‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 48 sur 84 · I. Éch. type, PI. XIX, fig. a. - II. Éch. Pi. XIX, fig · texte numérisé non relu

I. Éch. type, PI. XIX, fig. a. - II. Éch. Pi. XIX, fig

Cette espèce est très voisine de la précédente, comme on pourra s'en rendre compte par la comparaison des figures ; je l'avais également citée sous le nom de Morton. cf. Salmuriense. Néanmoins, je crois devoir l'en séparer, car elle s'éloigne par trop du type de Courtiller, tant sous le rapport de la forme et de l'ornementation que sous celui des cloisons. Tout d'abord, les proportions relatives sont un peu difTérentes (voir les mesures) ; le dernier tour est plus élevé et l'ombilic plus étroit. L'ornementation, tout en étant de même type, présente aussi des différences ;

(i) L\UBR cl Bruder : Amm. bôhm. Kreide, p. a3i, PI. \XV, fig. a a-b. — Petrascheck : Amm.sâchs. Kroide, p. la, PI. II, fig. a ; IH, a ; IV. i.

3l8 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUWISIENNE

elle est beaucoup plus robuste ; les côtes sont plus fortes, plus larges et plus saillantes, toujours bien marquées dans l'intervalle des tubercules, au lieu de disparaître. Les tubercules les plus rapprochés du plan de symétrie peuvent prendre un développement extraordinaire : 3 à 3 cm. vraisemblablement (PI. XIX, fîg. 2) ; ils sont deux fois plus larges qu'épais. La loge d'habitation occupe la moitié du tour . Le péristome, qui a été conservé sur l'exemplaire d'A. es Settara (PI. XIX, fîg. 2), est faiblement onduleux.

Les différences sont encore plus considérables au point de vue des clAsons

(fîg. 121). Dans Mamm. 5a/mttrie/?5W, le premier lobe latéral est beaucoup plus court que le lobe siphonal, tandis qu'à taille égale des ammonites, il est généralement plus long dans Mamm, armatus. En outre, la forme de ce lobe est différente dans les deux cas ; ce lobe est franchement bifîde dans ce dernier et muni de deux branches fortes et courtes à sa partie supérieure. Inversement, le deuxième lobe, qui est bifîde dans Mamm. Salmiiriensis, montre Fio. 121. - Mamm. armatus (d'aprè. ici une pointe unique.

unéch. daSifetTena;r=45). j^es différences portent donc un peu sur tous

les points ; aussi me paraît-il préférable de distinguer les deux espèces, que je considère néanmoins comme extrêmement voisines l'une de l'autre.

Je dois encore signaler une autre forme (PI. XIX, fîg. 4 a 6), qui s'éloigne presque autant de Mamm. armatus que celui-ci de Mamm. Salmiiriensis. Je n'en possède malheureusement que des fragments ; aussi ne puis-je en donner une description complète. Les côtes, assez saillantes, mais peu larges, reclilignes et dirigées un peu obliquement en avant, se prolongent presque sans atténuation jusqu'au voisinage du siphon. Par contre, les tubercules sont peu marqués : le tubercule ombilical est à peine visible ou nul, le tubercule marginal peu développé, rendu sensible seulement par un léger abaissement de la côte entre ce tubercule et le tubercule ventral, le seul qui soit un peu saillant. Par suite de cette disposition des côtes et des tubercules, la coquille acquiert un aspect spécial ; les tours sont, d'ailleurs, peu renflés et notablement plus hauts (46) qu'épais (34). Les cloisons ne sont pas connues. Cette ammonite a encore une certaine ressemblance vec Mamm. armatus, auquel je la rattache provisoirement, à titre de variété, que je désigne sous le nom de var. FraichichensiSy d'après le nom de la tribu sur le territoire de laquelle elle a été trouvée ; néanmoins, il est probable qu'il s'agit là d'une espèce nouvelle.

Rapports et différences. — Ce qui a été dit plus haut, à propos des relations entre Mamm. Salmuriensis et diverses espèces, peut s'appliquer au type de Mamm. armatus, mais la variété que je viens de signaler nécessite quelques explications complémentaires. Cette variété, qui s'éloigne notablement du type, présente une certaine analogie avec Ac. pseudodcverianum Jimbo (^) par la forme de ses tours

(i) JiMBO : Kreidef. von Hokkaido, p. 3a, PI. V, ûg. 1 a-h.

CËPIIALOPUDES DES TERRAINS SECO^IDAIRES SlQ

et la disposition de ses côtes, mais cette dernière ammonite possède neuf tubercules» tandis qu*on n'en saurait trouver que six sur nos échantillons.

Gisement^. — Turonien inférieur. Forme typique : deux exemplaires et quelques fragmeijls d'A. es Seltara et du Mrhila (Sif et Telia). — Variété Fraichichensis d^ux fragments du Bireno (A. es Sfeia).

Genre FAGESIA Pervinquiére 1907

En 1894, Peron (*) signalait l'existence probable du Jurassique près de Tébessa ; il avait, en efTet, reçu une ammonite présentant exactement la forme de Siephanoceras coronatum du Callovien. Toutefois, comme cette ammonite était accompagnée de fossiles franchement crétacés (.4mm. Telinga Stouczka, etc.), Peron apportait certaines réserves à sa détermination.

Quelques années plus tard, Kossmat décrivait (*), sous le nom d'Olcosiephanus supersles, une ammonite indienne, offrant la même ressemblance surprenante avec St. coronatum. Peron y reconnut sans peine son ammonite d'Algérie. Kossmat, frappé par la ressemblance de cette ammonite, non seulement avec St. coronatum^ mais surtout avec Holcostephanus Astierianas d'Orb. et aussi avec Holc. Gravesiformis Pavlow et Lamplugh, du Crétacé inférieur, avait rangé r.4mm. superstes dans le genre Holcostephanus. Il y a assurément une certaine analogie entre VAmm. Tkevestensis de notre PI. \X, fig. 5 a-b et Holc. Gravesiformis figuré par Pavlow et Lamplugh ('), tandis que VAmm. superstes de la PI. XX, Vig. i a-c rappelle Holc. Keyserlingi Neumayr et Uhlig, mais l'analogie s'arrête à la forme extérieure. Quoi qu'en dise Kossmat, les cloisons n'ont aucun rapport ; d'ailleurs, après avoir avancé que les cloisons d .4mm. superstes sont tout à fait du type de celles de Holc. AstierianuSy ce même auteur est amené à reconnaître que l'accord est imparfait et que la ressemblance pourrait bien être due à un phénomène de convergence. En effet, si les selles n'accusent pas de différences importantes entre les vrais Holcostephanus du Crétacé inférieur et les ammonites du groupe d'Amm. superstes, il n'en est pas de même pour les lobes : ceux-ci sont toujours trifides dans les Holcostephanus, toujours bifides dans les ammonites qui nous intéressent.

Entre temps, Peron avait décrit et figuré (*) une autre ammonite des environs de Tébessa, ayant avec la première un certain air de famille. Le classement générique

(i) Peros : Sur l'existence présumée du terrain jurassique moyen au Nord-Ouest de Tébessa (Algérie). A. F. A. S., vol. XXriI, Caen, 1896, p. 468-/170. (a) Kossmat : Siïdind. Krcidef.» p. i33.

(3) Pavlow et Lamplugh : Argiles de Speelon, PI. V, fig, ik.

(4) Pkhos : Amm. Crét. sup. Algérie, p. a3, Pi. VU, lig. 3-3.

3aO ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

Tembarrassa un peu ; finalement, il l'inscrivit sous le nom de Mammiies (?) Theveslensis. Plus tard, de (îrossoivre (*) exprima, de façon quelque peu dubitative» l'opinion que VAmm, superstes est un Acanthoceras, Ces deux opinions se rapprochent beaucoup plus de la vérité que celle de Kossmat. Pour moi, j'étais depuis longtemps convaincu qn'Amm. superstes n'est pas un Ilolcostephanus, mais je n'avais pu préparer entièrement la ligne suturale ; d'autre part, ne voulant pas créer de nouvelles dénominations dans un travail purement stratigraphique, je m'en suis tenu à l'opinion émise par Haug (*), et j'ai cité (*) cette ammonite sous le nom de Pachyceras superstes.

De nouveaux matériaux m'ont permis de constater qu'il s'agit bien, en réalité, d'un représentant des Acanthocératidés, mais les différences sont trop importantes pour qu'on puisse ranger cette ammonite et ses congénères dans le genre Acanthoceras. Tout d'abord, elle présente une forme globuleuse, parfois sphéroïdale, qu'on ne trouve pas dans les vrais Acanthoceras ; les cotes ont aussi une tout autre allure: elles sont inclinées en avant. D'autre part, la cloison offre des caractères assez particuliers : les selles carrées, bifides, des Acanthoceras sont remplacées par des selles arrondies, irrégulièrement trifides. Je suis donc amené à établir une nouvelle coupure générique et je propose de lui appliquer le nom de Fagesia, en l'honneur de M. de Faces de Latour, Directeur Général des Travaux publics en Tunisie, auquel ce pays est redevable de tant de travaux importants.

La diagnose du genre Fagesia peut être résumée ainsi : Coquille globuleuse, à enroulement assez serré ; tours épais, arrondis, à section surbaissée ; ombilic profond, à paroi verticale, orné généralement d'une couronne de tubercules, desquels partent habituellement deux ou trois cotes larges, plus ou moins accentuées, dirigées obliquement en avant et traversant la région ventrale sans interruption. Ces caractères s'appliquent à la jeunesse et à l'âge adulte; dans la vieillesse, les côtes et finalement les tubercules disparaissent ; la coquille est entièrement lisse.

Ligne suturale comprenant quatre selles externes et probablement trois selles internes. Les selles, très élancées, ont une forme générale arrondie à la partie supérieure ; elles sont divisées en trois parties inégales. Le premier lobe est profondément bifide ; le deuxième l'est encore, quoique à un moindre degré ; les lobes suivants se terminent en pointe. Le lobe antisiplional est trifide.

Rapports et différences. — Reste à fixer, la position du nouveau genre dans la classification. Nous avons déjà vu que le tracé de la ligne suturale s'oppose à tout rapprochement avec Ilolcostephanus . Stoliczxa (*), en décrivant Amm. Rudra, qui appartient certainement au genre Fagesia, fait remarquer que les seules ammonites présentant avec elle quelques ressemblances sont : Amm, simplus d'Orb. (*),

(i) De Grossouvre : Sur V Amm. peramplus et quelques autres fossUes turonicns. B. S. G. F., (3), vol. XXYII, 1899, p. 334, et Recherches Craie sup., p. 716.

(2) Haug : Revue cril. Paléozoologie, vol. III, p. 81.

(3) Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 96 sqq.

(4) Stoliczka : Cret. S. India, p. laS.

(5) D'Orbigny : Pal. fr., p. 20S, Pi. L\, fig. 7-9.

GÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 3a I

Amm: Jauberiianus d'Orb. (*) et Amm, Jugurtha CoQtJAND ('). Pour Amm. Jaubertianus, qui est un Lytoceras, l'analogie n'est que très superficielle. Amm. Jugurtha Coq. a une plus grande ressemblance avec celles qui nous occupent. Je figure d*autre part (PL VI, fîg. 17-ao) une ammonite très voisine â'Amm. Jugurtha; or, elle a des lobes trifîdes ; c'est un Desmocératidé . La même raison s'oppose à un rapprochement avec Amm, simplus ; quant à savoir si ce dernier est le jeune d*Amm. verrucosus d'Orb., comme d'Orbignt l'a avancé dans son Prodrome, cela demeure douteux ; c'est d'ailleurs en dehors de la question qui nous intéresse.

Quoi qu'il en soit, c'est dans une tout autre direction que nous devons chercher les affinités des Fagesia. Peron a déjà indiqué que certains Amm, navicularis du Cénomanien ont une forme comparable à celle d'Amm, Thevestensis, mais il ajoute que les différences existant ne permettent aucun rapprochement générique correct (*). C'est cependant de ce côté que sont les véritables affinités d'Amm. Thevestensis et de ses alliés. On ne pourra être que frappé de la ressemblance existant entre Ac, naviculare de Portugal, figuré par Choffat (*), et le jeune Fagesia Thevestensis de notre PL XX, fig. 5 a-b ; toutefois, la ressemblance porte surtout sur la forme extérieure, plus que sur la ligne suturale, car Ac, naviculare conserve la première selle carrée et bifide des vrais Acanthoceras, Ce caractère se perd chez Ac, aberrans Kossmat (•) et surtout chez Ac. Coleroonense Stol. (•). La première selle a presque la même forme dans les deux cas ; le premier lobe est seulement plus élargi dans cette dernière espèce ; quant au deuxième lobe, la figure de Sto- LiczKA le montre bifide (comme dans les espèces tunisiennes), tandis qu'il est trifide sur la figure de Kossmat. La cloison d'Amm, Footeanus Stol. (^) présente presque les mêmes caractères, mais la forme générale de l'ammonite est différente. Au total, je crois que les ressemblances sont assez considérables pour qu'on puisse chercher l'origine des Fagesia du Turonien dans ces Acanthoceras aberrants du Cénomanien.

Il faut donc éloigner les Fagesia des Douvilleiceras, qui ont un peu la même forme générale, mais qui présentent une interruption ou du moins une atténuation des côtes dans le plan médian ; d'autre part, la première selle y est toujours beaucoup plus élevée que les suivantes, et les lobes se terminent en pointe, caractère qui suffit, sans doute, à faire exclure les Douvilleiceras des Acanthocératidés.

(i) D'Orbignt : Note sur quelques nouvelles espèces remarquables d'amm. des étaf^s Néocomien et Apiicn de France. Joum. Conch., vol. I, p. 300, PI. Vril, fig. 9-10.

(a) CoQUAND : Notice sur les richesses pal. de la Province de Constantinc. Journ. Conch., vol. III, p. 43o, PI. XIII, fig. ia-i3. Géol. Pal. S. Constantine, p. 170, PI. I, fig. ai-33.

. (3) Le genre Calyeoceras, proposé par Htatt pour Amm. navicularis (Zittel EASxHAifif's Text-book of Pal., p. 589, et Pseudoceratites, p. 11 3) ne parait d'ailleurs pas applicable dans le cas présent ; en efTet, une figure de Sharpe (Sharpb : Foss. Moll. Chalk, p. 39, PI. XYllI, fig. 5) montre que, dans le jeune âge, Amm, navicularis porte une rangée de tubercules médians. En outre, le mode d'enroulement et les cloisons diffèrent.

(4) Choffat : Faune crét. Portugal, PI. IV, fig. 6 a-b,

(6) KossxAT : Sûdind. Kreidef., p. 106, PI. X, fig. /^ a-c. Fait intéressant à relever, Kossmat signale laressemblance de cet Acanthoceras nouveau avec Holcostephanus eoronatiformis Pavlow, qui a également une certaine ressemblance avec Fagesia Thevestensis,

(6) Stoliczka: Gret. S. India, p. 71, PI. XXXVII, fig. 6 a. — Kossmat: SQdind. Kreidef., p. 127, PI. XVI, fig. 2.

(7) Stoliczkjw : Gret. S. India, p. loi, PI. LU, fig. i et a.

'Sia ÉTUDES DE PALEONTOLOGIE TUNISIENNE

Les analogies sont plus réelles avec les Mammites ; cependant, 6n ne saurait confondre les deux genres sans forcer la définition des Mammites : la forme générale, l'allure des côtes (toujours interrompues dans les Mamràites), la disposition des tubercules, la forme des selles sont autant de caractères qui séparent les deux genres.

Plus étroites sont les relations avec les Vascoceras\ spécialement avec les formes ^nonôtuberculces à ombilic large .et les formes globulaires. Guoffat dit (*), en effet, que les tours internes de Vase, HartUformis ont l'ombilic garni de tubercules, <i'où partent deux ou trois côtes, s 'infléchissant légèrement en avant et traversant la région externe, sans s'interrompre ni former de tubercules. Le jeune, extrait de l'échantillon de F, superstes var. spheroidalis (PI. XX, fîg. 4)» présente une réelle ressemblance avec les jeunes Vase, Gamai, figurés par Choffat ; toutefois, la forme générale et lorncmentation présentent des différences notables (ainsi les côtes et les tubercules disparaissent à un stade beaucoup plus précoce dans Vascoceras), J'ajoute que ces différences s'atténuent, si on s'adresse à certaines formes décrites plus loin comme Fagesia, mais qu'on pourrait presque aussi bien ranger dans les Vascoceras, La cloison de Vascoceras est encore plus éloignée de celle d'Acanlhoceras que ne l'est celle de Fagesia, Les seUes et les lobes sont irrégulièrement découpés, festonnés ; ils sont, en outre, plus surbaissés et élargis; la cloison est comme étirée. Au total, Vascoceras présente, à certains points de vue, une accentuation des caractères de Fagesia ; aussi ne serais-je pas étonné que les Vascoceras vinssent des Acanthoceras par Tintermédiaire des Fagesia,

Jusqu'à présent, le genre Fagesia est limité au Turonien ; il comprend six à sept espèces :

Fagesia superstes (type) Kossmat, F, Thevestensis Peron (= Amm, A/phonsi Coquand), F, Kotoi Yabe (■), F, Rudra Stoligzka, F, Boucheroni Coquand, F, Peroni Pervinquière, F, Fleuryi Pervinquière.

Fagesia superstek Kossmat

Pi. XX. fig. I a-c, 2 a-b, 3 a-6, /i et A

1898. Olcostephanus superstes Kossmat : Sûdind. Kreidef., p. 133, Pl. XVII, fig. 1 ac, 1903. Packyceras superstes Pervinquière : Et. géol. Tua. cent., p. %, 99, 101.

Diamètre du dernier tour 29 (1)

Hauteur du dernier tour 14 (0,48)

Épaisseur du dernier tour 20 (0,69)

Largeur de Tombilic du dernier tour. . . 10 (0,34)

- (0 Cboffat : Faune cr^t. Portuf^al, p. 6a^ (a) Yabe : Cret. Ceph. from Hokkaido. Journ. CoU. Se. Tokyo, vol. XX, a, 190^, p. a6, Pl. VI,

ng. 3-4.

CéPHALOPODBS I>£6 TERKAINS S£GONDAQŒS ^3

Diamètre du dernier tour. 55 (1)

Diamètre de i*avaotderDier tour

Hauteur du dernier tour 31 (0,55)

Hauteur de l'avant-dernier tour

Épaisseur du dernier tour 53l (0,96)

Épaisseur de Tavant dernier tour

Largeur de Tombilic du dernier tour 21 (0.38)

Largeur de l'ombilic de Tavant dernier tour..

I-n. Éch. PL XX. fig. a, I. - IIL Éch. du Fekirine. — IV. Éch. du Sif et Telia. — V-VL Vat. spheroidalis, éch. PL XX, fig. 3, 4.

Cette ammonite (dont la ressemblance trompeuse avec Slephanoceras coronàium a ^té une cause d'erreurs) est l'une des plus caractéristiques du Turonien de Tunisie. Je me bornerai à donner ici une brève diagnose de la variété tunisienne, renvoyant, pour le surplus, à l'ouvrage de Kossmat et à ce que j'ai dit plus haut, au sujet du genre.

F. sapursles var. Tunisiensis. — La forme générale est arrondie, presque globuleuse, ^ les tours larges ^et très surbaissés, Lombilic large et très profond, à paroi verticale. La région ventrale offre une courbure régulière d'un ombilic à l'autre ; il n'y a donc pas de flancs, à proprement parler. Le pourtour de l'ombilic est orné d'une couronne de lo à 12 tubercules arrondis, de chacun desquels partent, en général^ deux <::ôtes larges, séparées par un intervalle de même largeur qu'elles; il y a quelques côtes intercalaires. Ces cotes ne sont pas dirigées radialement, mais sont nettement inclinées en-avant; elles traversent la région ventrale sans s'atténuer et y dessinent un arc régulier. Le dernier tour embrasse les 2/3 du tour précédent, dont il vient toucher les tubercules, sans les recouvrir.

Je rapporte à oHte espèce quelques petits échantillons, tels que celui de la PL XX, ftg. 2,. bien que la section des tours soit un peu différente : la région ventrale n'est pas si régulièrement incurvée et les flancs sont indiqués. A ce point de vue, ces échantillons se rapprochent de Fagesia Thevestensis, mais ils s'en éloignent par. le petit nombre de leurs tubercules (une dizaine) et la forme arrondie de ceux d.

Dans la vieillesse, les côtes s'atténuent et disparaissent; cependant les tubercules $ont encore très marqués au diamètre de 187 mm. Us s'effacent^ sans doute, plus lard ; du moins, le gros échantillon du Sif et Telia (190 mm., n'' IV des mesures), que je rattaehe avec quelques doutes à cette espèce^ n'en présente<t-ll plus trace; Si cette assimilation est correcte, l'ombilic doit' devenir plus étroit dans la vieillesse, mais peut-être s'agiMl là d'une forme de passage à F. Peroni, qui présente précisément un très petit ombilic.

La ligne suturale est conforme à cqjle donnée par Kossmat et à celle de la var. spheroidalis (fig. 122); cependant, une des indentations delà première selle est généralement plus accentuée que l'autre, de telle sorte que cette selle peut être qualifiée de bifide aussi bien que de trifide. Au surplus, cette cloison ne diffère pas;

sensiblement de celle de F. Thevestensis, figurée plus loin ; toutefois, le grand individu de 190 mm. a une cloison Notablement plus découpée, trop mauvaise d'ailleurs pour être reproduite. Je n'ai pas réussi complètement à préparer les lobes internes (ce qui est du reste une opération extrêmement difficile avec toutes les ammonites du Crétacé tunisien), mais j'ai pu en voir des parties. Le lobe antisiphonal a une forme tricuspide assez remarquable ; il est suivi de chaque côté par une selle irrégulièrement trifide, une des indentations étant beaucoup plus marquée que l'autre ; le lobe voisin est irrégulièrement bifide. Il y a encore une selle et un lobe à la partie interne, mais on voit mal leur dessin.

Les différences qu'on relève entre celte variété tunisienne et la forme indienne sont de peu d'importance. Elles consistent dans la section moins surbaissée des tours et dans le moins grand nombre de tubercules ombilicaux.

Un échantillon du Mrhila et un autre du Draa el Miaad présentent d'ailleurs la formé typique!

Variété spheroidalis . — La variété spheroidalis se rapproche plus du type que la précédente, quant à la faible hauteur des tours, mais elle s'en éloigne par une courbure plus accentuée de la région ventrale, par une plus grande épaisseur, par un ombilic plus étroit, à paroi verticale, orné seulement de 10 tubercules (PI. XX, fig. 3 a-6).

Le plus grand exemplaire (PI. XX, fig. 4 et A) montre encore une plus forte exagération de l'épaisseur, car cette dernière surpasse le diamètre (pris à l'ouverture) ; l'ammonite tend à devenir fusiforme. Au dernier tour, l'ombilic est plus profond (4o mm.) que large (33 mm.). On voit la tubercules bien nets, mais plus trace de côtes, sauf tout à fait au début du dernier tour. Sur la paroi de l'ombilic, on aperçoit de fines stries, dirigées obliquement en avant, semblables à celles qu'on observe chez

certains Vascoceras. Le jeune, extrait de ce gros échantillon (PI. XX, fig. A), ne diffère pas notablement de celui de la forme normale ; il est donc moins renflé que l'adulte (*).

La ligne suturale (fig. 12a)

ne paraît pas présenter de difîé-

FiG. ta. - F. superstes w. spheroidalU (éch. PI. XX, flg. 4; rences notables par rapport à

'*'^'^^' celle du type; comme dans le

cas précédent, on note l'accentuation de l'une des indentations de la première selle.

Rapports et différences. — Ainsi qu'il a été dit plus haut, Aagesia superstes présente une singulière ressemblance avec ÏAmm, coronatus du Callovien, bien qu'il n'y ait rien de commun entre elles. Il est curieux néanmoins de constater l'existence de variétés pouvant être parallélisées avec celles de Y A mm» coronatus. Le plan des

(i) Le dessin (fig. A) n*esl pas tout à fait exact en ce qui concerne les côtes, représentées trop anguleuses ; en réalité, elles dessinent presque une courbe régulière.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES SaS

cloisons suffira, d'ailleurs, toujours pour distinguer ces deux ammonites. Ce même caractère empêchera toute confusion avec les Holcosiephanus du Crétacé inférieur.

Par contre, il est une ammonite indienne qui présente une très réelle analogie avec F. superstes^ à tel point qu'on pourrait être tenté de réunir les deux ; c'est ÏAmm'. f?uc/ra Stoligzka ('), qui est, sans aucun doute, un Fagesia. Cependant la section n*est pas la même; dans ÏAmm. Rudra, le rayon de courbure est plus petit et l'ombilic plus étroit. D'autre part, il y a des traces de côtes sur la région externe (dans l'âge moyen), mais les bords de l'ombilic sont lisses; la figure ne montre pas de tubercules et la description de Stoligzka n'en mentionne pas, tandis qu'au même stade, F. supersles a des tubercules très saillants. La ligne suturale montre également des différences, mais celles-ci sont peut-être dues à l'inexactitude du dessin.

Amm. Alphonsi Coquand (*) est assurément une espèce extrêmement voisine de celle qui nous intéresse ; je crois néanmoins préférable de la rattacher à F. Thevestensis.

Quant à Buchiceras Harttii Hyatt ('), ce ne saurait être un F. superstes usé, comme le dit Kossmat (*) ; c'est incontestablement un Vascoceras, ainsi que Choffat l'a établi. Néanmoins, il n'est pas sans intérêt de relever la très grande ressemblance de certains Vascoceras globuleux avec les Fagesia très vieux.

Gisements. — Une vingtaine d'exemplaires du Mrhila (A. Nakhla, Fckirinc, Sif et Telia), ben Habbes (Daala), Bireno (A. es Settara, A. es Sfeia), Draa el Miaad, S de la Kalaat es Snam, Kef Gouraï. Turonien inférieur (galmurien).

Cette espèce a été signalée dans l'Inde, au Portugal et dans les Charentes (') ; elle existe également, au même niveau, en Provence (École des Mines, coll. Toucas).

Fagesia Thevestensis Peron

PI. XX, fig. 5 a-b, 6 ah

1860. Amm, Alphonsi Coquand : Synopsis an. vég. foss* SW France, p. 966, et Description

phys. géol. pal. min. Charente, vol. 11, p. 116 (pas de. figures). 1896. Mammites (?) Thevestensis Peron : Amm. Crét. sup. Algérie, p. 23, PI. Vil, fig. 2 3. 1904. (?) Amm. Kotoi Yabe : Crel. Ceph. from Uokkaido, p. 26, PI. VI, fig. 3, 3 a, 4.

Diamètre 54

Largeur de l'ombilic 18

I. Êch, PI. XX, fiff. 5. - II. Type de l'espèce (Pérou). — III. Éch. du Sif et Telia, peu difTércnt du type. —

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