‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 36 sur 84 · XI · texte numérisé non relu

XI

1 II m IV

Diamètre 100 (1) 21 (1) 17 (?) (1)

Hauteur du dernier leur 38 (0,38) 53 7 (0,33) 5,5 (0,32)

Épaisseur du dernier tour. . 45 (0,45) 63 7,7 (0,37) 4,7 (0,28)

Largeur de rorobilic 44 (0,44) 9,5 (0,45) 6,5 (0,38)

I. Forme typique. Ech.de Sidi Aïssa. — II. G ro!) fragment du Mrhila. — III. Var. spinosa, PI. XI, lîg. 3.

— IV. Var. orientalis ?. PI. XI. fig. a.

Cette importante espèce, qui a été rencontrée sur presque tout le globe, n'est pas rare en Tunisie, où elle offre de nombreuses variétés ; je l'ai d'ailleurs interprétée dans un sens très large. Le plus souvent, on la trouve à l'état d'empreintes sur les marnes schisteuses, noirâtres, du Gault supérieur ; elle est alors de taille moyenne (a-io cm.) et ne semble guère s'éloigner du type, autant que Tétat de conservation permet d'en juger.

Par contre, le début du Cénomanien m'a fourni des formes assez variées. Au Mrhila, tout à fait & la base de l'étage (n** i des coupes i4 et i5), j'ai ramassé quelques petits exemplaires pyriteux, assez mauvais, et de grands spécimens calcaires. Ces derniers ont des tours à peine embrassants, une section carrée et une forte ornementation ; les tubercules du milieu des flancs sont bien marqués ; le tubercule marginal a, vers la fin, une tendance à se dédoubler en deux tubercules gémellés ; le premier lobe est bifide. C'est la forme considérée ci>mme typique par Stoliczka (PI. XXVll) et Kossmat; quoique cette opinion ne soit pas évidente, je m'y tiendrai

aSo ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIEIINE

pour ne pas compliquer- la question. Cette forme «st répandue dans toutes les collections ; la localité d'Assigny (Cher) en a fourni de beaux représentants. D'autre part, la collection Flick renferme un très bel échantillon; provenant de Sidi Aïssa, qui répond pleinement à la figure de Pictet (Grès verts, PI, IX, fig. 6) ; ie premier lobe y est profondément bifide. Par contre, un fragment du Trozza (coll. AuBEaT), qui appartient assurément à la même espèce, montre un* premier lobe à trois pointes ; les côtes sont plus incurvées que de coutume.

Un grand fragment, à section carrée, du Mrhila, présente le même dédoublement du tubercule marginal que les échantillons déjà cités, mais le tubercule du milieu des flancs a complètement disparu, tandis que toutes les côtes sont simples ; si ce n'est pas là une modification amenée par l'âge, il y aurait lieu de faire une espèce nouvelle pour cette ammonite, mais, dans l'état actuel, je la connais trop mal pour proposer un nouveau nom.

Le Vraconnien du Dj. Zrissa m'a fourni quelques petits Mort. inflatun\ appartenant à deux variétés bien caractérisées. L'un deux (PI. Xî, fig. 2) présente une section élevée et étroite ; la région ventrale est plate, la carène peu saillante, mais continue, sans sillons bien nets. Des tubercules ombilicaux, pinces dans le sens radial (au nombre de deux pour un demi-tour), partent des côtes, onduleuses, légèrement incurvées en avant, puis en arrière et de nouveau en avant ; entre elles, s'intercalent une ou deux côtes, surtout sensibles près du bord externe, où elles sont semblables aux premières. Toutes les côtes sont un peu surélevées du côté externe ; toutefois, on ne distingue pas de véritable tubercule ; il n'y a pas de tubercule au milieu des flancs. Les tours, autres que le dernier, sont complètement lisses. Au point de vue de la ligne suturale, cet échantillon possède une particularité : le premier lobe latéral se termine par trois pointes. Peut-être est-ce le jeune de la variété orientalis de Kossmat, mais je ne serais pas surpris que ce fût une espèce nouvelle.

Le môme gisement m'a fourni quatre ou cinq exemplaires d'une autre variété (PI. XI, fig. 3), se rapprochant de la troisième variété distinguée par Pictet (*), où les tubercules voisins de la carène sont très élevés çt allongés dans le sens de la spire ; mes exemplaires ont seulement des tours un peu plus surbaissés, d'où il résulte que le deuxième et le troisième tubercule sont plus rapprochés. Pas plus que dans • la précédente variété, il n'y a de tubercules au milieu des flancs, ni de bourrelets ridés à l'extrémité externe des côtes, comme on en observe dans la forme typique. L'ombilic est très large. Ces ammonites du Zrissa oiït; elles aussi, le premier lobe trifide, tandis que d'autres spécimens, provenant du Mrhila, ont ce lobe bifide. Par suite de son aspect particulier, dû au développement des tubercules, ri y a intérêt à donner un nom à cette variété ; je propose celui de var. spinosa. Cette variété spinosa n'est pas sans analogie avec ÏAmrn^ corruptus Stol. (') ; cependant, dans cette dernière espèce, les côtes commencent dans l'ombilic, dont les parois sont modérément inclinées, et le tubercule ombilical est déjà à une notable distance du

(i) Pictet : Grês verts, p. io5 {36i), PI. X. fig. 2.

(a) Stoliczka : Crel. S. India, p. 58, PI. XXXVl, fig. 2 a-c.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES a3t

bord de rombilic, ce qui n'est pas le cas pour nos exemplaires ; j'ignore, en outre, si, dans ces derniers, les deux tubercules du pourtour se soudent en un seul avec l'âge. L'ammonite décrite et figurée par Boule, Lemoine et ïhévenin (*), sous le nom de Schlœnbachia tectorla Wiiite, paraît appartenir à noire variété ; en tout cas, elle est bien distincte de la forme brésilienne, dont la section est différente et où chaque côte ne porte que deux tubercules.

- Enfin, la deuxième variété distinguée par Pigtet, sous le nom de subinjlata (*), se rencontre également en Tunisie (Vraconnien du Mrhila). Mes échantillons étant en débris, je ne puis me rendre compte de l'enroulement, mais on constate que les côtes sont plus nombreuses que dans la forme typique, plus grêles, plus arquées ; elles partent, deux par deux, d'un tubercule ombilical peu allongé et ne portent pas d'autre tubercule ; à peine l'extrémité externe de la côte est-elle un peu renflée. Cette variété peut être parfois dilTicile 4 distinguer de YAmm. Bouchardianas d'Orb. D'autre part, sur l'un des échantillons, les sillons bordant la carène font défaut, ce qui rapprocherait celui-ci de VAmm. Candollianus Pictet.

Si l'on s'en tient strictement aux règles de nomenclature, l'espèce qui nous occupe devrait vraisemblablement porter le nom d'AmVn. rostratiis Sow., qui se trouvô quelques pages avant celui éCinJlaius, Toutefois, il n'est pas évident que ces deux noms s'appliquent à la même espèce ; comme, au surplus, les deux désignations sont du même auteur, du même ouvrage et de la même année, je crois devoir conserver le nom d'Amni. injîalus, qui est employé d'une façon presque universelle.

La section carrée des tours et le mode d'ornementation me font rattacher cette espèce à Morioniceras plutôt qu'à Schlœnbachia, conformément aux vues de Douvillé ; il faut bien reconnaître cependant que, dans le cas présent, la cloison ne nous donne pas un argument décisif. La figure de d'Orbignt (PI. XC) montre un premier lobe trifide. Quenstedt et Stoliczka considèrent cette figure comme inexacte ; ce dernier auteur déclare même (p. 5o) que le premier lobe est invariablement bifide. Cette assertion est assurément exagérée, et j'ai signalé plus haut des cas de trifidité. Néanmoins, c'est là une exception, due sans doute au plus grand développement de Tune des deux pointes primitives. On a également émis l'hypothèse que cette diffé rence est due au sexe, ce qui ne me paraît pas très probable. Cette constatation prouve que la cloison ne saurait fournir un critérium absolu, ce que l'on sait depuis longtemps. Il n'en reste pas moins vrai que la plupart des spécimens d'Amm. injîatus ont le premier lobe bifide. J'ai pu m'assurer qu'il en est ainsi dès le jeune âge, comme le prouve la fig! 98, faite d'après un petit échantillon (diamètre 7 mm.) provenant de Salazac. A titre de comparaison, je donne aussi la cloison d'un jeune Schl. varians de même taille (fig. 93) ; on voit combien la pointe médiane est plus développée dans ce dernier cas ; le lobe est nettement triangulaire, au lieu d'être subcarré ; la selle est également trifide et non bifide.

fi) Boule, Lemoike et Thévekik : C<5ph. Diego- Suarcz, p. 3G, PI. IX, fig. 2. (a) Pictet : Grès verts, p. loA (3Co), PI. X, fig. i a-c.

a33 ÉTUDES DE PALEONTOLOGIE TUN1SIENÏ«£

Gisements. — i ) Forme typique. Albien supérieur ; presque lous les affleurements : Si Abd el Kerîm, Foum Zelga (S du Serdj), Bargou, Hamra, Hamaïma, etc. La coll. Aubert renferme des exemplaires semblables provenant de la région du ben Saïdan, de Medjez el Bab, Si Ahmed et Si Nasseur, Si Sliman, près Tebourba. El Akhouat. La coll. Flick contient un beau spécimen de Sidi Aïssa {*). — Cénomanien inférieur (Vraconnien) : Mrhila (Kef Si Abd el Kader et Foum el Guelta) (coll. Aubert et la mienne).

a) Var. orienlalis (?) : Zrissa.

3) Var. spinosa : Zrissa et probablement Mrhila.

4) Var. subinjïaia: Mrhila (Kef Si A. E. K.). Cette espèce est répandue dans le monde entier.

Mortoniceras Neuparthi Choffat 1905. Schlcmbachia Neuparthi Choffat : Nouv. données Angola, p. 38, PI. II; 111, ftg. 1; IV, 4.

Cette espèce paraît représentée en Tunisie par quelques fragments à section très élevée (hauteur: 8o mm.; épaisseur: 5o mm.), à flancs plats, portant des côtes grêles, nombreuses, serrées, à peine infléchies en avant et n'atteignant pas toutes l'ombilic. Ces côtes n'ont qu'un tubercule ombilical très faible (ou pas de tubercule ombilical) el un tubercule externe globuleux bien marqué ; le tubercule intermédiaire n'est plus sensible dans la vieillesse, mais il est bien net aux stades antéteneurs. Un seul échantillon montre de petits plis transverses sur les côtes. La carène n'est pas bordée de sillons.

Ces fragments ont aussi une grande analogie avec celui qui a été figuré par SzAJNOGHA (Elobi, PI. I), sous le nom douteux de Schl. injlala, mais les côtes sont moins rectillignes. Il est possible que ce soit là une simple variété de Mort, injîa' ium ; toutefois, comme cette ammonite a un cachet assez spécial, je croîs devoir la maintenir comme espèce distincte.

Gisements. — Cénomanien (peut-être Gault) du Nord du Dj. Mrhila, du Sud du Dj. Serdj (en face Ksar Khima) et du Dj. Oust du Bargou. Le type vient d'Angola.

Mortoniceras Eloblense Szajnocha

1884. Schlœnhachia Eiobiensis Szajnocha : Cepli. Elobi, p. 5, PI. IV, fig. 1. 1888. Id. Choffat : Mat. prov. Angola, p. 66, PI. 1, fig. 7-9. 1903. Mortoniceras Elobiense Pervinquière : Kt. géol. Tun. cent., p. 63. 1905. Schl, Eiobiensis Choffat: Nouv. données Angola, p. 37, PL IV, fig. 5,

Un fragment d'ammonite du Gault supérieur du Dj, Hamaïma répond bien à la figure et à la description de Szajnocha. Ce sont les mêmes côtes pl-esque droites,

(i) Je ne vois pas, en Tunisie, de Sidi Aîssa d'où puisse provenir cette ammonite ; je me demande si eUe n*est pas algérienne.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES a33

élargies, mais faiblement renflées au bord externe, et ornées de plis spiraux très accentués. Quoique l'échantillon soit aplati et incomplet, Fattribulion est peu douteuse. La collection Aubert renferme un exemplaire identique provenant de la région du ben Saïdan ou du Bargou.

Un autre fragment (Dj. Oust du Bargou) se laisse plus diflicilement rattacher à Mort, Elobiense ; en effet, rextromité distale des côtes est assez fortement renflée. Cet échantillon rappelle, lui aussi, l'ammonite figurée par Szajnocua sous le nom de SchL injlata (Elobi, PL I), mais Kossmat a fait justement observer (p. 93) que c'était là une forme de passage, plus voisine de VAmm. Elobiensis que de VAmm. injïatus. Cependant, Ghoffat a figuré des échantillons d'Angola dont les côtes se terminent par un tubercule, au voisinage du siphon ; il les considère, néanmoins, comme appartenant à Amm. Elobiensis, ^

Il n'est peut-être pas inutile de faire observer que cette dernière espèce présente une ornementation typique de Morioniceras et non pas de Schlœnbachia.

On sait que les deux espèces précédentes ont été découvertes sur la côte occidentale d'Afrique. Des formes voisines ont été signalées dans le S-E de la France.

Morioniceras Candolilanum Pictet

1847. i4mm. CandoWianti* PicTET : Grès verts, p. 105 (361), PI. XI. 1884. Schlœnbachia Lmzi Szajnocha : Ceph. Eiobi, p. 4, PI. H, (ig. 4. 1903. Morioniceras Lenzi Pervinquière: Et. géol. Tuu. cent., p. 63.

Quelques ammonites du Gault supérieur de Si Abd el Kerim me paraissent se rapporter à VAmm, Candollianus Pictet, car elles répondent assez bien à la fig. 2 de ïa PI. XI de cet auteur. On sait que cette espèce, très voisine de VAmm. injlaias, s'en différencie par un ombilic beaucoup plus étroit et peu profond, par des côtes légèrement onduleuses, fortement épaissies près du pourtour, mais dépourvues de tubercule externe. De plus, la section est moins large et la carène n'est pas bordée de sillons. Comme j'ai affaire à des ammonites écrasées ou à des empreintes, je ne puis vérifier ces deux derniers caractères. En outre, les cloisons étant invisibles, ma détermination demeure incertaine.

Par contre, il ne me paraît pas douteux que SchL Lenzi Szajnocua ne soit la même espèce qu*i4m/n. Candollianas (^). La figure de Szajnocua ne s'éloigne par aucun caractère important de la fig. 3, PI. XI de Pictet et la description n'indique pas de diCTérences.

D'autre ^avirVAmm, Nicaisei Coq., que Peuon rattache à VAmm. injïatus Sow., se rapporterait plutôt à VAmm. Candollianus; j'estime cependant qu'on peut la conserver comme espèce distincte.

(i) n'ne s*agit pas ici des ammonites auxquelles Choffat a applique le nom de SchL Lenzi (Angola, p. 64, PI. I, fig. 3-5 ; et Nouv. données sur Angola, p. 87, PI. III, fig. 2 a-h), qui appartiennent manifeste ment à une autre espèce.

a34 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

11 est fort possible que le nom d'Amm. CandoHianus doive s'effacer devant celui d*i4mm. Goodhalii Sow. (*), ainsi que Pictet l'a déjà pressenti, mais cette question ne pourra être tranchée que par une comparaison des types.

Gisements. — 8-10 exemplaires des marnes noirâtres de l'Albien supérieur de Si Abd el Kerim et 2 ou 3 autres du flanc E du Serdj (Décherat el Agraïne).

Mortoniceras afP. M. Hugardlanum d*Orbigny

PI. XI, fig. h a-b

1840. Amm, Hugardianus d'Orbigny : Pal. fr., p. 291, PI. LXXXVl. fig. 1-2. 1847. Id. PiCTET : Grès verts, p. 108 (364), Pi. X, fig. 3 4.

* Diamètre 28 (1)

Hauteur du dernier tour 11 (0,39)

Épaisseur du dernier tour 9 (0,32)

Largeur de l'ombilic 5 (0,18)

Je rapproche d'Amm. Hugardianus d'Orb., mais sans l'y assimiler, une ammonite du Zrissa qui présente à peu près la même forme, tout en ayant des tours plus bas. Elle possède des tubercules ombilicaux donnant issue à deux côtes, de

part et d'autre desquelles naissent des côtes intercalaires ; toutes ces côtes sont fortement épaissies au pourtour et ne sont bien marquées que là. Or, ces derniers caractères sont plutôt ceux d*Amm. CandoHianus Pictet, mais la cloison (fig 94) s'éloigne assez de celle de cette dernière espèce, tandis qu'elle diffère peu de celle d'Amm. Hugardianus. On remarquera que cette cloison a des éléments asse? élancés et un premier lobe qui n'est franchement ni „ », ai , « w n t'^ ^. bifide ni trifide ; c'est presque autant une

Fig. «4. — Àlurt. afl. M. llugardianum X 6,6 » i ^

(éch. PI. XI, fig. 4; r = 13). cloison dc Schlœnbachia que de Mortoniceras.

Toutefois, la forme générale rappelle celle des espèces que je place dans ce dernier genre. J'y rangerai donc aussi l'ammonite qui nous occupe, en attendant que de nouveaux matériaux permettent de l'étudier plus complètement.

VA mm. Hugardianus appartient à l'Albien inférieur, ce qui est bien le niveau de l'unique exemplaire que je possède. N du Dj. Zrissa.

(i) SowERnT : Min. Concli., vol. ill, ]). loo, PI. CGLV.

Mortoniceras (P) NIcaisel Coquand

PI. XI, fig. i3 a-b, ifi ac i5 ac

1862. Àmm, Nicaisei Coquand : Géol. Pal. S. Constantine. p. 323, PI. XXXV, fig. 3-4.

Diamètre 10,5 (1)

Hauteur du dernier tour 5 (0,47)

Épaisseur du dernier tour ... 4 (0,38) Largeur de l'ombilic 2,5 (0,24)

I. Éch. PI. XI. fig. i3. — II. Éch. d'Aumale (coll. Perox), forme normale. — III. Êcli. PI. XI, fig. i/l, var. mince. — IV. Éch. d'Aumale, id. — V. Éch. de Si Ali (coll. Peuon), PI. XI, fig. i5, var. épaisse.

Cette espèce, citée à diverses reprises en Algérie, n'a généralement pas été interprétée de façon correcte. Peron, après en avoir admis la validité, l'a réunie ultérieurement à VAmm, injïaius (^), estimant que le dessin de Coquand représente mal l'espèce. Après examen des photographies des types de Coquand, je crois qu'on ne peut pas maintenir cette assimilation, ainsi qu'on en pourra juger en examinant la fig. i4 de notre PI. XI, qui correspond au type de Coquand, sauf que l'épaisseur est un peu plus faible. Voici la diagnose de cette espèce :

Coquille plus ou moins renflée, à région ventrale généralement large, ornée d'une forte carène, habituellement sans sillons. Cette carène apparaît au diamètre de 4-5 mm., en même temps que l'ornementation, laquelle consiste en côtes et tubercules. Sur les individus peu renflés, les côtes apparaissent les premières, et les tubercules sont toujours peu marqués ; sur les individus renflés, les tubercules se montrent d'abord. De ces tubercules, situés à quelque distance de l'ombilic (i/3 ou i/4 de la hauteur), parlent deux côtes, qui s'infléchissent en avant près du pourtour ; il y a des côtes intercalaires. Toutes ces côtes s'arrêtent un peu avant la carène et n'ont pas de tendance à se renfler. Les tubercules disparaissent sur la loge d'habitation et les côtes elles-mêmes s'atténuent. L'ombilic est modérément large, les tours se recouvrant environ à moitié.

Les ' variations portent sur la largeur de l'ombilic, sur l'épaisseur des tours et la forme de la section. Les individus épais (n* V des mesures) ont une région ventrale plus élargie et une forte ornementation (tubercules) (PI. XI, fig. i5). Les exemplaires plus minces (n* IV des mesures) ont une section lancéolée et répondent assez bien à la figure de Coquand (PI. XI, fig. i4). I>a fig. i3. PI. XI représente un jeune de type moyen (*). La forme épaisse se rencontre également en Tunisie, mais tous mes exemplaires sont en trop mauvais état pour être photographiés ; aussi leur ai-je substitué un spécimen d'Algérie (coll. Peron).

(i) Peron : Échinides Algérie, Cénomanien, p. 17. Moll. foss. Tunisie, p. 19.

(a) Les cartons de la collection Coqlasd montrent ces diverses formes côte à côte; aucun exemplaire ne possédant exactement le diamètre indiqué par cet auteur, il est impossible de savoir quel est le type.

a36 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

La cloison est susceptible de quelques variations. La fig. '96 reproduit assez bien le type moyen. La première selle est divisée en trois parties inégales, le lobule médian étant prédominant. Le premier lobe reste élargi jusqu'à son extrémité et il est généralement difficile de dire si ce lobe est bifide ou trifide; dans quelques cas,

iv^

upp.

Fio. 95. - Mort Nicaisei X 5 (éch. Fio. %. - Mort. Nieaisei X 6 (éch. PL XI,

PI. XI, flg. 13 ; r = 4). flg. 15 ; r = 7).

il est un peu rétréci en arrière (Cig. 96), mais il ne montre jamais les trois pointes qui apparaissent de très bonne heure dans les Schlœnbachia typiques, comme Schl. varions (fig 92). Les autres éléments sont arrondis ; ils comprennent deux lobes et trois selles.

Rapports et différences. — A mm. Nieaisei n'est pas sans analogie avec Schl. varians, avec lequel on Ta parfois confondu ; cependant, la cloison permettra la distinction. D'ailleurs, l'ornementation n'est pas tout à fait la même, d'autant qu'il faut comparer VAmm. Nieaisei, non pas aux jeunes Amm. varians, mais aux adultes, car plusieurs spécimens possèdent la loge d'habitation et montrent le resserrement des cloisons qui est caractéristique de la vieillesse. Ainsi que je l'ai déjà dit pour d'autres espèces des mêmes gisements, on a affaire ici à des races naines.

La ressemblance est plus réelle avec Amm. injlatas ; toutefois, cette dernière espèce a un ombilic plus large, des côtes renflées à l'extrémité et une carène bordée de sillons; la cloison montre un lobe de moins. La présence de quatre lobes, l'absence de sillons et la largeur modérée de l'ombilic rapprochent Amm, Nieaisei d'yl/nm. Candollianus Pigtet, mais les côtes ne sont pas épaissies à leur extrémité distale; malgré cette difTérence, il faudra peut être réunir les deux espèces.

Le classement générique d*Amm. Nieaisei soulève de nombreuses difficultés. L'ornementation se rapproche autant de celle de Sehlœnbachia que de celle de Mortonieeras, et la cloison ne contredirait pas formellement Tattribution au premier de ces genres. D'autre part, cette ammonite se relie manifestement au groupe d*Amm. Candollianus-injlatus, lequel a des affinités réelles avec les Mortonieeras. Comme je l'ai déjà dit, il sera peut-être nécessaire de créer un genre pour englober les espèces du Gault et du Cénomanicn, qui rentrent assez mal dans Mortonieeras et que, leur cloison éloigne de Schlœnbachia.

Gisements. — Une dizaine d'exemplaires du Vraconnien, appartenant à la forme typique et à la variété renflée: Guern er Rhczal, Pont du Falis. L'espèce est connue en Algérie, à Aumale et à Bogiiar.

CÉPHALOPODES DES TEHAALNS SECONDAIRES iS'J

Mortoniceras proratum Coquand

PI. X[. fig. 5 a-6, 6 a-6, 7, 8 a-6, 9 a-6. 10 a-b, 1 1 a-6, i a 1880. Amm. proratus Coquand : Et. suppl., p. 32 (pas de figure).

Hauteur du dernier tour. . .

Épaisseur du dernier tour. .

Largeur de rombilic 1,5(0,21)

Ëch. figurés PI. XI, fig. 6, 8, 9, 10, 11.

Dans ses Études supplémentaires, Coquand a désigné sous le nom d'Amm. proratus une petite ammonite, qu'il a caractérisée (sans la figurer) par quelques mots si brefs, que je n'avais pas reconnu cette espèce, jusqu'au jour où j'ai eu sous les yeux la photographie du type. Comme cette ammonite est assez commune en Tunisie, il me paraît utile de la décrire et de la figurer.

Jusqu'au diamètre de 4 mm. environ (4' tour), la coquille est lisse et la région ventrale, arrondie; la hauteur surpasse à peine l'épaisseur. A ce diamètre, on voit paraître de très fines côtes, obliques en avant, limitées au quart externe des flancs, en même temps que la région ventrale s'orne d'une file de fins granules ; ceux-ci s'allongent bientôt un peu, tandis que quelques côtes falciformes se prolongent presque jusqu'à l'ombilic. Le test offre de très fines stries d'accroissement, parallèles à ces côtes. Les fig. 5 et 6, PL XI montrent ce stade (diamètre 5-7 mm.); elles répondent exactement au type de Coquand (musée de Budapesl,). Peu après, les granules ventraux se soudent en une carène continue (PL XI, fig. 7). Dès lors, plusieurs cas peuvent se présenter. Dans l'un d'eux, la coquille s'accroîtra et deviendra adulte (comme le prouve la cloison), sans que l'ornementation s'accentue notablement (PL XI, fig. 8). La coquille est alors plate; elle possède une section subr rectangulaire et un ombilic peu large (tours se recouvrant sur plus de la moitié). En général, l'ornementation se renforce ; la fig. 9, PL XI montre précisément le passage du stade précédent à un stade plus orné. A la fin du dernier tour, les côtes sont plus fortes et plus longues; celles qui atteignent l'ombilic se surélèvent légèrement à son voisinage. La fig. 10, PL XI représente une variété à ombilic légèrement plus large, où les côtes sont presque toutes semblables et où aucune n'atteint l'ombilic, ce qui n'empêche pas qu'il y ait des tubercules ombilicaux. .Cet exemplaire possède une partie de la loge d'habitation (i/4 de tour).

Dans tous ces cas, la carène est continue et bien nette, quoique déjà atténuée dans le dernier spécimen. La fig. 11, PL XI . montre un cas où cette carène est crénelée et moins marquée. L'échantillon de la fig. la, PL XI répond au même type, mais témoigne d'une ornementation plus vigoureuse. Malgré les différences importantes que présentent ces derniers individus, par rapport au type, je crois maintenant que ce sont de simples variétés d*Amm. proratus, d'autant plus qu'il y a tous les passages entre eux et la forme normale.

La cloison est assez constante; elle difTère peu de celle à'Amm, Nicaisei, comme le prouve la comparaison des fig. 92 et 97-98. Le nombre des lobes s'élève toujours à 4* Dans ce cas, comme dans l'autre, le lobe siphonal et le premier latéral sont sensi-

Fio. U7. — Mort, proratum X 8 (éch. PI. XI. flg. 8 ; r = 5).

blement de même longueur, quoique ce dernier puisse dépasser l'autre ; le premier lobe latéral montre les mêmes petites branches supérieures que dans le cas précédent, mais ici il est plus nettement bifide. Quand on se rapproche de la loge, les

cloisons se resserrent, s'écrasent et s'emboîtent les unes dans les autres. La fig. 97 nous ofTre un exemple des plus remarquables de ce qu'on a appelé improprement des cloisons sécantes. Pour mieux utiliser l'espace, les lobes s'emboîtent les uns dans les autres, à tel point qu'il est parfois difficile de les suivre. Ce sont là des cloisons presque séniles, et l'individu qui les possède (PI. XI, fig. 8) a terminé sa croissance à un diamètre inférieur à ao mm., les conditions extérieures étant sans douté défavorables à son développement.

Rapports et différences. — J'ai conservé cette espèce, bien qu'elle ait des relations très étroites avec YAmm. Nicaisei, Non seulement la cloison est la même (quoique moins variable dans VAmm, proraius), mais, au point de vue de la forme extérieure, il y a des passages entre l'un et l'autre type. Je ne serais pas surpris que YAmm. proratus fût simplement la variété plate et peu ornée, tandis que YAmm. Nicaisei serait la variété renflée et fortement ornée. Il se pourrait aussi que YAmtn, proratus (qui acquiert des caractères séniles à très petite taille) fût le mâle de YAmm. Nicaisei. Comme on le sait, l'existence de ces deux formes est presque constante dans les Schlœnbachia et les Hoplites^ ce qui serait peut-être une raison pour ranger ces deux espèces dans le genre Schlœnbachia. 11 est incontestable qu*Amm. proratus a une forme et une ornementation d'Hoplitidé (surtout les individus de la PI. XI, fig. 11-12), mais ici les cloisons (fig. 98) sont celles de Mortoniceras ; étant

Fio. 98. — Mort, proratum var. X 8 (éch. PI. XI, flg. 11; r=:5).

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES a39

données les relations de cette espèce avec Amm, Nicaisei et de celle-ci avec Amm. injïaius, je crois devoir les laisser toutes, provisoirement, dans le genre Mortoniceras,

La rangée de granules ventraux, précédant la carène, se retrouve dans certaines ammonites néocomiennes, que Nicklès a également attribuées au genre Mortoniceras. Ainsi, Mort, Sievenini Nigrlès (*) a une forme peu différente, bien que l'ombilic soit plus large, la carène plus saillante, et que les côtes soient plus faibles. Les cloisons sont de même type et également « emboîtées ». Malheureusement, tout lien nous manque, jusqu'à présent, entre ces formes du Néocomien d'Espagne et celles du Vraconnien d'Algérie et de Tunisie.

Enfin, nos ammonites ont également une certaine ressemblance avec Amm, Renauxianus d'Orb. (*), qui appartient également au Yraconnien, mais dont la costulation est quelque peu différente; d'ailleurs, cette dernière ammonite, qui parait être un véritable Hoplites, ne possède pas de carène; il est vrai que les originaux de la PL XI. fig. u-ia laissent à peine distinguer celle-ci.

Gisements. — Une quinzaine d'échantillons pyriteux du Vraconnien du Guern er Rhezal et de Si Abd el Kerim . Le type provient d'Aumale ; l'espèce se rencontre également à Berrouaguiah et au Dj. Guessa (coll. Peron et Thomas).

Mortoniceras (?) Bouchardlanum d'Orbignt

1840. Amm. Bouchardianus d'Orbigny : Pal. fr., p. 300, PL LXXXVIII, flg. 6-8. 1847. /d. PicTET : Grès verts, p. 94 (350), PI. VIll. fig. 7-9.

1907. Schlœnhachia Bouchardiana Boule, Lemoine etTnévENiN : Céph. Diégo-Suarez, p. 39, PL IX, fig. 11.

Cette ammonite paraît représentée dans notre collection par quelques fragments montrant une forte carène, des côtes infléchies en avant, fines et non élargies au pourtour.

Gisements. — Albien supérieur. Si Abd el Kerim, Foum Zelga (Serdj).

Mortoniceras (P) cristatum de Luc

1822. Amm, cristaius de Luc in Brongniart : Environs de Paris, p. 395, PI. VII, fig. 9. 1840. Id. d'Orbigny : Pal. fr., p. 298. PI. LXXXVIII. fig. 1-5. 1847. Id. Pictet : Grès verts, p. 90 (346), PL VIII, fig. 2-5.

Un fragment d*ammonite, qui m'a été remis par M. Ph. Thomas, répond à la définition de cette espèce bien connue. Il s'agit ici de la variété épaisse, à section surbaissée, portant de très fortes côtes doublement infléchies. Cette espèce est le type du genre non défini : Dipoloceras Hyatt.

(0 NiCKLÈs : Prov. Alicante. p. 195. PI. VII, fig. 5-G ; VIII, 6. (a) D'Orbigsy: Pal. fr., p. ii3, PI. XXVII.

a/tO ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Gisement. — Dj. Oum Ali (Cherb, versant méridional). Albien; zone h Glauconia PicteiU Vicaria et Osirea prœlonga. Espèce commune en Europe : Perte du Rhône, Saxonnet, Wissant.

Mortoniceras Bogharlense Coquand

PI. XI, fig. 16 ah

1862. Àmm, Fatrti Coquand (non Ooster) : Géol. Pal. S. Conslanllne, p. 172, PL II, flg. 3-4. 1879. Amm, Boghaiî^nsis Coquand : Et. suppl., p. 35.

La description et la figure de Coquand s'appliquent assez bien à notre unique échantillon, lequel a cependant l'ombilic légèrement plus large. D'après Coquand, les côtes se terminent, du côté externe, par un tubercule, que la figure ne montre pas et qui, au surplus, n'existe sur aucun des exemplaires que nous avons pu voir. Enfin, notre spécimen porte une carène lisse, médiocrement saillante, non bordée de sillons, qui se devine sur la figure, mais dont la description ne fait pas mention.

Les cloisons sont assez mal visibles. La première selle est large et semblé bifurquée ; le premier lobe est large et arrondi ; la deuxième selle, moitié moins large que la première, est arrondie ; il en est de même du deuxième lobe, qui se trouve juste au bord de l'ombilic. En somme, ce sont encore des cloisons de Mortoniceras,

Rapports et différences. — Les espèces les plus voisines de Mort. Boghariense sont Mort. Fischeri Nicklès et Mort. Vidali Nicklès (^), des couches à Hoplites neocomiensis de la Querola. Toutefois, Mort. Fischeri se distinguera toujours aisément par ses côtes simples et sa carène crénelée. Quant à Mort. Vidali^ les tours sont plus épais, plus surbaissés, et la carène est bordée de sillons très marqués.

Gisement. — Un seul échantillon (coll. Flick), provenant de Sidi Youssef. A Aumale, Amm. Boghariensis se trouve avec Amm. Rotomagensis et Amm. Martimpreyi ; c'est donc un fossile du Cénomanien.

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