois chez Knemiceras et quatre
(i) Neumatr et UiiLiG : Ammoniten ans don Hilsbildungcn, p. liio.
(2) BocHM : Ueber Ammonites Pedernalis. — Zeilsch. d. d. geol. Ges., vol. L, 1898, p. i83.
chez Engonoceras, On peut se demander si ce fait de présenlcr trois lobes adventifs, au lieu de quatre, justifie l'adoption d'un genre nouveau, d'autant q^'il est bien difRcile de reconnaître quel est réellement le premier lobe latéral ; dans les figures de BceiiM, ce premier lobe latéral n'est pas toujours le plus grand ni celui qui s'étend le plus loin. Alors, à quoi le reconnaît-on ? car on ne peut non plus utiliser le point d'inflexion de la cloison, lequel est variable ou peut manquer. Seule, l'étude du développement de la cloison pourrait éclaircir celle question ; or cette élude n'a pu encore être faite. Dès lors, le numérotage des lobes me paraît tout ce qu'il y a de plus arbitraire et il me semble bien difficile de séparer ainsi Knemiceras d^Engonoceras. On pourrait invoquer la forme et la direction des branches du lobe siphonal. Dans les dessins de cloisons d'Engonoceras donnés par Bgehm et par Hyatt, ces branches divergent fortement et sont dirigées de côté ; elles sont parallèles et dirigées en arrière dans Knemiceras (Kn. Syriacum, Kn, compressum). En outre, dans ce dernier cas, la première selle (ou la première division de la selle ventrale) est très large. Sonl-ce là des caractères génériques ? Il y a, d'ailleurs, une autre difficulté. Une ammonite, que je décris plus loin (Engonoceras Tôussainti), paraît se rattacher à Engonoceras par le nombre de ses lobes adventifs et par l'étroilesse de sa première selle ; elle a cependant les pointes du lobe siphonal dirigées en arrière, comme, les Knemiceras. On peut aussi invoquer l'ornementation. Knemiceras Syriacum, type du genre, a une section trapézoïdale surbaissée ; ses flancs, plus ou moins bombés, portent de fortes côtes, les unes commençant à l'ombilic, par un fort tubercule, les autres n'atteignant pas l'ombilic ; toutes se terminent sur le bord ventral par un fort tubercule, allongé dans le sens de l'enroulement, les tubercules étant d'ailleurs disposés par paires, au lieu d'alterner, comme dans les Engonoceras les plus typiques. Cependant, Hyatt a rangé dans le genre Knemiceras des ammonites (telles que Kn. compressum) qui sont beaucoup plus comprimées, plus hautes, et qui ont une ornementation très atténuée, ainsi que d'autres (Kn. attenuatum) ayant des tubercules alternants ; voilà bien des caractères d'Engonoceras.
Il est, d'autre part, assez étonnant que Bcehm ait laissé VAmm. Uhligi Ghoffat dans le genre Placenticeras, au lien de le ranger dans le genre Knemiceras, dont il possède le caractère essentiel : présence de trois lobes adventifs (au lieu de deux lobes adventifs, que Bœiim attribue aux Place nticeras). Dou ville a montré, depuis longtemps, la liaison entre VAmm. Uhligi et les variétés plates et peu ornées d*Amm. Syriacus ; aussi Hyatt a-t-il placé l'une et l'autre dans le genre Knemiceras.
En somme, les deux genres Engonoceras et Knemiceras sont bien peu distincts ; les caractères invoqués pour les séparer, outre qu'ils sont fugaces, ont seulement la valeur de caractères spécifiques. Le seul caractère qui paraisse constant est que les côtes sont droites dans Knemiceras et souvent très accentuées ; quand elles existent dans Engonoceras, elles sont falciformes.
Quant au genre Protengonoceras Hyatt, il me paraît inutile, car il diffère d'Engonoceras par ce seul fait que les côtes apparaissent seulement à un Age plus avancé.
aoa
ETUDES DE PALEONTOLOGIE TUMSIEN?iE
Jusqu'à présent, tous les représentants connus du genre Engonoceras (au sens strict) étaient d'origine américaine.
Engonoceras Thomas! Pervinqlièue 1907
PI. 1\. lig. 6 a-b
1903. Engonoceras sp. Pervinquikkr : Et. gôol. Tun. cent., p. 66.
Diamètre
Hauteur du dernier tour
Épaisseur du dernier tour
Largeur de l*ombilic
Coquille discoïdale, aplatie, à tours entièrement embrassants, le dernier tour ayant plus de la moitié du diamètre total. Région ventrale très nettement tronquée, limitée par deux arêtes tranchantes. Ornementation presque nulle.
La section a la forme d*un triangle très élevé, dont le sommet est tronqué. Les flancs sont à peine bombés, presque plats. \j\ plus grande largeur de la section se trouve au voisinage immédiat de Tombilic. Les flancs ne portent de tubercules, ni au voisinage de l'ombilic, ni près du méplat ventral (•). En éclairant obliquement l'ammonite, on aperçoit quelques côtes falciformes, à peine distinctes ; Tune d'elles, voisine de la bouche, est un peu plus marquée ; en avant, se voit un Jéger sillon. Au fond de Tombilic, les parole sont sensiblement verticales, mais, dans le haut, elles se raccordent avec les flancs par une courbe régulière. Le méplat ventral est bordé de chaque côté par une ride très légère, de sorte que le milieu du méplat apparaît faiblement déprimé.
FiG. 77. — Engon, Thomasi X t (^ch. PI. IX, flg. 6 ; les deux côléi de la cloison ; r = 2U).
Les cloisons (Vig. 77) sont tout à fait remarquables. Il faut, tout d'abord, noter leur disposition dissymétrique. En efTet, le lobe ventral, très court, a son plan de symétrie situé à droite du plan de symétrie de l'ammonite ; il empiète sur le flanc droit par une de ses pointes, tandis que l'autre touche à peine la ride de gauche du méplat. La Wgne suturale présente, en outre, une inflexion très nette,
(1) Cette espère rentrerait, sans doute, dans le genre Protengonocertts de IIyatt.
car, après être descendue jusqu'au quatrième lobe ou lobule, elle remonte légèrement. Celte même disposition s'observe, d'ailleurs, dans diverses autres espèces du même genre. En examinant le dessin, on remarquera, de plus, des différences notables entre la partie droite et la partie gauche de la cloison.
Le lobe ventral, large et court, a ses deux pointes dirigées très obliquement (caractère qui ne se rencontre, à ma connaissance, que dans les genres Engonoceras et Neohbites) ; le premier lobe (premier advenlif) (') s'étend jusqu'à la moitié du lobe siphonal, dont il est séparé par unç première selle, subdivisée en deux parties par une indentation, plus marquée à droite qu'à gaucl)€. La selle de gauche est d'ailleurs plus large que celle de droite, par suite de la position dissymétrique du lobe siphonal. La deuxième selle (deuxième adventive) est arrondie. Le deuxième lobe (deuxième adventif) s'étend plus loin, en arrière, que le lobe siphonal ; il est très peu découpé. La troisième selle (troisième adventive) est haute et étroite, à peine échancrée en son milieu. Le troisième lobe (troisième adventif) s'étend beaucoup plus loin que le précédent ; il est plus découpé. La quatrième selle (quatrième adventive) est plus large que la précédente, à contour entier ou à peine échancré. Le quatrième lobe (quatrième adventif) descend encore plus loin que le deuxième ; il est, en outre, assez différent par sa forme élargie à la base ; il présente de nombreux denticules et tend à devenir bifide. La cinquième selle (cinquième adventive) est très large, surtout à sa partie supérieure ; elle est fortement rétrécie plus bas ; son contour est entier. Le cinquième lobe (correspondant au premier lobe latéral) descend le plus loin en arrière ; il présente à peu près la môme forme que le précédent, mais est plus nettement bifide. A partir de ce point, le tracé général de la ligne sulurale remonte. La sixième selle (première selle latérale) a un contour entier ; il en est de môme de la septième. Le septième lobe est beaucoup plus petit que le sixième ; il est peu découpé et n'a qu'une pointe. Tous les lobes suivants, jusqu'au onzième et dernier, sont peu découpés ; le dixième se trouve à la limite des flancs et de l'ombilic. I^s selles, de la neuvième à la douzième et dernière, sont assez régulièrement divisées en deux par une échancrure, au moins sur le flanc gauche, car sur le flanc droit quelques-unes sont entières. Elles sont comme aplaties à la partie supérieure. Sur le flanc droit, on constate que la dimension des selles ne décroit pas régulièrement. On reconnaît une amorce d'un douzième lobe. Les lobes et selles internes sont inconnus.
Rapports et difiérences. — Cette espèce est facile à reconnaître, grâce à sa forme très aplatie, à son aspect lisse et à sa ligne suturale très spéciale. L'absence de tubercules, et on peut dire de côtes, la distingue de toutes les espèces connues. Celle qui s'en rapproche le plus est Engonoceras IJddeni Cragin (*), mais celle-ci
(i) On pourrait ép^alrmciil considérer cr lobo comme une simple indentalion tie la première selle ; on complerail alors un élément athcnlif de moins. Celle constatation \ieiit à Tappui de ce cpie j'ai dit plus haut sur la difllcultc qu'il y a à caractériser un ^enre d*apK*8 It* nombre d'éléments adventif».
(a) Cragin : Splienodiseus Beluiderensis var. Uddeni^ Colorado coll. studies, vol. VIII (1900*, p. 3o, PI. 1, fljf. 3-'i. Je n'ai pas pti voir» la lifrurc originale de Crvcin, mais Hwtt a reproduit l'écliantillon type (Pseudoreralites, p. 169, PI. XIX, fiR. 5, 0).
offre des tubercules ombilicaux et des cotes ; la ligne suturale est également différente. Cette espèce est d'ailleurs basée sur un échantillon trop incomplet pour qu'on en puisse saisir tous les caractères, particulièrement ceux de Tenroulement.
Une autre espèce très voisine ô!Engonoceras Thomasi est Engonoceras Hilli BcEHM (^). Cette dernière ammonite porte trois tubercules sur la loge d'habitation ; notre échantillon étant plus petit et dépourvu de cette loge, nous ne pouvons savoir s'il avait des tubercules, mais, par contre, il porte déjà l'indication d'une côte faible, tandis qu'il n'y a rien de tel dans Engonoceras Hilli, En outre, la ligne suturale est un peu différente. Ainsi, notre espèce (quoique plus petite) montre la première selle advenlive subdivisée en deux parties inégales, ce qui n*a pas lieu dans Engonoceras Hilli.
Les individus peu ornés de Placenticeras Vhligi ou Knemiceras Uhligi Choffat (') ont aussi une grande analogie avec Engonoceras Thomasi, et la ressemblance serait encore plus grande si l'on comparait des échantillons de même taille. Cependant, outre l'absence presque totale d'ornementation dans l'espèce tunisienne, la ligne suturale montre des différences bien nettes. C'est, d'abord, la présence d'un lobe «dvenlif de plus dans Engonoceras, caractère invoque par Bœum pour la séparation à' Engonoceras et de Knemiceras, C'est, ensuite, la forme très spéciale du lobe siphonal, dont les pointes sont dirigées très obliquement, tandis qu'elles sont droites dans Placenticeras Vhligi. Enfîn, le nombre des éléments de la cloison est plus considérable, dans Engonoceras Thomasi et les selles ne montrent aucune tendance à la division. Ce sont des selles de Neolobites, mais les lobes sont découpés, au lieu d'être entiers comme dans ce dernier genre.
L'absence d'ornementation et la forme de la première selle rendent facile la séparation de l'ammonite tunisienne et de VAmm. Syriacus.
Enfin, notre espèce présente la même forme générale (tout en étant un peu moins bombée) que l'ammonite décrite et figurée par Peron (*), sous le nom de Discoceras cf. Larg illier tianum, attribution qui me parait d'ailleurs très douteuse. Comme les cloisons de cette ammonite ne sont pas connues, il n'est pas possible de pousser plus loin la comparaison.
Gisement. — Un exemplaire unique, en oxyde de fer, provenant de Foum el Guelta. Cénomanien.
C'est avec un sentiment de reconnaissance que je dédie celte jolie ammonite à M. Ph. Thomas, car je n'oublie pas combien ses conseils m'ont été précieux. Ce nouveau fossile est un des premiers que j'ai recueillis en Tunisie ; or, j'avais précisément en main les notes que mon savant et aimable prédécesseur avait eu la bonté de me remettre, pour faciliter mes débuts.
(i) BcKHM : Uoljcr Amm. Pedernalis v. Bucii, p. 189, fig. 5.
(a) Choffat : Faune crét. Portiijral, p. ^1, 77, PI. II. flg. 3. 5 ; IV. 2 ; WII, /,/,-/,6.
(3) Peron : Amm. GrtH. sup. AlgiTit\ p. /io, PI. I, fîjç. 6-7.
CÉPHALOPODES DES TEHHAINS SECONDAIRES ao5
Engofioceras Toussaint! Pervi!«quière 1907
PI. IX, fig. 7 a-c
Dernier toor Avant-dernier tour
Diainèlre 70 (1) 35 (0,[K)) [1]
Hauteur du lour 38 (0,54) 19 (0,27) f0,55]
Épaisseur du tour 29 (0.41) 11 (0,16) [0,31]
Urgeur de rombilic 13 (0,19)
Ammonite discoïdale, modérément renflée, à ombilic étroit ; région ventrale tronquée, bordée par deux rangées de tubercules alternants, allongés dans le sens de Tenroulement. Au diamètre de 35 mm., les flancs sont ornés de côtes légèrement falciformes, peu accentuées. Elles deviennent rapidement plus marquées, presque rectîlignes, et se surélèvent au voisinage de l'ombilic.
Cloisons mal visibles, paraissant peu diflerentcs de celles CC Engonoceras Thomasi; cependant, les pointes du lobe siphonal sont parallèles et dirigées en arrière, fait exceptionnel pour un Engonoceras (au sens strict). La dissymétrie est beaucoup moins accentuée que dans l'espèce précédente.
Rapports et différences. — 11 se pourrait que cette ammonite fût l'adulte d'une variété de la précédente espèce. Les ornements très accentués du dernier tour s'atténuent rapidement sur les précédents, comme j'ai pu m'en assurer en cassant l'échantillon. Cependant, à taille égale (début du dernier tour sur la flg. 7 6, PL VIII), on observe les différences suivantes : Eng, Toussainti est plus épais, présente des côtes falciformes bien marquées, ainsi que des tubercules marginaux^ caractères qu'on n'observe pas chez Eng, Thomasi ; dans le premier, l'ombilic est un peu plus large, les pointes du lobe siphonal sont parallèles et la diss^mé- Irie est faible. Comme, au surplus, j'ignore le niveau d'Eng, Toussainti, je préfère séparer les deux espèces.
Par sa forme et son ornementation, cette espèce rappelle Knemiceras attenuatufn Hyatt (^), dont on la distinguera toujours par la forme de la première selle, qui est beaucoup plus étroite; le tracé général de la ligne suturale est d'ailleurs incurvé, comme dans les Engonoceras, On note aussi certaines analogies avec une autre espèce américaine : Eng. serpentinum Cragiim ('), mais celle-ci a un méplat ventral, et est lisse à une taille à laquelle l'espèce tunisienne possède des tubercules bien nets ; son lobe siphonal a, d'ailleurs, les pointes divergentes, comme tous les Engonoceras américains.
Une autre espèce, très voisine assurément, est Placenticeras ou Knemiceras Uhligi CnoFFAT. Cependant, si j'en juge par les figures de Choffat et par un échantillon qui appartient à la collection de la Sorbonne, l'espèce portugaise est toujours beaucoup plus plate et moins ornée ; cependant Douvillé (*) a signalé, au Pérou, des formes
(i) Hyatt : Pscudoceratitcs, p. i5i, PI. XVIII, fijf. i3-i5.
(3) Cragin : Sphenodiscus Belviderensis var. serpentinus, Colorado coll. sludics, vol. VIII (1900), p. 3i, PI. Il, fig. .'1-6 (fidc Hyatt : l^scudoceratilcs, p. 16a. PI. XIX, fip. 7-14 ; XX, i-5).
(3) DoL VILLE : Sur quelques fossiles du Pérou, B. S. G. F., (3), vol. XXVI (1898), p. 386.
ioG ÉTUDES DE l»ALÉO>TOL0tîlE TUNISIENNE
plus renflées et plus ornées. La ligne suturale présente aussi des différences ; dans notre exemplaire, cette ligne a un tracé courbe, comme dans Eng. Tkomasi, tandis qu*il est recliligne dans ÏAmm. Uhligi ; les selles sont entières dans le premier cas, subdivisées par une indentation dans VAmm. ihiigi. Enfin, cette dernière ammonite a une première celle très large (comme dans les Knemiceras), même quand Tcchantillon est plat, ce qui ne se retrouve pas dans Tcspèce tunisienne, et a un lobe adventif de plus.
L*allure générale de la cloison et le mode de division de la première selle éloignent également Ertg, Toussainti de Kn. Syriacum, bien que le lobe siphonal ait la même forme dans les deux cas. Notre espèce a, d'ailleurs, des tours moins épais, une ornementation moins forlc et quelque peu différente (côtes incurvées dans la jeunesse).
Knemiceras pinax Krause (') perd son ornementation en vieillissant, ce qui :distinguera immédiatement cette ammonite de la nôtre.
Quant à la position générique, je crois préférable, pour les raisons indiquées plus haut, dé ranger cette ammonite dans le genre Engonoceras, dont elle a plusieurs caractères (ligne suturale, côtes falci formes), auxquels s'associent des caractères du genre ou sous-genre KnemicercLs (forme du lobe siphonal). D'ailleurs, il pourra paraître regrettable que des ammonites aussi voisines que VAmm. Syriacus^ VAmm. Uhligi, VAmm. Saadensis, VAmm. Thomasi, VAmm. Toussainti, etc. soient placées dans des genres différents ; malheureusement, l'état de mes matériaux ne me permet pas de reprendre l'étude de ces genres.
Gisement. — Cette ammonite provient de la falaise N du ïebaga (S des Ghotts), au pied du Foum el Argoub. D'après ses relations, je ne doute pas qu'elle n'appartienAe au Cénomanicn.
Je me fais un plaisir de la dédier au C Toussaint, Chef des brigades topographiques d'Algérie et de Tunisie, dont j'ai souvent mis à contribution l'obligeance et l'érudition.
Genre NEOLOBITES Fischer
Le genre Neoiobites a été établi, en 1882, par P. Fiscuer (*), pour Amm^
Vibrayeanus d'Orbigny, que ^EUMAYR et Uhlig avaient classé dans leur genre Engonocei^as.
Les Neoiobites sont des ammonites à enroulement assez embrassant ou même
très embrassant, à tours élevés et médiocrement épais, tronqués sur la région
(i) Kraise : Die Faiiiia dcr Krcidc voii Tomojoli iii Wosl-Bonu'o, p. 10 (sopJ, PI. I, llg. i-3 ; II, 8.
(a) P. Fischer : Manuel de Conchyliologie, p. 389.
GÉPUALOPOOES DES T£UIIAI>S SECONDAIRES a07
ventrale, laquelle apparaît souvent bicarcnée ; Tornementation consiste en tubèrculeâ ombilicaux, quelquefois aussi en tubercules marginaux, et en cotes plus ou moins marquées. JuSi caractéristique du genre est donnée par la ligne suturale (fig. 78, 79) v dont les lobes, aussi bien que les selles, sont entiers. Le nombre des éléments est un peu variable (5-7). Le lobe siphonal, notablement plus court qiie le premier latéral, est assez particulier ; il montre deux petites branches courtes, qui divergent plus ou moins. Les autres lobes ont aussi une forme spéciale ; ils sont pinces vers le milieu, tandis que leur base, élargie, est arrondie ou, plus souvent, anguleuse. La première selle, qui montre fréquemment une vague ondulation en son milieu, est constamment surpassée par la selle suivante. Les selles sont arrondies, pincées à leur base, phylliformes ou un peu réniformes et fréquemment déjetées.
Les affinités des Neolobiies sont singulièrement difficiles à établir. L'analogie avec les Oppelia est assez vague et, en somme, les relations me paraissent être surtout avec Placeniiceras et Engonoceras. La forme et Tornementation sont celles d'un Placeniiceras et les lobes mériies ne sont pas sans ressemblance avec ceux d'un Placeniiceras usé, au moins pour ce qui est de la forme de chacun d'eux ; cependant on ne retrouve pas ici le mode de division caractérisant ce genre, tandis que la courbure générale de la cloison, parfois sensible, est toujours moins accentuée. Les ressemblances sont non moins grandes avec Engonoceras, lequel possède, en outre, le même lobe siphonal que Neolobiies et affecte constamment le déplacement latéral de la cloison, qui s'observe parfois dans ce dernier genre ; mais, là encore, il y a de notables différences dans le pcrsillage de la cloison. Le développement de Neolobiies n'a pu être reconstitué complètement; aussi loin que j'ai pu remonter, j*ai toujours trouvé la troncature ventrale, comme dans Engonoceras et Placeniiceras i En résumé, c'est avec ces deux genres que les affinités me semblent les plus considérables.
Neolobiies ne comprend encore que trois espèces, qui sont toutes cantonnées dans le Cénomanien.
Neoiobites Vibrayeanus D'OnBiCNY
1840. Àmmoniie$ Vibrayeanus dOubigny : Pal. fr., p. 322, PI. XCVL lig. 1-3. 1862. Ceratiles Maresi Coquano : Géol. Pal. S. Prov. Conslantine. p. IC8, PI. XXXll, fig. 1-2. 1889. Neolobiies Vibrayeanus Peron : Moll. foss. Tunisie, p. IG. 1898. Neoiobites Vibrayeanus Choffat : Faune crét. Portugal, p. 75, PI. V, fig. 2-9. 1903* Neoiobites Vibrayeanus Pervinquièiie : Éti géol. Tuu. cent., p. 77. i903. Neoiobites Vibrayeanus et.iV. Choffaii Hyatt : Pseudoceralites, p 178, PI. XXV, fig. 1I4.
Cette espèce bien caractérisée a généralement été interprétée de façon exacte. Toutefois, on lui a parfois réuni des espèces distinctes. Ainsi Peron (^) lui rattache Àmm. Ganiveii Coq., espèce très différente de N, Vibrayeanus, appartenant môme à
(i) Pero?! : MolI.-fosK. Tun., p. iG. — Ainni. Crét. siip. Alp^érie, p. .^1.
ao8 ÉTUDES DE PALEONTOLOGIE TUN1SIEN?(E
un autre genre et provenant d'un niveau différent (^). Par contre, Hvatt (") a séparé, sous le nom de Neolobiles Choffali, une forme de Portugal, présentant avec N, Vi^ brayeanus des difTérences qui ne me semblent pas dépasser les limites des variations individuelles.
Deux Neolobiles que j'ai cités dans mon Ëtude géologique, comme provenant d'Aïn el Glaa, appartiennent peut-ôtre à cette espèce, mais leur état défectueux ne permet pas d'être très affirmatif. Au contraire, la forme de Foum el Guelta, que j'ai citée sous le nom de A^. Vibrayeanus, doit être mise à part et doit porter le nom de A^, Peroni Hyatt. Cénomanien.
Neolobiles Peroni Hyatt
PI. vin. fig. I ab
1889. Neolobiles Vibrayeanus Peron : Moll. foss. Tunisie, p. 16, PI. XVIII, lig. 1-2. 1903. Neolobiles Vibrayeanus Pi^rvinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 67. 1903. Neolobiles Peroni Hyatt : Psseudocenitites, p. 179.
Diamètre 108 (1)
Hauteur du dernier tour 55 (0,51)
Épaisseur du dernier tour 27 (?) (0,25)
Largeur de Tombilic 12 (0,11)
Hyatt a appliqué le nom de Neolobiles Peroni à une ammonite tunisienne, figurée par Peron (PI. XVIII, Vig. i-a), pour laquelle cet auteur avait hésité à proposer un nom spécifique et que, finalement, il considérait comme une forme extrême de N. Vibrayeanus, Néanmoins, la séparation paraît légitime.
Un de nos exemplaires concorde bien avec celui qui a été figuré par Peron.
Rapports et différences. — N, Peroni paraît être toujours plus renflé que N, Vibrayeanus. Les côtes sont atténuées ; elles ont même complètement disparu dans notre exemplaire. Autour de Tombilic se voient seulement quatre ou cinq gros tubercules mousses. La partie externe est nettement tronquée et bordée par deux carènes, limitant une bande légèrement déprimée. Ces carènes portent des tubercules allongés et non pas arrondis (contrairement à ce qu'indique la figure de Peron). Le méplat paraît persister à l'âge adulte, de sorte que le ventre ne devient pas aigu, comme le dit Hyatt, qui se base uniquement sur le dessin, plus ou moins exact, donné par Peron. Dans notre écliantilion, l'apparence subaiguë de la* région ventrale est due à l'usure ; il en est de même pour l'échantillon figuré par Peron. En outre, le dessinateur a représenté la trace des cloisons d'une façon peu fidèle : c'est pourquoi nous avons cru devoir faire photographier notre échantillon.
Au point de vue de la cloison, on remarquera que la selle externe est bien plus réduite que la suivante ; aussi a-t-on parfois considéré l'une et l'autre comme des subdivisions d'une même selle. La troisième selle a sensiblement la môme largeur
(i) Cf. Palœontologia Univcrsalis, fiche 60 el, plus loin, le genre Pseudotissotia. (a) Hyatt: Pseudoceratites, p. 178.
CEPHALOPODES DES TERRALNS SECONDAIRES 309
que la précédente ; en outre, cette troisième selle est un peu déjetée vers l'ombilic. La quatrième et la cinquième selle sont presque aussi larges que la troisième, mais beaucoup plus basses. La sixième atteint à peine la moitié de la largeur de la cinquième. Il y a probablement une septième selle; l'état de notre échantillon ne permet pas de l'affirmer. Comme dans toutes les espèces du même genre, aucun élément de la cloison n*est découpé. En somme, le tracé de cette ligne suturale se rapproche de l'un de ceux donnés par Choffat pour N. Vibrayeanus (PI. V, fîg. 8).
Gisement. — Cette espèce se trouve à Foum el Guelta (Mrhila), dans les couches les plus élevées du Cénomanien. Elle se rencontre également en France, à la Barralière, près du Beausset.
Neoiobites Fourtaui Pervinquière 1907
PI. VIII, (ig. a, 3 a-b, 4 a-b, 5 a-&, G a-b
1903. Neolobifes sp. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 76.
IDOi. Neohbiles Peroni Fourtau : Contribution à l'étude de la faune crétactquc d'Egypte (Bull, de l'Institut Égyptien), p. 253, fig. 2.
Diamètre
Hauteur du dernier tour.
Epaisseur du dernier tour.
Largeur de l'ombilic
1. Kcli. PI, VIII, ng. 2. — II. fjch. PI. VIII, ftg. 3. — III. Êch. PI. VIII. figr. 4. — IV. fich. PI. VIII, fig. 5
(Dimensions approximatives).
Fourtau a distingué, sous le nom de Neoiobites Peroni, une ammonite égyptienne, qui parsdt distincte de celles antérieurement connues. Malheureusement, ce nom a été emi)loyé, en 1908, par Hyatt (*), pour une autre espèce. Je propose donc de donner à l'espèce égyptienne le nom de Neoiobites Fourtaui.
La description donnée par Fourtau est un peu sommaire; cet auteur s'est, en effet, borné à indiquer quelques caractères différentiels par rapport à N. Vibrayeanus. Toutefois, une comparaison avec le type égyptien (coll. de Paléontologie du Muséum d'Hisl. Nat.) m'a permis d'identifier, sans conteste, un certain nombre de fragments d'ammonites recueillis par moi en Tunisie. D'autres fragments, de plus grande taille, représentent, sans doute, l'état adulte de la même espèce, qui paraît, d'ailleurs, très variable ; toutefois, ce point demeure douteux.
Comme les représentants dp genre Neoiobites sont rares et encore mal connus, je crois devoir figurer ces fragments sous le nom de Neoiobites cf. Fourtaui.
Coquille discoïdale, tronquée sur la région ventrale, à enroulement beaucoup moins serré que dans les espèces antérieurement connues. L'échantillon type, qui a un diamètre de 55 mm., possède un ombilic de 8 mm. de largeur. Sur nos échantillons, la largeur de l'ombilic paraît encore un peu plus grande. Dans le
(1) Ht ATT : Pseudoccralites, p, 179.
2IO EtUDES DE PALEONTOLOGIE TLNISIENME
jeune âge, la section est presque triangulaire, quoique légèrement tronquée au sommet. Plus tard, la section devient à peu près rectangulaire (flancs légèrement bombés) ; elle est nettement tronquée du côté ventral. En outre, certains exemplaires sont relativement plus épais que le type.
Les tours les plus anciens paraissent complètement lisses. Les échantillons de taille moyenne (50-70 mm.) portent une rangée de tubercules ombilicaux, au nombre de trois par quart de tour, en moyenne. Certains échantillons ont des tubercules peu marqués et presque coniques (PI. YIII, fi'g. 3 a); d*autres, des tubercules plus accentués et tendant à s'allonger en forme de cote (PI. YIII, fig. 6). D*autre part, le méplat ventral est bordé par une double rangée de tubercules allongés, presque de petites côtes, diriges obliquement en avant, au nombre de 10 par quart de tour. Ces tubercules limitent généralement une légère dépression ventrale, qui fait défaut dans certains échantillons. Dans les grands exemplaires (PI. VIII, fig. 5), les tubercules sont très accentués ; ils sont toujours séparés des côtes par une bande lisse. Un des échantillons a conservé, sur la chambre cl*habitation, des restes de coquille. Celle-ci paraît lisse ; je n'y ai pas vu les stries fines indiquées par Fourtau.
Les cloisons sont bien du type Neolobites ; cependant elles offrent des variations considérables, non seulement dans la forme et la grandeur des éléments, mais même dans leur nombre. Certains échantillons montrent cinq selles (fig. 78), tandis
Fig. 78. — KeoL Fourlaui (éch. Fio. 79. — Neol, Fourlaui (èch. IM. VHI,
PI. VUI, ng. 3 ; r = 37). fig. 4; r = 40).
que d'autres échantillons en possèdent sept (fig. 79) : il y a tous les intermédiaires. Le lobe externe est généralement très court et offi*c deux pointes plus ou moins divergentes. Il est suivi par une première selle basse, comme aplatie à la partie supérieure, accusant, dans quelques cas, une inflexion très marquée. Le premier lobe, qui est assez étroit, pourrait être qualifié d'adventif. La deuxième selle est généralement plus large que la précédente et toujours plus haute. Le deuxième lobe est toujours plus développé que le premier, tant en largeur qu'en longueur ; il dépasse notablement le lobe siphonal. La troisième selle est à peine plus petite que la deuxième, tandis que le troisième lobe est beaucoup plus réduit que le précédent. La quatrième selle est, en général, un peu moins large et moins haute que la troisième. Elle est séparée par un petit lobe (quatrième) d'une selle souvent basse et large, à sommet presque rectiligne. Dans certains cas, cette cinquième selle est la dernière ; après le cinquième lobe, très réduit, la ligne suturale remonte à peine (fig. 78). Dans d'autres cas (Cig, 79), on voit apparaître trois denticules très faibles, origine de trois selles. Celles-ci peuvent èti-e bien
individualisées ; on compte alors sept selles, les trois dernières étant petites, assez étroites, séparées par des lobes grêles. Ces diverses modifications s'observent à taille égale.
La partie interne de la cloison n*a pu être vue que sur un échantillon ; on y compte trois selles à contour arrondi, séparées par deux lobes courts ; le lobe antisiphonal paraît notablement plus large.
Il ne nous a pas été possible d'observer les modifications de la cloison avec rage ; d'ailleurs, ces modifications paraissent faibles, autant qu'on peut voir sur la portion libre des tours inlerncs.
FouRTAu donne comme caractéristique de son espèce : Tétroitesse des lobes et la forme en anse de panier des selles. Ces caractères se présentenl, en effet, dans certains cas, sans avoir rien de constant. La figure de cet auteur montre que les deux côtés de chaque lobe sont à peu près parallèles entre eux ; or, c'est presque l'exception sur nos exemplaires. Les lobes sont généralement pinces en leur milieu et élargis à la partie terminale ; la forme de celle-ci est comparable à celle de l'extrémité des lobes à* Engonoceras ou de Placenticeras, abstraction faite de^ denticulations qui peuvent exister dans ces deux genres. D'autre part, si les selles sont quelquefois en anse de panier, elles sont souvent dissymétriques, déjetées vers l'ombilic ; elles ont fréquemment, en outre, un contour réniforme, rappelant les selles des vrais Sphenodiscus.
J'attirerai enfin l'attention sur la courbure générale de la ligne suturale. Sur quelques-uns de nos échantillons, la direction générale des cloisons est presque celle des rayons ; c'est sensiblement ce qu'indique la figure de Fourtal . Bien souvent, au contraire, la ligne suturale descend légèrement jusqu'au deuxième lobe, puis s'infléchit fortement en avant. Enfin, à taille égale, l'intervalle des cloisons ' est assez variable ; celles-ci arrivent souvent à se toucher.
Rapports et différences. — Par son aspect général, par la dimension de son. ombilic, par la rangée externe de forts tubercules, cette espèce se distingue facile- , ment de ^V. Vibrayeanus et de N, Peroni, dont elle reste cependant très voisine. ,
Gisements. — Huit à dix fragments plus ou moins importants. Est du bou el Hanèche, Mrhila (Kef Si A. E. K.), pied E de la colline cotée 3o3, sur la rive droite de l'O. Hachichina (feuille de Bir Rekeb). Cénomanien.
J'inscris cette ammonite sous le nom de M. Fourtau qui nous l'a fait connaître le premier et à qui nous sommes redevables d'intéressants travaux sur la géologie de l'Egypte.
3 la ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
Genre FUCKIA Pervinquière 1907
Coquille discoïdalc, à section ovalaire ou ogivale, à tours modérément embrassants ; flancs complètement lisses sur le moule interne, paraissant porter sur le test
de fines stries falciformes. Cloisons de goniatite (fig. 80) comprenant trois selles, deux lobes laté-
v' -/^^"^^"^^O fi/'^'V'^^ vaux et le commencement d'un troisième ; lobe
,^\."\^ vy siphonal entamé par une sellette siphonale semi-
FiG. 80. — F/ickia 5tmp/cx X s (éch. PI. IX, ovalaire ; premier lobe latéral plus long que le
' flg. 3 ; f* = 3,5) .
lobe siphonal. Tous les éléments, selles et lobes, absolument entiers et arrondis. Le genre ne renferme encore qu'une espèce (Flickia simplex), laquelle appartient au Cénomanien inférieur.
Pour trouver une cloison analogue, il faut remonter jusqu'au Trias, au moins, par exemple à Nannites, spécialement à Nann. fugax Mojsisovics (*), mais cette ammonite a une forme globuleuse. Au contraite, parmi les Géphyrocératidés, nous connaissons des ammonites qui ont, non seulement là cloison, mais aussi la forme générale du fossile qui nous intéresse ; je citerai comme exemple les Lecanites, tout spécialement Lecanites planorbis Waagen (*) du Trias indien et Lecanites Vogdesi Hyatt et Smith (*) du Trias américain. Cette dernière espèce a presque identiquement la cloison de notre ammonite, comme on en jugera par le dessin ci-contre (fig. 81), emprunté à ces auteurs. La forme générale de la coquille est la même, mais il y a de faibles côtes, 'qui manquent dans d'au- fio. si. - Lecanites Vogdesi x 4 ,
, . , 11, d'après Htatt el Smitu.
très espèces du même genre (par exemple dans Lecanites Knechti Htatt et" Smith, ou encore Lcc, planorbis Waagen), de môme que dans l'ammonite qui nous occupe. Bien entendu, il s'agit uniquement ici d'analogies morphologiques, qu'il était cependant intéressant de relever.
A vrai dire, il existe dans le Cénomanien lui-môme un genre d'ammonites à cloisons très simplifiées : c'est Neolobites, dont il vient d'ôtre question. N'aurionsnous pas affaire tout simplement à de jeunes Neolobites 7 Je ne le pense pas. La cloison, qui très simple dans les deux cas, présente néanmoins des différences notables. Dans Flickia, les éléments sont moins nombreux (trois au lieu de cinq à sept), ce qui pourrait ôtre simplement le résultat de la difTérence de taille, car je ne possède que de petits échantillons. La cloison de Neolobites présente une courbure générale qui ne s'observe pas ici, mais surtout les éléments ont, dans ce dernier genre, une allure très spéciale : les lobes sont toujours fortement pinces, de môme
(i) Mojsisovics : Cephal. d. mcditorranen Triasprovinz. — Abhandl. K. K. Geol. Rciclisanstalt, vol. X, p. an. PI. XXXIX. flg. lo.
(a) Waagen : Salt-Rangc foss., vol. II, p. 378, PI. XXXIX, tig. 3 a-c.
(3) A. Hyatt et J. P. Smith : The triasic Cephalopod gcnera of America. — U. S. G. S. Prof, pap., n* 4o, p. 139. PI. LX, flg. la-aa ; LXXV, io-i3.
CÉPHALOPODES DES TERRAITfS SECONDAIRES ai3
que les selles, lesquelles sont fréquemment déjetées, tandis que, dans Flickia, lobes et selles sont droits et librements ouverts. Le lobe sipbonal de Neolobites est très particulier, avec ses deux branches divergentes, qui se retrouvent dans Engonoceras, mais qui n*ont pas leur semblable dans Flickia. Ce dernier genre a une première selle élevée, droite et entière, au lieu de la première selle fuyante, tendant à se subdiviser, qui est une des caractéristiques de Neolobites. Ces différences paraissent ne porter que sur des détails ; j*estime ces détails importants, d'autant plus que la cloison est très simple dans chaque cas et qu'elle a, par suite, moins de latitude pour varier.
Si nous nous plaçons au point de vue de la forme extérieure, nous ne trouverons pas non plus accord entre les deux genres. Flickia a un ombilic assez ouvert, tendant même à s'ouvrir davantage avec Tâge, tandis que les Neolobites ont toujours un ombilic étroit, extrêmement petit dans le génotype : Neol, Vibrayeanus d'Orb. Dans Neolobites, la région ventrale est tronquée, bicarénée, et même déprimée entre les deux arêtes, lesquelles sont ornées de fins tubercules ; dans Flickia, la section est arrondie ou ogivale. Or, cette différence de forme ne paraît pas tenir à Tâge, car, si je n'ai pas réussi à dégager les tours internes de Neolobites, j*ai pu voir que ceux-ci étaient déjà tronqués à une taille comparable à celle de nos ammonites. J'ajoute que l'une de ces ammonites a conservé une grande partie de sa loge d'habitation, laquelle possède un pourtour arrondi, et qu'un autre échantillon montre, avec une partie de la loge, des cloisons extrêmement resserrées, emboîtées les unes dans les autres ; cela prouve que l'accroissement était terminé ou ne se faisait plus que très lentement ; cette petite ammonite de i5 mm. est donc comparable à un Neolobites adulte. On voit que les différences sont loin d'être négligeables ; aussi ai-je cru devoir séparer le genre Flickia de Neolobites.
11 m'a semblé encore moins possible de faire entrer mes ammonites dans le genre Lopholobites, créé par Hvatt (*) pour Neolobites (?) Cotteaul Nichlès (*). Cette ammonite a un peu la section des nôtres, mais avec un ombilic complètement fermé. Quant aux cloisons, bien que relativement simples, elles sont beaucoup plus compliquées que celles de Flickia et rappellent plutôt les cloisons de certaines espèces de Pulchellia.
Bref, je considère le genre Flickia comme distinct, bien que je sois dans rimpossibilité d'indiquer ses affinités réelles. Je le laisse provisoirement à côté de Neolobites^ ce qui ne nous apprend pas grand chose, car nous sommes presque aussi embarrassés pour attribuer à celui-ci une place dans la classification.
Je me fais un véritable plaisir de dédier ce nouveau genre à mon ami le C Flick, qui a mis si libéralement à mon entière disposition la magnifique collection de fossiles formée par lui pendant ses campagnes de ^Tunisie, comme Chef de brigade topographique.
(i) IItatt in Zittel-Eastmann : Tcxt-book of Pal., p. Sgo. — Psciidoccratitcs, p. iVi. (a) NicKLès : Pal. SE Espajyne, p. 5/j, PI. V, fiç. 9 ah.
ai/| ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
Fllckia simples Pervinquiere 1907
PI. I\, fig. a a-b, 3 a-b, /i, 5 a-b
1903. Formes affilies dos Pulchellia Pervinquièrr : Et. géol. Tun. cent., p. 71, 72.
Diamètre
Hauteur du dernier tour. .
Épaisseur du dernier tour.
Largeur de l*ombitic
l-HI. £ch. figures PI. IX, llg. a, 3, /|. — IV. Ëch. du N du Bargou, un peu déformé, mais muni d'une partie de sa loge d'iiabilation.
Dans la jeunesse, cette ammonite est assez épaisse, la section des tours étant plus large que haute ; la plus grande épaisseur est située non loin de l'ombilic ; les flancs sont régulièrement bombés et la région ventrale largement arrondie. L*ombilic est profond et assez étroit, les tours se recouvrant sur les deux tiers environ. La fig. a de la PI. IX montre cette forme, qui correspond sensiblement au troisième tour. Ensuite (PI. IX, fîg. 3), les tours s'accroissent plus vite en hauteur qu'en largeur et Fombilic s'ouvre un peu ; la région ventrale est toujours arrondie. Plus tard, elle peut conserver cette forme, mais elle tend généralement à s*amincir, sans devenir jamais tranchante ; la section est alors ogivale (PI. IX, fîg. 4-5) ; les flancs sont faiblement bombés, tandis que l'ombilic, peu profond, laisse voir, nu moins, la moitié du tour précédent ; une ligne spirale, visible sur les flancs, permet de reconnaître que, dans la partie disparue (au moins i/3 de tour), l'ombilic était encore un peu plus large. Le plus grand échantillon que je possède (i5 mm.) est malheureusement déformé ; il est néanmoins très intéressant, car il possède une partie de la loge d'habitation (i/a tour) ; sur celle-ci, le pourtour est un peu phis arrondi que sur l'échantillon précédent. 11 paraît y avoir 5 tours au total. A aucun stade, il n'y a ni côtes, ni tubercules ; à peine la loge d'habitation montrc-t-elle de fines stries falciformes.
Ce qui donne à Fllckia simpiex son intérêt principal, c'est la cloison, qui est d'une étonnante simplicité, comme le prouvent les figures 8o et 8a, prises sur des échantillons nullement usés ; en somme, c'est une cloison de goniatite, comme je lai déjà dit plus haut. Elle comprend, outre le lobe siphonal, trois selles, deux lobes et le début d'un autre ; selles et lobes sont absolument entiers, sans aucune inden talion (^). La cloison est d'ailleurs très constante et ne F.o"82.-F/idWafi»ip/t«xi.33 montre que de faibles variations dans la lar-cur des ôlr- (èch. PI. IX, fig. 4; r = 4,7). mcnts. Lcs trois premiers éléments sont droits et prcs([no
d'égale largeur ; il arrive même que la première selle est plus rtroitc cpic la
(i) La fig. 8j montre, dans le lobe siphonal, une très petite dent, qui nV\i«^lo inrini- pa- «lan^ la n'a lité; l'autre figure est plus correcte à ce point de vue.
CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 3l5
suivante ou que le lobe voisin. Ce premier lobe dépasse notablement le lobe siphonal ; le deuxième lobe est déjà bien plus court que le précédent. La partie interne de la cloison m'est malheureusement inconnue. Outre l'échantillon de i5 mm. cité plus haut, un échantillon de ii mm. seulement montre déjà le resserrement et l'emboîtement des cloisons, qui caractérisent la vieillesse ; il possède également une petite partie de la loge.
Rapports et différences. — Cette ammonite ne saurait être confondue avec aucune autre, pas môme avec Neolobites Vibrayeanus d'Orb. ou Neol. Fourtaui Pery., car elle possède un pourtour aminci ou arrondi, et non carré. Au surplus, quoique les deux cloisons soient très simples, la forme des lobes, spécialement celle du lobe siphonal, est assez différente dans les deux cas.
Gisements. — Cette curieuse espèce ne paraît être commune nulle part ; je Tai rencontrée cependant dans plusieurs gisements vraconniens du Nord et du Centre. Dix spécimens pyriteux de Si Abd el Kerim, du Guern er Rhezal et de la région située, entre le Zrissa et le bou el Hanèche (coll. Flick et la mienne).
Genre HOPLITOIDES von Kqenen em. Solger et Pervinquière
Ce genre a été établi, en 1898, par von Kgenen (*), pour des ammonites du Cameroun qu'il avait d*abord rapportées à Neoptychiies, La définition primitive est d'ailleurs très insuffisante et on doit à Solger (*) de l'avoir précisée. Je me vois dans l'obligation de la modifier légèrement, pour y faire entrer quelques ammonites tunisiennes qui ne peuvent trouver place dans aucun autre genre ; j'éviterai ainsi de créer une nouvelle coupure générique. Voici dès lors la diagnose de ce genre :
Coquille à section élevée et à ombilic étroit. Région ventrale tronquée par un méplat ou même marquée par un léger sillon dans la jeunesse ; dans les formes les plus anciennes (Turonien), ce méplat ventral peut persister à Vétai adulte, tandis qu'il disparaît dans les plus récentes (Sénonien), la région ventrale devenant alors tranchante ou arrondie. Flancs lisses dans l'adulte, mais pouvant porter, jusqu'à un âge plus ou moins avancé, des tubercules ombilicaux et des côtes en S s'arrêtant au méplat.
Cloison caractérisée par l'élargissement considérable du premier lobe latéral, d'ailleurs assez court, qui se fond, en quelque sorte, avec les divisions de la première selle. Deuxième lobe beaucoup plus réduit et peu différent des deux à cinq
(i) V. KcKifEN : Nachlra»? Foss. Miingo in Kamerun, p. 53, Ne pas confondre /fop/iloû/(;5 avec Hoplitides, ffenrc propose uitcrieuremenl par le mt>nie auleiir. En réalité, ce sont là deux Tormes du même mol; il C.4 éminemment regrettable d'employer deux vocaM »s si semhlable:^ pour des choses tout à fait différentes.
(a) Solger: Kamenin, p. 127.
ai6 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
lobes auxiliaires qui lui font suite, les uns et les autres étant peu ramifiés et simplement denticulés. Première selle peu large. Lobe siphonal plus profond que le premier lobe latéral dans la jeunesse, mais devenant généralement beaucoup plus court avec l'âge. Cloison placée presque toujours de façon dissymétrique et plus ou moins déplacée vers l'un des côtés.
La modification que j'ai apportée à cette définition consiste simplement en ce que . certaines espèces peuvent conserver, à l'état adulte, leur méplat ventral. Gela nous amène immédiatement à distinguer deux groupes dans le genre Ilopliioides :
i) Formes à méplat ventral persistant ou Hopliioides bicarénés (Turonien) ;
2) Formes à méplat passager, ultérieurement remplacé par une région ventrale amincie, susceptible de s'arrondir à nouveau, quand l'ammonite atteint une certaine taille ; Hopliioides monocarénés (Sénonien).
Du moment que ces formes tranchantes du Sénonien ont, dans leur jeunesse, un méplat ventral, il n'y a rien de surprenant à ce que leurs ancêtres du Turonien aient conservé ce méplat toute leur existence.
Je ne reprendrai pas la discussion minutieuse faite par Solger. Contrairement à l'opinion de von Kgenen, je crois que Hopliioides n'a rien de commun avec Hoplites Leopoldinus d'Ord.; bien préférable me paraîtrait l'idée émise par Solger de rattacher ce genre à Sonneratia quercifolia d'Orb., quoique la liaison ne soit pas évidente. Si l'assimilation que je propose est justifiée, autrement dit, si les deux ammonites turoniennes décrites plus loin appartiennent bien au genre Hopliioides, une troisième solution pourrait être proposée. Hopliioides mirabilis Perv. présente exactement la forme et la cloison de divers Engonoceras, à tel point que, si je n'avais eu que cette seule espèce, je n'aurais pas hésité à la placer parmi les Engonoceras, lesquels sont précisément représentés dans le Cénomanien de la Tunisie. Par contre, Hopliioides Munieri conserve des cloisons qui s'éloignent de celles d'Engonoceras, pour se rapprocher de celles de Hopliioides. L'hypothèse de la filiation à'Engonjoceras et de Hopliioides se heurte d'ailleurs à deux difficultés : d'abord, les Engonoceras ne sont lisses que dans la jeunesse et acquièrent généralement, avec l'âge, des tubercules et des côtes ; en outre, Hopliioides mirabilis a des cloisons d* Engonoceras à un âge assez avancé seulement, tandis qu'à un stade antérieur les subdivisions du lobe sont moins individualisées. 11 faudrait donc admettre que les Hopliioides sont des formes régressives, ce qui est possible, mais insuffisamment démontré.
Quoi qu'il en soit de cette question théorique, il est intéressant de rencontrer de vrais Hopliioides en Algérie et en Tunisie, car, jusqu'à ce jour, on no les connaissait qu'au Cameroun.
fi:^(l)
1. — HOPIiITOIDES BIGARÉNÉS Hoplltoldes Mufilerl Pervinquière 1907
PI. X, fig. I a-6, a ab
Diamètre 58 (1)
Hauteur du dernier tour.. 3â (0,54)
Épaisseur du dernier tour. 16 (0,28)
Largeur de l'ombilic 5,5 (0^09)
Largeur du méplat 5 (0,08)
I. Éch. d'A. el Glaa. — H. Éch. PI. X, «g. u — III. Éch. PI. X, fi{?. a. — IV. Êch. du Draa cl Miaad.
Coquille discoïdale, à enroulement très serre (tours presque enlicrcment embrassants). Section des tours très élevée, sublancéolée, tronquée au sommet. Région ventrale bicarénce, méplat ventral lisse, faiblement déprimé dans le jeune âge. Flancs lisses (ni côtes, ni tubercules), régulièrement mais très faiblement bombés. Ombilic petit, à paroi verticale, mais à bord arrondi. Loge d*habitation ayant, au moins, 3/3 de tour.
Cloison (fig. 83) placée de façon dissymétrique, un peu reportée vers le côté droit. Cinq selles décroissant régulièrement. Lobe siphonal court, offrant deux branches divergentes. Première selle large, présentant des festons irréguliers. Selles suivantes arrondies dans la jeunesse, portant souvent une indenlation médiane dans Fadulte. Premier lobe très large et un peu plus ,>-^V ) (
long que le lobe siphonal; il est subdivisé en un , j \Çy.^ X^^^**^^"^"^^:'
certain nombre de branches courtes (quatre en pio. 83 — /iop/t7otdesifumm (éch. pi. x, moyenne) par de petites sellettes, la sellette mé- ** »'* = *'•
diane étant généralement plus accentuée et pincée. Deuxième lobe déjà beaucoup plus i*éduît que le précédent et peu difTérent des suivants ; tous portent de petites pointes peu régulières ; cependant, tous ces lobes tendent vers une division symétrique.
Cette ammonite paraît peu variable dans sa forme ; seules, Tépaisseur, la largeur du méplat et celle de l'ombilic peuvent se modifier quelque peu. Les cloisons sont moins stables, car, sur quelques exemplaires, les sellettes subdivisant le premier lobe tendent à s'élever et surtout à s'élargir ; le lobe se rapproche alors de la forme qu'il affecte chez divers HoplUoides du Cameroun.
Rapports et différences. — Cette ammonite est facile à distinguer de toutes celles déjà décrites. La persistance du méplat ventral la différencie immédiatement des HopUtoides du Sénonien, dans lesquels la section devient presque tranchante.
Ileterotissotià neoceratUes Peron a sensiblement la même forme générale, mais porte des côtes bien marquées ; d'ailleurs, la cloison diffère.
ai8 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUMIS1E?IME
La forme de notre fossile est plutôt celle des jeunes Engonoceras ; toutefois, à l'âge adulte, ce dernier genre acquiert des côtes ou, tout au moins, des tubercules ; en outre, la cloison appartient à un type qui paraît tout autre, au premier abord, et c'est là ce qui. m'a empêché de placer mes ammonites dans le genre Engonoceras.
Il me semble bien probable que l'ammonite de Brézina figurée par Peron |^), sous le nom de Discoceras cf. Largilliertianum, et qui a été recueillie en compagnie d*Amm. peramplus, appartient, en réalité, à Hoplitoides Munieri, dont elle diffère seulement par une épaisseur un peu plus forte ; toutefois, les cloisons étant inconnues, on ne peut rien affirmer à ce sujet.
Gisements — Cinq exemplaires entiers et quelques fragments provenant tous du Turonien inférieur, principalement du Draa el Miaad, mais aussi du Bireno (A. el Glaa) et du Semmama (grand escarpement du Sud), où ils persistent au Turonien supérieur.
C'est avec un sentiment de reconnaissance que je dédie cette intéressante ammonite à mon regretté Maître Mlnier-Ciialmas, dont la bienveillance à mon égard ne s'est jamais démentie et qui m'a fait profiter bien souvent de sa sagacité et de sa profonde connaissance des ôtres fossiles.
Hoplitoides mirabilis Pervinquiere 1907
PI. \, fïg. 3 ah
Diamètre 160 (1)
Hauteur du dernier tour 90 (0,51)
Épaisseur du dernier tour 42 (0,26)
Largeur de l'ombilic 8 (0,05)
Largeur du méplat U (0,07)
Cette ammonite a la même forme que Hoplitoides Munieri et les différences extérieures sont d'ordre secondaire. Par contre, les cloisons s'écartent tellement des
, , précédentes, que j'ai
\)jc ! ^^^ devoir créer une
^^ /-"^ r"^^ r^ r\ / ?* i •'* nouvelleespèce, qucl-
\^kr w iW / \ 1 ^ MiC î *®^ ^^^ soient, d'ail-
Vlr C /^ r^ [^ ' ' leurs, les variations
/ LJ ( vwJ observables dans
^^Aj^ d*aulres Hoplitoides.
F.C. 8i. - noputouics mirabilis (éd.. PI. X. Ojç. 3 ; r = 80). Qes cloisons sont bien
visibles sur la photographie, mais elles sont singulièrement difficiles à suivre, quoique en parfait état ; aussi m'a-t-il paru utile d'en isoler une (fig. 84).
Au premier coup d'œil, cette cloison paraît diflerer totalement de celles de Hoplitoides Munieri : les éléments sont beaucoup plus nombreux, les seUes allongées,
(i) Peroîi : Amm. Crél. siip. Algérie, p. ,'io, PI. I, fipr. 6-7.
CÉPHALOPODES DES TERRAL^S SEGO?fDAIRES aiQ
phylloïdes ; enfin, au voisinage de la loge (dont une faible partie subsiste sur Téchantillon), les cloisons s'emboîtent de telle sorte qu'il devient impossible de les suivre. Un examen attentif montre qu*on peut passer d'un type à l'autre. Dans la cloison de Hoplitoides Munieri, accentuons les lobules qui entament la première selle, ainsi que les sellettes divisant le premier lobe, nous obtiendrons le nombre voulu d'éléments ; il suffira alors de pincer les selles ou sellettes du premier lobe et d'accentuer les indentations des selles suivantes pour avoir la cloison de Hoplitoides mirabilis.
Dès lors, il pourrait paraître naturel de penser que ce sont là simplement des modifications dues à l'âge. Il n'en est rien ; le grand exemplaire (177 mm.) de Hoplitoides Munieri, dont les mesures sont données sous le n** IV, a très sensiblement la même cloison que les deux petits spécimens figurés ; cette cloison diffère donc notablement de celle de l'ammonite qui nous occupe maintenant, et c'est pourquoi je propose de considérer cette dernière comme une espèce spéciale.
Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer combien cette cloison de Hoplitoides mirabilis est proche de celle des Engonoceras. Comme la forme générale est la même, je n'aurais pas hésité, malgré l'absence d'ornementation, à ranger mon ammonite dans ce dernier genre, si je n'avais connu que Texeniplaire figuré ; mais cette ammonite se relie indiscutablement à d'autres, dont j'ai fait Hoplitoides Munieri, et qui proviennent, sinon du même gisement, du moins du même niveau. Or, la définition du genre Engonoceras empêche d'y ranger cette dernière espèce, tandis que celle-ci peut, à la rigueur, trouver place dans le genre Hoplitoides, si on accepte la modification que j'ai proposée plus haut.
Gisement. — Un seul exemplaire complet et un fragment, provenant du Turonien inférieur du Mrhila (Si( et Telia).
II. ~ HOPLITOIDES HONOGARÉNÉS Hoplitoides Ingens von Koe?if.?i cm. Solger
PI. IX, ng. 8 a-6, 9 a-b
1897. Sphenodiscus Requieni Peron (non u'Orb.) : Arnm. Crét. sup. Algérie, p. 34, PI. IV, fig. â-3; XVU, 4-4 bù.
1897. Neoptychites ingens v. Koenen : Foss. Unt. Kreide Mungo, p. 12, PI. II, llg. 5-8.
1898. Hoplitoides ingens v. Koenen : Nachlrag, p. 58, PI. V, fig. 3 ; VII, 4-5. 1898. Hoplitoides Wilsingi v. K^nen : Ibid., p. 59, PI. V, fig. 2 ; VI, 6-7.
1903. Sphenodiscus indéi. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 115, 116, 117.
1904. Hoplitoides ingens Solger : Kamerun, p. 137, PI. V, fig. 8-10.
Diamètre
Hauteur du dernier touc
Épaisseur du dernier tour
Largeur de l'ombilic