‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 52 sur 84 · IX X XI XII · texte numérisé non relu

IX X XI XII

Diamètre 53(1) 105(1) 82(1) 53(1)

Épaisseur du dernier tour à la caliosilé 21 (0,40) 33 (0,31) 39 (0,48) 41 (0,77)

Épaisseur du dernier tour au péristome

Largeur de l'ombilic 6 (0,11) 10 (0,09) 9 (0,11) 12 (0,21)

Mil. Forme normale. II. Éch. PI. XXII, lîg. a ; les deux autres de Foum cl Guelta. — IV-VIH. Var. globosa. IV, V. VIII. Rch. PI. X\ll, fig. i, 3, k ; les deux autres du Fekiriiic et du Kef Si A. E. K.— I\-X. Var. complanata, IX. Éch. PI. XXII, flg.5; l'autre d'A. el Glaa.— XI. Var. luberculata. Éch. PI. XXII. lîg. 6. — XII. Var. globoso-iuberculata. Éch. PI. XXII, lig. 7.

Thomasiies RoUandi est, sans doute, Tammonile la plus commune du Turoniea de la région œntrale ; j'en ai recueilli plus de 5o exemplaires. C'est aussi Tune des plus variables. Je groupe, en eflet, sous cette même désignation, tout un ensemble de formes très difTérenles, au premier abord, mais qui passent les unes aux autres.

Je prends comme type la forme figurée par Peron (MoU. ïun., PL XVIf, fig. 1-3) ; c'est d'ailleurs la plus commune. Elle est caractérisée, à l'âge adulte, par une forme médiocrement renflée et par la présence de cotes peu saillantes, larges et courtes, limitées à la région ventrale. Il y a, du reste, de très grandes variations dans le développement de ces côtes. A l'âge adulte, on ne distingue pas de tubercules ombilicaux. L'ombilic a une forme scaphitoïde des plus nettes, comme dans Neoptychites cephalotus,

A un âge moins avancé (45 mm. de diamètre, PL XXII, fig. a), on voit des tubercules ombilicaux; d'autres exemplaires n'en poitent plus à ce diamètre. A un stade encore plus jeune (35-4o mm. de diamètre), on distingue nettement des tubercules ombilicaux arrondis, de chacun desquels partent deux à trois côtes, se terminant par des tubercules marginaux arrondis ou légèrement allongés dans le sens de l'enroulement. Le plus petit exemplaire que je possède (36 mm. de diamètre, PL XXII, fig. i) porte six tubercules ombilicaux et quinze tubercules marginaux de plus en plus espacés. Les côtes reliant les tubercules ombilicaux aux marginaux sont à peine sensibles. A aucun stade, il n'y a de tubercules ventraux. Déjà, chez, les jeunes, l'épaisseur est très variable; certains d'entre eux, plus renflés, indiquent un passage à la var. globosa (PL XXII, fig. i).

La ligne sulurale a été reproduite de façon insuffisante par Peron, car son dessin ne montre pas la forme caractéristique des lobes, spécialement du premier latéral.

La fig. 127 représente la ligne suturale prise sur un échantillon un peu usé, au

rayon de 17 mm. On constate immédiatement la bilîdité des lobes ainsi que leur asymétrie ; la branche externe, située

Fio. 127.— TA. i}o//(iîidttrè« jeune X 1,3 (les deux côtes do au-dcssus de la foiirche, est notablement la cloison, d'après on éch. du MrhIU; d = 35, r = 17). ^ i, 1 , ,,. .

plus développée que 1 interne; le premier

lobe est seulement un peu plus long que le lobe siphonal. Ce caractère subsistera

toute la vie. Dans les NeopLychiies, le premier lobe est beaucoup plus long que le lobe

siphonal. La première selle est divisée en trois parties, mais l'une des indentations

est beaucoup plus accentuée que l'autre, de sorte que la selle pourrait paraître bifide.

CÉPHALOPODES DES TERBAISS SECOrtDAlBES

Fio. 127 bis. — Th. noUandi i«une x l.o (èch. du Mrhila ; d = 34, r = 32).

FiQ. 128.

m, RoUandi adulle (éch. da Mrhila ; d = 75, r = 36).

La fig. 1^7 bis montre la cloison prise au rayon de 3a mm.* sur un échantillon de 54 mm., légèrement usé. La première selle paraît être presque bifide, caractère qui persiste (mieux marqué) sur quelques échantillons nol«v blement plus âgés, formant une variété spéciale (hifidaki). Le premier lobe montre une fourche à deux pointes ; il porte, en outre, deux autres branches supérieures, Texteme étant -déjà beaucoup phis développée que Tinterne et isolée par une petite sellette. La deuxième selle est divisée en quatre parties inégales, de même que la troisième; d'ailleurs, toutes ces selles sont presque de même largeur.

A Fâge adulte {^\q, 128; éch. de 76 mm. de diamètre, montrant des côtes légères,

sans tubercules), la cloison présente les mêmes caractères, mais ses éléments sont beaucoup plus élancés. La première selle est alors divisée en trois parties sensiblement égales, la deuxième indentation sYtant ac^ centuée ; la branche supéro-externe du premier lobe est bien distincte. La deuxième et la troisième selle, presque aussi larges que la première, sont divisées en quatre ou cinq parties inégales. Le troisième lobe n*est pas nettement bifide.

Chez les individus très âgés (au rayon de 48 mm. sur un éch. de iio mm. de diamètre, montrant la constriction du péristome), la ligne suturale (fig. 129) est irrégulièrement festonnée (rappelant celle des Vascoceras) et présente- tout d'abord un aspect un peu difTérent des précédentes. 11 est cependant facile de ramener un type à l'autre. On constate, comme toujours, que l'intervalle des cloisons successives est bien moindre que dans la jeunesse ; aussi les cloisons sont-elles surbaissées.. En ou Ire, les différentes parties des selles et des lobes sont moins distinctes ; ainsi, la branche supéroexterne du premier lobe remonte, en quelque sqrte, dans la première selle, dont elle a l'air de constituer une simple subdivision. On distingue encore la bifidité du premier lobe, mais ce caractère est moins net pour le deuxième lobe et surtout pour le troisième. La fin de la cloison est, d'ailleurs, un peu difficile à suivre.

De cette forme typique on passe progressivement à toutes les variétés suivantes.

Var. globosa (PI. XXfl, Vig, i, 3, 4) — Certains échantillons, que j*ai laissés dans

le groupe principal, se distinguent cependant par une épaisseur notablement plus

forte que les autres. On arrive ainsi à des formes très renfiées, comme le montrent

les figures et les mesures données ci-dessus. Ces caractères sont déjà sensibles dans

Fio. 129. — 7/i. Roltandi Irès viens (les deux dernièret cloisons d'un éch. da Mrliila ; d = 110, r = 49).

le jeune, comme le prouve la fig. 3, sur laquelle on constate que les tubercules sont déjà très atténués. C'est, en effet, un des caractères de la var. globosa de perdre son ornementation beaucoup plus tôt que la forme typique. Un échantillon de 76 mm. montre cependant encore un tubercule ombilical. Les adultes sont habituellement tout à fait lisses ; à peine distingue-t-on, parfois, quelques côtes très effacées sur la région ventrale. Un autre caractère de cette variété est la grande longueur de la chambre d'habitation, qui atteint presque un tour (9/10) dans certains spécimens, par exemple dans Toriginal de la fig. 4, qui montre, en outre, la forme si caractéristique de l'ombilic (scaphitoïde). La ligne suturale est la même que dans la forme typique. Les spécimens figurés par Peron dans les Ammonites du Crétacé supérieur de l'Algérie (PL VII, fig, 6-7) appartiennent à cette variété.

YsiV. compiariata |P1. XXII, fig. 5). — Certains échantillons plus minces et à tubercules peu accentués font le passage du type à la variété complanaia^ qui se distingue de la forme typique par la faiblesse de son ornementation et surtout par son épaisseur notablement moindre. Un échantillon de 53 mm. de diamètre (fig. 5) montre, autour de Tombilic, trois tubercules, dont deux sont peu accentués ; les tubercules marginaux et les côtes sont bien visibles sur la première moitié du premier tour et à peine sensibles sur la deuxième moitié. On arrive ainsi à des formes presque lisses, qui diffèrent considérablement du type. La ligne suturale n'offre pas de modification notable.

Les grands spécimens plats et lisses ressemblent considérablement à certains Neoptychites cephaloius également plats, et la distinction peut être difficile à faire, car ces NeopL cephàlotus aplatis n'ont pas de renflement bien marqué sur la loge. Les cloisons permettront néanmoins la séparation ; en effet, Th, Rollandi n'a pas la troisième selle élargie, ni le troisième lobe large et bas, subdivisé en branches d'égale dimension, qui sont caractéristiques de NeopL cephaloius.

Var. iuberculata (PI. XXII, fig. 6). — Tandis que l'ornementation disparaît très tôt dans la var. complanata, inversement, certains échantillons conservent leurs côtes et leurs tubercules jusqu'à un diamètre beaucoup plus grand que les individus typiques. Les tubercules ombilicaux sont très saillants, presque pointus, au lieu d'être mousses.

A l'intérieur de ce groupe, on pourrait encore faire une subdivision. En effet, certains exemplaires sont un peu aplatis, comme ceux de la variété précédente, dont ils diffèrent par le développement de leurs tubercules (PL XXII, fig. 6), D'autres, au contraire, sont renflés comme ceux de la var. globosa, mais possèdent de forts tubercules et des côtes, à un diamètre auquel les représentants de la var. globosa sont presque lisses ; on peut les grouper en une variété globoso-tuberculuia (PI. XXII, fig. 7). Ces individus globuleux, fortement tubercules, pourraient, au premier coup d'œil, être confondus avec des Mammites du groupe de Mamm. Reveliereanus (var. renflée), d'autant que la ligne suturale n'est pas très différente de celle des Mammites. Toutefois, on les distinguera toujours, parce que les Mammites ont, dans la jeunesse et l'âge mûr, deux tubercules géminés à l'extrémité des côtes, tandis que nos échantillons n'ont jamais qu'un tubercule à l'extrémité

distale de chaque côte. Ils se relient, d'ailleurs, par des formes intermédiaires à Th, RoUcundi,

Var. bifidaià. — Ma collection renferme deux échantillons se rapprochant des formes normales de Th. Bollandi, tout en différant par leur ligne suturale, qui n*est d*ailleurs pas identique dans les deux individus. Le caractère commun est de posséder une première selle bifide, alors que celle-ci est habituellement trifide dans les individus adultes. Il est vrai que cette tripartition est d'ordre secondaire, ear les jeunes individus (fig. 127) montrent une première selle divisée en trois parties par deux indehtations, dont Tune est beaucoup plus marquée que l'autre. Nos deux échantillons ont donc conservé à l'état adulte un caractère infantile. Le plus petit échantillon (65 mm.) a toutes les selles plus ou moins nettement bifides (fig. i3o), tandis que, dans le grand échantillon (85 mm.), ce caractère ne s'observe que pour la première selle. En outré, le troisième lobe est différent dans les deux cas ; il présente trois petites pointes dans le petit échantillon, tandis que, dans le grand, il rappelle Fio. i30. - I7i. Rollandt var. bifidata

. ,. ,.,.,.. „ (éch. du Bireno ; d = 65. r = 35).

le troisième lobe si particulier de Neoptycnites . Il

est possible que ce soient là des variations individuelles ; néanmoins, j'ai cru devoir les indiquer, car les autres échantillons offrent une assez grande régularité dans la ligne suturale.

Gisements. — Une cinquantaine d'exemplaires. Turonien inférieur.

Forme typique : Mrhila (Sif et Telia, Fekirine, Foum el Guelta, A. Nakhla), S de la Kit. es Snam, Kt. Fretissa, Bireno (A. es Sfeia). — Var. complanala: Bireno (A es Sfeia, Kef Kraled, A. es Settara, A. el Glaa), Sif el Annba, Mrhila (Sif et Telia, A. Nakhla, Fekirine), Draa el Miaad, S de la Rit. es Snam. — Var. tuberculala: entre Dj. Rouiss et Kt. el Krissa, Kt. Fretissa, Mrhila (Sif et Telia, A. Nakhla). — Var. globosa: Bireno (A. es Sfeia, Kt. Touila), Mrhila (Fekirine, K. Si A. E. K., Foum el Guelta, A. Nakhla, Sif et Telia), S de la Kit. es Snam. — Var. bifidata : Bireno,

Thomasites Meslei Pervinquiere 1907

PI. XXII, lifT. 8 a-fe. 9 a-b

I II III IV

Diamètre. 73 (1) 85 (1) 110 (1) 128 (1)

Hauteur du dernier tour 43 (0,59) 47 (0,55) 58 (0,53) 67 (0,52)

Épaisseur du dernier tour 23 (0,32) 26 (0,31) 37 (0,34) 28 (?) (0,22)

Largeur de l'ombilic 5 (0,07) 8 (0,09) 10(?) (0,09) 10 (0,08)

MI. Éch. PI. XXn, fig. 8, 9. - Ul-IV. Éch. du Fekirine.

Coquille discoïdale, aplatie, à enroulement extrêmement serré. Ombilic très étroit. Flancs légèrement bombés, presque plats, divergeant faiblement, la plus grande épaisseur se trouvant au tiers de la hauteur à partir de l'ombilic. Section

bien plus haute que large. Flancs lisses ou portant seulement, à la limite de ta région ventrale, des nodosités plus ou moins marquées, dirigées obliquement en avant. Quelquefois, les tubercules des' deux côtés se réunissent même, de façon à former des cotes basses, larges, arrondies, relativement serrées, convexes en avant, limitées à la région ventrale. Les individus présentant cette disposition (PL XXlï, fîg. 8) montrent deux ou trois tubercules peu nets autour de l'ombilic. D'autres sont presque complètement lisses (PI. XXlï, fîg. 9). La chambre d'habitation, qui occupe les deux tiers du dernier tour, est presque entièrement lisse dans la plupart des échantillons. Le péristome n'est que faiblement rétréci, de sorte qu'il n'y a pas de callosité si accentuée que dans Neopt, cephaloius, ni même que dans Th, Rollandi.

Le jeune (i5 mm. de rayon) est déjà aplati ; ses tubercules sont bien marqués. Les tubercules marginaux sont un peu obliques en avant et ont une tendance à se réunir pour former un petit arc sur la région ventrale. Un autre exemplaire, à

peine plus grand, ne montre que des tubercules marginaux. L'ombilic est déjà très étroit.

Comme le montre la fîg. i3i, les cloisons ne

présentent pas de différences importantes par rap-

Fio. 131. - r/i ifM/«ï (ech. iM. xxii, P^^t à cellcs de Th. Rollandi. Les éléments sont

fig. 9;r = 35). seulement plus bas et plus étirés (à taille égale).

D'autre part,, les flancs portent une quatrième selle, mais cela est dû simplement

à l'aplatissement de la coquille et, par suite, au peu de profondeur de l'ombilic.

Rapports et différences. — Cette espèce est très voisine de la précédente ; c'est le terme extrême d'une même série de formes. Toutefois,, elle a déjà un aspect si différent des Th. Rollandi typiques qu'il m'a semblé utile de l'en séparer.

Th. Meslei se distinguera de Th. Rollandi par son épaisseur toujours moindre, dont s'approchent certains exemplaires de la var. complanaia ; toutefois, on notera que, dans cette dernière, la section est généralement triangulaire, tandis que, dans Th. Meslei, les flancs sont presque plats et parallèles (la région ventrale étant relativement large par rapport à l'épaisseur maximum) ; l'ombilic est extrêmement étroit ; les tubercules ombilicaux disparaissent à un stade très précoce, auquel ils existeraient encore dans Th. Rollandi ; les tubercules marginaux disparaissent eux-mêmes très tôt et sont dirigés obliquement en avant. Quelques échantillons plus épais, dans lesquels les tubercules tendent à former des côtes courtes (limitées au tiers externe des flancs) font le passage aux variétés plates de T/i. Rollandi, dont il sera parfois difficile de séparer Th. Meslei.

De grands échantillons devenus lisses peuvent avoir quelque ressemblance avec des Neopt. cephalolas aplatis ; on les en distinguera néanmoins par le caractère des cloisons.

Gisements: — Turonien inférieur. Une douzaine d'exemplaires. Mrhila (Foum el Guetta, A. Nakhla, Fekirinô, Sif et Telia), Bireno (A. es Settara, Aiounet el Klab, Kef Rraled).

Thomasites Jordani Pervinquière 1907

PI. XXII, fig. 10 a-6, II a-b, 12 a-6, i3 a-b

Diamètre

Hauteur du dernier tour.

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de Tombilic ....

ni

Var. costatùy PI.

XXII, fig. ta.

— IV. Var. lœvis.

PI. XXIJ, fig. i3.

Espèce globuleuse, rappelant les formes renflées de Th. RoUandL Tours très embrassants, ornés de 4-5 tubercules autour d'un ombilic étroit. De ces tubercules partent des cotes, à peine distinctes dans la forme typique, qui se terminent par des tubercules à la limite des flancs et de la région ventrale (9 pour un quart de tour). La région externe est ornée d*une rangée de tubercules en même nombre que les tubercules marginaux, auxquels ils sont reliés par une côte faiblement indiquée. Dans certains échantillons, ces tubercules sont arrondis ; dans d'autres, ils sont allongés dans le sens de l'enroulement et tendent à former une carène en dents de scie. Avec l'âge, ces ornements s'atténuent; ils sont encore bien reconnaissables sur le grand échantillon figuré (PI. XXII, fig. 11) ; par contre, un échantillon de 91 mm. est presque lisse. La loge d'habitation n'est complète sur aucun échantiUon et on ne peut voir si elle présente un renflement et une constriction. Sa longueur est d'au moins 3/4 de tour.

Les cloisons présentent une grande analogie avec celles de Th, RoUandi, comme on peut en juger par l'examen des fig. 182 et i33. On remarquera que la première selle est également divisée en trois parties inégales, caractère qui se retrouve, moins nettement, sur les autres. Les lobes sont encore plus franchement bifides et légèrement asymétriques, la branche su péro-ex terne étant plus développée que l'interne.

Var. costata (PI. XXJI, ïig, la). — La var. costata diffère du type par le développement des côtes et des tubercules. A vrai dire, je n'ai que de petits exemplaires de cette variété, mais j'ai pu m'assurer que ce ne sont pas les jeunes de la forme typique, car je possède d'autres exemplaires de petite taille, répondant bien au type et différant de ceux pour lesquels je propose Cette variété co5tato. Le tableau ci-dessus montre, d'ailleurs, que les proportions sont un peu différefntes. Dans cette variété, les tubercules ombilicaux sont très saillants, pointus ; il en part doux ou trois côtes bien marquées, entre lesquelles en apparaissent bientôt de nouvelles. Toutes ces côtes traversent la région ventrale sans s'interrompre, en s'infléchissant

Fio. 132.

1%. Jordani {éch. PI. XXII, fig. 10 ; r = 23).

légèrement en avant. Elles se surélèvent en un tubercule peu marqué dans le plan de symétrie et en deux tubercules plus accentués à la limite des flancs et de la région ventrale. Les cloisons ne semblent pas différer de celles du type.

L'échantillon que j'ai figuré PI. XXII, fig. 5 et que j'ai rapporté à Th. Rollandi var. complanaia pourrait peut-être constituer une variété mince de la présente espèce (*), dont il présente à peu près les côtes ; malheureusement, le bord externe étant usé, on ne peut savoir sûrement s'il y avait des tubercules médians et si cet échantillon appartient à Th, Jordani plutôt qu'à Th. Rollandi. Les cloisons sont trop peu différentes dans les deux espèces pour permettre de trancher la question. Assurément le nombre et l'allure des côtes sont plutôt ceux de Th. Jordani, mais cette ammonite se relie par sa forme générale à des exemplaires non douteux de Th. Rollandi var. complanaia.

Var. lœvis (PI. XXÏI, fig. i3). — La var. lœvis se signale par son aplatissement

et le faible dévelopement de son ornementation. Les tubercules ombilicaux sont à peine distincts. Il n'y a pas de côtes (les flancs sont lisses), mais la région ventrale montre les trois rangées de tubercules. Ceux-ci disparaissent d'ailleurs avec Fâge, car la dernière moitié de la loge d'habitation est entièrement lisse.

Fig. 133. - TA. /orfltom var. /ippis (éch. La ligne suturale (fig. i33) diffère peu de celle

IM. XXII, flg. 13; r = 24). n • i i i

du type. Les selles et les lobes sont un peu plus élancés, un peu moins élargis et, en môme temps, un peu moins découpés (à taille égale).

Rapports et différences. — Cette espèce est très voisine des variétés renflées de Th. Rollandi; néanmoins, on l'en distinguera facilement par la présence de trois rangées de tubercules bien distincts sur la région ventrale. Ces tubercules sont plus nombreux (ao-22) que dans Th. Rollandi,

La var. lœvis a une certaine analogie avec les variétés lisses de Barroisiceras Haberfellneri Redt. (var. Jlarlei de Grossouvre) ; néanmoins, notre espèce s'en distinguera par son ombilic moins large, par sa section moins étroite, par sa loge d'habitation renflée et par sa ligne suturale.

Gisements. — Turonien inférieur. Forme typique : six exemplaires. Draa el Miaad, S de la Kit. es Snam. — Var. costata : cinq exemplaires. Mrhila (Sif et Telia), Bireno (A. el Glaa), Draa el Miaad. — Var. lœvis : un seul in.dividu bien net. Draa el Miaad. Quelques autres fragments, en médiocre état, senibleiil l'aire le passage entre la var. costata et la var. Lxvis.

C'est un plaisir pour moi de dédier cette ammonite à M. P. Joudan, en sou venir des excellentes relations que nous avons entretenues et des services qu'il m'a rendus, alors qu'il était Chef du Service des Mines de la Régence.

(i) A supposer qu'il doive vn être ainsi, la var. complanaia de Th. fiollnndi ii'«m) ^nli^isUra p.t^ iin>in>

Genre PSEUDOTISSOTIA Peron

Peron a proposé le genre Pseudotissotia (*) pour des ammonites du Turonien ayant certaines affinités avec les Tissotia, dont elles s'éloignent par le caractère de leurs cloisons : toutes les selles sont festonnées et les lobes ont des branches où, tout au moins, des pointes plus allongées. Pris dans son sens premier, ce genre englobe des ammonites de forme assez variable, ayant un développement très différent, ainsi que Hyatt Ta fait remarquer. Aussi cet auteur a-t-il limité le genre Pseudotissotia h VAmm. Gallienei d*Orb., qui en est le type, et a-t-il proposé le genre Choffaticeras pour les autres espèces. Cette mesure est peut-être trop radicale, car il y a des relations étroites entre les deux groupes ; du moins me parait-il nécessaire d'admettre Choffaticeras comme sous-genre.

Le9 Pseudotissotia s. st. sont des ammonites discoïdes, épaisses, dont les flancs faiblement bombés sont à peu près parallèles et dont la région ventrale élargie porte habituellement trois carènes presque égales. La cloison comprend quatre selles larges et festonnées ; la première selle est divisée en trois parties généralement inégales. Le premier lobe latéral, plus long que le lobe siphonal, est divisé en deux branches très inégales : une branche externe réduite, placée plus ou moins haut en dessus de l'autre et une branche interne, plus longue et plus large, habituellement subdivisée en deux pointes courtes. En dehors de VAmm. Gallienei d'Orb., je ne vois guère à ranger ici qu*une ammonite inédite, qui se trouve à Taillebourg, à la limite du Salmurien et de TAngoumien ; elle est d'ailleurs très voisine de la précédente.

Le sous-genre Choffaticeras comprend des ammonites lenticulaires, dont les flancs plus ou moins bombés (quelquefois concaves en certaines de leurs parties) convergent fortement vers la région ventrale, laquelle est mince et même généralement tranchante, carénée. La carène médiane peut être bordée par deux carènes latéro-ventrales continues ou par deux rangées de tubercules. Dans certaines ammonites, les deux carènes latérales font défaut à tous les âges. La cloison est peu diff'érente de celle des vrais Pseudotissotia, mais les éléments sont quelquefois susceptibles de se multiplier ; on en compte jusqu'à six dans de grands individus. Toutefois, certaines espèces du genre présentent des différences notables à ce point de vue. Dans ce sous genre Choffaticeras, nous pouvons distinguer deux groupes :

I) Groupe des formes tricarénées : Pseud, Meslei Pero.n, Pseud. Pavillieri Pervin- QuiÈRE, Pseud, segnis Solger, Pseud. Ganiveti Coq. ; la forme extérieure tendrait à faire ranger ici VAmm. Goupilianus d'Orb., mais la cloison figurée rend ce classement douteux.

(i) Peror : Am. CnH. sup. Algérie, p. aG*

35o ÉTUDES DE PALEONTOLOGIE TUNISIETVNE

II) Groupe des formes monocarénées : Pseud. Barjonai Choffat, Pseud, Luciœ Pervoquière, Pseud. Massipiana Pervinquière, Pseud. Philippii Solger, Pseud. Douvillei (?) Peron.

Les ammonites du sous-genre Choffaticeras ont souvent un ombilic étroit et une section ovale-lancéolée, rappelant tout à fait celle des Sphenodiscus. Solger (*) a montré que le développement se faisait de la même manière dans les deux cas et que les cloisons se divisaient de la même façon. Il y a donc un lien génétique entre les deux genres, mais il est douteux que la liaison ait lieu en ligne directe. En tout cas, on ne peut dire que Sphenodiscus descende de Choffaticeras, puisque les Sphenodiscus paraissent un peu antérieurs ; d'ailleurs, à Tétat adulte, leurs cloisons sont plus différenciées. Il est vraisemblable que Tun et l'autre dérivent d'un même type peu éloigné, malheureusement inconnu.

La liaison entre Choffaticeras et Hemitissotia est plus étroite et Peron Ta déjà signalée. Les Hemitissotia du Santonien sont les descendants directs des Choffaticeras du Turonien. Je décris même plus loin, sous le nom de Pseudotissotia Massipiana, une ammonite du Turonien, qui a presque tous les caractères en commun avec Pseud. (Choffaticeras) Luciœ, sauf le fait que les troisième, quatrième et cinquième selles sont entières. Or, c'est précisément sur ce caractère qu'est basé le genre Hemitissotia ; aussi ai-je été tenté de réunir les Choffaticeras à bord monocaréné et les Hemitissotia en un seul et même genre ; toutefois, comme je ne pouvais lui appliquer le nom d* Hemitissotia, qui est strictement défini par la cloison, j'ai renoncé à créer une nouvelle désignation générique. Pour ne pas bouleverser inutilement la nomenclature, j'attendrai d'avoir des matériaux plus complets et surtout dans un état de conservation permettant de préparer les tours internes (ce qui m'est impossible avec mes échantillons); mais la revision de tous ces genres voisins de Tissotia me paraît indispensable.

Quant aux vrais Pseudotissotia, ce sont bien les ancêtres des Tissotia du groupe de Tiss. Tissoii, comme Peron l'avait présumé. Je décris plus loin, sous le nom de Tissotia Tunisiensis, une ammonite qui fait précisément le passage entre Pseudotissotia et Tissotia, J'ajoute que les Pseudotissotia me paraissent également avoir donné naissance aux .Barroisiceras. Je reviendrai plus loin sur cette question.

Reste à trouver l'origine de Pseudotissotia. 11 faut évidemment la chercher dans la famille des Acanthocératidés, spécialement du côté des vrais Mammites, avec certains desquels Pseud. Gallienei a une grande analogie de forme et de cloison ; rappelons, en passant, que ces Mammites ont une pseudo-carène, encadrée par deux rangées de tubercules, comme divers Pseudotissotia.

Jusqu'à présent, le genre Pseudotissotia paraît cantonné dans le Turonien.

(i) Solger : Uebcr die Jiigcndentwickolunt? von Sphenodiscus lenlicularis Owen iiod seine Beziehung zur Gruppc der Tissolicn. Zeitsch. d. gcol. Gcs., vol. LV, lyoS, p. Oy, PI. tV.

CÉPHALOPODES DES TERHAINS SEGONDAIHES 35l

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