‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 37 sur 84 · II. — MORTONICERAS sensu stricto · texte numérisé non relu

II. — MORTONICERAS sensu stricto

Mortoniceras Texanum Rgemer

1852. Amm. Texanus Rcemer : Kreide v. Texas, p. 31, PI. III, fig. 1 a-e.

1858. Id. VON Hauer : Ceph. Gosau. p. 10, PL II, fig. 4-6.

I87â. Amm. quinquenodosus Redtenbacher : Ceph. Gosau, p. 108, Pi. XXIV, fig. 3 a-h,

1893. Mortoniceras Texanum de Grossouvre : Amm. Craie8up.,p. 80, PI. XVI, fig. ^4; XVII, i.

1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 122, 123, 131, 133.

(i) NiciLKs; Prov. Alicanle, p. 191 et 196, PI. VII et VlII.

CÉPHALOPODES DES TERRAIMS SECONDAIRES a^T

GeVte ammonite, Tune des pltis caractéristiques du Santonieil, n'est pas très rare dans la Tunisie centrale. On la distinguera toujours aisément à son enroulfement assez lâche, à la section rectangulaire des tours, lesquels portent des côtes nombreuses, simples, rectiMgnes, ornées de cinq tubercules presque équidistant's, sauf les deux derniers du côté externe, qui sont plus rapprochés.

Récemment, un auteur allemand (^) a prétendu que cette espèce avait été mal interprétée par les divers auteurs et, en particulier, par de Grossouvre. Amm, quinquenodosus Redtenbacher serait entièrement différent d*Amm. Texanus R<sm£r, et c'est à la première de ces espèces que devraient être rapportés les échantillons français, nommés Amm. Texanus. La différence que fait valoir Lass^itsi est que Y Amm. Texanus du Texas n'a que ao-a2 côtes par tour, tandis que Y Amm. quin- ^aenodosas et les ammonites figurées par de Grossouvae, sous le nom de Texanus, en ont 3o*33, nombre qui serait très constant. 11 n'en est rien, ea réalité ; mes échantillons montrent des variations notables ; les uns ont aa côtes, d'autres aS* à 3o. On ne peut donc se baser uniquement sur ce caractère pour séparer les deux espèces. De Grossouvre a déjà montré que l'établissement, par RBDTENBAcnBR> à! Amm. quinquenodosus reposait sur une double erreur d'interprétation, commise par ScHLiJTBR, au sujet d*Amm. Texanus. 11 n'y a donc pas lilu de maintenir VAmm. quinquenodosus ; tout au plus, pourra-t-on séparer, sous le nom de Mort. Texanum Rgbmer \^r. -quinquenodosa Redt., les individus ayant a8 à 3a côtes et une section un- peu' moins élBvée que celle du type américain (').

Bien proche de l'espèce précédente me paraît être encore Schlœnbachia (MorUû^ nioeras) OUveii Blanckbnuorn ('). La différence dans le nombre des côtes (a6-a8 côtes,, au lieu de aa pour Amm. Texanus type et de 3a pour la var. quinquenodosa) n^apas grande importance, comme je viens de le dire, pas plus que le faible élargissement de Tombilic. Quant à l'allongement spiral des tubercules externes, il s'observe également dans- le vrai Mort. Texanum. Reste donc le fait que les cinq ttibercules ne sont pas égaux (le deuxième étant le plus faible) et que le premier n'est pas au bord de l'ombilic, mais à quelque distance de celui-ci (comme dans Mort. Emschcris). Enfin, la carène est crénelée et non lisse. Bien que l'absence de figure empêche de se prononcer à ce sujet, ces derniers caractères sont peut-être de nature à justifier une distinction spécifique.

(i) R. Lasswitz : Die Kreidc-Amm. von Texas, p. 3i.

(a) D'ailleurs, ce môme auteur, si sévère pour ses prédécesseurs, ne craint pas, à la page suivante, de réunir dans la même espèce {SchL quattornodosa) doux individus dont Tun a moitié moins de côtes que l'autre et qui, au surplus, n'appartient vraisemblablement pas au même genre I On ne peut donc avoir qu'une confiance limitée dans les assertions de cet auteur, qui ne semble pas avoir eu en mains les échan> tillons types de l'ouvrage (ïe Roemer sur le Texas (i85a), mais seulement des fossiles provenant d'envois ultérieurs, que Rœmer n'eut pas le temps d'étudier entièrement. Un fait montre, d'ailleurs, le soin avec lequel cette revision a été faite : sur la même page 3i (a5i), Lasswitz rapporte les mêmes dessins de la môme ammonite de SchlOteh (Ceph. ob. d. Krcide, p. ^i, PI. XII, flg. i-3) à deux espèces différentes: Sehl. quinquenodosa Redt. var. minuta et ScM. quaUornodosa Lasswitz !

(3) BLA5CKENIIORN : Gcologlc der nâhcrcn Umgebung von Jérusalem. — Zeitsch. des dcutschen Pal&stina-Ve reins, vol. XXVHI, igo5, p. loh. L'auteur ne donne pas de flgurc et renvoie à celle db Lartbt (Exploration géologique de la Mer Morte, p. ii3, PI. VIII, fîg. 4, sous le nom d*Amm. Texanus).

a42 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TLMS1E!«SE

Gisements, — Santonien moyen. Une douzaine d'individus ou fragments : Dyr el Kef (coll. Flick et Pehv.), Souk el Djemaa, Maktar, Kef bou Arara, Dj. Douleb, Dj. Tiouacha. Celte importante espèce est connue en Amérique, en France, en Autriche, en Algérie, peut-être aussi en Palestine.

Mortoniceras serrato-marginatum REDTENBAcnEii

1873. Àmm, senalo-marginalus Redtenbacher : Ceph. Gosau, p. 110, PL XXV, fig. 2 a-d, 1894. Mortoniceras serrato-marginatum de Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 69, PI. XVI,

Og. 1 a-b, 1903. Id. Pervinquiëre : El. géol. Tun. cent., p. 131.

Une ammonite provenant du Dyr el Kef (coll. Flick) est exactement conforme au type de Redtenbacher. Celui-ci est caractérisé par le fait que les cotes portent quatre tubercules et que le troisième (à partir de l'ombilic) est beaucoup plus rapproché du deuxième que du quatrième, de telle sorte que le deuxième et le troisième tubercule simulent parfois un tubercule unique bifide.

Un autre échantillon, recueilli dans la région située au S-E de Thala, appartient sans doute à la même espèce. 11 en est encore probablement de même pour une grande ammonite que j'ai ramassée en dessous de la Kalaat es Senoubrine (Ouled Aoun), mais l'état de l'échantillon ne permet pas d'être aiïîrmatif à ce sujet. J'en dirai autant pour une grande ammonite (sans provenance) de la collection Aubert. Dans ces deux derniers cas, les intervalles séparant les côtes sont à peine plus larges que ces cotes elles-mêmes ; les cotes sont donc nombreuses et serrées, comme dans le type de Redtenbacuer et comme sur les premiers tours du grand exemplaire flguré par de Grossouvre ; les derniers tours de ce même exemplaire montrent que les côtes se sont écartées avec l'âge, sans se multiplier.

Un fragment d'ammonite, trop incomplet pour pouvoir être déterminé exacte^ ment, se rapproche autant de Mort. Zeillen de Gross. que de Mort, serrato-marginatum, car le deuxième el le troisième tubercule sont plus rapprochés que le premier et le deuxième ; ce pourrait bien être, néanmoins, une variété de Mort, serrato-marginatum.

En France, Mort, serrato-marginatum habite les couches supérieures du Coniacien et la base du Santonien.

Mortoniceras Emscheris SchlCter

1876. Amm. Emscheris SchlOteh : Cepli. ob. d. Kreide, p. 155, PI. XLU, fig. 8-10. 1903. Mortoniceras Kmschcris Pervinquikre: K[. géol. Tun. cent., p. 136.

Une anuuonite du Sénonien inférieur du Trozza se rapporte bien à Mort. Emscheris. Comme l'espèce allemande, elle possède des côtes assez espacées, légèrement flexueuses, ornées de quatre (ou peut-être ici cinq) tubercules, dont le premier (le plus interne) est très éloigné du bord ombilical. Ce caractère permettra

de distingaer cette espèce, à la fois de Mort. Texanum et de Mort, serrato-marginatum. Très voisine de cette dernière espèce, notre ammonite s'en dilTérencicra encore par des cotes plus espacées et des tubercules marginaux moins bien individualisés. De Grossouvre (^) dit que Mort. Emscheris appartient au Goniacien, tandis que Mort, serrato-marginatum est habituellement du Santonien inférieur. Mon échantillon ayant été trouvé isolé, je ne puis dire s*il en est de même en Tunisie, d'autant plus que, dans la région du Trozza, il ne m'a plus été possible de distinguer le Goniacien du Santonien.

Mortoniceras Bourgeolslanum d Orbigny em. de Grossouvre

1850. Amm, Bourgeoùianus d'Orbigny : Prodrome, vol. II, p. 212.

1894. Mortoniceras Bourgeoisi de Grossouvre : Amm. Craie siip., p. 73, Pi. XIll, flg. 2;

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