‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 41 sur 84 · IV. Groupe de T Acanihoceras Cunningtoni Sharpe · texte numérisé non relu

IV. Groupe de T Acanihoceras Cunningtoni Sharpe

V. Groupe de V Acanihoceras Genloni Defrance — naviculare Mantell : Calycoceras IIyatt.

VI. Groupe de r Acanihoceras Manielli Sowerby : Manielliceras Hyatt. VII. Groupe de t Acanihoceras laliclavium Sharpe: Sharpeiceras Hyatt (^).

I. - GROUPE DE L'AGANTHOGERAS ROTOHAGENSE AGANTHOGERAS sensu stricto

Les caractères du genre s'appliquent, tout d'abord, à ce groupe, mais on peut en indiquer quelques autres ; les tours sont épais, à section presque carrée, les cotes droites, alternativement longues et courtes. ï^s premières portent sept rangées de tubercules; il y a donc une rangée médiane, qui peut disparaître avec l'âge, et trois rangées de chaque côté. Les autres tubercules sont situés au bord de l'ombilic et aux bords d'un petit méplat latéro-ventral, plus ou moins net suivant les espèces. La ligne suturale présente la disposition typique ; elle comprend deux selles principales, la première étant notablement plus grande que la deuxième, tant en hauteur

(i) Je laisse de côté lo {çonre Pedioceras Gerhaudt, ([ui est parfois rapporté à Acanihoceras. Bien c|u'oii ne connaisse la ligne suturale d'aucune des trois «espèces figurant dans ce genre, la forme et rornernentation permettent aisément une distinction générique. De même, le genre Afetoicoceras Hyatt (ou mieux Metœcoceras) me parait avoir droit à l'autonomie. Aucun de cos deux genres ne semble d'ailleurs représenté en Tunisie.

îl6o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIEiNNE

qu'en largeur. Le premier lobe se trouve au milieu des flancs ou même un peu plus près de l'ombilic; habituellement, il égale presque en longueur le lobe externe, bien qu'il y ait des exceptions.

Je placerai dans ce groupe (*) : Ac. Roiomagense Defrance, Ac, goihicum KossMAT, Ac, Jimboi Peuvinquière, Ac, Newholdi Kossmat, Ac. Cenomanense d'ArcmAC, Ac. confusum Guéranger, Ac. Haugi Pervinquière, Ac. pentagonum Jukes- Browne et Hill.

Kossmat a déjà fait observer que quelques espèces de ce groupe, telles que Ac. pentagonum J.-K. et H., Ac. harpax Stoliczka (et je pourrais ajouter Ac. Haugi) ont un cachet particulier, dû à la plus ou moins forte incurvation des côtes, parfois renversées en arrière; néanmoins, ces espèces sont reliées à YAc. Roiomagense par de multiples intermédiaires et il ne me parait pas nécessaire d'en faire un groupe spécial.

Acanthoceras Roiomagense Defrance

1822. Amm. Rotomagensis Defrance in Cuyier et Brongniart : Environs de Paris, p. 391,

PL VI, fig. 2 a-b.

1840. Id. d'Orbigny : Pal. fr., p. 345, PI. CV. CVl. 1859. Id. Pictet et Campiche : Sainte Croix, p. 190, PI. XXV, flg. 1-3. (On trouvera dans cet

ouvrage une synonymie détaillée).

1863. Id. Pictet: Mélanges pal., p. 25, PI. II. 1889. Acanthoceras Roiomagense Peron : Moll. foss. Tunisie, p. 29. 1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 67, 69.

Diamètre 95 (1)

Hauteur du dernier tour. . 43 (0,45)

Épaisseur du dernier tour. 43 (0,45)

Largeur do rombilic. ... 30 (0,32)

I. Forme typique, du Kcf Si A. E. K. — II. Var. plate, de Foum el Guclla. — III. Var. Turneri,

de Foum cl Guelta.

Les représentants authentiques de cette espèce ne sont pas très communs en Tunisie ; j'en ai cependant recueilli quelques-uns. Ainsi, un échantillon du Kef Si Abd el Kader (Mrhila) est identique à la forme modérément renflée, la plus commune à Rouen.

D'autres spécimens tunisiens présentent de légères variations. L'un d'eux, provenant de Foum el Guelta (coll. Flick, n* Il des mesures), est plus aplati, et le deuxième tubercule de chaque côté (à partir de l'ombilic) est très atténué.

Inversement, ce deuxième tubercule est de beaucoup le plus développé dans un autre individu de la même localité (n° III des mesures), tandis que les tubercules des trois rangées ventrales sont arrondis et très peu marqués. Si on joint à cela la grande épaisseur du dernier tour, on reconnaîtra là les caractères indiqués par Kossmat pour une forme indienne, qu'il assimile k Ac. Turneri Wiihe (*). A vrai

(i) Il s*af2^it uniquemeiil ici des espèces que j'ai étudiées.

(a) White : On invertcbrate fossils from the Pacific coasl. B. C. S. G. S., n* 5i, p. aG, PI. V, fip. i-a.

XJ

CÉPHALOPODES DES TERRAIIVS SECONDAIRES a6l

dire, la figure de Whiïe représente un individu tellement défectueux qu*il est difficile de se faire une idée du type ; mais White, auquel Kossmat avait envoyé un dessin de son ammonite, reconnut Tidentilé de l'espèce américaine et de l'espèce indienne. Sans me prononcer sur cette assimilation, je me borne à constater que mon échantillon répond très sensiblement à la figure et à la description de KossMAT (^), avec cette différence que les côtes ne sont plus sensibles sur la région ventrale. Quant à la validité de cette espèce, elle me semble très problématique; les caractères invoqués par Kossmat pour la séparer de VAc. Rotomagense sont bien faibles et bien variables : l'épaisseur plus ou moins considérable, le développement plus ou moins grand ou, au contraire, l'atténuation de certains tubercules sont faciles à constater, quand on a une série d*Ac. Rotomagense. Reste le fait que les côtes intercalaires atteignent l'ombilic à un stade plus jeune dans Ac. Rotomagense que dans Ac, TurnerL Est-ce bien là un caractère spécifique ? Il vaudrait sans doute mieux parler d'une variété Turneri d'Ac. Rotomagense,

Quoi qu'il en soit, notre exemplaire, bien voisin d'^c. Turneri, fait, d'autre part, le passage à Ac. Rotomagense, et c'est à cette espèce que nous le rattachons. Ce même type existe d'ailleurs à Rouen et au Mans. Observons, enfin, la ressemblance de ces formes, à l'état adulte, avec certains Aspidoceras ; c'est sans doute ce qui a poussé Hyatt à créer un genre Pseudaspidoceras pour certains Acanthocératidés.

Gisements. — Sept à huit exemplaires, plus ou moins complets, du Mrhila (Foum el Guelta, Kef Si Abd el Kader) et du Bireno (A. el Glaa). Var. Turneri : un exemplaire de Foum el Guelta (coll. Flick). Cénomanien.

Cette espèce est commune en Europe ; elle a été citée souvent en Algérie, de même qu'en Palestine, aux Indes, etc. ; en réalité, beaucoup d'ammonites mentionnées sous ce nom appartiennent à d'autres espèces.

Acanthoceras cf. gothicum Kossmat

1865. Àmm, Rotomagensis var. compressa Stoliczka : Cret. S. India, p. 69, PI. XXXIV,

fig. 5.

1897. Acanthoceras gothicum Kossmat : Sûdind. Kreidef., p. 102, PI. XI, fig. 3 a-c, 1903. Acanthoceras gr. Rotomagense Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 81.

I II

Diamètre 45 (1) 95 (1)

Hauteur du dernier tour 21 (0,46) 41 (0,43)

Épaisseur du dernier tour 16 (0,35) 21 (?) (0,22)

Urgeur de l'ombilic 10 (0,22) 27 (0,28)

I et II. Ëch. du Dj. Habbcs.

Kossmat a désigné sous le nom d'^lc. gothicum une ammonite du groupe d*Ac, Rotomagense, se distinguant de cette dernière espèce par son épaisseur plus faible, sa section plus élevée, son ombilic plus étroit, ses côtes plus nombreuses,

(i) Kossmat : Sûdind. Kreidef., p. loy, PL \I1, Vifs. i a-b ; XIV, 3.

aCa ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TU?flSIENNE

plus fines, dont la moitié ou le tiers seulement atteignent Tombilic (même dans l'adulte), par la persistance du tubercule venlral médian et par le grand développement du tubercule ombilical, lequel se projette sur Fombilic, en formant une sorte de pointe horizontale. Ce dernier caractère manque à mes exemplaires, et c'est pour cela que je n'ose les assimiler complètement à l'espèce indienne ; à ce point de vue, ils se rapprochent dMc. Rotomagense. En outre, la ligne suturale ne m'est pas connue ; il est vrai que celle du type n'a rien de particulier.

Dans sa jeunesse, mon ammonite ressemble un peu à VA mm. triserialis FiTTON (*), qui pourrait bien n'être qu'une variété de Rotomagensis ; toutefois l'ammonite tunisienne a une section plus haute et moins large ; les côtes sont moins marquées.

Gisement. — Deux échantillons du Dj. Habbes (N du Rebeiba). Cénomanien. Acanthoceras JImbol Pehvinqlière'i907

PI. XIV, fig. 2 a-b

1894. Acanthoceras Rotomagense var. Asiatica Jimbo : Krcidel. Hokkaido, p. 31, PI. IV, fig. 1, la.

Jimbo a décrit et figuré, sous le nom d'Ac. Rotomagense var. Asiatica, une ammonite du Japon, que Rossmat assimile à son Ac. Newboldi {*). En réalité, celte forme me paraît aussi distincte d'Ac. Newboldi que d*Ac. Rotomagense et a droit au rang d'espèce ; je propose de l'inscrire sous le nom d'Ac. Jimboi,

Voici, d'après Jimbo, sa diagnose, complétée et corrigée suivant les observations de Yabe (') : Coquille à enroulement modérément serré, chaque tour recouvrant environ la moitié du tour précédent. Section des tours polygonale, plus large que haute. Accroissement très rapide, tant en hauteur qu'en largeur. Flancs presque plais, légèrement inclinés vers la région ventrale, séparés, par deux méplats la léro-ex ternes, de la région ventrale, laquelle est arrondie dans sa partie médiane. Ombilic à |)arois rapides, se raccordant dans le haut avec les flancs par une courbe régulière. Flancs ornés de fortes côtes rectilignes, traversant la région ventrale. Côtes principales au nombre de seize, entre chacune desquelles se trouvent une à deux côtes intercalnin^s, limitées à la moitié externe des flancs, de sorte que le nombre total des côtes est de trente-huit à quarante. Côtes principales commençant déjà sur le versant de l'unibilic, traversant la région ventrale, mais s'arrétant, en général, vers le milieu de l'autre flanc, avant d'avoir atteint l'ombilic (autrement dit, une côte, principale sur un liane. devient intercalaire sur l'autre) ; cependant quelques côtes vont d'un ombilic à l'autro. Sept rangées de tubercules peu élevés. Première rangée de tubercules (sur Ic^ côtes principales seulement) à quelque distance de l'ombilic ; c'est la plus accciilurc.

(i) FiTTON : Ohsenalions on slrala 1)<'Iw(mmi llic Clialk aiid llie Oxfonl tmlilc tu S, K. I.nul.'ii.I. — Traiis. crcol. Soc. Ix)iiaon. (a), vol. VII, i83(., p. 3/i/i, PI. WUI, ih^. a;, (a) KossMAT : Siîdind. Krcidcf., p. 112. (3) In Choffat : Crctaciquc Conducia, p. 27, note infrapajçinalc.

Deuxième rangée (surtout marquée sur les côtes principales) à la limite des flancs et des méplats la téro-ex ternes. Troisième rangée (sur toutes les côtes) h la limite de ces méplats et de la région ventrale proprement dite. Tubercules de la rangée médiane aplatis, mais encore sensibles dans Tadulte. Quelquefois une autre rangée de tubercules, très peu visibles (une légère surélévation des côtes), au milieu de chacun des flancs.

Cloisons mal connues, se rapprochant de celles d*Ac, Rotomagense.

La plupart de ces caractères s'appliquent à trois échantillons du Mrhila, que je rattache à cette espèce ; il y a cependant des difl*érences notables ; aussi me paraît-il opportun d'instituer une variété Tunetana pour nos spéciqnens (PI. XIV, fig. 2). La forme générale est sensiblement la môme, mais les tours ont une section plus haute que large et s'accroissent moins vite en épaisseur. D'autre part, les faibles tubercules du milieu des flancs font ici complètement défaut. Les côtes présentent la singulière alternance signalée plus Iwmt ; il en résulte que certaines côtes sont légèrement infléchies en arrière sur la région ventrale, comme pour céder la place à la côte venant de l'autre flanc. Il n'y a jamais qu'une côte intercalaire, de sorte que l'espace entre les côtes est un peu plus large que dans le type et sensiblement égal à la largeur des côtes. Les cloisons, bien visibles, même sur la photographie, montrent un lobe externe très allongé (s'étendant sur trois côtes), mais ne dépassant guère le premier lobe latéral. La première selle est remarquable par son grand développement et sa profonde division. Le premier lobe latéral est profondément bifide, ses deux pointes venant s'écraser, le plus souvent, contre les selles de la cloison précédente ; ses deux branches supérieures sont inégales. Les lobes suivants se terminent en pointe, tandis que les selles sont fortement étranglées à leur base.

Rapports et différences. — Cette ammonite doit assurément se placer dans le voisinage d'Ac, Rotomagense, dont elle difTère cependant par son ombilic plus étroit, par son accroissement plus rapide en hauteur et en épaisseur, par l'allure de ses côtes (dont certaines seulement atteignent Tombilic) et leur alternance singulière. La ligne suturale, quoique de môme type général, montre de notables différences, tout au moins pour ce qui est de la var. Tunetana.

Cette espèce diffère encore plus cVAc. Newboldi, dont l'ombilic est également plus large, l'accroissement moins rapide, les côtes flexueuses, plus nombreuses et plus grêles, séparées par un intervalle plus large qu'elles, les côtes principales allant d'un ombilic à l'autre ; enfin, la ligne suturale est également différente dans les deux cas (cf. fig. io3 et PI. XIV, fig. 2).

Nos échantillons ont un peu le profil lVAc. pentagonum Jukes-Browne et Hill, mais, là encore la ligne suturale est différente ; d'ailleurs, cette dernière espèce a des côtes plus larges (presque contiguës dans l'adulte), plus nombreuses, partant par deux ou par trois de l'ombilic, ce qui n'empêche pas l'addition de côtes intercalaires. Elle diffère encore plus de la forme typique d*Ac, JimboU dont les tours ont une section très large, croissant très vite en épaisseur, tandis qu'ilc. pentagonum est toujours plat, discoïde.

a 64 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Par leur section, nos exemplaires se rapprochent beaucoup de V Acanihoceras du Mozambique que Ghopfat a rapproché à*Ac, Choffati Kossmat (<), mais ce fossile de TEst africain se différencie immédiatement des spécimens tunisiens par la disparition de tous les tubercules à l'âge adulte et par le plus grand nombre de côtes intercalaires ; il ressemble d'ailleurs singulièrement à un Parahoplites.

V Acanihoceras Marques-Costai Choffat (*) me paraît différer d'Ac. Jimhoi par des caractères bien faibles. Choffat indique assurément la présence de neuf tubercules, au lieu de sept, mais il semble résulter de la description de Jimbo (peu claire, il est vrai) qu'il peut y avoir également neuf tubercules par cote dans la forme japonaise. D*autre part, il y aurait toujours une seule côte intercalaire dans la forme du Mozambique, au lieu de deux ou trois, mais cela semble se présenter également sur certains échantillons du Japon, comme il résulte d'une remarque de Yabe. Néanmoins, Choffat et Yabe considèrent les deux espèces comme distinctes (par suite de la disposition de leurs côtes) ; c'est pourquoi je n'ai pas osé les réunir, comme j'en avais d'abord eu l'intention. Si on se limite à la variété tunisienne, celle-ci se différenciera de VAc. Marques-Cosiai Choffat par un enroulement plus serré, une section plus haute, moins carrée, par la présence de côtes moins nombreuses (douze au lieu de vingt pour un quart de tour), plus espacées, ne portant pas de tubercules au milieu des flancs (sept rangées de tubercules au lieu de neuf). La cloison de VAc. Marques-Costai n'ayant pas été figurée, le caractère de la ligne suturale ne peut entrer en ligne de compte pour la comparaison.

Gisements. — Trois fragments du Mrhila (Foum el Guelta et A. Nakhla). Cénomanien supérieur.

Acanihoceras Newboldl Kossmat

PI. XIII, flg. I a-6. a, 3 a-b

1865. Àmm. Rotomagensis (p. p.) Stoliczka : Cret. S. India, p. 66. PI. XXXIV, fig. 3-4;

XXXV, 1, 2 ; XXXVI, 1 ; XXXVll. 1, 2. 1897. Acanihoceras Nevcboldi Kossmat: Sùdind. Kreidef., p. 111, PI. XII, flg. 2 a-b, 3 a-c ;

XIII, 2 a-c, 3 a-b ; XIV, 1 a-b, 2.

1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Ton. cent., p. 66, 67, 69, 77, 79, 83. 1906. /d. Boule, Lemoine et Thévenin : Céph. Diego Sua rez, p. 28, PI. VII, fig. 4 a-6.

Diamètre

Hauteur du dernier tour . .

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de rombilic

[. Forme typique du Bireno (coll. Aubert). — II. Éch. PI. XIII. fig. i. - III. Var. sp'mosQy

éch. PI. XIII. fig. 3.

(i) Choffat : Crélacique Conducia, p. a8, PI. VIII. fig. i a-d. (2) Choffat : Crûtacique Conducia. p. 27. PI. Vil, fig. a a-e.

GÉPUALOPODES U£S TERRAINS SECONDAIRES ^65

Cette espèce, Tune des plus caractéristiques du Cénomanîen de Tunisie,* a été généralement confondue avec VAc. Rotomagense; aussi ai-je cru devoir la faire figurer. Je me borne à rappeler ses caractères principaux, renvoyant, pour le surplus, à la description de KossMAT.

Coquille à accroissement très rapide dans la jeunesse (à tel point que la largeur de l'ombilic est alors inférieure à la hauteur des tours), devenant ensuite moins embrassante (largeur de Tombilic = hauteur des tours). Ombilic médiocrement large à rétat adulte, ne laissant pas voir les tubercules marginaux du tour précédent. Section des tours un peu plus large que haute ; flancs d*abord plats, puis un peu inclinés vers le côté externe. Partie supérieure de la section trapézoïdale ou souvent arrondie dans l'adulte. Flancs ornés de côtes nombreuses, grêles, mais très saillantes. De Tombilic partent 1 5 ou 20 côtes légèrement flexueuses, débutant par un tubercule peu marqué dans les formes typiques (c'est plutôt une surélévation de la côte), Entre deux côtes principales s'intercalent généralement une côte, rarement deux côtes, qui n'atteignent pas Tombilic, de sorte qu'au pourtour le nombre des côtes est de 35 à 4o. Toutes les côtes traversent la région ventrale sans interruption cl même sans atténuation. Les côtes principales portent sept tubercules, les côtes intercalaires, cinq seulement (ceux de la région ventrale), mais ils sont aussi marqués que sur les côtes principales. La rangée médiane est celle qui disparaît le plus rapidement; les autres peuvent s'atténuer avec l'âge ; aussi, dès que l'échantillon est un peu usé, les tubercules peuvent-ils échapper à un examen rapide.

Les spécimens tunisiens diffèrent du type par des tours un peu plus épais, un ombilic plus large et des côtes droites, au lieu d'être légèrement flexueuses.

La ligne suturale n'a rien de bien particulier; elle est la même dans le type et dans les variétés (lig. io3) et s'accorde sensiblement avec celle figurée par Kossmat. On notera que, dans la jeunesse, le lobe siphonal est très profond et dépasse notablement le lobe latéral, tandis que, plus tard, la longueur de ces deux lobes s'égalise. Le

premier lobe latéral, assez large, est profondément bifide; v^**'^ «yy ^rv^^

les pointes sont d'ailleurs fréquemment déjetées du côté tta ^ a n h id'

interne. Ce même caractère se voit sur quelques-unes des «ptwoso (éch pi. xiri, fig. 3;

figures données par -Kossmat. Le deuxième lobe, beaucoup plus réduit, se termine en pointe, ainsi que les deux lobes auxiliaires, toujours peu développés. La première selle est subcarrée, divisée en deux parties presque égales par un profond lobule; elle dépasse notablement la deuxième selle, qui a un contour quelque peu arrondi ; celle-ci surpasse encore la troisième. Il n'y a' que deux petites selles auxiliaires. La deuxième selle englobe généralement le tubercule ombilical, le deuxième lobe se trouvant déjà sur la paroi de l'ombilic.

Variété spinosa (PI. XIII, fig. 2, 3 a-b). — On rencontre presque aussi fréquemment que la forme typique une variété, à laquelle Kossmat a donné le nom de spinosa, caractérisée surtout par l'accentuation des tubercules. Les tubercules des flancs sont particulièrement développés (sur les côtes principales seulement, dans le jeune âge), mais ceux de la région ventrale ne sont guère plus marqués que dans le type, tandis

a 66 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

que la rangée médiane disparaît aussi tôt que dans celui-ci. Sauf cette dernière, toutes les rangées de tubercules sont bien marquées dans Tadulte, spécialement la rangée ombilicale. La coquille acquiert alors une section polygonale, trapézoïdale (PI. Xin, fîg. 2, 3 b). Il y a naturellement tous les passages entre cette variété et la forme typique. La ligne sutnrale est la même dans les deux cas (fîg. io3).

Rapports et différences. — Ac. Neioboldi paraît être une espèce bien caractérisée et distincte d'/4c. Rotomagense, quoique les caractères difTérentiels donnés par KossMAT soient un peu insuffisants. Cet auteur indique la plus grande largeur de la section, la présence de côtes plus nombreuses, plus grêles, moins larges, mais plus saillantes, ainsi que de tubercules ombilicaux plus développés, enfin la grande longueur du premier lobe, égalant presque celle du lobe siphonal. Le premier et le dernier de ces caractères sont peu nets sur nos échantillons tunisiens, mais on peut en ajouter d'autres, qui s'appliquent, d'ailleurs, aux figures de Kossmat. C'est d'abord le fait que les côtes ne sont jamais efTacées, ni atténuées sur la région ventrale, tandis que, dans i4c. Rotomagense, les côtes sont beaucoup moins marquées, parfois même complètement effacées, entre les tubercules marginaux. Les cinq rangées de tubercules sont équidistantes dans cette dernière espèce, tandis que beaucoup d'échantillons d*Ac. Newboldi (mais non tous) montrent une disposition différente : la troisième rangée (à partir de l'ombilic) est plus rapprochée de la quatrième que de la deuxième (cf. PI. Xïlï, fig. 2-3). Les tubercules médians disparaissent plus tôt que dans Ac, Rotomagense ; enfîn, ils demeurent toujours arrondis et ne sont jamais allongés dans le sens de l'enroulement, contrairement à ce qui s'observe fréquemment dans l'espèce de Rouen.

Ac, Newboldi est également très proche iïAc. Genioni Brongniart et cependant Kossmat a négligé d'indiquer les caractères difTérentiels. On trouve à Rouen, à Cassis, etc., à côté des Ac, Genioni les plus typiques, d'autres exemplaires qui s'y relient manifestement et dont il serait singulièrement difficile d'indiquer les limites par rapport à VAc, Neiuboldi; la seule différence gît dans la section des tours, plus arrondie dans Ac. Genioni, dans lequel, en outre, les tubercules situés à la limite des flancs et de la région ventrale sont généralement peu marqués. Il est vrai qu'il s'agit là d'individus jeunes ; plus tard, les différences s'accentuent et il devient facile de séparer les deux espèces ; c'est pourquoi je crois celles-ci distinctes. Ac, Newboldi a alors une section plus anguleuse ; les côtes partent toujours isolément de l'ombilic ; les tubercules persistent plus longtemps.

Bien voisine encore d*Ac. Newboldi me paraît être l'ammonite décrite et figurée par Bayle et Coquand (^) sous le nom dAmm. Domeykanus, que d'ailleurs ses auteurs comparent à VAmm. Deverianus d'Orb. Ce me semble être un Ac. Newboldi adulte et ayant, par suite, perdu son tubercule médian. La seule difficulté à cette assimilation, c'est que les auteurs rapportent cette espèce au Lias, ce qui me semble bien douteux, mais m'empêche cependant de réunir les deux espèces.

Pour ce qui est de l'attribution générique, il ne me paraît pas contestable que VAmm. Newboldi ne soit un Acanthoceras typique. La forme, la présence d'un

(i) Batle et CoQLMXD : Foss. sec. recueillis dans le Chili, p. lo, PI. II, fig. 3-5.

tubercule médian, l'allure des cloisons (première selle à éléments égaux, premier lobe. bifide), tout empêche de classer cette ammonite dans le genre Douvilleiceras.

Gisements. — Cette ammonite paraît se rencontrer sur toute la hauteur du Cénomanien. Une quinzaine d'exemplaires plus ou moins complets. Forme typique : Mrhila (Foum el Guelta), Semmama, Bireno (coll. Aubert et la mienne), Slata (détermination douteuse, par suite du mauvais état des échantillons). Var. spinosa : Mrhila (Foum el Guelta, Kef Si Abd el Kader).

Cette ammonite existe, non seulement dans l'Inde et en Tunisie, mais aussi en France (Cassis, Sézenac, Sarthe), en Allemagne (où elle a été généralement confondue avec d'autres espèces), à Madagascar et peut-être au Chili.

Acanthoceras» Cenomanense d'Archiag

1846. Àmm, Cenomanensis d' A rghiac : Études sur la formation crétacée. Mém. S. G. F. (2), vol. II, p. 62.

1856. Id. Sharpe : Foss. Moll. Chalk, p. 37, PI. XVII, fig. 1.

1863. Id. Pictet : Mélanges pal., p. 28, PI. III et IV.

1867. Amm. Mantelli (non Amm. Cenomanensis) Guéranger : Album pal. Sarthe, p. 6, PI. VI, fig. 2 (non PI. VI, flg. 1, nec PI. VII, fig. 2).

1903. Aeanthoceras gr. Ac. Cenomanense Pervinquièrb : Et. géol. Tun. cent., p. 69 (seulement).

L'histoire de cette espèce a été bien faite par Pictet ; aussi n*aurais-je pas à y revenir si Guéranger n'avait de nouveau embrouillé la question, en transportant le nom d'^lmm. Cenomanensis à une ammonite autre que celle visée par D'ARcmAG. Guéranger figure (^), en effet, l'ammonite à laquelle d'Orbigny a donné, dans son Prodrome (vol. Il, p. i46), le nom d'^lmm. Cenomanensis, ignorant que ce nom avait déjà été employé. Voici, au surplus, ce que dit Guéranger : a La détermination de cette espèce ne peut laisser aucun doute, puisque c'est moi qui ai fourni à M. d'Ordigny l'exemplaire qui lui a servi de type ». Or, l'examen des figures montre clairement qix'Amm, Cenomanensis d'Orbigny-Guéranger (non d'Arghuc) est identique à Amm, Cunningtoni Sharpe, ainsi que Pictet (*) l'avait pressenti^ d'après la brève description donnée dans le Prodrome, et contrairement à ce que pensait SchlOter (').

Dans mon Ëtude géologique, j'ai mentionné plusieurs fois des ammonites du groupe d'Ac. Cenomanense ; après examen de nouveaux matériaux, je crois que la plupart des fragments envisagés doivent plutôt se rapporter à une autre espèce {Ac, méridionale). Seuls, deux spécimens se rattachent peut-être à VAc. Cenomanense. L'un d'eux s'accorde assez bien avec les figures de Pictet, mais tciul néanmoins vers VAc. Hoiomagense. L'autre est un grand fragment (hauteur du dernier tour: ^2 mm.; épaisseur : 55), se rapprochant de la variété figurée par Sharpe, dans laquelle toutes

|i) Guéranger: Album pal. Sarthe, PI. VI, flf?. i ; VU, s.

(a) Pictet : Mél. pal., p. 29, 32.

(3) SchlOter : Ceph. ob. d. Krcidc, p. 208, note.

a68 ÉTUDES DE ï>ALÉO?ÏTOLOGlE TUNISIENNE

les côtes atteignent Fombilic ; il présente toutefois une plus grande épaisseur et on constate, en un point, que les tubercules externes sont réunis sur la région ventrale par deux côtes, comme dans VAc, méridionale Stol. D'ailleurs, ce fragment de tour a très sensiblement le même aspect extérieur que ceux rapportés plus loin à VAc, méridionale, mais le jeune est très différent. Il répond entièrement au jeune d*Amm. Cenomanensis figuré par Pictet (PI. III, fig. a) ; les tubercules de la rangée médiane sont très atténués, les trois tubercules ventraux sont disposés en ligne transversale, réunis par une côte, et ces rangées sont en même nombre que les tubercules latéraux. Dans Ac. Cunningtoni et dans Ac. méridionale, ces rangées transverses sont en nombre double ou triple ; en outre, les tubercules de la rangée médiane sont bien développés dans le jeune âge. Néanmoins, ces différences sont assez faibles ; peut-être a-t-on affaire à un représentant un peu aberrant d*Ac. méridionale, •

Gisement. — Deux exemplaires du Mrbila (Kef Si A. E. K.), et quelques fragments peu déterminables ; moitié supérieure des marnes cénomanicnnes. Cette espèce a été rencontrée antérieurement en France, Angleterre, Allemagne, Inde.

Acanthocerae confueum Guéranger

PI. XIII, fig. /j a-b

1867. Àmm, confusus Guéranger : Album pal. Sarthe, p. 5, PI. II, fig. 4; 111,1; VIII, 1.

Diamètre 150 (!)

Hauteur du dernier tour 58 (0,39)

Épaisseur du dernier tour sur les côles 55 (?) (0,37)

Épaisseur du dernier tour entre les côtes 45 (?) (0,30)

Largeur de l'ombilic ^ 60 (0,40)

Guéranger a figuré, sous le nom d*Amm. confusus, une belle ammonite de la Sarthe, dont il n'a donné qu'une description insuffisante. Une ammonite du Dj. Habbes (Daala) paraît semblable aux deux grands exemplaires photographiés par Guéranger (PI. III, VUl); elle difTère un peu du plus petit (PI. II), lequel montre deux tubercules, à l'extrémité des côtes, tandis que je n'en vois qu'un sur mon ammonite, mais ce doit être une modification due à l'âge. L'examen des photographies ne permet pas de décider si le petit échantillon appartient bien à la même espèce que les grands (^) ; c'est donc surtout à ces derniers que je me réfère.

La diagnose de l'espèce peut être établie de la façon suivante : * Coquille atteignant une assez grande taille, à enroulement faiblement embrassant (un quart du tour précédent) ; flancs plats, se raccordant doucement avec la région ventrale, qui est faiblement bombée, ainsi qu'avec les parois de l'ombilic. Ombilic large et très profond. Flancs ornés de seize côtes (vingt dans le type de la Sarthe), réctilignes ou à peine incurvées en avant, régulièrement espacées, sauf les deux dernières qui sont un peu plus rapprochées. Ces côtes commencent, sur les parois de l'ombilic, par un tubercule bien marqué, sauf pour les quatre derrières côtes.

(i) Ce pourrait Ifc-s bien èlro une varitHo iïAc. nolomagense.

CÊI»riXLÔPODES DÉS TÉrtRAWS SÉCO^JDÂÎIiES 269

A la limite des flancs et de la région ventrale, se voit un tubercule arrondi, très accentué, légèrement oblique vers l'extérieur ; ce tubercule paraît s'atténuer sur les dernières côtes. Entre ces deux tubercules principaux, on constate parfois une très légère surélévation au milieu de la côte. Les côtes traversent la région ventrale sans s'atténuer, mais en s*incurvant légèrement en avant. Dans Tadulte, il n'y a pas de tubercule médian, ni de tubercule intermédiaire. Par contre, le jeune individu représenté par Guéranger (PI. Il, fig. 4) montre un tubercule médian et un tubercule intermédiaire. Sur le moulage d'une ammonite de Rouen (coll. Sorbonne), qui appartient vraisemblablement à la même espèce, on constate la disparition du tubercule médian et du tubercule intermédiaire à un rayon de 45 mm. environ ; c'est alors seulement que les côtes deviennent continues sut la région ventrale. Dans le type de la Sarthe, l'ombilic laisse voir les tubercules marginaux des tours antérieurs ; dans notfe échantillon, ce tubercule est presque entièrement recouvert par le tour suivant et à peine visible. La loge d'habitation occupe la moitié du dernier tour.

Les cloisons (pas très distinctes sur notre exemplaire) appartiennent bien au type général des Acanthoceras (Ac. Roiomagense), C'est à ce genre <iue je crois devoir rapporter cette ammonite, car, si l'adulte ne montre pas de tubercule ittitral, du moins celui-ci exîste-t-il dans le jeune âge.

flâpports et différences. — Notre exemplaire diffère si peu des grands individus A'Amm, confusus, photographiés par Guéranger, que Tattribution à cette espèce parait peu douteuse. Les seules différences portent sur la largeur un peu moindre de l'ombilic (entraînant un recouvrement presque complet des tubercules marginaux), sur le nombre de côtes un peu plus faible (i6 au lieu de 20) et sur la disparition totale des tubercules médians et intermédiaires ; toutefois, il ne faut pas perdre de vue que notre exemplaire est encore plus grand que ceux de la Sarthe (en supposant que les photographies aient été faites à grandeur naturelle). Si on veut tenir compte de ces différences, on pourra distinguer la forme tunisienne sous le nom d*>lc. confusum var. Tunetana.

Il y a peu d'ammonites susceptibles dêtre confondues avec VAmm, confiiius ; je ne vois guère que r>lc. Hunteri Kossmat (^), qui en est, à vrai dire, très Voisin. Cette dernière espèce diffère cependant de la précédente par la hauteur un péri pîrls grande de la section, par le nombre plus considérable des côtes (Si an Heu de 16-20) et par ce fait que le tubercule le plus développé est le troisième (ou lé quatrième, si Von tient compte de -la légère surélévation que les côtes présefttèM tttt milieu des flancs).

Oisemeni. — Un seul exemplaire, usé d'un côté, provenant du Dj. Habbes (Dàala). Cénomanîen. En France, cette espèce est du Cénomanien inférieur ou moyen (zone à Perna lanceolala) ; on la trouve dans la Sarthe et à Rouen (coll. BuGAiLLE ; moulage à la Sortonne).

(1) Kossmat: Sfidind. Kreidef., p. ij6, PI. XIV, fig. '4.

270 ÉTUDES DE PALÉO?îTOLOGlE TUNISIENNE

Acanthoceras HaugI Pervinquière 1907

PI. XIV, fiff. I a-b

Diamètre 05 (1)

Hauteur du dernier tour 37 (0,39)

Épaisseur du dernier tour (sur les tubercules) 42 (0,44)

Largeur de l'ombilic 36 (0,38)

Coquille discoïdale, à enroulement faiblement embrassant. Ombilic large, laissant voir les 3/4 des tours précédents. Accroissement lent. Section presque arrondie, un peu plus large que haute. Flancs plats, ornés de côtes alternativement longues et courtes. Certaines de ces côtes sont un peu incurvées en arrière. Les côtes principales débutent par un tubercule ombilical, qui fait naturellement défaut sur les autres côtes. A la limite des flancs et de la région ventrale, il y a, en outre, une rangée de tubercules marginaux, à peine sensibles sur les côtes intercalaires, très marqués sur les côtes principales. Sur la région ventrale, toutes les côtes portent trois rangées de tubercules égaux, le tubercule intermédiaire (troisième) étant plus rapproché du tubercule médian (quatrième) que du tubercule marginal (deuxième). Quand le test existe, tous ces tubercules sont allongés dans le sens de la spirale ; ils sont arrondis quand le test a disparu. Ils s'atténuent sur la dernière loge, sans disparaître. Cette dernière loge a, au moins, un demi tour (*).

La ligne suturale (fig. io4, io5) rappelle celle d'Ac. Rolomagense ou A'Ac,

Fio. 105. — Ac. Haugi (lobe siphonal de la Fig. 104. — Ac. Haugt (éch. PI. XIV, fig. 1 ; cloison suivant celle qui est représentée

'' = **)• flg. 104).

NewboldL Cependant, le premier lobe paraît parfois terminé par une seule pointe ; en réalité, c'est une illusion. Il s'est simplement produit un libre accroissement de la branche externe, tandis que la branche interne est venue s'écraser contre la deuxième selle de la cloison précédente. On remarquera l'inclinaison, en sens opposé, du premier et du deuxième lobe. Ce dernier est très petit et peu difl'érent des deux lobes auxiliaires ; il est déjà sur le penchant de l'ombilic. La première selle est divisée par un profond lobule en deux parties un peu inégales, chacune étant encore subdivisée. La deuxième selle est relativement large cl de même hauteur que la première. Quant aux denticules intéressant ces diverses parties, ils sont étonnamment variables, comme on s'en rendra compte en examinant les deux figures ci-contre, reproduisant le lobe siphonal de deux cloisons successives.

(i) Sur réchantUIon flfiruré, j'ai onlcvc cette partie qui était très fruste.

Rapports et différences. — Cette espèce est certainement très voisine de VA mm. harpax Stol. (^), mais elle en diffère un peu sous tous les rapports, ce qui m'a décidé à Ten séparer. Au point de vue de Tenroulement, Ac, Haugi a un ombilic plus large, laissant voir le deuxième tubercule du tour précédent, ce qui n'a pas lieu dans Ac. harpax ; la section est un peu plus large que haute (c'est Tinverse dans Ac. harpax). Ac. Haugi offre régulièrement une côte longue, une côte courte, tandis qu'il y a souvent deux ou trois côtes intercalaires ou même plus dans Ac. harpax. Le tubercule ombilical n'est pas tout à fait au bord de l'ombilic, et le deuxième tubercule est aussi développé ou même plus développé que les tubercules ventraux; enfin, tous ces tubercules persistent à l'âge adulte, tandis qu'ils disparaissent dans le type indien (qui est cependant un peu plus petit que le type tunisien). La ligne suturale de ce dernier ne présente pas non plus la simplicité relative qu'on observe dans Ac. harpax ; elle est plus découpée ; la deuxième selle, au lieu d'être très étroite, est au contraire très large.

Ces caractères serviront également à distinguer Ac. Haugi d*Ac. Morpheus Stol.(*) ; il en est d'ailleurs un autre immédiatement visible: Ac, Morpheus n'a pas de tubercule médian.

Gisement. — L'échantillon figuré et un fragment provenant, l'un et l'autre, du Dj. Mrhila (Kef Si Abd el Kader). Moitié supérieure du Cénomanien.

Il m'est très agréable d'ofTrir la dédicace de cette nouvelle ammonite à mon savant Maître, M. Emile Haug, qui m'a fait profiter si souvent de sa vaste érudition, spécialement en ce qui concerne les Céphalopodes fossiles.

Acanthoceras pentagonum Jukes-Browne et Hill

1896. Amm. (Acanth.) pentagonm Jukes-Browne et Hill : A delimitatioD of the Ceooma-

nian. Quart. Journ. Geol. Soc, vol. LU, p. 136, PI. V, fig. 1, 1 a.

1897. Acanth. pentagonum Kossmat : Sûdind. Kreidef., p. 121, PI. XV, fig. 3 a-c.

1898. Id. Choffat : Faune crél. Portugal, p. 71, Pl. IV, fig. 4 a-c ; VI, 3-4.

Je possède seulement un fragment de cette belle ammonite; cependant sa détermination ne me paraît pas douteuse. Elle présente, en effet, tous les caractères principaux de l'espèce anglaise : ombilic médiocrement ouvert, entouré par une rangée de tubercules (7 par quart de tour), d'où parlent une ou deux côtes ; côtes intercalaires (au nombre d'une ou deux entre deux côtes principales) n'atteignant pas l'ombilic ; côtes très légèrement infléchies en arrière, toutes d'égale force dans la région ventrale, ornées de cinq rangées de tubercules, les tubercules médians arrondis et un peu plus marqués que les autres dans l'âge moyen ; les quatre autres tubercules un peii allongés dans le sens de la spirale (quand il y a le test). Cette disposition des tubercules donne à la partie supérieure de la section une forme pentagonale, d'où le nom spéciGque. Au premier abord, mon ammonite parait

(i) Stoliczka : Cret. S. India, p. 7a, Pl. XXXIX, fig. i seulement, (a) Stolicz^a : Crcl. S. India. p. 80, Pl. XXXVIII. fig. i.

différer Qotablement de la figure type, dans laquelle les côtes sont larges» aplaties et séparées par un sillon bien plus étroit qu'elles : c'est l'inverse sur mon échantillon, où les côtes sont grêles. En réalité, ces différences tiennent à l'âge et à l'état de conservation, comme j'ai pu m*en convaincre par l'examen d'un échantillon de TËcole des Mines. Les côtes plates et très serrées ne se trouvent que chez les adultes munis de leur test; dans le jeune âge, les côtes sont moins larges et plus écartées; elles sont, eo outre, heancoqp plus grêles quand le test a disparu, ce qui est le cas de Q^on échantillon.

OMsement. — Un échantillon du Cénomanien de Foum el Guelta (coll. Fuck). Cette espèce est connue en Angleterre, au Portugal, aux Indes.

Page 1