XXI
1903. Vase, Durandi Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 98, 99. 1903. Vase. cf. Doumilei Pervinquière : Ibid., p. 99.
1 II III IV V
Diamètre 56(1) 95(1) 150(1) 300(1) 104(1)
Hauteur du dernier tour 28 (0,50) 44 (0,46) 63 (0,42) 110 (0,37) 43 (0,41)
Épaisseur sur tubercules 38 (0,68) 51 (0,54) 86 (0,57) 145 (0,48i 47 (0,45)
Hauteur de l'avaDt-dernier tour. 11 (0,29)
Épaisseur (a.d. t.) sur tubercules. 19 (0,34)
Épai88eur(a.d.t.)entretubercules. 16 (0,29)
Largeur de l'ombilic (dernier t.). 19 (0,34) 28 (0,30) 60 (0,40) 150 (0,50) 28 (0,27)
VI VII VIII IX
Diamètre 145(1) 98(1) 106(1) 147(1)
Hauteur du dernier tour 50 (0,35) 54 (0,55) 48 (0,45) 65 (0,44)
Épaisseur sur tubercules 78 (0,59) 72 (0,73) 67 (0,63) 86 (0,59)
Largeur de l'ombilic 73 (0,51) 38 (0,39) 50 (0,47) 65 (0,44)
I. Éch. de Foum cl Guella, PI. \\I, fig. i. — II et III. Ech. dA. el Glaa. — IV. Éch. du Kt. Touila. Un exemplaire d'A. es Setlara, que je n'ai pu rapporter, atlciprnait 45o mm. de diamètre el 200 mm. d'épaisseur environ. — V. Éch. d'A. es Settara, passant à Vase. Amieirensi*. — VI. Éch. d'A. es Sfeia, remarquable par la profondeur de son ombilic, laquelle dépassait 5o mm. (a6 mm. pour le dernier tour et 21 mm. pour l'avant-dernier). — Vil ri VIII. Var. crassa, d'A. es Setlara. — IX. Ëch. du Bireno.
CÉPHALOPODES DES TEURAINS SECOT^DAIRES 333
En créant son Vascoceras Douvillei, Ciioffat faisait observer la grande ressemblance de cette ammonite avec Pachydiscus (Vascoceras) Durandi Thomas et Peuon, les différences tenant à ce que cette dernière espèce n'aurait pas de tubercules ombilicaux et présenterait des costules, qui font défaut dans l'espèce portugaise. Dans la réalité, les choses n*en vont pas tout à fait ainsi. Beaucoup de mes échantillons, provenant du même gisement que le type de Thomas et Perox, présentent des tubercules jusqu*à un âge assez avancé ; j'ai pu constater, en outre, que ce tyi)e luimême possède des tubercules, faibles, il est vrai, mais bien reconnaissables. D'autre part, les petites costules ne se voient que sur de rares échantillons en parfait état. Gomme les ammonites du Turonien de Portugal sont généralement mal conservées, il n'est pas surprenant que ces costules aient disparu. Au surplus, cette espèce varie considérablement, au point de vue de l'épaisseur. Choffat a admis dans son Vase. Douvillei des variétés qui se retrouvent, identiques, dans Vase. Darandi. Les cloisons de Vase. Douvillei présentent quelques légères différences par rapport à celles de Vase. Durandi, mais les figures de Choffat sont faites manifestement d'après des échantillons usés ; il n'en est d'ailleurs pas question dans le texte. Certains de mes échantillons ont des cloisons qui se rapprochent plutôt de celles de Vase. Mundœ Choffat, dont le premier lobe n'est pas franchement bifide. Ces différences me paraissent de peu de valeur ; comme, d'autre part, tous mes échantillons me semblent constituer une seule espèce, je crois devoir réunir Vase. Douvillei à Vase. Durandi, qui a la priorité.
Je me bornerai à ajouter quelques compléments à la diagnose donnée par Peron. Le jeune exemplaire de la PL XXI, fîg. i (n" 1 des mesures) présente des tours assez embrassants (3/3), régulièrement arrondis sur la région ventrale. L'ombiliô montre cinq ou six tubercules arrondis, mais point de côtes. Cet exemplaire répond assez bien à la fig. 4 de la PI. XI de Choffat, concernant Vase. Douvillei ; d'ailleurs, un échantillon de cette espèce, que ce savant a eu Tobligeance de me communiquer, ne montre pas non plus de côtes. Sur notre ammonite, la paroi de Tombilic est en pente rapide, sans être tout à fait verticale, et se raccorde progressivement avec les flancs. Je crois utile de figurer ce jeune exemplaire (PI. XXI, fig. i); pour les autres stades du développement, je me borne à renvoyer aux figures de Peron et de Choffat.
Un autre échantillon (n" II des mesures) est tout à fait conforme au type de Peron (Moll. foss., PI. XVIII, fig. 5-8) ; les tubercules sont à peine sensibles au diamètre de 96 mm. Il en est de même pour un exemplaire de io4 mm. (n" V des mesures) qui, par sa section triangulaire et son ombilic à paroi presque verticale, ressemble considérablement à Vase. Amieirensis Choffat ('), espèce bien voisine de Vase. Douvillei, si même elle ne lui est identique ; notre exemplaire a cependant un ombilic un peu plus étroit. Par contre, l'échantillon dont les mesures sont données sous le n" 111 a encore des tubercules très nets (caractère de Vase. Douvillei) à un diamètre de i3o mm. Ce même échantillon montre très bien les
(i) Choffat : Faune cnH. Portugal, p. fii, PI. XII, fijr. i a-b.
costules fines, serrées, qui ornent les flancs (caractère de Vase. Durandi) ; celles-ci sont d'abord dirigées en arrière, dans Tombilic ; puis elles s'infléchissent au bord ombilical et se redressent alors vers l'avant ; la plupart des exennplaircs en sont dépourvus ou n'en montrent que des traces.
Quand la taille s*accroît, la section se modifie ; elle s'abaisse (voir mesures) et tend souvent à devenir triangulaire, la région ventrale étant moins arrondie ; en même temps, les tubercules ombilicaux s'atténuent et disparaissent, tandis que Faréte ombilicale devient plus aiguë. L'ombilic s'élargit et devient généralement plus profond ; à ce point de vue, l'un de mes échantillons (n" VI des mesures) ofl*re tout à fait la disposition représentée par Choffat (Portugal, PI. X, fig. 3).
Il existe, en outre, des variations importantes au point de vue de l'épaisseur ; certaines ammonites très globuleuses, telles que celle figurée par Peron (Amm. Algérie, PI. IV, fig. i ; V) et plus encore celles dont les mesures sont données plus haut, sous les n** VII et VIII, constituent une variété crassa ; je ne crois pas devoir en faire une espèce spéciale, car ces ammonites se relient intimement aux autres. Les tours y sont très surbaissés, l'ombilic un peu plus étroit que dans les variétés plates et médiocrement profond, quoiqu'il y ait bien des diff'érences à ce point de vue. Les tubercules paraissent persister plus longtemps. L'échantillon correspondant au n° IX des mesures montre encore des tubercules très nets et des traces de costules. Au point de vue de l'épaisseur, il est intermédiaire entre le type et la var. crassa ; il répond assez bien au Vase. Douvillei, figuré par Choffat sur sa PI. XI, fig. 3.
Une propriété importante, commune à toutes les variétés, est la longueur extraordinaire de la loge d'habitation, laquelle dépasse un tour (jusqu'à 5/4 de tour) ; c'est, je crois, un fait unique parmi les ammonites crétacées (^). J'ai pu m assurer de ce fait en cassant plusieurs échantillons, qui ne montraient pas trace de cloisons sur le dernier tour ; c'est pour cette raison que Peron n'a pu voir les cloisons sur le grand échantiUon figure par lui (Amm. Algérie, PI. IV, V) ; ce dernier doit être sensiblement complet, car il montre un resserrement très net. du péristome. Cette partie manque sur tous mes échantillons, même celui de 3oo mm. Les cloisons sont souvent difficiles à suivre; j'en donne un dessin (fig. i25),
d'après l'échantillon rappelant Fa^jC- Fio. 125. — Vase. Durandi d'A. es Setiara (r = 43). . . . • ^
Amieirensis, On remarquera que le premier lobe n'est pas nettement bifide et que la troisième selle est très élargie ; c'est un peu une exception.
(i) La longueur de la logo d'iiabitation est en relation avec la forme de la section ; on ne trouve de longue loge que dans les ammonites dont les tours sont larges et peu élevés et cela depuis le Paléozoïque ; il est donc douteux que la longueur do la loge puisse fournir un caractère primordial pour la classification.
CÉPHALOPODES DES TEUnAI?(S SEGOMDAIKES 335
Rapports et différences. — En dehors des Vascoceras portugais (dont Choffat a indiqué les caractères difiercntiels), il est une autre ammonite présentant une ressemblance extraordinaire avec certains de nos échantillons : c'est Vascoceras Hartti IIyatt (sub Buchiceras). Cette ammonite brésilienne, décrite sommairement par Hyatt, a été figurée par White (^). L'échantillon auquel se rapporte le n* VIII des mesures répond fort bien au dessin de Wiiite, sauf que ce dernier ne montre pas de tubercules, mais il atteint une taille à laquelle ceux-ci ont généralement dispaiii. J'ai donc été tenté de réunir Vase. Durandi et, par suite, Vase. Douvillei (') à Vase, HarttL Si j'ai renoncé à cette assimilation, c'est que Hyatt a donné, dans son dernier ouvrage (*), la ligne suturale de son type (sans refîgurer celui-ci, que le dessin de White représente bien, paraît-il). Or, cette ligne suturale montre des éléments très bas et très élargis, ce qui ne s'observe, à ce degré, ni sur nos spécimens, ni sur ceux de Portugal ; toutefois, ce qu'on peut voir sur le dessin de WiiiTE s'accorde mal avec la ligure de Hyatt : selles et lobes paraissent assez élevés. Hyatt étant le créateur de l'espèce, je donne la préférence à sa figure, ce qui m'entraîne à maintenir comme espèces distinctes Vase. Hartti et Vase. Durandi, tout en constatant qu'elles sont extrêmement voisines. Nous verrons d'autres analogies entre le Crétacé de Tunisie et celui du Brésil, ce qui doit s'expliquer par une communication directe à travers l'Afrique centrale et le Cameroun.
Il est bon de noter encore la ressemblance entre les Vase. Durandi globuleux, ayant conservé leurs tubercules, d'une part, et, d'autre part, certains exemplaires de Fagesia superstes ayant perdu leurs côtes. Comme je l'ai dit, il y a, non seulement ressemblance, mais parenté. Toutefois, la distinction est généralement facile à faire, à l'aide de la cloison ; d'ailleurs, Fagesia superstes a normalement des côtes et des tubercules bien plus accentués que Vase. Durandi.
Gisements. — Turonien inférieur. Une quinzaine d'échantillons du Bircno (A. es Settara, A. el Glaa, Kt. Touila, Kcf Aiounct el Rlab) ; un seul du Mrhila (Foum el Guelta). Celte espèce n'est connue qu'en Tunisie, en Algérie et au Portugal ; une forme représentative existe au Brésil.
Vascoceras cf. Barcolcensis Choffat
IS98. Vascoceras Barcoicemis Choffat: Faune crél. Portugal, p. 67, Pi. XVII, fig. 1 a-ci XXII. 35, 36.
• Diamètre 90 (1)
Hauteur du dernier tour 42 (0,47)
Épaisseur du dernier tour 48 (0,53)
Largeur de rombilic 25 (0,28)
(i) VViiiTE : Contr. pal. Brazil, p. aaC, PI. XIX, fig. 1-2 ; XX. 3.
(a) Les formes globuleuses de Vase. Douvillei me paraissent plus voisines de Vase, Hartti Htatt que ne l'est même Vase. Harttiformis Choffat.
(3; Hyatt : Pseudoceratilos, p. io3, Pl. XIV, lig. iC.
336 ÉTUDES DE PALÉO:<iTOLOGIE TUNISIENNE
Je rapproche de Vase. Barcoicencis Choffat, sans aller jusqu'à l'assimilatioD, une ou deux ammonites du Bireno, présentant la même forme générale, la même section et la même ornementation que l'espèce portugaise. Les différences tiennent à ce que cette dernière a un ombilic un peu plus large, à pourtour complètement lisse, et des c<*)tes n'atteignant pas l'ombilic. Dans notre exemplaire, au contraire, quelques côtes partent de l'ombilic par une très légère surélévation allongée. Malheureusement, les cloisons sont très mal visibles sur notre échantillon; c'est ce qui m'empêche de me prononcer nettement sur l'attribution à Vase. Barcoicensis.
Cet échantillon se rapproche du Vase. Dutandi, tel qu'il a été figuré par Peron dans les Mollusques fossiles de Tunisie (PI. XVIII, fig. 6-7), tout en étant plus plat, moins renflé. Il pourrait, à la rigueur, constituer une variété extrême de cette espèce. En effet, la figure de Peron montre quelques costules, mais distribuées de façon irrégulière, tandis qu'elles sont très régulières et plus fortes dans l'ammonite qui nous occupe. Les légers tubercules allongés par lesquels la côte commence sont dirigés en arrière ; puis la côte s'infléchit en avant et passe sur la région ventrale, en dessinant une courbe régulière. Il y a des côtes intercalaires, de sorte que les flancs et le bord externe sont régulièrement couverts de côtes peu . saillantes, séparées par un espace de même largeur qu'elles.
Aucun de mes Vase. Durandi ne montre cette ornementation, qui se retrouve, au contraire, dans Vase. Barcoieensis.
Gisement. - Un échantillon certain et deux autres douteux, du Bireno (Kef Aiounet el Klab). Turonien inférieur.
IL — FORMES HULirrUBERCniiÊES Vascoceras polymorphum Pervlnquière 1907
PI. \\\, fig. a ah, 3 a-c, !i a-b, 5a-fe. Ga-6
1903. Acanthoceras indét. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 97.
1 II III IV V
Diamètre 68(1) 103(1) 43(1) 52(1) 47(1)
Hauteur du dernier tour 23 (0,37) 35 (0,34) 16 (0,37) 19 (0,37) 23 (0,34)
Épaisseur sur tubercules ... 36 (0,53) 55 (0,53) 19 (0,44) 40 (0,76) 40 (0,85)
Largeur de l'ombilic 30 (0,44) 43 (0,42) 16 (0,37) 19 (0,37) 12 (0,26)
I. Type, PI. XXI. fig. a. — II. Éch. PI. XXI, fig. 3. - III. Var. gracUis, PI. XXI. fig. 4. - IV. Var. semi-pinguis, PI. XXI, fig. 5. — V. Var. pinguis. Pi. XXI, fig. 6.
Je réunis sous le nom de Vascoceras polymorphum un ensemble d*ammonites difierant extraordinai rement par leur enroulement, leur épaisseur et leur ombilic, mais possédant la même ornementation.
La forme typique (PI. XXI, fig. 3) montre un enroulement médiocrement serré, un ombilic profond et assez large (ne laissant cependant- pas voir les tubercules latéraux des tours précédents), dont la paroi, sensiblement verticale, porte un bourrelet
spiral vers le tiers inférieur de sa hauteur. Les tours, à section quadrangulaire, s'ont un peu plus larges que hauts. L'ombilic est entouré par une dizaine de tubercules coniques, un peu pinces, très saillants, desquels partent ordinairement deux côtes ; il y a quelques côtes intercalaires. Toutes les côtes sont interrompues sur la ligne médiane, qui ne montre jamais de tubercules, mais, au contraire, une sorte de sillon. De chaque côté de cette interruption médiane, toutes les côtes portent deux tubercules ventraux, mamelonnés, très accentués. Il y a donc six tubercules, en tout, sur les grandes côtes et quatre sur les petites. Deux échantillons montrent un sillon en avant d'une côte (au début du dernier tour, sur la fîg. 4» PI. XXI) ; je ne crois pas devoir les séparer pour cela, car ce sont précisément les deux plus petits échantillons ; c'est donc là, sans doute, un caractère de la jeunesse. Les premiers stades du développement ne me sont pas connus.
Je considère comme l'adulte de cette espèce le grand échantillon (PI. XXI, fîg. 3), qui provient du même niveau et presque du même gisement. Au premier abord, il dilTère considérablement des jeunes ; Tabsence de tubercules lui donne un aspect tout autre. Les mesures (n* II) montrent, toutefois, qu'il possède les mêmes proportions que le petit. Les côtes partent souvent, deux par deux, d'une légère saillie ombilicale ; il y a des côtes intercalaires ; toutes les côtes sont interrompues sur la ligne ventrale; l'ombilic présente le même bourrelet. La disparition des quatre rangées ventrales de tubercules doit donc être le fait de l'âge ; d'ailleurs, quelques fragments de taille intermédiaire entre ce grand individu et celui décrit tout d'abord montrent que ces tubercules sont déjà fort atténués. La loge d'habitation a un peu plus d'un demi-tour, mais l'échantillon n'est probablement pas complet.
La ligne suturale (fîg. 136) n'est bien visible que sur ce grand échantillon ; assurément, c'est une cloison sénilc ; néanmoins, le peu qu'on en voit sur les autres échantillons s'accorde avec celle-ci. Cette cloison se fait remarquer par la réduction du nombre des éléments : deux selles seulement et le commencement d'une troisième. Ces selles sont pio. 126. — Vasc. poiymorphum (éch. pi. xxi, relativement basses, mais très larges, feston- k- . — j.
nées sur tout leur contour. Le lobe siphonal est extrêmement étroit ; le premier lobe latéral, sensiblement de même longueur que le siphonal, est notablement plus large ; il présente deux pointes très nettes, séparées par une petite selle arrondie. Le deuxième lobe est beaucoup plus réduit, déjà entièrement sur la paroi de Fombilic.
De ce type divergent deux ou trois variétés, reliées par le mode d'ornementation, mais difierant par Tépaisseur relative des tours et la largeur de l'ombilic. Certains individus sont notablement plus plats que le type (l'épaisseur des tours sur les tubercules restant cependant supérieure à leur hauteur) ; l'ombilic a la même largeur relative, mais est moins profond ; l'ornementation est un peu plus grêle ; c'est la variété gracilis (PI. XXI, fig. 4 î n** III des mesures). L'échantillon figuré est l'un de ceux montrant un sillon (au premier quart du dernier tour).
338 ÉTUDES DE PALÉO?«TOLOGiE Ti;:flSIE7f!fE
Inversement, rcpaisseur peut devenir de plus en plus considérable ; à ce point de vue, l'individu de la PI. \XÏ, fîg. 5 (n° IV des mesures) constitue im terme de passage qu'on peut qualifier de semi-ping uis, tandis que Tépithète de pinguis sera appliquée à une variété extrême (Pi. XXI, fig. 6), dans laquelle l'épaisseur atteint les 85/IOO du diamètre (au lieu des 53/ioo). Va région ventrale étant très développée, les lianes en sont d'autant plus réduits ; l'ombilic est extrêmement resserré et profond. L'ornementation est puissante.
Rapports et difiTérences. — Bien peu d'ammonites peuvent être comparées à celles-ci. La forme la plus proche est. sans doute, Amm. offarcinaius White (*), espèce du Brésil, incomplètement connue. La forme, l'enroulement et le caractère général de l'ornementation sont les mêmes ; on constate également le sillon ventral interrompant les côtes, mais toutes ces côtes sont simples, débutent à l'ombîlic et portent quatre à cinq tubercules de chaque côté, tandis que notre espèce n'en a jamais que trois. Néanmoins, c'est avec l'ammonite brésilienne que cette dernière a le plus d'affinité. L'une et l'autre sont, sans doute, de même âge.
Les couches de TOolaloor renferment aussi une ammonite ayant quelque ana logîe avec la nôtre, du moins à l'état adulte ; c'est Amm. Coleroonensis Stol. (*) ; toutefois, dans le jeune âge, il existe un tubercule médian, qui disparaît plus tard. Nos échantillons semblent n'en jamais avoir. D'ailleurs, même à l'état adulte, les proportions relatives et le mode de division des côtes (généralement simples dans l'espèce de l'Inde) suffiront à établir la distinction.
Une certaine ressemblance peut être relevée entre Vase, polymorphum et Amm. Stoliczkanus Gabb (*). On remarquera cependant que cette espèce a des côtes simples. Il semble que le seul échantillon connu par Gabb représente une forme extrême, presque sans tubercules ; celui qui a été figuré par WnrrEAVEs (*) porte de nombreux tubercules, comme VAmm. mamillalas Sculot., auquel Axderson (=^) l'assimile. Sans me prononcer sur cette assimilation, qui paraît douteuse, VAmm, mamiUatns se distinguera aisément de notre espèce par ses côtes simples, larges, munies de nombreux tubercules. En outre, cette ammonite est un Doiivillelceras et monlro, par suite, un premier lobe à division impaire.
VAmm. navicularis Ma^tell, figuré par Choffat («), a tout à fait la mrme forme que notre vieil individu, dans lequel les tubercules ont disparu : on remarquera, cependant, que ce dernier présente un sillon ventral interrompant les côtes. ce qui n'est pas le cas pour Amm. navicularis.
Moins apparente, mais sans doute plus profonde, est l'analogie avec ]^ascoceras subconciliaium Choffat ('). Les cloisons sont tout à fait les nirinrs ; néanmoins, il suffira d'examiner les figures des deux espèces pour éviter toute contusion.
(i) White : Contr. pal. Brazil, p. 219, PI. WIIl, lig. 3-4.
(2) Stouczka : Crct. S. India, p. 71, PI. XXXVII, «g. VO.
(3) Gabb : Pal. Califomia, vol. Il, p. i35. PI. XXIll, Vi^. lO.
(4) WiiiTEAVES : Mosozoic Fossils. In\crt. Qucon Charlotte Islands, p. 2^1, PI. Ili, li;:. i
(5) Anderson : Crct. dcp. Pacific coast, p. 108. .
(0) Choffat : Faune crct. Portugal, p. 72, PI. Vï, fig. 2 ah.
(7) Choffat: Ibid., p. 64, PI. XV, lig. i-3; XVI, 4 ; XXII, -j.S 3i.
CÉPHALOPODES DES TEHRAIMS SECONDAIRES 33g
Au total, notre nouvelle ammonite paraît facile à distinguer de celles déjà connues. Reste à savoir dans quel genre on doit la ranger, et cela devient plus délicat. Des Douvilleiceras, elle a la forme et l'interruption médiane des cotes, mais les lobes franchement bifides prohibent lattribulion à ce genre. Les Mammiles n'ont pas non plus de tubercule médian, mais leur forme est différente. Ici, la forme générale et l'ornementation sont celles d'un Acanihoceras et, à la rigueur, on pourrait ranger l'espèce dans ce genre, puisqu'on y admet d'autres ammonites sans tubercule médian (Amm. Manielli, etc.). Cette ornementation l'éloigné un peu du genre Vascoceras ; j'observe toutefois que Ciioffat a placé dans son genre des formes multituberculées, ayant absolument rornemen talion des Acanihoceras privés de tubercule siphonal, ce qui est précisément le cas ici, A vrai dire, la forme de ces Vascoceras mullituberculés est plutôt celle des Mammiles du groupe de Mamm. nodosoides que celle des Acanihoceras du groupe d'Ac. naviculare, que rappelle notre ammonite ; par contre, le caractère de la cloison parle en faveur du rattachement à Vascoceras, La présence, sur les flancs, de deux selles seulement (la troisième étant incomplète), larges et basses, simplement festonnées, d'un premier lobe large et divisé en deux par une petite selle non découpée, d'un deuxième lobe beaucoup plus réduit, voilà des caractères de Vascoceras, et, de fait, la cloison de notre ammonite diffère à peine de celle de Vase, subconcUiaiam.
C'est donc dans ce genre Vascoceras que je rangerai la nouvelle espèce, non sans quelque doute, en remarquant qu'elle constitue le terme extrême d'un groupe et que sa forme générale la relie aux Acanihoceras,
Gisements. — Huit à dix échantillons ou fragments, provenant tous du Mrhila (Sif et ïella, Fekirine, Foum el Guelta, A. Nakhla). Turonicn inférieur. Une espèce voisine a été trouvée au Brésil.
Genre THOMASITES Pervinqlière 1907
KossMAT, auteur du genre Neopiychiies, indiqua comme lui appartenant : Neopi, Telinga Stol. (cephaloius Court.), Neopi. Xetra Stol. et aussi Neopi. Roilandi Thomas et PEaoN (sub Pachydiscus) du ïuronien de Tunisie {'). Dans mon Étude géologique, j'ai admis cette attribution, qui me parut vraisemblable. En efFet, à l'état adulte, certains exemplaires de « Pachydiscus » Roilandi ont une grande ressemblance avec Neopi. cephaloius et la ligne suturale est de même type dans les deux cas. Malheureusement, celte ressemblance n'existe qu'à l'Age adulte ; Icîs jeunes sont, au contraire, très différents. Comme on le verra d'autre part, Neopiychiies
(i) KossMAT : Sûdind. Krcidcf., p. Gg, igo.
34o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE
cephalotus est d*abord globulaire et muni de sillons et de bourrelets ; puis, il porte des côtes onduleuses, sans tubercules. Les jeunes Amm. RoUandi ont un tout autre aspect : ils ressemblent à des Acanthoceras ou à des Mammiies, qui n'auraient qu'une rangée de tubercules externes (PI. XXII, fig. a).
Malgré Tanalogie des cloisons, la différence entre les jeunes Amm, cephalotus et Amm, RoUandi est telle, qu'il me paraît indispensable de les séparer génériquement. Je propose de donner au nouveau genre le nom de Thomasites, en souvenir de M. Ph. Thomas dont les beaux travaux sur la Tunisie nous ont montré la voie à suivre, en môme temps que sa découverte des phosphates de Gafsa marquait Taurore d'une ère nouvelle pour la Régence.
Le genre Thomasites sera ainsi caractérisé : la coquille possède un enroulement très serré (les tours étant presque entièrement embrassants) et est plus ou moins globuleuse dans le jeune âge. Le pourtour de l'ombilic est orné de 4 à 5 tubercules saillants ; de chaque tubercule partent 2 à 3 côtes peu marquées, se terminant du côté externe par un tubercule arrondi ; il peut y avoir, en outre, une rangée de petits tubercules dans le plan de symétrie. Les tubercules ombilicaux s'atténuent et disparaissent les premiers, mais on observe, à ce point de vue, de grandes différences suivant les espèces ou les variétés. Les tubercules marginaux subsistent plus longtemps ; ils peuvent s'unir d'un côté à l'autre, de sorte que les individus âgés portent souvent sur la région ventrale quelques côtes courtes, élargies et peu saillantes. D'autres fois, l'adulte est complètement lisse. Le péristome est rétréci, quoique moins fortement que dans les Neoptychiies. L'ombilic a la même forme singulière, scaphitoïde.
La ligne suturale présente une réelle analogie avec celle des Neoptychiies. Non seulement le nombre des éléments est le même, mais ceux-ci se divisent de même façon. Le trait le plus saillant est que les lobes sont franchement bifides et rappellent la fourche de Stoliczkaia (^). En outre, le premier lobe est asymétrique dans Thomasites y comme dans Neoptychiies : au-dessus des deux pointes terminales, il présente une branche externe beaucoup plus développée que la branche interne correspondante. Par contre, les Thomasites diffèrent notablement des Neoptychiies par leurs selles, qui décroissent régulièrement et dont la troisième n'est pas élargie.
J*ai signalé incidemment la ressemblance entre certaines formes plates de Thomasites et les Stoliczkaia. La cloison offre le même plan, mais les éléments sont plus ramassés et plus étirés en largeur. Plus grande encore est l'analogie entre les jeunes Thomasites et les Mammites et Vascoceras, Les petits individus figurés (PI. XXÏI, fig. 1-2) ont le même aspect que les Mammites un peu globuleux ; l'ornementation est tout à fait de même type, mais tous les Mammites que j'ai vus ont, à cette taille, deux tubercules jumeaux, de chaque côté du plan médian ; les Thomasites n'en ont jamais qu'un (*). Par contre, certains Vascoceras jeunes, tels que Vase, Durandi
(1) D'ailleurs, certaines variétés ont une forme extcTieurc rappelant celle des Stoliczkaia et présentent une rangée de tubercules médians, comme cela s'observe dans les jeunes Stol. Gardonica.
(a) Cependant, quelques grands individus des Charentcs, que l'on rapporte généralement k Mammites Reveliercanus Court. [Rochebrunei Coq.) ne présentent plus qu'un tubercule marginal.
CÉPHALOPODES DES TERRAINS S£GO!«DAlRES 34 L
(Douviliei) et Silvanense, figurés par Ghoffat (^), n*ont pas de tubercules marginaux ; à part cela, la forme générale est la même. Dans les jeunes Vase, Gamai et Mundœ, chaque tubercule ombilical émet des côtes arrondies qui traversent la région ventrale, disposition que j'ai observée sur quelques Thomasites, D'autre part, la 'cloison de ce genre présente de grandes analogies avec celle des Vascoceras; si on examine les dessins donnés par Ghoffat, on constate que, dans le jeune âge, les lobes sont franchement bifides et légèrement asymétriques. Si on compare des spécimens adultes de Tun et l'autre genre, on trouve encore de grandes ressemblances ; la ligne suturale est festonnée de façon plus ou moins régulière, et la limite entre un lobe et les selles voisines est peu nette. La différence principale ^t dans ce fait qu'on voit moins d'éléments sur les flancs des Vascoceras, ce qui est dû à la forme bombée des Vascoceras adultes, tandis qu'au même stade, les Thomasiles sont plus aplatis ; malgré cela, le nombre total des éléments est le même.
Barroisiceras a également des rapports avec Thomasiies, et certaines variétés de Th. Jordani rappellent assez les Barroisiceras, La ligne suturale ne parait pas très différente. Pour les Pseadotissotia, les ressemblances se limitent à quelque analogie dans la cloison.
Pour toutes ces raisons, je crois que les Thomasites doivent être placés dans les Acanthocératidés, au sens large du terme.
Le genre Thomasites ne comprend encore que trois espèces (avec de nombreuses variétés) se répartissant entre deux groupes :
I. Sans tubercules médians : Th, Rollandi Thomas et Peron, Th, Meslei Perv.