‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 10 sur 84 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

1877. Àmm, (Per.) Heimi Favre : Zone à Amm. acanthicus, p. 49, PI. V, fig. 3. 1877. Àmm. (Per.) Àllobrogicus Pillet in Favre : Ibid., p. 50, PI. V, Vig. 4. 1903. Simoceras Sautieri Pervinquièrb : Et. géol. Tun. cent., p. 34.

Diamètre

Hauteur du dernier tour. .

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de Tombilic

I, II. Éch. du ben Saïdan. — III. Var. MaUetianQf du bou Kournin

L'échantillon dont les mesures sont données sous le n* I répond bien à la description et à la figure de Fontannes ; ainsi la bifurcation des côtes est visible dans Tombilic. Cependant la coquille est plus plate et Tombilic moins profond que dans le type. Cet échantillon est bien voisin de Per. hospes Neumayr (qui a cepen-

3o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

dant un ombilic plus étroit et des côtes plus accentuées) et plus encore de Per, Hodiernœ Gemm., mais ce dernier a des côtes plus fortes, moins nombreuses, dont beaucoup restent simples à la taille de notre exemplaire.

L'échantillon II a sensiblement les dimensions du type, et cependant Tattribution est très douteuse, car les côtes ne s'interrompent pas franchement. Les bords de Tombilic sont aussi plus arrondis, comme dans Sim, Pasinii Gemm. et Sim, peltoideum Gemm.» avec lesquels notre ammonite n*est pas sans analogie.

Enfin une ammonite de la collection Audert, provenant du bou Kournin (n'' III des mesures), se rattache encore à la même espèce, mais dans ce cas la bifurcation des côtes n'est plus visible dans Tombilic, car celui-ci est légèrement plus étroit ; les tours successifs sont légèrement en gradins. Bref, cette ammonite présente les caractères d'Amm. Malletianus Fontannes, qui me semble être une simple variété d'Amni. SauiierL

Gisements. — Un échantillon de la var. Malleliàna du bou Kournin (coll. Aubert). Deux échantillons du Tithonique inférieur du Dj. ben Saïdan. VAmm. Sautieri n'est pas cité dans le Tithonique, mais sa var. Malleliàna se rencontre à Crussol à ce niveau.

Slmoceras indét.

PI. I, fig. lo a-6, 1 1

Je possède encore un certain nombre de fragments de Simoceras qui ne sont guère déterminables spécifiquement ; aussi est-il préférable de supprimer le nom de Sim, cf. Agrigentinum Gemm. que j'ai donné à l'un d'eux.

Parmi ces Simoceras, quelques fragments du Dj. ben Saïdan 'PI. I, fig. lo a-b) et une grande ammonite du Dj. Ressas (FI. I, fig. ii), qui m'a été aimablement communiquée par M. Pageyral, paraissent appartenir à la même espèce. Cette ammonite ne peut être assignée exactement à aucune de celles décrites jusqu'à ce jour ; elle se rapproche de Sim. Venelianum Zittel (^) par sa forme générale (*), ses côtes nombreuses, simples, droites, complètement interrompues sur la région ventrale. Toutefois les côtes paraissent plus fines dans nos spécimens et l'ombilic est encore plus large (au moins dans le grand échantillon). Dans le jeune âge, quelques côtes sont bifides, caractère qui, joint à la finesse dès côtes et à leur grand nombre, à la section élevée des tours, rapproche nos échantillons de Sim, Bocconii Gemm. ('). Le spécimen tithonique, d'abord figuré par Gemmellaro, ne montre que des côtes simples sur le dernier tour ; il ne diffère de nos échantillons que par une section moins franchement quadrangulaire et un ombilic un peu plus petit. Par contre, les exemplaires oxfordiens figurés ultérieurement présentent de notables diffé-

(i) Zittel : Aell. Tilhonb., p. 221, PI. XXXIII, fig. 8.

(2) Diamètre: 190 (i) — Hauteur du dernier tour : ^5 {0,2/4) — Épaisseur: 3o (?) (0,16) — Largeur de Tombilic: 110 (0,68).

(3) Gemmellaro : Cale, a Tereb. janitor, p. 55., PI. XII, fig. 2 a-c. — Faune giuresi, p. 117. PI. XIV, fig. a ; p. i65, PI. XX. fig. i5.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 3l

renées ; il est d'ailleurs possible que ces derniers n'appartiennent pas à la même espèce que les premiers.

Sim. Zeuxis Gemm. (') a peut-être encore plus d'afïïnité avec nos ammonites. N'était une largeur un peu moindre de l'ombilic dans le type sicilien, les proportions seraient sensiblement les mêmes. Les flancs sont presque plats et munis de côtes nombreuses, serrées, un peu plus saillantes au pourtour, puis complètement effacées sur la région ventrale, laquelle est un peu plus arrondie que dans nos exemplaires. D'ailleurs, l'état de ceux-ci permet seulement de faire des rapprochements.

Deux fragments en assez bon état proviennent du Dj. ben Saïdan, du calcaire rouge à ammonites que nous savons indubitablement appartenir au début du Tithonique. Si le grand spécimen du Ressas se rattache bien à la même espèce, c'est également au Tithonique, et probablement même au Tithonique inférieur, qu'il faut rapporter les calcaires gris à cassure vive qui forment toute la masse du Dj. Ressas. L'échantillon lui-même renferme de petits filets de galène.

Genre ÂSPIDOGERAS Zittel Aspldoceras Fagesl Pervinquiere 1907

PI. IT, fig. i et A

1903. Àspidoceras indét. Peryinquikre : Et. géol. Tun. cent., p. 34.

Diamètre 111 (1)

Hauteur du dernier tour 47 (0,42) 36

Épaisseur du dernier lour 50 (?) (0,45) 46

Largeur de l'ombilic 30 (0,27)

Coquille médiocrement renflée, à tours croissant rapidement, un peu plus épais que hauts ; région ventrale arrondie.

Ombilic profond, à paroi inclinée. Une ^n^ ^^ ^rvL s; ^ \

seule rangée de tubercules (i5 sur le ; rv\ ÇTîT^L ^" ^ /^ ^ ^ "-

dernier tour), à la limite des flancs et /^ '^ ' ^^ '^- — '^-^ ^r^^ f*

de Tombilic. Tubercules d'abord petits,

serrés, pinces, quelque peu prolongés

, . , ,. , .,. . , F«o- 1- - ^«P«*- Fa(^M*. Éch. figuré (d = lU, r = 45) (2);

sur la paroi de 1 ombilic, ensuite plus cloison un peu usée, complétée, pour le lobe siphonal,

r , ij • £ ji* d'après la cloison précédente,

espacés, plus volumineux et arrondis.

Pas de côtes, pas plus que de deuxième rangée de tubercules.

Cloisons (fig. i) comprenant un lobe externe long, mais peu large, un premier

(i) Gbmmellàro : Faune giuresi, p. 21 4, PI. \V, fig. 5 a-h.

(a) Sauf indication contraire, les figures sont de grandeur naturelle. Les abréviations d. et r. indiquent que le dessin a été pris sur un échantillon du diamètre indiqué, en un point où le rayon égalait le nombre donné après r.

Sa éxUDES DE PALEONTOLOGIE TUNISIENNE

lobe latéral (situé au milieu des flancs), trifîde, étroit, mais de même longueur que le lobe siphonal, un deuxième latéral plus court, un troisième relativement plus long que le précédent et entièrement situé sur la paroi de Tombilic, un quatrième lobe peu développé. Première selle deux fois plus large que le premier lobe, divisée en trois parties par deux lobules, dont l'interne est très grand ; deuxième selle simplement festonnée, plus étroite que la troisième, laquelle est' asymétriquement divisée par un profond lobule, plus rapproché du côté interne que de Tautre.

Mes matériaux sont trop restreints pour que je puisse indiquer les variations de l'espèce. Si le fragment auquel se rapporte le n* II des mesures appartient bien à la même espèce que l'autre, cette ammonite est susceptible de notables variations dans répaisseur.

Rapports et différences. — Aspidoceras Fagesi se distingue immédiatement d'Aspid. acanthicum Oppel par la présence, à tous les âges, d'une seule rangée de tubercules. Aspid, liparum Oppel est plus globuleux, Tombilic est plus large, et les tubercules, moins nombreux, sont inclinés sur l'ombilic. Plus voisin de notre espèce parait être Aspid. Pipini Oppel, ammonite de Solenhofen insuflisamment connue, dont on ignore l'épaisseur. On remarquera que les tubercules sont moins nombreux (9 seulement) et plus rapprochés de l'ombilic que dans l'espèce tunisienne. Celle-ci a encore plus d'affinité avec Aspidoceras insulanum Gemmellaro (qui est cependant plus épais et possède un ombilic à paroi verticale) et surtout avec Aspid, Montisprimi Canavari (^), dont certains exemplaires présentent très sensiblement les mêmes proportions relatives. Cependant l'assimilation ne paraît pas possible, car cette dernière espèce possède des côtes ventrales dans l'adolescence et une deuxième rangée de tubercules dans la vieillesse. Les cloisons présentent aussi des différences notables : dans notre espèce, les éléments sont plus longs, plus découpés, la troisième selle a un mode de division assez spécial qu'on ne retrouve pas dans Aspid, Montisprimi, où le premier lobe latéral a presque la même largeur que la première selle. Cette allure grêle et élancée des lobes se retrouve, plus accentuée encore, dans Aspid. Altenense d'Orb., qui possède également des tubercules nombreux ; mais ces tubercules sont immédiatement au bord de l'ombilic, lequel est phis étroit et offre une paroi verticale ; enfin les tours sont relativement plus hauts et moins larges.

Bref, c*est encore d' Aspid. Montisprimi que notre ammonite se rapproche le plus. Il y a cependant entre elles des différences faciles à saisir ; aussi, étant donnée la façon étroite dont sont délimitées les ammonites jurassiques, j'ai cru utile de donner un nom à cet Aspidoceras, bien qu'il ne soit pas parfaitement connu.

Gisement. — Une ammonite usée d'un côté et un fragment trouvés ensemble dans le Tithonique inférieur du Dj. bcn Saïdan. Je suis heureux d'en offrir la dédicace à M. de Pages de Latour. Directeur général des Travaux publics en Tunisie, à l'esprit éclairé de qui est due cette publication.

(1) Gawavari : StraU con Aspid. acanthicum, p. 98, Pl. XXVII, fig. i ; XXX, i ; XXXII, 5.

Aspldoceras Qourguechonl Pervinquière 1907

PI. II, fïg. 2 a-b, 3 a-b, 1903. Àspidoceras aff. Zeuschneri Pervinquière: Et. géol. Tun. cent., p. 33.

Diamètre

Hauteur du dernier tour...

Épaisseur du dernier tour.

Largeur de l*ombilic

Petite coquille globuleuse, à région ventrale largement arrondie, se raccordant progressivement avec les flancs. Section des tours un peu surbaissée. Tours se recouvrant sur un peu plus de la moitié. Ombilic médiocrement serré, à bord arrondi, à paroi d'abord peu incli- ^•-^/-v

née, puis verticale dans la moitié ^d-j C /r\

inférieure. Bord de Tombilic orné y \ L r^"^7 C^^^ C^

de 4 à 5 petits tubercules arrondis. / r^V ^j Jj^ \ \

Région ventrale laissant deviner de V v

, A ^ 1 . . F'G *• — ^«pW- Gourguechoni X 6. Éch. figuré {d = 13, r = 7).

nombreuses cotes, a peine sensibles, que la photographie n*a pu rendre. Test orné de stries d'accroissement très fines et très serrées.

Cloisons comprenant 4 selles et autant de lobes, larges et peu découpés. La figure ci-contre (fig. 2) montre d'ailleurs suffisamment leur allure.

Rapports et différences. — Quoique je ne possède qu'un petit échantillon de cette espèce, je n'Késite pas à proposer une nouvelle coupure, car il parait facile de distinguer cette ammonite de celles déjà décrites.

Je l'avais d'abord rapprochée d*Aspid, Zeuschneri Zittel, qui possède également des côtes, mais ces côtes sont plus fortes et moins nombreuses, tandis que les tubercules sont, au contraire, beaucoup plus nombreux (le double ou le triple). La forme des tours est aussi différente, beaucoup plus surbaissée, réniforme, dans Aspid, Zeuschneri.

Aspid. circumspinosum Oppel a de fines côtes et une seule rangée de tubercules ; toutefois la forme et surtout la cloison diffèrent. Aspid. avellanum Zittel a un peu la même forme, mais il est lisse; d'ailleurs l'épaisseur est un peu moindre et l'ombilic beaucoup plus serré, surtout à la taille de notre échantillon. La ligne suturale difTère par maint détail, par exemple par la forme du deuxième lobe qui a trois pointes presque égales dans notre espèce. Aspid. cycloium Oppel est plus globuleux et a un ombilic plus serré, sans trace de tubercules.

Aspid. polysarcum Fontan.nes a, au contraire, deux rangées de tubercules. Aspid. Altenense d'Orbigny possède un ombilic plus serré, une section plus élevée et surtout moins large. La section est encore plus élevée et étroite dans Aspid. micropylum Oppel, qui a de plus un très large ombilic. Aspid. liparum Oppel a également une moindre épaisseur et un plus large ombilic ; ses tubercules, dirigés obliquement au-dessus de l'ombilic, lui donnent d'ailleurs un aspect spécial.

Gisement. ^- Un seul échantillon pyrîteux du Dj. Rouass. Tithonique inférieur.

Je me fais un plaisir de dédier cette ammonite à M. Gouhguechon, Chef du Service des Mines de la Régence, à qui je suis reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour le succès de ces Études de paléontologie tunisienne.

Aspldoceras indét.

En dehors des espèces citées ci-dessus, il en est encore quelques autres qui paraissent représentées en Tunisie, mais l'état de mes échantillons ne permet pas une détermination rigoureuse.

L'Oxfordien du Nord du Zaghouan m'a fourni un petit Aspidoceras globuleux, qui n'est pas sans analogie avec Aspid. insulanum Gemm. ('), dont le type provient des calcaires verdâtres à Pelt. transversarium de la Province de Palerme. Les dimensions sont peu différentes (*), sauf l'épaisseur, notablement plus forte. L'un et l'autre ont une région ventrale lisse, largement arrondie, et une rangée de tubercules placés immédiatement au bord de l'ombilic, dont la paroi est verticale.

Je possède, d'autre part, deux ammonites provenant des calcaires rouges (Tithonique inférieur) du ben Saïdan, se rapportant assez bien à Aspid, avelianum Zittel ('), mais ils sont trop endommagés pour que la détermination' soit certaine. Un échantillon de la collection Aubert paraît appartenir à la même espèce ; malheureusement il n'a pas d'étiquette ; comme c'est le même calcaire rouge que dans le cas précédent, il paraît peu douteux que cet échantillon ne provienne du Tithonique inférieur du ben Saïdan ou du Zaghouan.

Aptychus latus Parkinson sp.

PI. II, fig 4, 5 a-6, 6 a-Cy 7.

1811. Trigonellites lala Parkinson : Organic reinains, vol. III, p. 186, PI. XllI, llg. 9

et 12.

1837. Aptychus latus Voltz : Jahrb. V. Leonbardt u. Bronn, p. 436. 1875. là. Favre : Jurassique Voirons, p. 47, PJ. VII, fig. 1-3. (Bibliographie). 1889. Id. KiLUN : Andalousie, p. 677, PI. XXVIl, fig. 2 a-b. 1903. Id, Pervinquière : Et. géol. Tun. ceat., p. 32, 33, 34.

J'ai recueilli dans le. Tithonique un certain nombre d'aptychus dont plusieurs sont courts, larges, épais, arrondis au bord externe, et se rapportent très bien à la figure de Parkinson ; tels sont ceux du Klab et du Rouass (couches n" 5). Un échantillon de la collection Albert, indiqué comme provenant du Mellousi, paraît bien être de même type. Un spécimen du ben Saïdan est déjà plus allongé, tout en restant épais ; il rappelle assez la fig, i de la PI. YIl de Favre (Voirons) et peut encore être rattaché à la même espèce.

(i) Gemmellaro : Faune giurcsi, p. 128, PI. XIV, fig. 4.

(2) Diamètre : 63 (i) — Hauteur du tour : 21 (o./ig) — Épaisseur: 3o (?) (0,70) — Ombilic : i3 (o,3o).

(3) Zittel : Aelt. ïithonb., p. 206. PI. XXXI, fiff. 2-3.

Par contre, les calcaires verts du Dj. Klab (couche n* 4) renferment des aptychus difTérant notablement du type de VApt. latus ; je croîs devoir les distinguer, au moins à titre de variété, sous le nom de Thuburbensis (PI. II, flg. 4. 5 a-b) (').

Ces aptychus diffèrent du type par une épaisseur beaucoup plus faible, par une moindre largeur, par un angle au sommet plus grand (ïiS**), par un bord antérieur plus prolongé et plus droit ; l'extrémité antéro-exlerne, au lieu d*être largement arrondie, est étroite, presque anguleuse ; de même, le bord externe et le bord interne se raccordent en arrière sous un angle plus aigu ; la carène parallèle au bord externe est moins saillante. Par certains de leurs caractères, ces aptychus rappellent Apt. obliquus Quenstedt. Cela est particulièrement vrai pour un petit spécimen (PL II, fig. 7) dont le bord antérieur est très développé. Tous ces aptychus sont peu bombés, tandis qu'un autre est fortement renflé (PI. II, fig. 6 a-c) et plus épais ; à part cela, ses caractères sont presque les mêmes que dans les autres spécimens; aussi ne l'en ai-je pas séparé.

On sait que les aptychus ponctués sont considérés comme appartenant à des Aspidoceras. Or, je n'ai trouvé dans les couches à aptychus du Klab aucune ammonite à laquelle je puisse attribuer ces pièces, lesquelles pourraient correspondre à un Aspid, Fagesi à tours un peu plus renflés que le type.

Genre WAAGENIA Nelmayr Waagenia AubertI Pervinquière 1907

PI. II, fig. 8 a-b.

1903. Waagenia indét. Pervinquière : Et. géol. Ton. cent., p. 35.

Diamôtre du dernier leur 41 (1)

- Hauteur du dernier tour 15 (0,37)

— de l'avant-deroier tour 6 (0,15)

Épaisseur du dernier tour 15 (?) (0,37)

— de l'avant-dernier tour 6 (0,15)

Largeur de l'ombilic 19 (0,46)

Coquille discoïdale, à large ombilic ; tours à section carrée, à croissance rapide, simplement contigus. Côtes d'abord nombreuses et serrées, saillantes, presque toutes simples, à peine relevées au .pourtour et interrompues sur la ligne siphonale. qui est marquée par une profonde rainure ; quelques rares cotes bifurquées vers le milieu des flancs. L'ornementation se renforce brusquement sur la deuxième moitié du dernier tour. Les côtes ne se multiplient plus et, par suite, s'écartent ; elles devîen-

(i) D'après le nom de l'antique cité de Thuburbo majus, dont les ruines s'étalent au pied du Dj. Klab, auquel le» Romains avaient emprunté leurs matériaux de construction.

nent beaucoup plus larges et plus saillantes, en même temps qu'elles acquièrent un fort tubercule à chaque extrémité. A ce stade, pas plus qu'au précédent, il n'y a de files de granules au bord du sillon ventral. Cloisons inconnues.

Rapports et différences. -— Par sa forme, son ornementation, son sillon ventral, cette ammonite se range certainement dans le genre Waagenia ; elle est d'ailleurs facile à distinguer des autres espèces du genre. Waag, hybonota Oppel a des côtes moins fortes; les tubercules sont beaucoup plus allongés, épineux, tandis que deux rangées de petits tubercules encadrent la dépression ventrale. Ce même caractère s'observe dans Waag, Beckeri Neumayr, qui conserve des côtes plus fines et plus nombreuses, divisées de façon assez spéciale. Waag, Verestokum Herbigii a des cotes falciformes et des tubercules ombilicaux seulement ; la confusion n'est donc pas possible. Une seule ammonite, à ma connaissance, présente une réelle ressemblance avec notre nouvelle espèce: c'est Amm, septenarius Quenstedt (^), qui possède également des côtes fines, droites, serrées, rarement bifurquées, faisant place brusquement à de grosses côtes espacées. Toutefois un examen attentif permet de constater deux différences importantes : tout d'abord, il n'y a pas de sillon ventral et, ensuite, les fortes côtes n'ont de tubercules qu'au pourtour et non pas à l'ombilic, où elles font à peine saillie. Ces deux caractères permettront de faire aisément la distinction, mais le rapprochement est intéressant.

Gisement. — Un seul exemplaire (coll. Aubert) du bou Kournin.

La gangue est un calcaire rouge foncé un peu tacheté de vert, identique à celui de mes ammonites (Ju Tithonique inférieur du ben Saïdan; nul doute que cette ammonite ne soit du même niveau.

Genre HOPLITES Neumayr

Hoplites (Berriasella) Privasensis Pigtet

1867. Amm. PHm^emis Pictet : Mélanges pal. Berrias, p. 84, 244, PI. XVIII, fig. 1-2.

1889. Hoplites Primsensis Kilian : Andalousie, p. 660, PI. XXX, fig. 3 a-b.

1890. Id. ToucAS : Tithonique Ardèche, p. 599, PI. XVII, fig. 1-2. 1892. Id, Aubert : Expllc. carie géol. Tun., p. 3, 4.

1903. Id, Pervinquiëre : Et. géoL Tun. cent., p. 35.

Je n'ai trouvé dans la collection Aubert qu*un fragment de tour se rapportant à cette espèce, mais Tassimilation est peu douteuse, car on retrouve les principaux caractères : coquille très comprimée, section rectangulaire, large ombilic, côtes nom-

(i) Quenstedt : Jura, p. 6i4, PI. LXXVI, Vig. a. — Amm. schw. Jura, p. 98.3, PI. CIX, fig. 5.

breuses, presque droites, se bifurquant régulièrement un peu au delà du milieu des flancs.

AuBERT cite cette espèce du Dj. bou Kournin et du Dj. Oust; c'est de cette dernière localité que provient l'échantillon que j'ai en main. Pomel a mentionné cette ammonite à Lamoricière (Province d'Oran) ; elle n*est pas rare dans le Midi de la France.

Hoplites (Berriasella) Calllsto d'OrbignV

1847. Amm, Calisto d'Orbigny : Pal. fr. Ter. Jurass., p. 531, PI. CCXUI, fig. 1-2.

1889. Hoplites Calisio Kilian : Andalousie, p. 661, PI. XXXI. fig. 3 a-b,

1890. /d. Toucas : Tithonique Ardèche, p. 600, PI. XVII, fig. 3-9. 1893. Id. Retowsky : Tithon. von Theodosia, p. 55, PI. III, ùg, 1-4. 1903. Id. Pbrvinquiêrb : Et. géol. Tun. cent., p. 33.

Cette espèce se présente sous deux variétés. Au Dj. Klab et au Dj. Rouass, j'ai trouvé, dans des marnes blanches ou rougeâtres, deux spécimens à côtes fines et arquées, bifurquées un peu au delà de la moitié des flancs. Les côtes sont aussi fines que dans HopL Carpathicus Zittel ou dans liopl. Delphinensis Kilian, mais elles sont fortement onduleuses et ne sont pas interrompues par une bande spirale vers le tiers supérieur des flancs.

D'autres fragments provenant du Dj. Oust présentent des côtes moins nombreuses, beaucoup plus élargies et aplaties ; ils rappellent assez la variété Berihei Toucas, mais cette détermination n'a rien de certain ; il se pourrait qu'on eût afl'aire aux jeunes d'une espèce indéterminée.

Hoplites Callisio est Tune des espèces les plus caractéristiques du Tithonique supérieur et se retrouve tout autour de la Méditerranée.

Hoplites (Berriasella) Carpathicus Zittel var. gracllls Pervinquière

PI. II, lig. i3.

1868. Amm. Carpathicus Zittel : Stramberg, p. 107, Pi. XVIII, fig. 4-5. 1889. Hoplites Cai^pathicus Kilian : Andalousie, p. 660, PI. XXX, fig. 1 a-b.

Diamètre 50 (1)

Hauteur du dernier tour 19 (0,38)

Épaisseur du dernier tour 12 (0,24)

Largeur de rombiiic 20 (0,40)

Nos échantillons se rapportent, non pas tant au type de Stramberg, qu'à la variété d'Andalousie, dont ils exagèrent encore les caractères ; aussi nous a-t-il paru utile de faire figurer l'un d'eux ; nous désignerons cette variété sous le nom de gracilis. Dans celle-ci, les tours sont plus élevés et plus plats, l'ombilic plus large

et moins profond ; les côtes sont droites et inclinées en avant, plus fines et plus nombreuses (55-()o) ; elles se bifurquent très régulièrement au tiers externe des flancs, et la cote primaire se prolonge par la côte secondaire postérieure. Le sillon ventral est- bien marqué.

Gisement. — Un échantillon complet et a-3 fragments provenant du Dj. Oust (Tithonique supérieur). Cette espèce est connue dans les Carpathes, le Nord de ritalie, la Drôme, l'Ardèche. TAndalousie.

Hoplites (Acanthodlscus) Andresel Kilian var. punlca Pervinquière

PI. II, fig. 12 a-b.

1889. Hoplites Andreœi Kilian : Andalousie, p. 670, PI. XXXII, fig. 1 a-b.

Diamètre.. 75 (1)

Hauteur du dernier tour 26 (0,35)

Épaisseur du dernier tour 23 (0,31)

Largeur de l'ombilic 33 (0,44)

Coquille discoïdale à large ombilic. Tours à section un peu plus baute que large (la plus grande largeur au tiers de la bauteur), faiblement embrassants (un quart environ). Flancs peu bombés, ornés d'une trentaine de côtés primaires partant de Fombilic, où elles se surélèvent légèrement. Quelques-unes restent simples, mais la plupart se bifurquent un peu au delà du milieu des flancs ; d'autres se trifurquent. Le point de division est marqué par un tubercule très saillant, à partir duquel les côtes s'infléchissent en avant. 11 y a une cinquantaine de côtes au pourtour. Toutes se terminent par un tubercule de grosseur variable et sont interrompues sur la région ventrale, où règne une bande lisse, peu large. Cloisons un peu usées, montrant une première selle assez large, un premier lobe long, possédant 3 pointes bien marquées, une deuxième selle haute et encore assez large, un deuxième lobe beaucoup plus réduit que le premier et une troisième selle peu développée.

Rapports et dififérences. — Hoplites Andreœi est très voisin de Hoplites Euthymi Picïet, mais s'en distingue par un plus grand nombre de côtes (3o primaires au lieu de i6), par l'irrégularité dans le mode de division des côtes (binaire, ternaire, quaternaire), par l'inégalité et le grand nombre des tubercules marginaux, par l'étroitesse de la bande ventrale lisse.

Notre variété punica diffère du type par un ombilic bien plus large (o,44 au lieu de o,3o), par une section un peu moins épaisse, par une division plus régulière des côtes (presque toujours binaire, jamais quaternaire) et par le nombre un peu moindre de celles-ci, caractères qui la rapprochent de Hoplites Euthymi, C'est donc une forme de passage entre HopL Euthymi et HopL Andreœi, plus voisine cependant de cette dernière espèce.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES Sg

Gisement. — Tithonique supérieur du Dj. Oust. Trois exemplaires, dont un très usé, douteux. Peut-être est-ce cette espèce qui a été citée par Aubert sous le nom d'idmm. Euthymi ; je n'ai trouvé dans sa collection aucun échantillon pouvant être attribué à Tune ou Tautre espèce. Le type provient de Cabra, en Andalousie.

Hoplites (Thurmannia) Boissierl Pictet

1867. Amm, Boissieri Pictet : Mél. pal. Berrias, p. 79, PI. XV. 1892. Id, Aubert : Explic. carte géol. Tun., p. 5.

Un fragment dammonite (coll. Aubert) paraît appartenir à Hoplites Boissieri, mais il est trop incomplet pour que sa détermination soit certaine. C'est cet échantillon du Dj. Mellousi qui a été mentionné par Aubert dans sa Notice. Comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs (^), je n'ai pas retrouvé le Jurassique à l'endroit indiqué sur la carte ; des deux côtés de la piste venant de Ksar Ouerrah et traversant l'ilôt marqué sur cette carte, je n'ai observé que l'Albien et le Cénomanien. J'en avais conclu qu'il y avait eu vraisemblablement une confusion d*étiquette. En réalité, les choses ne sont pas tout à fait ainsi. Il résulte, en effet, d'une communication directe de M. Aubert que ses fossiles proviennent du Khanguet Zebbeg, défilé situé à i4-i5 km. E du Kh. Foufi et à 2-3 km. «W seulement de la Koubba de Si Abd el Kader. L'ilôt jurassique est donc porté trop à l'W sur la carte géologique, et comme il paraît être très petit, cela explique pourquoi je ne l'ai pas coupé.

Hoplites Boissieri est une des espèces les plus caractéristiques du Berriasien, que KiLiAN range, non sans raison, à la base du Crétacé. De fait, dans le cas présent, les couches du Mellousi seraient peut-être mieux placées à la partie inférieure de ce système.

Hoplites indét.

Aubert a cité (') sous le nom d'>lmm. cf. Telloutensis Pomel un fragment d'ammonite qui n'est pas sans analogie avec l'espèce de Pomel ('): de l'ombilic partent de fortes côtes supportant deux tubercules allongés, très rapprochés l'Un de l'autre ; ces côtes s'arrêtent au milieu des flancs, donnant naissance à trois côtes traversant la région ventrale sans interruption, ni atténuation. Ce dernier caractère peut faire douter qu'il s'agisse bien d'un Hoplites. Dans Hoplites Telloutensis, les côtes sont interrompues ; il y a des côtes inlercalaires en plus des côtes résultant de tripartition ; enfin les tours sont bien plus épais (45) que hauts (37), tandis

|i) Pervinquière : Dccomcrte de fossiles dans le calcaire du Dj. Ressas, B. S. G. P. (^), vol. VI, 1906, p. 48i.

(2) AuBEiiT : Explic. carie géoj. Tun., p. 5.

(3) Pomel : Néocomien Lamoricière, p. 72, IH. \, fip. 3-6.

4o ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

que c'est l'inverse (hauteur : 49 ; épaisseur sur les tubercules : 43 ; entre les tubercules: 38) dans le fragment considéré. Il est donc probable que ce dernier n'appartient pas à HopL Telloutensis^ mais il en est plus proche que de toute autre espèce figurée.

Ce fragment provient du Dj. Mellousi, avec Hopl. BoissierL

Genre HOLGOSTEPHANUS Neumayr et Uhlig Holcostephanus cf. Cautleyl Oppel

PI. II, ûg. II ad.

1863. Amm.CauOeyi Oppel: Ueher ostindische Fossilreste. Pal. Mitt., p. 279, PI. LXXVIII,

Hg. 1 Orb.

1903. Holc. (Spitieeras) Cautleyi V. Uhlig : Spiti shales, p. 104, PI. XII, fig. 1 a-c.

Trois fragments d'ammonites de la coll. Aubert, indiqués comme provenant du Dj. Mellousi (Berriasien), se rapportent assez bien à l'espèce de l'Himalaya: tours notablement plus hauts (37 mm.) qu'épais (29 mm.), à section subtriangulaire; ombilic à paroi inclinée ; flancs presque plats, ornés de tubercules arrondis peu éloignés du bord de l'ombilic; côtes nombreuses (en moyenne 5 par tubercule), obliques en avant et un peu plus infléchies près du pourtour, à peine atténuées sur la région ventrale où elles dessinent des chevrons très nets ; fortes constrictions un peu plus obliques en avant que les côtes. Deux des fragments en question appartiennent à deux tours successifs ; je crois utile de les figurer, quelque incomplets qu'ils soient. Le troisième fragment, beaucoup plus grand (hauteur du tour: 65 mm.), mais très usé, parait se rapporter à la même espèce.

Ces fragments (surtout le plus grand) rappellent un peu Holc. fraternus Steuer du Tithonique de la République Argentine, mais les tours sont plus hauts. VAmm. Smielensis Pomel de Lamoricière a un peu la même forme à l'état adulte, mais les jeunes diffèrent considérablement ; d'autre part, les côtes, fortement interrompues dans cette dernière ammonite, en font probablement un Hoplites.

Holc. Negreli Matheron a des tours bien plus bas, presque arrondis, des côtes presque droites et traversant la région ventrale sans former de chevrons. Ceux-ci s*observent bien dans Holc. promis Oppel, mais cette espèce a encore des tours moins élevés dans Tadulte, moins triangulaires ; les tubercules sont fortement pinces et les côtes sont interrompues dans le jeune %e. Bref, c'est de Holc. Cautleyi que notre ammonite parait se rapprocher le plus.

Cette dernière espèce a été citée plusieurs fois en Europe, mais il n*cst pas sûr que ces citations soient bien exactes, ainsi qu'UnLiG l'a déjà fait observer.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 4l

Holcostephanus cf. ceisus Oppel

PI. II, fig. 9 a-b, 10 a-h

1865. Àmm, celsm Oppel : Die Tithonische Etage, p. 553.

1868. Amm. Groteanus Zittel (non Oppel) ; Stramberg, p. 90, PI. XVI, fig. 1-4.

1903. Hokostephanus et. 8(r/>/*anoidc5 Pervinquière : El. j;coI. Tun. cent., p. 32,34.

Diamètre 13,2 (1) 21 (1)

Largeur de l'ombilic 6,2 (0,46) 8,5 (0,41)

UiiLiG a montré que rammonile de Stramberg, désignée par Zittel sous le nom d'Amm, Groteanus, différait du type indien et devait reprendre le nom d'Amm, ceisus Oppel. Je rapproche de cette espèce (mais sans les y assimiler) deux ammonites dont les mesures sont données ci-tlessus. On voit qu'elles ont des tours plus bas et un ombilic plus large que VAmm. ceisus Oppel et que VAmm. stephanoides Oppel, auquel j'avais jadis comparé Tune d'elles. L'identification avec cette dernière espèce est rendue impossible par la présence constante de a à 3 conslrictions sur chaque tour ; les côtes sont d'ailleurs beaucoup plus nombreuses dans nos ammonites. L'ornementation de celles-ci est assez différente, au premier abord, de celle d*Amm, ceisus^ car il n'y a point de tubercules. Les côtes commencent déjà dans l'ombilic et sont légèrement obliques en avant; au pourtour, quelques-unes se bifurquent, d'autres restent simples ; toutes ont la même force sur la région ventrale, qu'elles traversent presque en ligne droite, sans interruption. Les constrictions, dirigées obliquement en avant sur les flancs, sont droites ou faiblement arquées en avant sur la région ventrale, comme les côtes. Ces côtes simples s'observent bien dans les jeunes A mm, pronus Oppel, mais alors toutes les côtes sont interrompues dans le plan de symétrie ; d'ailleurs, côtes et sillons dessinent de forts chevrons sur la région ventrale, laquelle est bien plus rétrécie que dans le cas présent. Cette large région ventrale se retrouve, au contraire, dans A mm. ceisus, où les côtes ne forment pas de chevrons et paraissent simples dans le jeune âge, autant qu'on peut en juger par les figures de ZrrrEL. Celles-ci montrent que Tombilic est plus large et moins profond dans le jeune âge que dans Tâge adulte ; du reste, le plus grand de mes échantillons a un ombilic relativement plus profond que l'autre. Ces deux spécimens sont encore immatures et je ne puis dire s'ils n'auraient pas acquis plus tard des tubercules ; aussi dois-je me borner à un simple rapprochement.

Gisements. — Un échantillon pyriteux (n** 1 des mesures) du Dj. Klab et un échantillon en calcaire rouge (n" II) du Dj. ben Saïdan ; l'un et l'autre du Tithonique inférieur.

BÉLEMNOÏDES

Genre BELEMNITES

Les bélemnites ne sont pas rares dans le Jurassique du Nord de la Tunisie, mais aucune de celles que j'ai pu obtenir n'était déterminable spécifiquement. Dans le Lias du bou Kournîn, du Zaghouan, du ben Saïdan, du Klab, on voit, le plus souvent en section, de grosses bélemnites paraissant appartenir au sous-genre Pachyteuthys. D'autre part, j'ai trouvé dans l'Oxfordien du Klab quelques fragments de Belemnopsis.

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