‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 40 sur 84 · Sous-Genre GAUTfflERICBRAS · texte numérisé non relu

Sous-Genre GAUTfflERICBRAS

Peroniceras (Gauthlericeras) MargsB SciilCter

1867. Amm. Maryœ Schlûter : Jûngsten Amm., p. 29, PI. V, fig. 2 a-b,

1894. Gauthienceras Margœ de Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 90, PI. XV, fig. 1-2.

1903. Id, Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 129.

Une ammonite du Kef Gouraï répond assez bien à la définition de l'espèce. Quant aux fragments du Bireno et du Medarga (cités dans mon Étude géologique, p.* lia et 123), ils sont en trop mauvais état pour pouvoir être sûrement nommés ; il semble y avoir parmi eux une autre espèce, qu'il faudra établir quand on aura de meilleurs matériaux.

En France et en Allemagne, cette ammonite habite le Coniacien.

Genre PRIONOTROPIS Meek

Ce genre, créé par Meer ('), en 187C, est assez difficile à interpréter ; néanmoins, il me paraît bien distinct de Prlonocyclus, auquel son auteur l'avait adjoint à litre de sous-genre. Le genre Prionotropls, dont le type est Amm. Woolgari Mantell (ou du moins une forme voisine que Meek lui assimile), comprend des ammonites discoïdales, à carène simple dans le jeune âge, fortement crénelée plus tard ou remplacée par une file de tubercules allongés. Les tours, peu embrassants, portent des

(1) Meek : liiv. cret. foss., p. /|f»3.

CÉP11AI.OPODES DES TEUnAlNS SECONDAIRES 25 ï

côtes incurvées en avant, d*abord fines et serrées, pnis de plus en plus espacées, Ql ornées de tubercules ; il y a généralement un tubercule plus ou moins proche de l'ombilic et deux tubercules à l'extrémité distale des côtes ; le plus externe de ceux-ci s'atténue souvent dans l'adulte, tandis que son voisin se transforme en une véritable corne. On peut ajouter que les tubercules médians peuvent se multi^ plier et devenir plus nombreux que les tubercules marginaux, auxquels ils sont reliés par de petites côtes, limitées à la région ventrale (Pr, papalis).

Les cloisons comprennent 3 lobes de chaque côté. D'après les figures de Meek et de Stanto?î (^), le premier lobe latéral se termine par une longue pointe ou par deux pointes inégales. C'est bien ce qu'on observe chez A mm. papalis ; par contre, les Amm, Woolgari de Touraine ('), que j'ai pu examiner, ont des lobes bifides, un peu irréguliers, il est vrai, mais encore peu diflérents de ceux d'Acanihoceras. Ce premier lobe dépasse le lobe siphonal. Les autres lobes, bien plus petits, se terminent généralement en pointe. La première selle est large et bilobée, comme dans les Acanthoceras,

Il est assez difficile de fixer la position systématique de ce genre qui, au surplus, pourrait bien être hétérogène. La carène, continue dans le jeune ou même le très jeune âge, fait songer à Schlœnbachia, de même que le lobe triangulaire figuré par Meek ; c'est pourquoi Stanton estime que Prionoiropis est plus près de Schlœnbachia que à' Acanthoceras. Cependant, trop de traits le rattachent à ce dernier genre, pour que nous puissions nous résoudre à l'en éloigner complètement. Je rappelle, d'ailleurs, que le véritable Amm. Woolgari possède des lobes bifides. Quoi qu'il en soit, j'adopte ce genre tel qu'il est généralement admis en France. Je n'ai à mentionner ici que deux espèces : Pr. Nepiuni et une espèce nouvelle, à laquelle je donne le nom de Pr. Radenaci.

Prionotropis Radenaci Pervinquiere 1907

PI. \II, fîff. 6 a-c

1903. Mortoniceras (?) Pekvinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 51.

Diamètre 10 (1)

Hauteur du dernier tour 6 (0,38)

— — sur les tubercules 11 (0,69)

Épaisseur du dernier tour 5,5 (0,34)

— — sur les tubercules 9,5 (0,60)

Petite coquille à enroulement médiocrement serré (recouvrement i/3). OmbiUc peu profond, assez large, laissant voir les cinq tours antérieurs. Tours à section presque carrée dans le jeune, un peu plus haute que large à un stade ultérieur. Flancs peu bombés, se raccordant progressivement avec les parois de l'ombilic. Région ventrale arrondie dans l'adulte, un peu amincie dans le jeune âge. Quatre premiers

(i) Stahtor : Colorado formation, PI. XLII, XLUI.

{2) Ces ammonites concordent bien avec la figure de Siiarpe, qui reproduit le lyi>e de Maîitell.

•a5a jÉTUDES de paléontologie tunisienne

tours lisses ; sur le cinquième apparaissent de petites côtes un peu onduleuses, lisses. Le sixième tour (et dernier dans le petit échantillon) porte 16 côtes (on n'en voit que i3 sur le côté droit, un peu abîmé), notablement flexueuses/ Ces côtes s'infléchissent d'abord en avant, au voisinage de l'ombilic, puis se' redressent et restent reclilignes sur la moitié de leur parcours ; elles s'infléchissent de nouveau en avant dans la partie externe. Une ou deux côtes sont moins marquées que les autres, mais il n'y a pas de côtes intercalaires, à proprement parler. Au voisinage de Tombilic, les côtes se surélèvent souvent en un léger tubercule, plus ou moins marqué, suivant la côte considérée. L'extrémité externe de la côte porte deux tubercules saillants (l'externe étant le plus accentué), légèrement allongés dans le sens de la spirale. Cette disposition se rapporte à Tâge moyen.

Au début du sixième et dernier tour, où apparaissent les côtes, la région externe porte une carène continue, faiblement marquée ; puis cette carène continue se dissocie en une ligne de tubercules allongés, en dents de scie, disposition réalisée & partir du milieu du dernier tour sur le petit échantillon. Il y a alors un tubercule médian, un peu en avant de chacune des côtes ; celles-ci s'arrêtent d'ailleurs au tubercule latéral externe. A la fin du dernier tour, le deuxième tubercule (à partir de l'ombilic) tend à s'atrophier ; il est cependant encore visible sur le début du grand fragment, qui correspondrait sensiblement à un septième tour, mais le tubercule a disparu à l'extrémité antérieure de ce fragment* En même temps, les côtes se sont surélevées dans leur partie externe, tout en se prolongeant sur la région ventrale, au point d'atteindre le tubercule médian, lequel est alors porté sur une côte grêle, très saillante. La suite du développement m'est inconnue (au delà de 35 mm. de diamètre environ).

Les cloisons (fîg. 100) sont très simples : quatre selles et trois lobes. Le lobe

siphonal est relativement large et peu profond ; le premier lobe latéral, un peu moins large, mais de même profondeur, se termine en coin ; le deuxième lobe, bien plus petit, a sensiblement la même forme, quoique un peu plus arrondi ; le troisième lobe, très petit, est déjà entièrement dans l'ombi- I lie. Les deux premières selles sont 4e même

Fio. 100. — Pr. Radenaci X 10 (éch. PI. XII, flg. 4: forme et présentent simplement une dent

en leur milieu ; ces deux selles sont plus larges que les lobes qui les précèdent. La troisième selle, beaucoup plus petite et déjà sur la paroi de l'ombilic, a un contour arrondi ; il n'y a qu'un commencement de quatrième selle.

Rapports et différences. — Celte ammonite ressemble considérablement à ÏAmni, Lyelli, bien qu'un examen attentif montre d'importantes difl'érences. Acanthoceras Lyelli a des côtes bien plus nombreuses, droites et interrompues sur la région ventrale, au moins chez l'adulte, tandis que c'est le contraire dans notre

espèce. Dans Ac, Lyelli, les tubercules médians apparaissent sur une zone lisse et ne Tésultent pas de la dissociation d'une carène primitivement continue. D'autre part, les cloisons sont très différentes dans les deux cas. Ac. Lyelli montre un élément de plus ; les selles sont bien plus découpées à taille égale ; le premier lobe et même généralement les suivants sont divisés de façon quelque peu irrégulière et n'ont nullement la forme en coin qui caractérise notre espèce.

Pr, Radenaci a aussi une certaine ressemblance avec Ac, Brottlanum d'Orb., mais la section des tours, la disposition des côtes, l'absence de tubercules, autres que ceux de la rangée médiane, suffiront à distinguer aisément les deux espèces.

La confusion n'est guère possible, non plus, avec Pr. Bravaisiy qui a des côtes beaucoup plus fines et plus nombreuses avec une carène finement dentée.

Le classement générique de cette ammonite m'a fort embarrassé. Son analogie avec Ac. Lyelli m'avait d'abord engagé à la placer parmi les Acanthoceras ; toutefois, la présence d'une carène dans le jeune et la forme des cloisons ne permettent pas cette assimilation. Cette carène peut faire songer à Morloniceras et, de fait, c'est sous cette désignation générique, suivie d'un point d'interrogation, que j'ai mentionné cette ammonite dans mon Étude géologique (p. 5i). Les cloisons rappellent, d'ailleurs, celles de certains Morloniceras du Néocomien, figures par Nicklès, par exemple Mort. Slevenini (^), mais la forme générale est bien différente.

En somme, c'est avec les Prionotropis que notre ammonite présente le plus d'analogie, comme on s'en rendra compte en se reportant aux travaux de Meek, Stanton et Anderson (■). Ce dernier auteur, en particulier, a établi l'existence d'une carène apparaissant au diamètre de 2 mm., d'abord simple et lisse, puis montrant de légères ondulations, au diamètre de 10 mm., et enfin se résolvant en une file de tubercules. On sait, d'autre part, qu'à l'âge adulte, Pr. papalis possède de petites côtes traversant la région ventrale et unissant les tubercules des deux côtés ; dans la vieillesse (26 cm. de diamètre), ces côtes sont relativement moins • nombreuses, mais acquièrent une saillie beaucoup plus considérable, comme j'ai pu m'en rendre compte par l'examen d'un échantillon de Poncé. C'est exactement la disposition offerte par notre ammonite. En outre, les cloisons de ces deux espèces présentent une grande ressemblance ; il en est de môme pour les cloisons de Pr. Woolgari figurées par Meek (■), où la disposition en coin du premier lobe est on ne peut plus nette. Une autre figure (2 b) montre une cloison ayant également une grande analogie avec la nôtre, au point de vue de la forme des selles et du développement relatif des divers éléments,

Prionotropis Hyatti Stanton (*) a une section différente ; à la taille de notre

(1) NiCKLÈs : Prov. Alicanlc, p. i</o, 1»1. VII, flg. 5-0 ; VIII, G. Pal. SE Espaj-no, p. 55, PI. V, fifç. 11.

(s) Meek : Invert. crct. foss., p. /i53 sq(|., PI. VJI, (if?, i ah. — Stanton : (ilolorado forni., p. 174, 176, PI. XLII. — Andeuso.n : Cret. dep. Pacific coast, p. ia5, PI. I, Vig. ii-iG.

(3) Merk. : Invcrt. crot. foss., PI. Vil, lîfç. i h. Peu nous importe, d'ailleurs, dans le cas i)résent, que cette ligure se rapix)rte réellement à Pr. Woolgari ou à une autre espèce; c'est certainement un PrionotropiSt puisque c'en est le type même. D'aut/e part, il est certain que les Pr. Woolgari de Tourainc ont une cloison notablement différente de celle-là.

{h) Staîitoh : Colorado formation, p. 176, PI. XLII, fifç. 5-8.

échantillon, les côtes ne portent pas encore de tubercules ; enfin, les côtes ne se rejoignent pas, dans Tadulte, sur la région ventrale. Ces mêmes caractères serviront à distinguer Pr, Brannerl Anderson (') de notre espèce. D'ailleurs, la ligne sulurale présente des différences faciles à saisir, sans être très importantes.

Quant aux autres Prionoiropis (Woolgari, papalls, oie Jj, }e ne les ai jamais vus à si faible dimension ; pour les adultes, ils ne sauraient être confondus avec Tespèce tunisienne qui les a, d'ailleurs, de beaucoup précédés.

On sait que les Prionoiropis sont, en Amérique, comme en Europe, d'âge turonien. Pr, fîac/e/iad serait donc la plus ancienne espèce du genre (Albien inférieur), à moins que Mortoniceras Fischeri Nicklès (*) ne soit un Prionoiropis, ce qui est douteux, car de vrais Mortoniceras montrent quelquefois de faibles crénelures.

Gisement. — Pr. Radenaci ne m'est malheureusement connu que par un échantillon entier (possédant une partie de la loge d'habitation) et un autre fragment non cloisonné. Albien inférieur. Dj. llamaïma.

Je me fais un plaisir de dédier celle espèce à M. Radenac, contrôleur civil au Kef, grâce à qui j'ai pu circuler aisément dans la région difficile d'où provient ce fossile.

Prionoiropis Neptuni Geinitz

1869, Amm, Neptuni Geinitz : Quadersandslein, PI. 111, fig. 3. 1872. Id. Schlûter : Ceph. ob. d. Kreide, p. 36, PI. XI, fig. 19.

Un fragment d'ammonite du Miaad parait se rapporter à cette espèce, dont il a la section presque rectangulaire, un peu en toit dans la région ventrale, les cotes falciformes et la carène en dents de scie. Cependant, les côtes sont très atténuées sur la moitié interne des flancs et, au contraire, très saillantes sur la moitié externe ; elles ne portent pas de tubercules apparents, mais un échantillon figuré par SghlOter est dans le même cas. Notre exemplaire est, d'ailleurs, trop incomplet pour que la détermination soit certaine.

Une petite ammonite du Mrhila a également le même mode d'ornementation ; toutefois, la région ventrale étant usée, je ne puis voir s'il y avait des tubercules médians ; on constate seulement que les côtes dessinent des chevrons sur la région ventrale. L'ombiHc est très serré et, bien que Schluter signale une grande variabilité dans la largeur de Tombilic d*Amm. Neptuni, l'assimilation des deux formes ne me paraît guère possible. A ce point de vue, notre échantillon se rapproche de l'ammonite figurée par ScwlCter (PI. XI, i]g. lo) sous le nom d'Amni. Goupilianus d'Orb., qui ne saurait d'ailleurs lui être appliqué.

(i) Akiderson : Crct. dcp. Pacific coast, p. ia5, PI. I, fig. ii-iO. (a) NicKLËS : Prov. Alicanlc, p. lyi, PI. VU, fig. ii ; VIII, a.

Gisements. — Un fragment du Draa cl Miaad (*) et un échantillon douteux du Mrhila (Kef Si A. E. K.). Turonien.

Pr. Neptuni n'est pas très rare dans le Turonien d'Allemagne et de Bohême. La collection Arnaud en renferme un exemplaire provenant de Taillebourg.

Genre TUNESITES Pervinquière 1907

Coquille à tours arrondis ou ovalaires, peu embrassants, et à large ombilic, marquée de forts sillons (qui sont évidemment des traces de bouches provisoires) et parfois de côtes flexueuses, portant des tubercules en nombre impair ; il y a donc un tubercule dans le plan de symétrie.

Cloison (fig. 101-102) comprenant deux selles principales, carrées, bifides, et deux selles auxiliaires, très petites. Lobe siphonal plus large et beaucoup plus long que le premier lobe latéral, lequel est vaguement bifide. Deuxième lobe latéral très petit, déjà au bord de l'ombilic, suivi par un tout petit lobe auxiliaire.

Je me vois contraint de proposer ce nouveau genre Tunesites pour quelques petites ammonites appartenant à deux espèces (Tan. Salammbô et Tan. Choffati), qui pourraient, à la rigueur, être des variétés d'une même espèce. Par sa forme, la première de ces ammonites rappelle les Lyioceras munis de sillons, mais la cloison n'a pas franchement les caractères de ce genre ; en outre, on voit apparaître, sur là ligne médiane et à la limite des flancs, trois rangées de tubercules, qui se développent, en s'accompagnant de côtes, dans l'espèce suivante ; les Lyioceras ne montrent jamais rien de pareil. On pourrait songer aussi aux Scaphites à large ombilic (Discoscaphites Meek), qui peuvent porter des côtes, mais ils n'ont pas de sillons. L'ornementation de Tunesites fait plutôt penser à celle de Stoliczkaia, à* Acanthoceras ou de Prionoiropis, genres qui ont une cloison analogue ; toutefois, dans ceux-ci, il ne paraît y avoir de sillons à aucun âge. Au surplus, ainsi qu'on Fa vu précédemment, les tubercules de Prionotropis n'apparaissent pas, comme dans Tunesites, sur une région ventrale lisse ; ils résultent de la dissociation d'une carène continue. Stoliczkaia a généralement des tours plus épais, un ombilic moins large, des côtes droites, souvent épaissies, ne portant jamais d'autre tubercule que celui qui peut exister en dessus du siphon ; il n'y a pas de sillons. Tunesites se rapproche peut-être plus d'Acanihoceras ; cependant il s'en distingue par la forme des tours, lesquels sont arrondis ou ovalaires et non pas subcarrés, par ses côtes ilexueuses et surtout par la présence de sillons.

(i) Le calcaire n'est pas tout à fait semblable à celui des autres ammonites du môme gisement : il est içris rougeAtre, ce qui indique peut-être que l'échantillon provient d'un niveau un peu différent, vraisemblablement supérieur.

Tunesites Salammbô Pervinquièbe 1907

PI. XII, ng. 5 a-6, Ùa-b

Diamètre

Hauteur du dernier tour

Épaisseur du dernier tour ^ . .

Cette jolie petite coquille possède des tours à section ovalaire, médiocrement embrassants (i/3). L'ombilic, large et peu profond, a des bords arrondis. Les quatre premiers tours ne présentent que des ébauches de sillons à peine perceptibles; le cinquième et dernier tour montre, au contraire, trois sillons profonds, dont le premier est interrompu sur la région ventrale, le deuxième, atténué, tandis que le troisième est aussi profond dans cette région que sur les flancs. Ces sillons sont d'abord dirigés radialemcnt, puis ils s'infléchissent en avant, vers le tiers des flancs, et dessinent un sinus légèrement convexe en avant, sur la région ventrale ; ils sont encadrés entre deux bourrelets, dont le postérieur est un peu plus saillant que l'antérieur et se termine par une surélévation au bord ventral. Entre ces sillons, on distingue une ou deux ondulations légères, confinées au bord de l'ombilic. Sur la première moitié du dernier tour, la région ventrale «st lisse ; mais, entre le deuxième et le troisième sillon, on voit poindre de fins tubercules dans le plan de symétrie, ainsi que de part et d'autre de celui ci, à la limite des flancs. L'échantillon est cloisonné jusqu'au boiit. La fig. 10 1 montre le développement de deux cloisons d'un ombilic à l'autre.

On remarquera la longueur et la largeur du lobe siphonal, par rapport au premier latéral, ainsi que l'étroitesse et la forme subsymétrique de celui-ci. Les selles sont carrées et divisées en deux parties égales. La troisième et la quatrième sont beaucoup plus petites que les précédentes ; de même, le deuxième lobe est déjà très réduit. Au total, c'est une cloison d*Acanthoceras ; seulement la forme et l'ornementation de cette ammonite ne sont pas celles qu'on observe dans ce dernier genre.

Tunesites Salammbô me paraît différer tellement de toutes les ammonites que je connais, qu'il n'y a pas lieu d'entrer, à son sujet, en de longues comparaisons.

Gisement. *— L'échantillon figuré provient du Cénomanien ou, à la rigueur, du Gault supérieur du Dj. Guern Halfaya (pied N-W, non loin d'Hcnchir er Ressas).

Fio. 101 . — Tun. Salammbô X 5 (éch. PI. XII, «g. 5 ; r = 10).

Tunesites ChoffffatI Pervinquière 1907

PI. XII, fiir. 7 fl-fc, 8 a-b

I II

Diamètre 11 (1) 23 (1)

Hauteur du dernier tour 4,7 (0,43) 10,5 (0.46)

Épaisseur du dernier tour 4,4 (0,39) 8 (?)(0,35)

Largeur de l'ombilic 4,4 (0,39) 7 (0,30)

I. Éch. PI. Xll, fig. 7 (sur l'avant-dcrnicr sillon). - II. Éch. Pi. XII. fîg. 8.

Celte ammonite possède une forme discoïdale, un ombilic large, médiocrement profond, à bord arrondi, des tours ovalaLres, un peu plus hauts que larges, surtout dans Tadulte. Les deux ou trois premiers tours paraissent lisses, puis on voit apparaître des sillons encadrés de bourrelets, d'abord rectilignes, puis incurvés en avant, traversant la région ventrale, en y décrivant une convexité. Sur le quatrième tour, on distingue déjà des côtes, d'abord limitées au voisinage de Tombilic, puis s'étendant de plus en plus vers le pourtour, parallèlement aux sillons; leur extrémité se surélève en un petit tubercule, tandis qu'un autre tubercule naît sur la ligne siphonale. Enfin, sur le dernier tour (cinquième ou sixième), Tornemcntation a acquis tous ses caractères. Elle consiste en côtes, d'abord un peu obliques en avant, au départ de Tombilic, puis incurvées en arrière, jusqu'à un léger tubercule, situé à peu près aux deux tiers des flancs, et revenant ensuite en avant, pour décrire une légère convexité sur la région ventrale ; un tubercule marque la limite de celle-ci et des flancs; un autre se trouve dans le plan de symétrie. A ce moment, les sillons existent toujours (3), mais ils sont moins distincts et se confondent facilement avec l'intervalle des côtes.

La cloison (fig. 102) comprend un lobe siphonal long et assez large et deux lobes latéraux (peut-être un petit auxiliaire dans le fond de l'ombilic). Le premier lobe est notable-

'^ Fio. 102. — Tun, Choffati X G (éch. PI. XII, flg. 8 ; r = 12).

ment moins long que le lobe siphonal

et n'est plus symétrique. Le deuxième lobe, moitié plus petit, est situé au bord

de l'ombilic. Les deux selles principales sont larges, subcarrées et bifides.

Rapports et difiérences. — Au premier coup d'oeil, l'ammonite figurée PL XII, fîg. 8 semble différer considérablement de celle de la PI. XII, fîg. 5 ; en réalité» elles sont très voisines l'une de l'autre, car le jeune Tunesites Choffati reproduit exactement Tunesites Salammbô ; l'ornementation, qui est seulement esquissée dans cette dernière espèce, est acquise à un stade quelque peu plus précoce dans Tun. Choffati et se développe à une taille où la précédente ammonite est encore presque lisse, ainsi que le montre l'échantillon de la PI. XII, fig. 7. Bref, je considère que

a58 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Tun. Choffati n'est qu'une mutation de Tun. Salammbô, dont il sera facile de le distinguer grâce à son ornementation beaucoup plus puissante et à quelques différences dans la cloison (premier lobe),

Tunesites Choffati ne risque guère d'être confondu avec Prionotropis Radenaci, mais il a plus de ressemblance avec Acanth. Douvillei, qui possède à peu près les mêmes côtes. On notera cependant que, dans cette dernière ammonite, les tours sont plus carrés, que les côtes sont de deux sortes et qu'il n*y a pas de sillons.

Gisements. — Deux échantillons ferrugineux, provenant Tun et l'autre de la région du Kef. Le plus grand (type) vient du Koudiat el Hamra, où il a été trouvé dans le Cénomanîen, sensiblement au niveau de Forbes. obtectum Sharpe. Le petit a été ramassé non loin de là, à A. ez Zerga, mais son étiquette indique le Turonien (avec un point d'interrogation); il est sans doute, lui aussi, du Cénomanien.

Je suis heureux de dédier cette intéressante ammonite à M. P. Choffat, dont les beaux travaux sur la faune mésozoïque du Portugal sont universellement appréciés et m'ont été d'une grande utilité pour mon étude.

Genre AGANTHOCERAS Neumayr

La définition du genre Acanthoceras ne peut évidemment rester telle qu'elle a été donnée, en 1876, par Neumayr (*), car on a enlevé de ce genre diverses ammonites, qui sont justement devenues les types de nouveaux genres (Mammitcs, Donvilieiceras, Prionotropis, etc.). Tel qu'il subsiste, le genre Acanthoceras est encore très riche en formes variées, ce qui rend la définition générique fort diflîcilc; cepondanl, ces formes si diverses se relient les unes aux autres, de telle sorte qu'il me paraît préférable de les laisser dans le même genre, quitte à faire dans celui-ci des subdivisions. Je considère comme type du genre : Amm. Rotomagensis 1)efiia>ce (').

Les Acanthoceras sont des ammonites généralement épaisses, possédant un ombilic assez large et des flancs ornés de côtes droites ou légèrement flexueuses, simples ou bifurquées, s'épaississant au pourtour; ces côtes peuvent traverser la région

(i) Neumayr: Amm. Krcido iind Syst. Amm., p. 929.

(2) Htatt (in Zittel-Eastma!«>'s Tcxt-hook of Pala*oiitolof^y, p. 089) a cn'i'' pour YAinm. lioloma'jftiMn \o genre Metacanihoplitcs^ qui n'appartient même pas à la famille, ni à la superfainillr (lc> Aoaiitlioi rraliilrs. II nous est impossible d'admettre cette manière de voir, car cette ammonite c>t pour nous \v l}pr niriiitdu genre Acanthoceras. IIyatt ne nous dit pas quel est, pour lui, le type dWcanlhoccnu, mai> St\mu\ imus apprend (Colorado formation, p. 176) que cet auteur considérait comme tel VAmin. ant;nlir,,stiitiis !>"<)ulu^.^^ (Pal. fr., PI. XLVi, fig. 3-^), ammonite que Zittel place dans le genre Hoplitrs ; ce païaîl rlii- mi Puiafin pl'Ues. A vrai dire, cette espèce figure en tête de la liste donnée par Nel.ma\u ; loiih !«•!> «.la n. <i:jiiiiic rien dans ce cas, puisque les espèces citées ne sont pas clas^iées, mais énumérés par ordrr alph.il.. li.|n. . \n surplus, presque tous les auteurs sont d'accord maintenant pour interpréter le ^niirc ht//;//,,, , .- r,s rnimu. nous le faisons ici ; il n*y a donc aucun avantage à modifier cette interprétation, piiixju < ll( n .-i pa^ contraire au texte de Neumayr.

ventrale ou s'interrompre à son approche. Il y a toujours un tubercule ombilical et un tubercule marginal, mais le nombre des tubercules peut s'accroître jusqu'à être de cinq sur chaque côte principale et sur chaque flanc ; il y a souvent, en outre, un tubercule médian, qui peut disparaître dans l'adulte ou même faire complètement défaut. La ligne suturale comprend peu d'éléments ; outre les deux lobes latéraux fondamentaux, il n'y a jamais que un à trois lobes auxiliaires très petits ; le premier lobe latéral se termine toujours par deux pointes. La première selle ventrale est haute et large, presque carrée, divisée par un lobule en deux parties sensiblement égales. La deuxième selle est bien plus petite que la précédente et souvent arrondie.

Les nombreux adverbes que renferme cette définition montrent combien il est difficile d'indiquer des caractères ne souffrant pas d'exceptions. La variété des caractères secondaires rend donc utile la subdivision du genre en petits groupes de formes réellement affines. Quelques-uns de ces groupes ou sous-genres, si l'on veut, ont reçu des noms de divers auteurs ; Hyatt, en particulier, les a considérés comme de véritables genres ou même comme des types de familles. Il me semble préférable de leur donner une moindre importance. Je distinguerai donc les groupes suivants :

I. Groupe de tAcanihoceras Rolomagense Defrance : Acanihoceras sensu stricto,

II. Groupe de F Acanihoceras Deverianum d'Orbignt. m. Groupe de fAcantkoceras Lyelli Leymerie.

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