‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 9 sur 84 · I. Éch. figuré. — II. Éch. du bon Saïdan · texte numérisé non relu

I. Éch. figuré. — II. Éch. du bon Saïdan

L'ammonite que je figure (PL I, fig. 7) présente tous les caractères de Per. simoceroides : spire formée de tours nombreux, à accroissement très lent, plus hauts que larges, se recouvrant sur un cinquième environ, d'abord peu bombés, puis presque plats sur les flancs, arrondis sur la région ventrale ; côtes nombreuses (60 dans notre échantillon, au lieu de 48 dans le type, lequel a 20 mm. de moins), rectilignes, un peu inclinées en avant, puis se divisant, au tiers ou au quart externe, en deux ou rarement trois côtes qui traversent la région ventrale sans interruption ; deux étranglements rectilignes et obliques en avant sur chaque tour ; ombiHc très large et peu profond.

Je n'aurais pas de doute sur l'assimilation si le niveau était le même. En effet,

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES a5

le type provient du Tithonique, tandis que Tétiquette accompagnant mon échantillon porte: « Oxfordien ; Dj. Zaghouan, montée du Télégraphe », et de fait, c'est bien la même gangue (calcaire gris verdâtre) que pour les autres ammonites provenant de ce gisement (^). Cependant, je crois me rappeler que cet échantillon est celui que j'ai cité (Et. géol., p. 34) à propos du Tithonique du ben Saïdan. Y aurait-il eu déplacement d'étiquette P Cela supprimerait la difficulté provenant du gisement, mais la nature de la gangue rend ce déplacement d'étiquette peu vraisemblable.

Dans rOxfordien, je vois bien peu de Perisphinctes pouvant être comparés au nôtre. Il n'y a guère que Per. Sutneri Ghoffat (*) et Per, trichopiocus Gemm. (»).

Le premier est assurément peu différent de notre ammonite, mais il est cependant plus épais et moins évolute ; il possède des côtes un peu onduleuscs. Les proportions sont encore plus différentes pour la deuxième espèce, dont les côtes restent souvent simples. Il est d'ailleurs assez difficile de se faire une idée précise de ces deux espèces ; néanmoins notre ammonite semble en être moins rapprochée que de Per. simoceroides. Peut-être cette espèce a-t-elle apparu plus tôt en Tunisie. En tout cas, il y a là un point qui reste à élucider.

Une ammonite de la collection Aubert, du Tithonique cette fois (Dj. ben Saïdan), s'accorde à peu près avec la description de Fontannes ; elle a cependant un ombilic plus étroit et des tours plus hauts (n* II des mesures).

Perisphinctes Hodlernae Gemmellaro

PI. I. fig. 8 a-c

1877. Per. Hodiernœ Gemmellaro : Faune giuresi, p. 203, PI. XVI, fig. 12, 13.

Diamètre 43 (1)

Hauteur du dernier tour 13 (0,30)

Épaisseur du dernier tour 10 (0,23)

Largeur de l'ombilic 21 (0,49)

Coquille discoïdale, largement ombiliquée, comprenant 6-7 tours légèrement bombés sur les flancs. Dernier tour orné d'une quarantaine de côtes bien marquées, légèrement inclinées en avant, dont la plupart sont simples ; pour les autres, la bifurcation a lieu au milieu des flancs ou un peu au delà. Côtes atténuées sur la région ventrale, sans qu'il y ait toutefois une bande lisse. Deux ou trois étranglements atténués au pourtour et précédés par une côte trifide très particulière. Section des tours d'abord arrondie, puis ovalaire, plus haute que large, la plus grande largeur étant un peu au-dessus du tiers de la hauteur ; région ventrale rétrécie. Cloisons inconnues.

(i) Chose curieuse, c'est exactement la gangue d'une ammonite de même espèce recueiUie par Kiliar à Authon (Basses-Alpes), dans les couches à Aspid. acanthicum.

(a) Ghoffat : Faune jur. Portugal, Céph., p. ^a, PI. V, fig. a. (3) Gemmellaro: Faune giuresi, p. i63, PI. XX, fig. i3.

L'assimilation que je propose ne me paraît pas douteuse, mais elle ne s'était pas présentée tout d'abord à mon esprit, parce que Gemmellaiio a figuré un grand écUantillon offrant des caractères assez différents de ceux du jeune, entre autres la bifurcation constante des côtes. La description montre que le jeune a précisément les caractères de mon ammonite. Comme l'auteur n'a pas donné de vue de la région ventrale, il me paraît donc indispensable de faire figurer mon échantillon.

Rapports et différences. — Gemmellaro a déjà signalé les relations de (elle espèce avec Per. hospes Neumayr; on l'en distinguera par la section des tours. j)ai la présence de constrictions et par le fait que les côtes restent simples boaiuouj) plus longtemps. On notera aussi la présence de ces côtes trifidcs (parmi des inh < simples) en arrière des sillons.

Per, Hodiernœ a également une grande ressemblance avec /*(•/•. Jhrmcri Mayer (^) ; cependant cette dernière espèce a des côtes plus forlcs v{ inoin> nombreuses ; de plus, elle ne montre pas les côtes trifides précédant lo Mllon^. D'ailleurs Per, Rœmeri appartient à un niveau bien inférieur (Séquanicn).

Notre ammonite doit sans doute ôti-e rangée dans le genre Perisphincles, ulai^ elle fait manifestement le passage à Simoceras.

Gisement. — Tithonique inférieur (calcaire rouge) du l)j. Ixmi Sa h la n ; un exemplaire. Le type provient du calcaire incarnat de C'alalatimi (Provinii^ d. ' Trapani), de la zone inférieure des couches à Aspid. acanUiicum.

Perisphinctes RIchteri Ojmii

1868. Amm, UichteH Zittel : Stramberg, p. 108, Pi. X\, li^'. 1»-I2

Deux fragments d'ammonite du l)j. Oust (Tithonique .-ujm'ik uij ni«>iih< ni I caractères de Per. Richleri: tours plats, deux lois [)lus liaul> (\\w laiL^vs. onij^ côtes fines et nombreuses, obliques en avant, birur(|ut'(>> un \n\\ .m dt I à du Y des flancs, traversant sans interruption la région venlialc ainMidir. . n (I.( ii\ courbe convexe en avant.

Le type provient de Stramberg, mais r(S[)rc(^ [)a!ail >«• li-.m. i le Tithonique inférieur que dans le Tithoniqu(î hu[)(riem (T\iol. \k\ Ardèche, Andalousie).

bien dans

b, Aponn|«i,

(i) De Loriol : Zono à Amm. tcniiilobatus Badori. p ^/y. 1*1. W.

Perisphlnctes cf. eudlchotomus Zittel

1868. Àmm. eudichotomus Zittel : Stramberg. p. 112, PI. XXI, fig. 6-7.

1890. Perisphinctes eudichotomus Toucas : Tithoiiique Ardèche, p. 599, PI. XVI, fig. 4.

Diamètre 89 (1)

Hauteur du dernier tour 24 (?) (0,27)

Épaisseur du dernier tour 19 (0,21)

Largeur de rombllic 48 (0,54)

Quelques ammonites du Tithonique supérieur du Dj. Oust se rapprochent beaucoup de Per. eudichotomus : elles en ont la forme très aplatie, le large ombilic, les tours un peu plus hauts que larges, ornes de nombreuses côtes (une soixantaine), régulièrement bifurquées et interrompues sm* la ligne médiane. Elles en diffèrent par un ombilic encore plus large, par des tours moins épais et aussi i)ar l'apparition d'un léger tubercule au point de division des côtes; ce dernier caractère les rapprocherait de Per. fraudator Zittel, mais la forme est plutôt celle de Per. eudichotomus.

Un échantillon complet et 4 ou 5 fragments.

Perisphinctes indét.

Je dois encore mentionner un certain nombre de Perisphinctes dont Tétat de conservation laisse fort à désirer, ce qui rend impossible leur détermination exacte ; on sait d'ailleurs combien il est déjà diflîcile de déterminer des Perisphinctes en bon état, s'ils ne sont pas absolument complets.

L'Oxfordien du Zaghouan m'a fourni deux Perisphinctes; l'un est plat et largement ombiliqué, comme Per. plicatilis Sow. ou Per. Airoldii Gemmellaro (*); l'autre est plus épais et rappelle plutôt Per. Pralairei Favre (") ou Per. Kiliani de Riaz (*).

Dans le Tithonique du Dj. ben Saïdan, j'ai recueilli une ammonite entière (mais mauvaise) et quelques fragments ayant assurément une grande ressemblance avec Per. geron Zittel. bien que les côtes soient moins serrées ; ce caractère, joint à la faiblesse de sillons, rapproche encore plus notre ammonite de Per. ardescicus Fontannes (*), qui d'ailleurs n'est sans doute qu'une variété de Per. geron. Un fragment de tour, provenant du Dj. Oust, appartient peut-être aussi à Per. geron, ainsi qu'un autre fragment de la collection Aubert provenant du bou Kourniii.

Cette même collection renferme encore une ammonite voisine des précédentes, mais s'en distinguant par quelques caractères, entre autres par l'arrondissement du bord ombilical; elle rappelle beaucoup Per. unicomptus Fontannes, spécialement la

(i) Gemmellaro : Faune piuresi, p. ii6, PI. XIII, fig. 3.

(a) Favre : Jur. Voirons, p. 33, PI. llï, lip. 6-7 ; — Oxford. Alpes fribourgeoiscs, p. 66, PI. V, fig. 4 a-b.

(3) De Riaz : Amm. c. à Pelt. transversarium de Trcpi, p. 2G, PI. IV, fig. 3-5.

(4) FoKTAîisEs : Château de Crussol, p. 54, PI. VIII, «g. 3-4.

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variété du château de Gnissol (^). Or, cette espèce a été citée par Aubert (*) à propos du Tithonique du bou Kournin ; il est donc possible que cette mention se rapporte à Téchantillon que nous avons en main et dont la provenance n'est pas indiquée.

Genre PELTOGERAS Waagen Peltoceras Fouquel Kilian

PI. I. fig. g a-b.

1877. Peltoceras transversanum Gemmbllaro: Faune giuresi, p. 120, PI. XIII, Gg. 1-2; p. 166,

PI. XX, fig. 16.

1889. Peltoceras Fouquei Kilian : Andalousie, p. 631, PI. XXVI, fig, 2 a-b, 1903. Id. Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 31.

Cette espèce se distingue de Pelt. transversarlum par la section rectangulaire de ses tours, par ses cotes droites (et non incurvées en arrière), partant deux par deux d*un tubercule ombilical, se surélevant légèrement au pourtour et traversant la région ventrale sans s'infléchir, ni s'atténuer.

Une ammonite recueillie par Aubert au Zaghouan, près de la zaouïa de Sidi bou Goubrine, présente tous ces caractères; je crois devoir la faire figurer, car l'espèce est assez rare.

Le type provient de Cabra (Andalousie), d'un niveau indéterminé qui serait supérieur à rOxfordien et inférieur au Tithonique. Dans mon Étude géologique, j'ai admis rage séquanien de Pelt. Fouquei ; il me paraît plus probable que le spécimen tunisien provient du Tithonique inférieur, d'autant plus que rien d'autre n'indique le Séquanien en cet endroit. La gangue est un calcaire rouge tout à fait semblable à celui du Dj. ben Saïdan. Kilian mentionne d'ailleurs cette espèce dans le Tithonique inférieur de la Drôme, et la collection Nicklès montre son. association avec des fossiles tithoniques de Murcie.

(i) FoNTAHNEs : Château de Crussol, p, 55, PI. VIII, fig. 5. (a) Aubert : Explic. carte gœl. Tun., p. 3.

Genre SIMOGERAS Zittel

SImoceras cf. Doubllerl d'Orbiont

1850. Àmm, Dovblieri dOrbigny : Prodrome, vol. I, p. 351. 1875. Id, Favre : Jur. Voirons, p. 34, PI. IV, fig. 2.

1875. Àmm. Randenensis Mcesch in Favre : Ibid., p. 35, PI. IV, flg. 3.

1876. Àmm, Doublieri Dumortier et Fontannes : Zone Amm. tenuilobatus Crussol, p. 120

PI. XVII, fig. 3.

1877. Id, Favre : Zone à Amm. acanlhicus, p. 57, PI. Vil, fig. 1-2.

1878. Id. DE LoRiOL : Zone à Amm. tenuilobatus Baden, p. 105, PI. XVI, fig. 6-7. 1903. Simoceras Doublieri Pervinqui^.re : Et. géol. Tun. cent., p. 34.

Diamètre 42 (1)

Hauteur du dernier tour 11 (0,26)

Épaisseur du dernier tour 13 (?) (0,31)

Urgeur de l'ombilic 22 (0,53)

Une ammonite du ben Saïdan présente les principaux caractères de Sim. Doublieri, mais raccord n'est pas parfait, car Tombilic est un peu plus étroit et un peu plus profond. Quant à l'épaisseur, elle surpasse la hauteur, ce qui rapproche notre ammonite de la variété Randenensis Moesch. Une empreinte sur un morceau de calcaire rouge provenant du Zaghouan (coll. Aubert) paraît indiquer la même espèce. Les deux échantillons proviennent du Tithonique inférieur.

SImoceras cf. Sautlerl Fontannes

1876. «1mm. (Per.) Sautieri Dumortier et Fontannes : Zone Amm. tenuilobatus Crusdol, p. 112, PI. XVI, fig. 1 ; XVIl, 1 ; XVllI, 1.

1876. Àmm. (Per.) Malktianus Dumortier et Fontannes : Ibid., p. 115, PI. XVI, fig. 2 ;

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