‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 45 sur 84 · II 111 IV · texte numérisé non relu

II 111 IV

Diamètre 40 (1) 37 (1)

Hauteur du dernier tour 18 (0.45) (/) 45 (/) 17 (0,46) (/) 20 (/)

Épaisseur du dernier tour. ... 26 (0,64) (/,44) 66 (i,44) 22 (0,60) (1,30) 31 (/,5/)

Urgeur de l'ombilic 12 (0,30) 11 (0,30)

I et II. Var. Africana, 6ch. PI. \V, fig. a et 4. — III ol IV. Var. tnberculala, PI. XV, fig. 5 el 6.

Je rapporte maintenant à cette espèce, non seulement Tammonite que j'ai citée sous ce nom, mais aussi plusieurs autres que j'avais englobées sous la désignation d*Ac, gv. Cenomanense, De nouveaux matériaux m'ont permis, en effet, de suivre la transformation avec Page. Dans l'ensemble, mes échantillons concordent bien avec le type de Stoliczka ; ils ont le même enroulement, la même section surbaissée, la même ornementation dans l'âge moyen. Or, ce sont les caractères de l'ornementation qui permettent précisément de séparer cette espèce dAc. CunningionL Outre la rangée de tubercules ombilicaux et la rangée de tubercules marginaux (réunis entre eux par une côte basse), il y a trois rangées de tubercules ventraux ; ces trois rangées comptent le même nombre de tubercules et ce nombre est double ou triple de celui des tubercules marginaux. (Dans Ac. Cunningtonu seuls les tubercules médians sont plus nombreux, tandis que les tubercules externes de la région ventrale, ou tubercules intermédiaires, sont en môme nombre que les tubercules marginaux). En outre, ces trois rangées sont alignées sur des côtes transverses bien développées, réunissant les tubercules marginaux droit et gauche. (Dans Ac. Cunningtoni, les petites côtes Iransverses n'atteignent pas les tubercules marginaux et sont limitées par les rangées externes de tubercules ventraux). Je crois utile de faire figurer des représentants des deux espèces pour mieux faire saisir ces difTérences.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECO?lDAIRES S 79

L'ammonite que je considère comme le jeune d'/lc. méridionale (PI. XV, fig. a a-b) montre des tours peu élevés et une large région ventrale, traversée par des côtes deux ou trois fois plus nombreuses que celles des flancs. Au début du dernier tour, on voit apparaître régulièrement, entre cbaque cote principale, une cote intercalaire, limitée à la région ventrale ou se prolongeant quelque peu sur les flancs. Plus lard (deuxième moitié du dernier tour sur notre échantillon), ces côtes intercalaires subsistent ; de plus, les côtes principales se dédoublent entre les tubercules marginaux. Toutes ces côtes portent trois tubercules arrondis, équidistants. Celte disposition concorde bien avec celle figurée par Stoliczka ; seulement cet auteur dit que les tubercules ventraux sont reliés, dans le sens de Tenroulement, par une croie aiguë, caractère que ne montrent point mes échantillons ; je propose donc d'établir pour ceux-ci une variété Africana, d'autant plus que les différences s'accroissent avec l'âge. En effet, sur mes exemplaires, les tubercules ventraux ne sont jamais 1res élevés; ils s'atténuent bientôt et disparaissent à une taille à laquelle ils sont encore bien nets dans le type indien. Les petites coslules s'effacent elles-mêmes ; il n'en subsiste plus qu'une seule sur deux ou trois (celle qui joint en ligne droite les tubercules marginaux), mais alors cette coslule se développe beaucoup. La fig. 3 de la PI. XV montre précisément le passage d'un mode d'ornementation à l'autre. Les tubercules sont puissants, sans former cependant des cornes comme dans le type. Cette ornementation persiste sur la dernière loge. A ce stade, nos échantillons (PI. XV, Vig. 4) ressemblent considérablement à VAmm, Cenomanensis, particulièrement à la variété figurée par Sharpe (PI. XVll, fig. i), où toutes les côtes atteignent l'ombilic; c'est même à se demander si celle-ci n'est pas plutôt une variété d'/lc. méridionale.

Les cloisons s'accordent avec 1^ dessin de Stoliczka. On remarquera que les bords de la première selle vont en divergeant, surtout dans l'adulte (fig. io6). On notera également la grande différence de hauteur entre ma première et la deuxième selle. Le deuxième lobe est déjà dans l'ombilic. A part quelques détails, la cloison de ma „ .^ ^ i i i/. • .^ u n. ^rx, « * - «m ^ Fio. 106, — Ac, méridionale var. Afncana (éch. PI. XV, flg. 4; r = 50).

jeune ammonite ne diffère

pas de celle de l'adulte (^), ce qui confirme ratlribution de l'une et de l'autre à

la même espèce.

Deux autres fragments (PI. XV, fig. 5-6) me paraissent appartenir, sinon à une espèce différente, du moins à une variété particulière. Tous deux sont caractérisés par ce fait que les côtes ventrales sont peu saillantes, tandis que les lubercules sont

(i) Dans la figure loG, le lobule divisant la première selle se termine par deux dents, disposition qui me semble accidentelle; dans le jeune échantillon, ce lobule fuiit en pointe; en outre, la troisième selle est moins étranglée à la base.

aSo ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

très développés. Je qualifierai donc cette variété de iaherculata, car ici les tubercules remportent sur les côtes et sont seulement reliés par une côte basse, tandis que c'est rinverse dans la variété précédente, où des côtes très saillantes portent de faibles tubercules. D*autre part, la variété tuberculata ne montre pas de côtes intercalaires sur les flancs.

Les deux spécimens de cette variété diffèrent, d'aiUeurs, notablement Tun de l'autre, au point de vue de la section des tours et du développement des tubercules latéraux ; c'est pourquoi je crois bon de' faire figurer Tun et l'autre. Sur l'exemplaire de la PL XV, fig. ô, on voit que les tubercules ventraux sont d'abord allongés et en même nombre que les tubercules marginaux ; du côté antérieur, ces tubercules se sont subdivisés en deux tubercules arrondis. Le deuxième fragment (PL XY, fig. 6) est remarquable tout d'abord par l'extrême épaisseur de ses tours (cf. n* IV des mesures). Les tubercules ombilicaux et surtout les tubercules marginaux (malheureusement brisés) sont très puissants, tandis que la côte qui les unit est très basse. Sur la région ventrale, on constate trois rangées de tubercules arrondis, bien développés, disposés sur des côtes transverses se réunissant, par deux ou par trois, aux tubercules marginaux. La cloison est remarquable par l'élévation des éléments. Le lobe siphonal, très étroit, dépasse le premier latéral, lequel se termine par deux pointes situées au milieu des flancs. La première selle est en grande partie sur la région ventrale ; la deuxième selle englobe le tubercule ombilical.

Gisements. — Var. Africana : un individu complet (coll. Flick) et quatre fragments plus ou moins considérables. Cénomanîen du Mrhila (Foum el Guelta, Kef Si A. E. K.) et du Bireno. — Var. tuberculata: deux fragments (coU. Fucx) de Sidi bou Goubrine et de Foum el Guelta.

Le type de cette espèce est indien. Kilian a mentionné (*) une espèce voisine dans le S-E de la France. L'espèce elle-même existe d'ailleurs dans la craie de Rouen ; elle est fort bien représentée par un échantillon de la collection Bucaille (moules i5g et 169 bis à la Sorbonne).

V. - GROUPE DE L'AGANTHOGERAS GENTONI-NAVIGULARE GALTGOGERAS Hyatt (>)

Dans ce groupe, les tours ont souvent une grande épaisseur et une section arrondie. Les côtes traversent la région ventrale sans interruption ni atténuation. Les rangées de tubercules sont en nombre impair, c'est-à-dire qu'il y a une rangée médiane, au moins dans le jeune âge. Dans quelques espèces de ce groupe, la bipartition de la première selle est moins franche, tandis que le premier lobe tend à s'élargir, ses deux pointes étant séparées par une sellette assez large.

(i) KiLUN : Montagne de Lurc, p. agS.

(a) Htatt in Zittel-Eastmanii : Texl-book of Palaponlolofçy. p. SSq.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES iSl

Nous rangerons dans ce groupe : Ac. Gentoni Defrance, Ac, naviculafe Mantell, Ac. Baylei Pkrvinquière, Ac, Coleroonense Stol , Ac, Barruei Peryinquièrc, Ac, Giltairei Pervinquière.

Acanthoceras QentonI Defrance

1822; Âmm, Gentani Defrance in Cuvier et Biionuniart : Environs de Paris, p. 392, PI. VI.

fig. 6 a-b.

1853. Amm, namcularis Su aikpe : Foss. Moil. Chalk, p. 39, PI. XVIU, fig. 1, 2, 3, 5, 8. 1863. >i mm. Genioni Pictet: Mélanges pal., p. 33, PI. VI. (Voir discussion concernant

l'espèce).

1904. Acanthoceras Gentoni Douvillé : Moil. foss. Perse, p. 240, PI, XXXII, fig. 1 ac.

Dimensions du type de Brongniart :

Diamètre 39 (1)

Hauteu>* du dernier tour 18 (0,46)

Épaisseur du dernier tour 18,5 (0,47)

Largeur de l'ombilic 12 (0,30)

Une petite ammonite du Mrliila répond à l'espèce de Defrance, dont elle a les tours arrondis, les côtes nombreuses, fines et continues, présentant un tubercule médian, au moins dans le jeune âge.

Un autre échantillon du Rebeiba appartient sans doute à la même espèce.

Gisements. — Deux échantillons, peut-être trois, du Cénomanien du Mrhila (coll. Flick) et du Rebeiba. Cette espèce est connue en France, en Angleterre, dans rinde et en Perse. .

Acanthoceras cf. naviculare Mantell

1822. Amm. navicularis Mantell: Geol. ol Sussex, p. 198, PI. XXIl, fig. 5.

1867. Id, Stoliczka : Cret. S. India, p. 73, PI. XXXIX, fig. 2-4.

1898. Acanth. naviculare Choffat : Faune crét. Portugal, p. 72, PI. IV, fig. 6 ; VI, 1-2.

* Deux grands fragments d*ammonite du Bireno rappellent tout à fait VAmm. navicularis, tel que l'ont figuré Stoliczka et Choffat. Ces deux fragments, appartenant au même individu, montrent que celui-ci devait atteindre aS à 3o cm. de diamètre (hauteur du dernier tour: 85 mm. ; épaisseur: 90 (?) ; hauteur de Tavantdernier tour: 5o; épaisseur: 62). Les tours arrondis, plus larges que hauts, les cotes saillantes, alternativement longues et courtes (les longues commençant par un tubercule ombilical), presque aussi larges que l'espace qui les sépare, tels sont bien les caractères d*Amm. navicularis.

Quant à décider si cette espèce est identique à Amm, Gentoni (qui semble cependant posséder toujours des côtes grêles), les matériaux dont je dispose ne me le permettent pas ; j'emploie donc ce nom d'^lc. cf. naviculare pour indiquer la forme que j'ai en vue, sans préjuger de la question de nomenclature. Le type de

aSa ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Mantell est d'ailleurs mal défini et son auteur le rapporte à TUpper Chalk, tout en le citant en compagnie d'espèces turoniennes. Il y a donc là une triple difficulté.

On pourrait être également tenté de rapporter Tammonite qui nous occupe à VAc. Cenomanense d'Aucuiac, mais cette dernière espèce conserve plus longtemps (ou même toujours) une forme polygonale; les flancs sont plus plats et plus hauts, les tours moins arrondis ; en outre, dans Tadulte, les côtes sont relativement moins épaisses et plus espacées.

Gisement. — Deux fragments du même individu provenant de la région de Thala et très vraisemblablement du Bireno. Cénomanien. Collection du Service géographique de l'Armée.

Acanthoceras Baylel Pervinquiere 1907

1867. Amm. naticularis Guéranger (non Mantell): Album pal. Sarthe, p. 6, PI. V, fig. 3

(seulement).

1878. Aeanth. Sarthacense Bayle: Explic. carte géol. Fr.,vol. IV, PI. LXII.

1903. Aeanth. cf. Mantelli Pervinquiere: Étude géol. Tun. cent., p. 81.

1904. Aeanth, Sarthacense Douvillé : Moll. foss. Perse, p. 242, PL XXXII, fig. 2 a-c.

Batle a figuré, sans la décrire, sous le nom d'Ac. Sarthacense, une ammonite du groupe d'Ac, Genioni, Malheureusement, Guéranger avait également figuré antérieurement (sans la décrire non plus) une ammonite de la Sarthe, à laquelle il a appliqué le nom d*Amm. Sarihensis (^). Cette dernière espèce est décrite plus loin (p. 3o3). D'après les figures, ce pourrait être aussi bien un Mammites qu'un Acanihoceras, mais Texamen d'échantillons de la Sarthe m*a montré qu'il y avait dans le jeune âge un léger tubercule médian. L'espèce de Guéranger doit donc rentrer dans le genre Acanthoceras ou dans le genre Acompsoceras Hyatt, qui est bien voisin du précédent et que beaucoup d'auteurs n'hésiteront pas à confondre avec lui. Or Sarthense et Sarthacense sont deux épithètes de même étymologie et de même sens, qui ne peuvent subsister l'une à côté de l'autre dans le même genre (*). Je conserve donc le nom de Guéranger, qui est le plus ancien, et je propose le nom d'/lc. Baylei pour le type de Bayle.

Ce savant ayant seulement figuré son espèce, je crois utile de donner une description du type, que j'ai pu examiner dans les collections de l'École des Mines, grAce à l'obligeance de M. Douvillé.

Diamètre 104 (i)

Hauteur du dernier tour 40 (0,39)

Épaisseur du dernier tour 40 (?) (0,39)

Largeur de l'ombilic 42 (O/iO)

(i) Guéranger : Album pal. Sarihc, p. 5, 6, PI. IV. fig. i ; VIII, 2.

(a) Mémo si on adopte le genre Acompsoceras^ comme je le fais plus loin, l'emploi il(^ la iuôiik' l'pillirir dans deux genres aussi voisins risque de provoquer des confusions.

CÉPHALOPODES DES ïEIinAlNS SECONDAIRES aSS

La coquille est discoïdale et manifeste un accroissement assez lent. Les tours offrent une section carrée avec les angles arrondis; chaque tour recouvre environ le quart du précédent. L*ombilic, très large, possède une paroi presque verticale, se raccordant progressivement avec les flancs. Ceux-ci sont ornés de côtes grôles, mais assez saillantes, séparées par un intervalle bien plus large quelles. De l'ombilic partent seize côtes principales, débutant par une légère saillie, presque un tubercule. Entre elles s'observent une, quelquefois deux côtes intercalaires, naissant au tiers interne ou au milieu des tours, de sorte que le nombre total des côtes est ainsi de trente-six. Les côtes sont toutes de même force sur la région ventrale, qu'elles traversent sans interruption ; elles sont parfois un peu incurvées en arrière. A l'âge adulte, les côtes ne portent pas de tubercule, mais, par suite de la forme carrée des tours, elles présentent un angle à la limite des flancs et de la région ventrale. La forme et l'ornementation du jeune âge sont inconnus; il ne serait pas surprenant qu'on y observât des tubercules.

Contrairement à ce qu'indique Bayle, l'échantillon type possède une notable partie de la dernière loge (un peu moins d'un demi-tour). Le dessin (légèrement plus grand que nature et retourné) représente bien l'échantillon; peut-être ne montre-t-il pas suffisamment l'inflexion en arrière que présentent de nombreuses

nAlaa Fio- lO?- — ^c. Baylei (cloison un pcn usée;

dessin complélé, pour les délails, à l'Aide

Les cloisons sont assez bien visibles, quoi- de» cloisons voisine»,- r = 45).

que un peu usées. Je donne ci-contre (fig. 107) le dessin de l'une d'elles, complété, pour les détails, à l'aide des deux cloisons voisines.

Rapports et âifférences. — Cette espèce, qui sfe rattache intimement à Ac. Gentonij peut cependant être considérée comme distincte. Ac, Baylei se séparera à'Ac, Gentoni par une forme générale plus aplatie, moins renflée, par une section des tours quadrangulaire et non arrondie, à la fois moins haute et moins large, par un ombilic beaucoup plus large et par la disparition plus rapide des tubercules (en supposant que ceux-ci existent dans le jeune Ac, Baylei),

Gisements. — J'ai recueilli deux fragments d'ammonites, répondant bien à cette description. L'un d'eux provient du Mrhila (Kef Si A. E. K. ; tiers inférieur des marnes cénomaniennes), l'autre du Trozza ; c'est celui que j'avais cité dans mon Ëtude géologique (p. 81), sous le nom d*/4c. cf. Manlelli. Cénomanien inférievr.

Jusqu'à présent, cette espèce peu connue ne semble avoir été mentionnée que dans la Sarthe et en Perse.

Acanthoceras Barruel Pervinquière 1907

Pi. W , figr. 7 a-e

1903. Acanthoceras du gr. d\ic. Cornuelianum Pervinquière : Et. géol. Tud. ceot., p. 74.

Diamètre 25 (1)

Hauteur du dernier tour 8 (0,32)

Épaisseur du dernier tour 19 (0,71)

Largeur de l'ombilic 8 (0,32) C)

Ammonite à enroulement médiocrement serré. Tours à section surbaissée. Flancs très étroits et région ventrale très élargie. Ombilic profond, à paroi presque verticale. Flancs ornés de treize cotes très courtes, portant deux tubercules saillants, l'un au bord de l'ombilic, l'autre à la limite des flancs et de la région ventrale. Tubercules marginaux unis, à travers la région ventrale, par de fortes côtes incurvées en avant et portant, dans la jeunesse, un léger tubercule situé au point le plus haut de la courbe et encadré entre deux autres plus faibles. Quelques côtes intercalaires, semblables aux autres sur la région ventrale, à laquelle elles sont limitées. Côtes discontinues dans le jeune âge, le tubercule médian étant nettement séparé des deux autres tubercules ventraux, visibles seulement à ce stade. Cloisons assez apparentes pour être suivies, mais non pour être dessinées. Première selle large, carrée, bifide; deuxième seUe arrondie ; commencement d'une troisième. Premier lobe latéral bifide ou quadrifide, assez large (quoique moins large que dans Ac, Gillairei), un peu plus court

que le lobe siphonal ; deuxième lobé ieaucoup plus étroit, pointu.

Rapports et différences. — Dansjnon Ëtude géologique, en rapprochant cette

espèce de VAmm. Cornuelianus d'Orb., je voulais seulement indiquer la forme extérieure, car, en réalité, les deux espèces ne sont pas du même genre. D'après la description et les figures, il est facile de reconnaître que VAmm. Barruei est un Acanthoceras (premier lobe bifide, tubercule médian) et non un Douvilleiceras. Cela suffira à séparer notre fossile de Douv, Cornuelianurriy dans lequel, en outre, les côtes se bifurquent au tubercule marginal, tandis qu'entre elles s'ajoutent deux ou trois côtes intercalaires ; dans notre espèce, les côtes ne se bifurquent pas et il y a, au plus, une côte intercalaire, quelquefois pas du tout. Ces mômes caractères serviront à distinguer Ac. Barruei des Douv. Martini d'Orb. à côtes continues, dont Jagob a fait sa variété orientalis (*). En outre, cette dernière ammonite n'a qu'un tubercule sur les flancs, au lieu de deux.

Amm. Hamhrovii Forbes (*) a sensiblement la même forme que notre ammonite, mais possède une seule rangée de tubercules sur les flancs.

Ac. Barruei se rapproche davantage, en réalité, à'Ac. méridionale décrit précédemment (PI. XV, fig. a). On remarquera cependant que, dans ce dernier, les côtes

(i) Dimensions approximatives à cause do la déformation.

(2) ÏVOrbigjiï : Pal. fr., p. 19^, PI. LVIII, fig. g. — Jacob: Amm. Clansayes, p. hi2.

(3) FoRBEs : Lower grecn saiid foss. Quart. Journ., vol. I, 18^0, p. 35/i, PI. V, fig. k-

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES a85

sont bifurquées au tubercule marginal et qu'elles ne sont pas incurvées en aVant ; les trois rangées de tubercules ventraux persistent plus longtemps. D autre part, le premier lobe, plus long et plus étroit, ne présente que deux pointes simples.

Ac. Barruei rappelle aussi une variété d'Ac. Gentoni existant à Fécamp, dans laquelle les flancs sont peu larges et limités par deux tubercules bien nets. Toutefois, dans le cas de l'ammonite tunisienne, les flancs sont encore plus réduits et la région ventrale bien plus large, tandis que Tombilic est plus étroit. En outre, le mode de division du premier lobe rappelle ce qu'on observe dans l'espèce suivante, mais non dans VAmm. Gentoni,

Gisement. — Un seul échantillon pyriteux du Koudiat el Ilamra, à TOuést du Kef. Cénomanien.

J*ai donné à ce nouveau fossile le nom de M. Barrué, contrôleur civil en Tunisie, dont j'ai reçu l'hospitalité la plus cordiale, en même temps que l'appui le plus efficace.

Acanthoceras Qlltalrel Pervinquière 1907

PI. XV, fip. 8 a-c, 9 a-b

1903. ilcan{/iocer(M gr. nodojocosto^um Peryinquière : É\. géol. Tuii. cent., p. 74.

Diamètre 17 (1)

Hauteur du dernier tour 8.5 (0,50)

Épaisseur du dernier tour 11 (0,6o)

Urgeur de l'ombilic 6 (0,35) (')

J'ai désigné ainsi une ammonite ayant assurément de la ressemblance avec A mm. nodosocostaius d'Orb., mais appartenant, en réalité, à un autre genre, comme je m'en suis assuré depuis, en préparant la cloison.

Le jeune paraît tout à fait semblable à celui d*Ac, Barruei. Les flancs sont ornés de deux tubercules, qui tendent plus tard à se relier par une côte, mais celle-ci est moins saillante que dans l'espèce précédente, où les deux tubercules sont égaux, tandis qu'ici le tubercule marginal est beaucoup plus accentué. Les tubercules ventraux pairs sont bien marqués, réunis aux tubercules marginaux par une faible côte ; le tubercule médian est très peu visible.

Ces caractères persistent avec l'âge, les tubercules devenant seulement plus saillants, sauf le tubercule médian, qui reste à peine distinct. Les deux côtes issues du tubercule marginal sont séparées par une profonde dépression ventrale, une sorte de sillon. D'autre part, les parois de l'ombilic se raccordent progressivement avec les flancs. L'accroissement est extrêmement rapide, à tel point que le dernier tour est deux fois plus épais que le précédent.

(i) Dimensions approximatives, à cause de la déformation.

Fio. 108. — Ac. GiUairei X i (éch. PI. XV, fig. î); r = 15).

Le caractère le plus remarquable est fourni par la cloison (flg. 108). Le lobe sîphonal est étroit el profond. La première selle, assez large, arrondie, est divisée en deux parties inégales, l'externe, plus grande, étant subdivisée. Le premier lobe est extrêmement large et présente deux pointes, séparées par une sellette secondaire, relativement très développée. La deuxième selle, notablement moins haute que

la précédente, est arrondie et

y y festonnée. Le deuxième lobe

5 ^ est bifide. La troisième selle

commence à peine. A tout prendre, cette ligne suturale unit des caractères de Douvilleiceras à des caractères d*Acanthoceras : du premier, elle a les selles plus ou moins trifides ; du deuxième, les lobes bifides. Cette cloison ressemble singulièrement à celle du Douv. Martini dessinée par d'Orbigny (Pal. fr., PI. LVHI, fig. 10) et qui est exacte dans Tensemble. Dans cette dernière espèce, on observe généralement une première selle arrondie (divisée en deux parties inégales), un premier lobe pointu, une première selle basse et arrondie, un deuxième lobe trifide, une troisième selle, considérée comme selle auxiliaire, plus haute et mieux développée que la précédente, et enfin un petit lobe. Or, il suffirait d'exagérer faiblement la sellette secondaire subdivisant notre premier lobe, pour obtenir une disposition tout à fait semblable à celle de la figure citée ; aussi est-on en droit de se demander si la même chose ne s*est pas passée pour Douv. Martini, si le premier et le deuxième lobe ne sont pas simplement les deux pointes du même premier lobe bifide et si la selle considérée comme auxiliaire ne serait pas la selle latérale. S'il en est ainsi, ce genre DouviUeiceras serait moins éloigné iï Acanihoceras que ne le pensent certains auteurs. Il serait également possible que ce genre fut hétérogène, car DE Grossouvre (^), en le créant, mentionne d'abord Amm. Martini, mais spécifie que le type est Amm. mamillatus ; or, dans cette dernière espèce, pas phis que dans Amm, nodosocostatus, on ne trouve rien de comparable à ce que présente Amm. Martini ; dans ces formes, le premier lobe est franchement trifide et les selles décroissent régulièrement.

Rapports et différences. — Notre Ac. GiUairei ressemble à la vailété à' Amm. Martini, que Jacob a nommée occidentalis, nom qui doit sans doute disparaître, car ce paraît être le type môme de d'Orbigny (*). Toutefois, la section n'est pas tout à fait la même ; d'autre part, notre espèce possède, dans le jeune âge, un tubercule médian, tandis que les côtes sont à peine indiquées (PI. XV, fig. 8). La ligne suturale présente aussi des différences. Les caractères de celle-ci permettront également de distinguer notre fossile de Douv. nodosocostatum, qui s'en sépare aussi par l'ornementation.

(i) De Grossouvre : Amm. Craie sup., p. 26.

(a) D'ÛRBiaxT : Pal. fr., p. rtj'i, PI. LVIII, fig. 7-8. — Jacob : Amm. Clansayos, p. 612.

Je ne puis passer sous silence VA mm. Coleroonensis Stol. (^). La forme générale se rapproche de celle d'Ac, GUlairei, mais on observera des différences notables dans la forme des flancs el Tallure des côtes. L'analogie est surtout dans la ligne suturale. Dans l'un et Tautre cas, on voit un lobe siphonal assez étroit, une première selle arrondie, ayant perdu la bipartition franche des Acanlhoceras typiques, puis un premier lobe latéral plus large que le lobe siphonal et terminé par deux pointes écartées, que sépare une sellette, elle-même subdivisée. Malgré cette grande ressemblance dans la ligne suturale, la forme extérieure ne permet pas la réunion des deux ammonites.

Ac, Giltairei ne parait pas sans analogie avec Amm. euomphalas Suarpe (*), espèce qui se trouve dans le Cénomanien avec Ac. hippocastanum et qui est assez mal connue, ce qui rend la comparaison difficile. Les principaux caractères semblent les mêmes, mais la section et la disposition des côtes diffèrent quelque peu. Peut-être Tétude de matériaux plus complets amèrerait-elle à réunir les deux espèces.

Reste à séparer Ac. Giltairei d'Ac. Barruei. Je me suis demandé s'il ne s'agissait pas de deux variétés d'une même espèce, comparables aux deux variétés de Douv. Martini, citées plus haut. Toutefois, je ne le crois pas. Assurément, les jeunes sont semblables; par contre, tandis que les côtes se développent avec l'âge dans Ac. Barruei^ elles restent incomplètes dans Ac. Giltairei. Dans ce dernier, les flancs plongent vers l'ombilic, ne sont pas séparés de celui-ci et portent deux tubercules très inégaux, le marginal étant plus développé que l'ombilical ; dans Ac. Barruei, au contraire, les flancs sont bien séparés de l'ombilic et portent deux tubercules égaux, réunis par une forte côte. Enfin, la ligne suturale de cette dernière espèce, sans être fondamentalement différente de l'autre, ne présente pas un premier lobe aussi singulier.

J'estime quMc. Giltairei et Ac. Barruei doivent être classés dans le genre Acanthocèras, mais il est plus difficile de les faire entrer dans un des groupes connus; je crois qu'on peut néanmoins les ranger à côté d'Ac. Gentoni, qui présente parfois une forme assez voisine.

Gisement. — Un échantillon et un fragment provenant l'un et l'autre du Koudiat el Hamra, à l'Ouest du Kcf.

Cette espèce, comme la précédente, a un cachet aptien ou albien plutôt que cénomanien ; aussi n'est-il pas inutile de rappeler que l'une et l'autre ont été recueillies en compagnie d*Ac. Villei, Baculites cf. baculoides, Forhesiceras obtectum et de divers autres fossiles qu'on rencontre également dans les autres gisements du Cénomanien inférieur.

Le nom de cette ammonite rappelle celui de M. Giltaire, contrôleur civil en Tunisie, dont j'ai pu, à diverses reprises, apprécier l'obligeance.

(i) Stoliczka: Crct. S. India, p. 71, PI. XXXVII, fig. 6-G. — Kossmat : Sûdind. Kroidcf.. p. 127. PI. XVI, flg. a.

(3) Suarpe.: Foss. MoU. Chalk, p. 3i, PI. XIH, Vig. /, ac.

a88 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

YI. — GROUPE DE L'ACANTHOGERAS MANTELLI MANTELUCERAS Hyatt (M

Les^ ammonites de ce groupe ont souvent une grande ressemblance avec celles du groupe précédent et il est parfois difficile de les séparer. La forme est sensiblement la même dans ces deux groupes, mais, ici, il n'y a jamais de tubercule médian, de sorte que, sur remplacement qu'il occuperait, les côtes sont atténuées ou même interrompues, limitées alors par deux tubercules marginaux.

On trouve une disposition analogue dans les Douvilleiceras, mais la cloison interdit de rapporter VAmm. Manielli aux Douvillelceras, comme le font certains auteurs. Les Douvilleiceras ont toujours des lobes se terminant en pointe ; la première selle est beaucoup plus élevée que la suivante et ne rappelle en rien celle des Acanthoceras, On verra plus loin que VAmm. Manielli Sow. et VAmm, Martimpreyi Coq., qui en est à peine distinct, ont une cloison typique d* Acanthoceras.

Parmi les ammonites de Tunisie, je place dans ce groupe : Ac. Manielli Sow., Ac. Mariimpreyi Coq., Ac. Aumalense Coq., Ac. Suzannœ Pervinquière, Ac. Villei Coq., Ac, vicinale Stol.

Acanthoceras Manielli Sowerdt

PL XVI, fig. i8 a-b (?)

1814. Amm. ManteUi Sowerby : Min. Concb., vol. I, p. 119, Pi. LV. 1854. Id. Sharpe : Foss. Moll. Chalk, p. 40, PI. XVIII, fig. 4, 6, 7.

1859. Id. Pictet et Campiche: Sainte Croix, p. 200, PI. XXVI. (On trouvera là une bibliographie complète).

1863. Id. Pictet : Mélanges pal., p. 22.

1865. Id. Stoliczka : Cret. S. India, p. 81. PI. XLI, fig. 2-3 ; XLII, 1-3. 1871. Id. Schlûter : Ceph. ob. d. Kreide, p. 12, PI. V, fig. 1-8 ; VI, 1, 2, 11. 1897. Acanthoceras Manielli Kossmat : Sùdind. Kreidef., p. 130, PI. XV, fig. 4 a-c. 1903. Id. Pervin^uière : Et. géol. Tun. cent., p. 68, 69.

Dans ses Mélanges paléontologiques, Pictet a précisé les limites de cette espèce, qui a souvent été interprétée de façon incorrecte. J'y renvoie le leclcur (').

Quelques Acanthoceras du Cénomanien inférieur de Tunisie ne paraissent présenter, à aucun âge, de tubercule médian ; leurs autres caractères (section polygonale, médiocrement renflée ; ventre plat, limité des flancs, également plats, par deux facettes obliques ; cotes fines et rectilignes, longues et courtes, à peine atléniu'es sur la région ventrale) concordent avec ceux des Ac. Manielli ; mallieureusenienl, < es échantillons sont souvent en si mauvais état que leur détermination demeure douteuse. Us présentent des cloisons d' Acanthoceras et non de Douvilleiceras.

(i) Htatt : Pseudoccralitcs, p. ii3. Pour IItatt, il ne s'ag^it point ici d'un sous-pronrc. mais |>i(Mi d'un genre, type d'une nouvelle famille, qui ne renferme pas Acanthoceras. (a) Voir, d'autre part, la discussion concernant Àmin. Mariimpreyi.

céPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES aS^

C'est aussi le cas pour un exemplaire du Dj. Hadida, qui possède cependant des côtes plus fines «t plus nombreuses, un ombilic plus large ; d'ailleurs, la région ventrale étant endommagée, on ne peut affirmer qu'il n*y ait eu un tubercule médian ; ce serait alors Ac, Genioni, bien que la forme parle plutôt en faveur d*i4c. MantellL

Plusieurs ammonites, recueillies au Dj.. Rebeiba (Et. géol., p. 8i) et au Mrhila, ont des côtes un peu flexueuses, tandis que les côtes intercalaires se multiplient ; les méplats latéro-extemes s'effacent, ainsi que les tubercules qui les limitent des flancs. En même temps, la cloison présente de légères modifications. Ces échantillons forment la transition entre Ac. MantelU et Ac. Mariimpreyi ; ils sont déjà plus voisins de ce dernier. Je figure, d'autre part (PI, XVI, fig. i8), un échantillon du Trozza (coll. Aubbrt) qui peut aussi bien être rapporté à Tune qu'à Tautre de ces deux ammonites.

En outre, deux échantillons du Kef Si Abd el Kader offrent la forme aplatie, sans méplats latéro-externes, désignée par d'Okbignt sous le nom d*Amm. Coulord (^) et qu'il y aurait sans doute lieu de considérer comme une espèce distincte.

Enfin, un spécimen de Foum el Guetta pourrait peut-être se placer ici ; si Tornementatiôn est un peu différente (côtes partant par deux d'un tubercule ombilical), la forme est bien celle d'i4c. MantelU \ toutefois, le jeune étant inconnu, la question ne peut être tranchée.

Gisements. — Cénomanien inférieur. Une dizaine d'échantillons déterminables.

Forme typique: Dj. Mrhila (Kef Si A. E. K., A. Nakhla), Trozza (coll. Albert), Dj. Hadida (coll. du Service des Mines de Tunisie). — Var. Couloni : Dj. Mrhila (Kef Si A. E. K.). Cette espèce a été fréquemment citée en Angleterre, France, Allemagne, Suisse, Algérie, Perse, Inde, etc.

Acanthoceras Martimpreyl Coquand

PI. XVI, fig. I a-b, 2, 3 ab, k a-b, 5 a-b, i6 a-6, 17 a-b, 18 a-b (?)

1862. Amm. Mariimpreyi Coquand : Géol. Pal. S. Gonstantine, p. 172, PI. I, fig.* 7-8.

1866. Id. Peron : Notice sur la géologie des enviroos d'Aumale. B. S. G. F., (2), vol. XXIII,

1878. id. Peron, Cotteau, Gauthier : Écbinides foss. Algérie, vol. V, p. 17. 1880. Id. Coquand: Études suppl., p. 36. 1889. Stoliezhaia dispar Peron : Moll. foss. Tunisie, ]p. 32. 1903. Acanthoceras Mariimpreyi Pbryinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 71.

Malgré la description fausse et la mauvaise figure de Coquand, cette espèce a été bien interprétée par la plupart des paléontologistes algériens, mais ses affinités réelles ont été généralement méconnues. Dans sa Notice sur Aumale, Peron constate que ses échantillons ne sont pas carénés et que les côtes sont légèrement anguleuses, au lieu d'être droites, comme le ferait croire la figure de Coquand. Quelques individus seraient très voisins d*Ac. MantelU et pourraient bien être les jeunes de cette'

(f) D'Orbxgiit : Prodrome, vol. II, p. 147. Pal. fr., p. 3/lo, Pl. CIV, fig. 1, a, 3.

espèce. Peron avait pleinement raison, comme on le verra par la suite ; seulement il n'allait pas assez loin ; j'estime, en effet, que les vrais Ac, Martimpreyi sont, eux aussi, très proches à'Ac. Mantelli et la question se pose même de savoir s'il ne faudrait pas réunir les deux espèces.

Cependant Peron a admis ultérieurement, dans une notice stratigraphique précédant l'étude des Ëchinides fossiles de l'Algérie, qu'i4m/w. Martimpreyi devait être confondu avec Amm. Gardonicus Hébert et Munier-Chalmas (^), c'est-à-dire, suivant plusieurs auteurs, avec Stoliczkaia dispar. Cette opinion n'a point été admise par CoQUAND ; néanmoins elle a été maintenue par Peron.

Grâce à l'obligeance de M. Boeckh et de M. Papp, j'ai pu étudier de bonnes photographies des types de Coquand, dont une partie se trouve actuellement au Service géologique de Budapest. 11 est évident, tout d'abord, qu'il n'y a pas trace de carène et que les côtes sont anguleuses. D'autre part, il m'est impossible de réunir cette ammonite à ÏAmm. Gardonicus, dont j'ai le type sous les yeux. Cette dernière espèce est souvent considérée comme identique à Stoliczkaia dispar, assimilation qui ne me paraît nullement prouvée. Amm, Gardonicus a des tours élevés, une région ventrale arrondie ou en forme de toit, un ombilic toujours très étroit, des côtes presque rectilignes, s épaississant notablement au pourtour et traversant la région ventrale sans atténuation ; les côtes portent, dans le plan médian, un tubercule arrondi, très marqué dans le jeune âge et visible jusqu^à un diamètre de 5o mm., au moins. Amm. dispar, tel que d'Orbigny et Pictet l'ont figuré, a un ombilic plus large ; dans le jeune âge, la région ventrale est tronquée et limitée par deux tubercules marginaux, tandis qu'elle s'arrondit plus tard, en même temps que les côtes s'épaississent considérablement. Il ne semble y avoir de tubercule médian à aucuii âge. Cette espèce est bien représentée à la Fauge, où elle offre de nombreuses variétés qui, toutes, présentent des différences constantes par rapport à VAmm, Gardonicus,

Amm, Martimpreyi est assurément plus proche des véritables Amm, dispar que d*Amm. Gardonicus ; l'analogie est, en effet, très frappante, si on compare nos échantillons à la fig. I de la PI. XXXVIII de Pictet (Sainte Croix). On notera, cependant un certain nombre de différences : l'ombilic d*Amm. Martimpreyi, plus large que celui d'Am/M. Gardonicus, a sensiblement les mêmes proportions que celui d'Amm, dispar, mais, dans Amm, Martimpreyi, la section des tours est plus nettement polygonale ; la région ventrale, franchement tronquée, montre habituellement une interruption des côtes, ce qui ne se produit, dans Amm, dispar, que dans le tout jeune âge. Les côtes n'ont pas tout à fait la même allure : celles d*Amm, dispar sont plus ou moins flexueuses, mais non anguleuses, et ne portent jamais qu'un tubercule (outre le tubercule ombilical) ; celles d*Amm, Martimpreyi montrent, au contraire, une inflexion brusque en avant, aux deux tiers de leur longueur ; ce point d'inflexion est souvent marqué par un tubercule. Ces différences ne sont pas très considérables, mais elles vont en s' accentuant avec l'âge. On verra par la suite que les côtes

(i) HéBERT et Mcnier-Cha.lma.s : Bassin d'Uchaux. Ann. Se. gçol., vol. VI, p. ii3, PI. IV, Ûg. i-a.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES agi

d*Amm. Martimpreyi conservent leur forme et leur allure, tout en restant grêles ; ceUes d'Amm. dispar s'épaississent de plus en plus au pourtour, en même temps qu'elles se raccourcissent ; la loge d'habitation est presque lisse. Pour ces raisons, je crois que les deux espèces sont distinctes ; je reconnais néanmoins qu'on aura souvent de la peine à distinguer les jeunes de Tune et de l'autre.

Il faut donc, à mon avis, éloigner toute assimilation avec StoUczkaia dispar. Par contre, l'examen des photographies des types de Coquand m'a montré que mes échantillons appartenaient bien à VAmm. Martimpreyi ; or, ces ammonites se relient intimement à VAmm, Manteiii Sow. (*). Un échantillon brisé de la province de Constantîne (coll. Tissox) montre, au centre, un Ac. Martimpreyi, tandis que les tours suivants seraient attribués, sans hésitation, à VAc, Manteiii ; toutefois, cet échantillon est assez usé et peu décisif. Il n'en est pas de même pour ceux que je figure sur la PI. XVI. Les petits (fig. i) sont identiques aux types de Coquand; les moyens (fig. i6, 17) en sont encore peu différents ; quant au grand échantillon, qui se relie à ces derniers, on n'hésiterait guère à l'appeler Ac, Manteiii, Il difiTère à peine par quelques détails de Texem plaire figuré par Schluter {*) ; il a seulement des tours plus hauts, moins carrés, et des côtes un peu plus fines. La cloison est semblable dans les deux cas. D'autre part, les individus de taille moyenne répondent très sensiblement à la variété B d'Amm. Manteiii, distinguée par Sharpe (») et caractérisée par des tours aplatis, plus hauts que larges, des côtes légèrement flexueuses, portant des tubercules ventraux bien nets, tandis que les autres sont obsolètes.

Au total, YAmm. Martimpreyi n'est qu'une forme représentative de VAmm, Manteiii, forme qui, d'ailleurs, paraît exister aussi en Europe. Faut il les confondre ou les séparer ? La question est de peu d'importance ; je crois néanmoins qu'on peut maintenir la distinction. La collection de la Sorbonne renferme deux spécimens d'Amm, Manteiii, provenant de Lewes (Sussex), comme le type de Sowerby, et répondant parfaitement (surtout le plus grand) à la figure donnée par cet auteur (var. A de Sharpe). Si on les compare mairftenant à nos Amm. Martimpreyi de taille sensiblement égale, on constate les différences suivantes : la section des tours de VAmm. Manteiii est sensiblement aussi large que haute (*), tandis que, dans 4c. Martim-

(i) SowBRBT : Min. Conch., vol. I, p. 119, PL LV. (a) Schluter : Ceph. ob. d. Krcide, p. la, PI. V, fig. 7-8. (3) Sharpe : Foss. MoU. Chalk, p. 4i, PI. XVIH, fig. l^ a-b. {h) Dimensions des deux excinplaires de Lewes :

Diamètre .* /,5 (i) 65 (i)

Hauteur du dernier lour ai (o,46) 3i (0,47)

Épaisseur du dernier tour 19 (o,/ia) 3o (o,40)

Largeur de rombilic. . ." i a (o,a7) 16 (o,a5)

La région ventrale, plate, est bordée par deux méplats, compris entre des tubercules très nets. Sur lo plus grand échantillon, on voit çà et là une trace de tubercule au milieu des flancs ; toutes les côtes qui atteignent Tombilic s'y terminent par un tubercule bien développé. Dans ce grand échantillon, les côtes sont sensiblement rectilignes, mais, dans le petit, elles sont un peu anguleuses, déviées en avant sur les méplats latéro- ventraux. Dans les deux cas, elles trav«trsent la région ventrale sans atténuation notable. II n*y a généralement qu'une côte intercalaire, rarement deux. Par contre, la variété B do Sharpe montre quelquefois deux ou môme trois côtes intercalaires; c'est encore une des raisons qui me la font rapprocher d'Amm. Martimpreyi.

aga études de paléontologie tunisienne

preyU la section est toujours bien .plus haute que large (comparer les mesures) et ce caractère persiste aux divers âges ; elle est moins polygonale que dans les vrais Ac, MantellL La région ventrale est également tronquée, mais le méplat laléroventral est toujours moins net dans la forme africaine et peut même faire défaut. En eflet, si le tubercule marginal (limitant le méplat du côté externe) est presque toujours bien développé, le tubercule qui, dans VAmm. Mantelli, limite le méplat du côté ombilical, est ici très peu marqué ; il peut même disparaître (PI. XVI, fig. i6). Dans l'espèce de Coquand, les côtes atteignant l'ombilic s'y surélèvent généralement en un tubercule allongé. Sur mes échantillons, il n'y a jamais de tuberculç au milieu des flancs (*) ; les côtes sont presque en même nombre que dans Ac, Manlelli, mais elles sont plus fines ; elles sont surtout beaucoup plus flexueuses et plus anguleuses ; en outre, les côtes intercalaires sont bien plus nombreuses (a-3-5), tandis que, dans le type d*Amm, Manteili^ il n'y a qu'une côte intercalaire entre deux côtes principales. Les côtes de mes ammonites sont fréquemment atténuées sur la région ventrale, particulièrement chez les jeunes, où on observe parfois une très légère surélévation médiane (•).

On voit que ces difiTérences sont à peine d'ordre spécifique ; on rapporte parfois à VAwm. Mantelli des ammonites offrant des difTérenoes plus considérables, mais on peut ajouter que cette espèce a été le sujet de nombreuses confusions. En tout cas, si on maintient Amm, Martimpreyi comme espèce distincte, il est logique de considérer comme telle Amm. Couloni d'Orb.

Après avoir ainsi indiqué la position systématique d*Amm, Martimpreyi, je crois dçvoir en donner une nouvelle description, pour éviter à l'avenir les confusions.

I 11^ III

Diamètre du dernier tour 4,75 (1) 28 (1) 30 (1)

— de ravantdernier tour — 12 [l]

Hauteur du dernier tour 2,50 (0,53) 15 (0,59) 16 (0,57)

— de Tavanl dernier tour 7 [0,58]

Épaisseur du dernier tour 2 (0,42) ' 10 (0,36) 11 (0,37)

— de l'avant dernier tour,. 5 [0,42j LargeurdeTombilicdu dernier tour. 1 (0,21) 7(0,25) 7(0,23)

— de l'avant dernier tour 2,5 [0,21]

IV V VI

Diamètre 49 (1) 124 (1) 16 (1)

Hauteur du dernier tour.. 24 (0,49) 56 (0.47) 8 (0,50)

Epaisseur du dernier tour. 21 (0,42) 44 (0,36) 7 (0,44)

Largeur de rombilic .... 11 (0,22) 35 (0,24) 5 (0,31)

I-V. Forme normale. — I-II. Éch. PI. \VI, fig. 3 et i. — III. Éch. d'Aumale. — IV-V. Éch. PI. XVI, fig. i6 et i8. — VI. Var. épaisse, PI. XVI, fîg. h.

(i) Cependant ceux-ci paraissent exister sur un des échantillons types de Coquand. Le même c-arton porte douze exemplaires et il e^t diflicile de savoir lequel doit être regardé comme le type. Je considère comme tel celui qui oITre les dimensions indiquées par Coquamd (ai mm.). Cet échantillon, qui répond tout à fait à ma figure i, Pl. XVI, n'a pas de lub<'.rcule au milieu des lianes.

(a) Malgré ce commencement exceptionnel de tubercule, on ne saurait rapprocher cette espèce d*i4c. Gentoni ; la forme est trop différente.

CÉPHALOPODES DES TERRAIIfS SECONDAIRES apS

Coquille plate, & section toujours plus haute que large, offrant la forme d*un rectangle dont les angles supérieurs auraient été émoussés ou abattus ; région ventrale tronquée, non carénée. Ombilic médiocrement large, les tours se recouvrant à moitié, environ. Côtes an nombre de vingt-huit à trente-trois, dont six h dix seulement atteignent l'ombilic, où elles se surélèvent généralement en un tubercule allongé. Entre chaque côte principale, il y a une à cinq côtes intercalaires, naissant plus ou moins loin de Tombilic. Côtes nettement flexueuses, infléchies en avant, à peu près aux deux tiers de la longueur. Point d'inflexion marqué ou non par un tubercule. Limite des flancs et de la région ventrale toujours marquée par un tubercule très net. Côtes s'arrêtant à ce tubercule (PI. XVI, fîg. i) ou traversant la région ventrale, avec ou sans atténuation. Rarement un très léger tubercule médian. Siphon très voisin de la surface et facilement mis à nu par une légère usure ; c'est évidemment ce que Coquand a pris pour une carène.

Cette description est faite d'après des individus de taille habituelle (3o mm. environ) de la collection Coquand et de la mienne (^). L'âge y apporte des modifications notables. La coquille est lisse jusqu'à un diamètre un peu inférieur à 5 mm. (PI. XVI, fîg. 2 et 3) ; à cette taille, les flancs sont plats et reliés progressivement à la région ventrale, laquelle est arrondie. L'ombilic est très petit, car le tour embrasse les trois quarts du précédent. Alors apparaissent de petites côtes un peu onduleuses. Â 6 mm., ces côtes montrent déjà une inflexion très franche en avant, aux deux tiers de leur longueur ; elles se terminent par un tubercule au bord ventral. Le deuxième tubercule (au point d'inflexion) peut se montrer peu après, de même qu'il peut n'apparaître que bien plus tard ou faire toujours défaut. Le tubercule ombilical ne se développe qu'ultérieurement. Quand il n'a pas encore paru, mais que les deux tubercules latéro-externes ont pris leur développement, les côtes restant faibles, l'ammonite ressemble énormément à VAc. Aumalense Coq. Plus tard (io-i5 mm.), les côtes principales se renforcent, tandis que les côtes intercalaires se multiplient. On arrive alors au stade déjà décrit. Les mêmes caractères paraissent se conserver assez longtemps ; je note cependant que tous les échantillons de taille supérieure à 45 ou 5o mm. ont des côtes continues sur la région ventrale (PI. XVI, fig. i6, 17, 18). Les tubercules bordant celle-ci sont toujours bien nets, alors que les tubercules du point d'inflexion ont toujours disparu, en même temps que le méplat s'effaçait ; certains échantillons tendent déjà à avoir une région externe plus arrondie. La série se termine par un grand échantillon, bien remarquable, qui se relie aux précédents par ses côtes flexueuses, admettant encore deux cotes intercalaires entre les principales, au début du dernier tour, et n'en ayant plus qu'une sur la loge d'habitation. Sur celle-ci, tous les tubercules ont disparu, ce qui entraîne un changement dans la forme de la section, laquelle, d'anguleuse qu'elle était, devient arrondie sur la dernière moitié du tour. Ce grand échantillon est le seul qui offre la loge d'habitation ; encore est-elle incomplète. Tel quel, il diffère à peine des Amm.

{i) Par certains caractères (resserrement des cloisons, etc.) ces individus paraissent adultes; et cependant, il existe des échantillons de bien plus grande taille ; peut-être y a-t-il une race naine.

ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUIflSIENIlE

Mantelli les plus typiques (la section est seulement plus haute), ce qui démontre combien les deux espèces sont peu difTérentes Tune de Tautre.

Les figures ci-contre (109-111) montrent la complication graduelle des cloisons. La première permet de constater que les éléments sont déjà bien différenciés, alors que le rayon n'est encore que de 2,5 mm. La cloison comprend, dès ce moment, les trois selles principales et deux petites accessoires. La première a déjà la forme

Fio. 109. — Ac. Martimpreyi X 10 (éch. PI. XVI, flg. 2; r = 2,5).

FiG. 110. — Ac. Martimpreyi X 8 (var. épaisse, éch. PI. XVI, flg. 4; r = 7).

carrée ; elle est bifide, comme le premier lobe. La cloison est un peu plus divisée, surtout le deuxième lobe, au rayon de 7 mm. (fig. 11 o); on voit apparaître un nouveau lobe et une nouvelle selle accessoire. Enfin, la fig. m, correspondant à un rayon de i5 mm., représente une cloison complètement développée ('). On remarquera combien les cloisons sont serrées, caractère qui s'observe généralement sur les dernières cloisons des vieux individus. La première selle carrée et le premier lobe bifide des Acanthocerds sont bien dessinés ici. Le deuxième lobe est irrégulièrement bifide ou même trifide ; les suivants se terminent en pointe. C'est, en effet,

un caractère commun à tous les Acanthoceras (et à divers genres voisins) que les lobes naissent trifîdes ; puis, une des pointes latérales se développe plus vite que la terminale et atteint celle-ci, la troisième pointe restant en arrière. Ce mode de développement indique, lui aussi, qu'on doit chercher Torigine des AcantHoceras du côté des Hoplites, ^

La partie interne de la cloison est difficile à suivre. 11 paraît n'y avoir, de chaque côté du lobe antisiphonal, que deux selles assez grandes et un lobe très grêle, à deux pointes irrégulières. Le lobe antisiphonal est un peu plus large que ses voisins et porte des branches irrégulières, qui ne se correspondent pas des deux côtés ; il paraît se terminer en pointe.

Le grand échantillon (PI. XVI, fig. 18) offre des cloisons tout à fait de même type que les précédentes. Il est aisé de se convaincre que ce sont là des cloisons d*Acanthoceras et non des cloisons de Douvilleiceras, puisque, dans ce dernier genre,

(i) En examinant à la loupe la pholoRraphic des types de Coquand, on constate aisément que leur cloison s'accorde bien avec celle que je fijçure ici.

Fig. m.

Ac. Martimpreyi X 3 (éch. PI. XVI, ng. r = 15).

GÊPilÀLDèÔDËS DES TERRAINS SEGOrmAIRES 2^5

k première iselle est beaucoup plus haute que la deuxième, tandis que le premier lobe est toujours trifide. •

Variations. — Aè. Marlimpreyi parait susceptible de nombreuses variations portant sur la forme, sur l'ornementation ou sur les deux à la fois. ,' I Quand les côtes s'atténuent sur les flancs, on a un terme de passage entre Ac, Aumalense Coq. et Ac. Marlimpreyi ; c'est le cas des ammonites figurées PL XVI, fig. 6-7 et 8-9. La première présente la particularité d'avoir des tours très bas . et très épais, des côtes plus droites et plus fortes (^). D'autre part, l'échantillon figuré PL XVI, fig. 4-5 a également des tours bas et épais, avec une ornementation assez spéciale, formée de côtes irrégulièrement longues et courtes, ne portant que deux tubercules, au maximum. Cet exemplaire a une incontestable ressemblance avec les jeunes Sioliczkaia dispar que j'ai placés sur la même planche, afin de faciliter la comparaison; de fait, j'ai longtemps hésité à le placer dans cette dernière espèce. J'y ai renoncé parce que les côtes sont plus nombreuses, plus fines, plus anguleuses et que la cloison (fig. iio) se rapproche bien plus de celle d'Ac. Marlimpreyi ou d*Ac. Aumalense que de celle de Slol. dispar. Enfin, les cartons de CoQUAND portent, sous le nom d'Amm. Marlimpreyi, un spécimen peu différent du nôtre. Néanmoins, cette détermination demeure douteuse, comme c'est trop souvent le cas avec ces petits fossiles pyriteux. Par l'allure de ses côtes, cette ammonite rappelle un peu Ac. Brollianum d'Orb. (cf. PL XIV, fig. a), mais elle en diffère par l'absence de tubercules dans le plan de symétrie.

Un autre échantillon, recueilli au N du Bargou par le C* Flick (PI. XVI, fig. i6), montre des côtes assez fines, dont quelques-unes seulement atteignent l'ombilic (et cela de façon très irrégulière), tandis qu'elles traversent toutes la région ventrale. Ce spécimen présente, lui aussi, des affinités avec certains jeunes Sioliczkaia dispar de la Fauge ; toutefois, les côtes principales sont moins accentuées ; le méplat latéroventral est encore distinct et les côtes n'ont pas de tendance à s'épaissir. Comme, au surplus, cet échantillon se relie à d'autres qui appartiennent manifestement à Ac. Marlimpreyi, je le laisse, lui aussi, dans cette dernière espèce, à titre de variété. Le grand .nombre de côtes intercalaires l'éloigné d'^c. Manlelli.

Rapports et différences. — La discussion précédente me dispense de longs détails. Je me borne à faire remarquer la très grande ressemblance existant entre Amm, Marlimpreyi et Amm. Saxbyi Sharpe (*). Je ne serais pas surpris qu'il s'agît d'une seule et même espèce. S'il en est ainsi, le nom de Sharpe devra être substitué à l'autre, mais il me reste des doutes sur cette identification. Sharpe dit, en effet, que son espèce se reconnaîtra toujours à ses côtes droites, bien que la figure montre quelques côtes peu différentes de celles d'Amm. Marlimpreyi, Les autres caractères sont presque identiques de part et d'autre.

(i) Quant à l*apparenc6 de carène que montre la photographie, c'est le résultat d*un léger écrasement. Cette ammonite me parait très voisine de celle qui a été décrite récemment par Boule, Lemoine et TiiéYE wiH (Céph. Diégo-Suarez, p. 33, PI. IX, fig. 3-5), sous le nom d" Àcantkoceras (Mammites) prenodosoides ; celle-ci semble seulement un peu plus mince.

(3) Sharpe : Foss. MoU. Chalk, p. l^b, PI. XX, flg. 3 ab.

Les exemplaires jeunes à'Ac, vicinale Stol. (^) ont également une notable ressemblance avec Ac. Martimpreyi; cependant, dans Tadulte, les côtes deviennent plus droites, plus larges et plus serrées ; la section est encore plus aplatie que celle d'Ac, Martimpreyi,

Quant à YAcanthoceras (Prionofropis) subvicinale Boule, Lemoine et Thévenin (»), il me paraît bien voisin de Tammonite représentée sur notre PL XVI, fîg. i, laquelle répond très sensiblement au type de Coquand. La seule différence gît dans la forme plus élevée de la section, caractère un peu variable, et dans un moindre persillage de la cloison, encore que celle-ci soit moins simple que ne le ferait croire la figure 16 du mémoire cité. Au total, cette ammonite ne me parait pas différer d'Ac, Martimpreyi plus que Tautre échantillon de Madagascar rapporté à cette dernière espèce. En tout cas, c*est une forme du même groupe et non pas un Prionotropis^ genre caractérisé par une cloison à lobes pointus et une tout autre disposition des tubercules et des côtes sur la région ventrale.

Gisements. — Tous mes échantillons proviennent de la base du Cénomanien, ce qui accentue encore les aflînités avec Ac. Mantelli. Peron a cependant signalé Ac. Martimpreyi, à Aumale, à un niveau quelque peu plus élevé, mais il s'agit alors d'une variété particulière.

Une dizaine d'exemplaires, tant pyriteux que calcaires : Guern er Rhezal, Kef Rakrima (N de bou Tis), N du Bargou (coll. Flick), Zrissa {?), ben Habbes (Rebeiba), Mrhila (Foum el Guetta, Kef Si A. E. K.), Trozza (coll. Aubert).

Cette espèce est commune en Algérie (Berrouaguiah, Aumale, etc.). Des formes très voisines, sinon identiques, existent en Europe et à Madagascar.

Acanthoceras Aumalense Coquand

PI. XVI, fig.6 a-6, 7 a-6, 8, 9 0-6, 10 a-6, 11 a-e

1862. Amm. Aurnalerms Coquand : Géol. Pal. S. Constantine, p. 172, PI. I, fig. 27-28.

1 II III

Diamètre : 11 (1) 8 (1) 10 (1)

Hauteur du dernier tour 5.5 (0,50) 4 (0,50) 4,75 (0,47)

Épaisseur du dernier tour 4 (0.36) 4 (0,50) 4,30 (0,43)

Largeur de l'ombilic 2 (0,18) 1 ,5 (0,19) 2,30 (0,23)

I. Éch. PI. XVI, fig. 10. — II. Var. épaisse, éch. du Guern er Rhezal. — Ilf. Forme de passage à

Ac, Martimpreyi, PL XVI, fig. 6.

La figure et la description de Coquand laissent beaucoup à désirer. Ainsi, pour ce qui est du nombre de côtes indiqué dans la description de Coquand, il faut comprendre, non pas qu'il y a douze côtes par tour, mais qu'il y a seulement douze côtes sur le type, parce que le premier tiers du dernier tour correspond à un stade

(i) Stouczka : Gret. S, India, p. 84, PI. XLIV.

(2) Boule, Lemoine et Thévetvin : Céph. Diégo-Suarez, p. 3i, PI. VIII, fig. S a-c.

CÉPHALOPODES DBS TERRAINS SECONDAIRES agy

trop jeune pour qu*il y ait des côtes. Dans cette partie, les tubercules ombilicaux commencent à paraître; aussi le dessinateur les a-t-il marqués^ en les accentuant. 11 a également mis des tubercules ombilicaux, quoique Coquand dise qu'il n'y en a pas ; réchantillon type en montre im ou deux. Quant à la carène indi^«ée, il n*y en a pas trace; la région ventrale est seulement un peu bombée dans quelques cas. Il n'est donc pas surprenant que les auteurs n'aient pas bien compris cette espèce. Ils étaient d'autant plus excusables que Coquand lui-même a confondu ses deux espèces: Ac, Martimpreyi et Ac. Aumalense. En effet, à côté du type d'Amm. Aumalensis (échantillon qui a un cachet particulier), il a collé, sur le même carton, deux autres échantillons à côtes flexueuses, qui sont certainement des jeunes Ac, Martimpreyi, Même confusion sur un autre carton. Je ne suis pas bien convaincu, d'ailleurs, de la validité de ces deux espèces, car, quelques fragments mis à part, tous les échantillons examinés par moi sont de petite taille (le type Coquand a la mm.). Or, j'ai déjà fait remarquer que YAc. Mariimpreyi passait par un stade où il est impossible de le distinguer A'Ac, Aumalense ; à ce moment, les deux tubercules sont bien marqués, mais les côtes sont à peine> sensibles. Quand cet état persiste, on a Amm, Aumalensis ; notre fig. lo, PI. XVI répond bien au type de Coquand, qui a seulement un millimètre de plus. Les fig. 6-g de la même planche montrent le passage du type Aumalensis au type Martimpreyi, On serait donc tenté de considérer simplement VAmm, Aumalensis comme le jeune d'Amm. Martimpreyi et de les réunir ; je n'ose cependant le faire, car j'ai trouvé, parmi les ammonites de Berrouaguiah, quelques fragments appartenant à des individus de a5 à 3o mm. et ayant encore la section rectangulaire élevée, les côtes presque nulles et les tubercules rapprochés qui caractérisent Amm. Aumalensis,

Quoi qu'il en soit de la question d'espèce, Amm. Aumalensis diffère d*Amm. Martimpreyi typique par la forme plus aplatie des flancs et la faible largeur du méplat latéro-ventral (de sorte que la section est presque rectangulaire), par l'étroitesse de l'ombilic et par le faible développement des côtes. Par contre, les deux tubercules géminés du pourtour sont bien accentués; ils sont plus rapprochés que dans Amm, Martimpreyi^ contrairement à ce que dit Coquand. Le tubercule situé au bord même du ventre est habituellement aussi développé que l'autre. La région ventrale est généralement bombée et sans côtes.

Ac. Aumalense est susceptible de quelques variations, portant, en particulier, sur le développement des côtes ; on a ainsi un passage à Ac, Martimpreyi p,^. i,^ ^^^^^ ^^ p„5,ge entre Ac. Aumalense et (PL XVI, fig. 6-9). D'autre part, certains ^'' ^<'^^^P^^^ X » (^<^h. pi. xvi, flg. 6; r = 5).

échantiUons sont notablement plus épais que ceux fîgurés ici (n** II des mesures) ; leur section est alors presque carrée. Dans ce cas, les côtes font défaut, tandis que les tubercules, même les tubercules ombilicaux, sont bien marqués.

Quant aux cloisons, elles ne diffèrent guère de celles d'Ac, Martimpreyi. Les fig. II a- II 4 montrent quelques-uns des stades du développement ; parmi celles-là.

ÉTUDES DE VALÉOItTOLOGlE TUNISIENNE

la fig. ii4, prise à un rayon de 6 mm. seulement, est particulièrement intéressante; elle montre des cloisons de plus en plîis rapprochées el écrasées les unes contre les

autres, au fur et à mesure qu'on s'approche de la bouche (^). C'est un remarquable exemple de ce qu'on a appelé improprement des cloisons sécantes; les cloisons les plus récentes peuvent se rapprocher * des anciennes et s'écraser contre celles-ci, mais elles ne les coupent jamais. Ce sont là de vieilles cloisons, quoique l'individu ne dépasse pas II mm. Il me paraît probable que nous avons encore affaire ici à des races naines. Les conditions extérieures n'ont probablement pas permis aux ammonites d'atteindre une grande taille. En effet, tous ces spécimens pyriteux du Vraconnien a'ont qu'un à deux centimètres, parfois quelques millimètres de diamètre; et

Fvi. 113. — Forme de passage entre Ac. Aumalense et Ac. Martimpreyi X 6 (éch. PI. XVI, fig. 8; r = 8).

Fio. 114. - Ac. Aumalense X 8 (éch. PI XVI, Hg. 10 ; r = 6).

cependant on constate quelquefois la présence de la loge d'habitation. Ce ne sont donc pas seulement les tout premiers tours d'individus de taille normale.

Gisements. — Une dizaine d'échantillons de Si Abd cl Kcrim, du Guern or Rhezal et du Chirich (coll. Flick). Vraconnien.

La même espèce existe en Algérie, à Aumale, d'où vient le type.

Acanthoceras Suzannœ Pervinquière

Pi. XVI. fig. iQ a-6, i?a-6 Diamètre

Hauteur du dernier tour. . . ,

Épaisseur du dernier tour. .

Largeur de Tombilic

(i) L'échantillon est cloisonné jus(j

Éch. PI. XVI, fiff.

[u'à son extrémité.

la.

céPHALOPODES DES TERRAINS SEGONDAIKES ^QQ

Jolie petite coquille à flancs coiDplètemenl plats et parallèles. Section rectangulaire, élevée. Ombilic médiocrement large, le dernier tour recouvrant un peu moins de la moitié du tour précédent. Paroi de l'ombilic verticale. Côtes à- peine sensibles, flexueuses, se terminant par un tubercule extrêmement aigu ; quelquefois un rudiment de deuxième tubercule à la base du premier. Région ventrale plate, mais paraissant comme déprimée entre la double rangée de grands tubercules. Cloisons (fig. ii5) peu difl'érentes de celles des espèces précédentes ; toutefois, le deuxième lobe est lui-même franchement bifide. Le premier lobe est légèrement plus long que le lobe siphonal. La première selle est un peu fig. 115. - ac, Suzannx x 8,5 (éch. pi. xvi. irrégulière, ce qui est dû à la présence des ^' » ^ "~ '•

tubercules marginaux, qui ont comme repoussé la cloison dans un sens ou dans raiitrp.

Rapports et différences. — Cette ammonite est aisée à reconnaître au premier coup d'oeil. Elle n'en est pas moins liée intimement à 1*^4 c. Aumalense et forme le dernier anneau de la chaîne qui rattachait déjà cette espèce à Ac, Mariimpreyi. Supposons que les flancs d'ylc. Aumalense s'aplatissent encore plus, que le deuxième tubercule s'efface et qu'avec lui disparaisse le méplat latéro-ventral, qu'inversement le tubercule externe acquière uiie plus grande hauteur et devienne acuminé, on aura alors Ac, Suzannœ, La verticalité de la paroi de l'ombilic est d'ailleurs en relation avec l'aplanissement des flancs. Malgré ces étroites relations, l'ammonite a un aspect si spécial que je crois devoir lui donner un nom, d'autant que cette même forme se retrouve en divers gisements d'Algérie.

Cette espèce paraît avoir aussi des relations avec l'ammonite que Coquapjd a nommée, sans la figurer, Amm. persimilis (^). C'est, en effet, sous ce nom qu'elle figure dans la collection Peron ; mais le même carton porte également de très jeunes Amm. Larg illier lianus ou obtectus, ce qui soulève une nouvelle difficulté. Toutefois, la description de Coquand ne s'applique qu'imparfaitement à nos échantillons ; cet auteur insiste sur ce fait que, dans VAmm, persimilis^ le dos (ventre) est lisse et large ; les tubercules qui le bordent sont très distants (ce qui distingue celte espèce d'Amm, Aumalensis). Dans notre espèce, au contraire, le ventre est étroit, plus étroit que dans un spécimen de même taille d*Amm. Aumalensis. En outre, VAmm. persimilis a des tours presque embrassants, ce qui n'est pas le cas ici. Il est vrai que les descriptions de Coqua^nd sont bien souvent inexactes et l'examen du type aurait seul pu résoudre la question de l'idenlitc ou de la différence des deux espèces. Malheureusement, ce type n'a pu être retrouve, ni à Alger, ni à Marseille, ni à Budapest ; l'identité d'Amm. persimilis restera donc incertaine, comme c'est le cas pour un trop grand nombre d'espèces des Études supplémentaires.

(1) COQUA5D : Ëtudes siippl., p. 3a.

Gisements. — Quatre échantillons de Si Abd el Kerim et de Pont du Fahs. La même espèce existe en Algérie, à Aumale (coll. Pebon) et à l'Oued Cheniour (coll. Blatac). Vraconnien.

Acanthoceras Vlllel Coquand

PI. XVI, fig.i4a-6, i5 a-b

1862. Amfn, ViUei Coquand : Géol. Pal. S. Gooslantine, p. 171, PI. I, fig. 23-24.

Diamètre 16,5 (1)

Hauteur du dernier tour 7 (0,43)

Épaisseur du dernier tour 6,5 (0,40)

Éch. PI. XVI, fig. th.

La description et la figure de Coquand sont bonnes ; elles répondent bien à l'un des exemplaires de la collection de Budapest, lequel parait être le type. A côté de ce dernier, se trouve collé un autre échantillon de 6 mm. seulement, qui a exactement les mêmes caractères ; l'espèce varie donc peu avec Tâge.

L'échantillon que je fais figurer présente seulement de légères différences par rapport au type ; il est un peu plus épais et le méplat latcro-ventral est un peu plus incliné. D'autre part, toutes les cotes ne portent pas de tubercule ombilical ; quelques-unes même n'atteignent pas l'ombilic. J'ajoute que les cotes ne traversent pas la région ventrale, sur laquelle le siphon produit une légère saillie. On voit des traces

de tubercules médians ; ceux-ci sont même bien accentués sur un échantillon de Bordj Debbich. La paroi de l'ombilic est verticale.

Je figure ci-contre (fig. ii6) les cloisons de cette espèce, lesquelles n'étaient pas encore connues. Ce sont bien des cloisons d'Acanthocercis, On remarquera encore ici l'écrasement et la dé- Fio. 116. - Ac. vmèi X 5 (éch. PI. XVI, formation des lobes, ainsi que la profondeur du flg. i4;r = io). lobule divisant la première selle.

Rapports et différences. — Acanthoceras Villei est une bonne espèce, qui se séparera d*Ac, Aumalense et d'Ac. Martimpreyi par son large ombilic, ses tours à peine embrassants et ses nombreux tubercules ombilicaux. Les cloisons ont aussi un cachet un peu spécial.

Gisements. — Deux exemplaires complets et quelques fragments du Koudiat el Hamra (W du Kef) et de Bordj Debbich. Cénomanien. La même espèce existe en Algérie, à Aumale et à Berrouaguiah (coll. Peron).

CBPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 3oi

Acanthoceras vicinale P Stougzka

1865. Amm, mcinalis Stoliczka : Cret. S. ladia, p. 84, PI. XLIV.

1895. AcanihocercLS vicinale Kossmat : Sûdind. Kreidel., p. 104, PI. XI, fig. 2.

Quelques fragments d'ammonites, recueillis dans les marnes dures du Cénomanien entourant le Dj. Slata, peuvent se rapporter à YAc. vicinale. Us en ont les côtes larges, basses, serrées, traversant la région ventrale légèrement bombée ; un tubercule allongé dans le sens de l'enroulement sépare cette région ventrale des flancs qui sont presque plats. L'état des échantillons ne permet d'ailleurs pas une détermination certaine; peut-être s'agit-il à* Amm. Couloni d'Orbigny.

VIL — GROUPE DE L'AGANTHOGERAS LATIGLAVIUM SHARPEIGERAS Htatt (<)

Dans ce groupe, comme dans le précédent, les rangées de tubercules sont en nombre pair (8) ; il n'y a pas de tubercule médian. La section des tours est quadrangulaire, bien plus haute que large. Les côtes sont droites, bifurquées dans le jeune âge, mais simples dans l'adulte.

La ligne suturale est notablement plus découpée que dans les autres groupes ; ce qui la caractérise surtout, c'est le grand développement du premier lobe latéral, dont les deux pointes grêles dépassent de beaucoup le lobe siphonal ; les autres lobes décroissent très rapidement. La deuxième selle est de même hauteur que la première, mais bien plus étroite ; les suivantes sont tout de suite bien plus j)etites.

Je n'ai à placer ici que VAmm, laticlavius et une de ses variétés.

Acanthoceras latlclavlum Sharpe

PI. XIV, ûg. h a-h

1854. Amm. laticlavius Sharpe: Foss. MoII. Cbalk, p. 31, PI. XIV, fig. 1.

1871. Id. ScHLÛTER : Cepb. ob. d. Kreide, p. 18, PI. VII, fig. 4^.

1895. Âcanth. laticlatrium var. Indica Kossmat: Sûdind. Kreidef., p. 103, PI. X, fig. 5-6.

1903. Acanth. laticlavium Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 81.

1903. Id. Choffat : Crétecique Conducia, p. 25, PI. IV, fig. 3 a-b ; VII, 2 a-b.

1904. id. DouYiLLÉ : Moll. loss. Perse, p. 239, PI. XXI, fig. 3.

Cette belle espèce est représentée par un certain nombre de fragments bien typiques. On y observe, en particulier, le grand développement du premier lobe latéral, lequel dépasse notablement le lobe siphonal et vient souvent se déformer contre la

( I ) Htatt : Pseudoceralites, p. 1 1 1 .

3o2 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

cloison précédente. En général, les tubercules sont peu élevés, quoique bien nets; cependant, un exemplaire du Rebeiba se distingue par la puissance de son ornementation. Les tubercules gémellés, qui terminent les côtes au bord ventral, sont extrêmement développés.

Var. Byzacenica (PI. XIV, fig. 4). — Je désigne ainsi deux fragments d*ammonîtes qui appartiennent peut-être à une espèce nouvelle, mais qui représentent plutôt une variété ô!Ac, laticlaviuniy car ils en possèdent la section élevée et la région ventrale plate, dépourvue de tubercules médians. Par contre, ils s'en éloignent par la disposition des côtes et des tubercules. Autour de Fombilic, se voient des tubercules pinces, au nombre de six seulement par quart de tour, de chacun desquels partent, en général, deux côtes à peine sensibles, légèrement incurvées en avant. Elles se terminent, au bord ventral, par un petit tubercule unique, disposé un peu obliquement. Il y a donc deux fois plus de tubercules ventraux que de tubercules ombilicaux ; d'autre part, les côtes ne montrent pas de tubercules au milieu des flancs, pas plus qu'au voisinage de la région ventrale.

Les cloisons ne semblent guère différer de celles d*Ac. laticlavium ; on constate, en particulier, que le premier lobe latéral est plus long que le lobe siphonal.

Gisements. — Forme typique: sept à huit fragments, plus ou moins importants, du Mrhila (Foum el Guelta et Kef Si A. E. K.), Rebeiba, Trozza (coll. Aubert et Pervinquière). — Var. Byzacenica : deux échantillons incomplets du, Rebeiba et du Trozza (coll. Aubert). Cénomanien inférieur.

Cette espèce, sans être jamais très commune, a- été mentionnée en Angleterre, en France, en Allemagne et aussi dans Tlnde, la Perse, sur la côte de Mozambique.

Genre AGOMPSOGERAS Hyatt

Ce genre a été proposé par IItatt, en 1908 (*); je suis disposé à l'accepter. Il comprend des ammonites discoïdales, à flancs peu ornés, à région ventrale plate ou arrondie, à ombilic médiocrement large. Dans la jeunesse, il existe des tubercules ombilicaux, des tubercules marginaux et des côtes, qui disparaissent plus ou moins tôt. les tubercules ombilicaux subsistant le plus longtemps. 11 n'y a pas de carène et, s'il existe un .tubercule médian, il s'efTace de très bonne heure.

La cloison a des caractères assez particuliers, consistant, tout d'abord,, en. une courbure, parfois très accentuée, de la ligne enveloppant toutes les selles, ce qui est dû au fait que la deuxième selle est plus haute que la première, tout en étant bien moins large. En principe, les selles sont bifides, mais la première selle, souvent très large, peut être trifîde, divisée alors par deux lobules parallèles et non convergents,

(1) Hyatt : Psoiidocoratites, p. m. Le nom générique sifynific « peu orné ».

CÉPHALOPODES DES TERRAINS . SEGONDAlllES 3d3

comme c'e^t ordinairement le cas dan3 les selles trifides. Toutes leâ divisioils deB selles affectent une formé ovalaire ou arrondie, rappelant un peu celle des Phyllocera5. Les lobes sont fondamentalement bifides ; le lobe sîphonal est toujours notablement plus court que le premier latéral. La cloison comprend cinq ou six éléments externes.

Les espèces comprises dans ce genre sont: Amm. Bochumensis SciilCter (type), Artim. Renevieri Sharpe (*), Amni. Essendiensis ScuLûTEh, Amm, Sarthensis Guéranger (Amm. inconstans SchlCter). Hyatt ne range pas cette dernière espèce dans le genre Acompsoceras, mais dans sou genre Sharpeiceras, considérant que ses affinités sont surtout avec Amm, laticlaviùs (*). Sans nier ces affinités, la liaison me paraît bien plus intime avec les Acompsoceras ; l'ornementation, peu différente de celle d'Amm, Bochumensis, disparaît de la même façon à un stade peu avancé ; la ligne suturale est la même.

Hyatt place le genre Acompsoceras dans la famille des Manielliceraiidœ^ bien différente de celle des Mammitidœ, où il range le genre Metacanthoplites, dont le type est Amm. Roiomagensis. Il me semble qu Acompsoceras est voisin de Mammites et que Tun et l'autre dérivent d'Acanthoceras ; toutefois, les cloisons sont trop différentes pour qu'on puisse réunir Açorhpsoceras k Mammiiés,

Acompsoceras Sarthense Guéranûer

PI. XVn, Vifr. I a-6, a, 3

1867. Àmm. Sarthensis Guéranger (non Bayle) : Album pal. Sartbe, p. 5, 6, PI. IV, tig. 1 ;

Page 1