‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 10 sur 111 · DÉCUSS\TION DES. CORDONS DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

DÉCUSS\TION DES. CORDONS DE LA MOELLE

peler qu'une partie des racines postérieures, après avoir pénétré le cordon blanc, se terminent après un court trajet ascendant ou descendant dans les cellules de la substance grise ; si l'on songe, en outre, que les prolongements encéphaliques de ces cellules passent en partie dans l'autre moitié de la moelle (Schrôder van der Kolk), si enfin l'on n'oublie pas le faisceau direct qui continue les racines postérieures jusqu'à l'encéphale, on verra que l'on peut encore ici appuyer sur l'anatomie, et comprendre par elle les résultats physiologiques.

Ce serait laisser une lacune dans cet exposé que de ne pas signaler l'hyperesthésie qui se montre après la section de l'un des cordons postérieurs, dans la partie du corps corrèspondante. Le fait en lui-même est incontestable; il avait été vu par Fodéra et Schôps, il a été constaté plus tard par Brown-Séquard et bien d'autres. Quant à l'interprétation, je ne la discuterai pas, je dirai seulement que j'accepte entièrement sur ce point l'idée de Schiff. Cette hyperesthésie n'est point un phénomène spécial produit par la solution de continuité des cordons postérieurs, ce n'est pas davantage une preuve que les cordons sesthésodiques venant de l'autre moitié du corps ont été coupés; celte exaltation de la sensibilité est simplement l'expression de l'irritation produite dans la moelle par l'opération elle-même. Schiff a constaté cette même hyperesthésie après la section des cordons antérieurs et latéraux; c'est là, ce me semble, la meilleure démonstration de sa manière de voir.

Influence «lu système spinal postérieur sur les mouvements.

Panizza(l), opérant sur des chèvres, a constaté le premier que la section des racines postérieures a pour effet, non-seulement l'abolition de la sensibilité dans le membre correspondant, mais aussi des troubles tout particuliers du côté de la motilité. Une fois remis de l'opération, l'animal peut bien exécuter des mouvements de locomotion, mais quoique la force motrice soit demeurée intacte, les mouvements sont incertains, inhabiles et mal dirigés. Il suffit de songer à la conductibilité centripète et uniquement centripète des racines postérieures, pour se convaincre qu'il n'y a pas là une action directe exercée par ces racines sur les mouvements produits ; l'influence est indirecte. L'animal ne sent plus le membre dont les racmes ont été coupées, il n'est plus instruit de l'étendue, de la mesure et de la direction précises des mouvements qu'il exécute, puisque les impressions sensitives de ce membre ne peuvent plus parvenir au sensorium ; dès lors les mouvements, restés normaux quant à leur production volontaire et spontanée, restés normaux aussi quant à leur force, ont perdu leur régularité cl leur précision; ralentis parfois, souvent précipités, ils ne sont plus rigoureusement en rapport avec leur objet ; la détermination intentionnelle existe mais l'acte qui la réalise échappe à tout contrôle ; bref la sensibilité a été détruite complètement et dans tous'''es modes, et l'animal, privé pour un de ses membres du régulateur naturel de ses mouvements, n'exécute plus

(1) Panlzza, mcorche spermcntale sopra f nervi. Pnvia, 1834.

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