‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 9 sur 111 · DÉCUSSATION DES CORDONS DE LA. MOELLE · texte numérisé non relu

DÉCUSSATION DES CORDONS DE LA. MOELLE

l'homme que dans la moelle allongée. Comment se fait-il, d'autre pari, puisque la transmission' du mouvement est directe, qu'une hémiseclion transversale de la moelle n'abolisse pas complètement le mouvement volontaire du côté de la lésion (van Deen, Stilling)? La raison anatomique du fait se trouve dans la présence de la commissure grise antérieure, laquelle, formée par les prolongements latéraux des cellules antérieures, les relie d'un côté à l'autre de l'organe. Si donc l'hémiseclion a été faite à droite, par exemple, on conçoit fort bien que l'impulsion motrice puisse parvenir néanmoins aux racines nerveuses situées au-dessous de la section et du même côté; seulement l'excitation ne les atteindra pas directement, elle n'y arrivera que par Tinlermédiaire de la commissure grise et de la moitié gauche de la substance grise. Schiff ), qui a répété ces expériences et qui a réussi à conserver les animaux (mammifères) plusieurs semaines après l'opération, a confirmé les résultats de ses prédécesseurs, en ce sens qu'il a vu persister la motilité dans tous les membres ; mais il a constaté, en outre, que la démarche n'est pas tout à fait normale et que le corps s'incline ou plutôt s'incurve du côté sain. Il conclut de là que certains groupes de muscles, et en particulier les muscles du tronc, sont réellement paralysés du côté de la section. Nous reviendrons sur ce point en étudiant l'action spéciale du cordon latéral.

En résumé, les faisceaux kinésodiques de la moelle ne sont reliés entre eux de droite à gauche que par les prolongements des cellules de la couche grise antérieure; il

(t) Scliiff, loc. cit., 18^8,

n'y a donc pas d'enlrecroisemenl proprement dit, et ia transmission de l'impulsion motrice est directe.

Il n'en est pas de même pour les voies œslliésodiques. Il y a longtemps déjà, Budge et Eigenbrodt (1) ont conclu de leurs expériences que la marche des impressions sensitives dans la moelle est croisée; plus récemment, Brown-Séquard s'est particulièrement attaché à mettre en lumière cette décussation, dont il a poursuivi l'étude avec un zèle infatigable; pour lui l'entrecroisement est complet, il se fait dans toute la longueur de la moelle, opinion qui est aussi celle de van Kempen (2). Mais si la plupart des physiologistes admettent aujourd'hui cette décussation, Brown-Séquard et van Kempen sont les seuls, je crois, qui la regardent comme totale ou à peu près totale ; déjà Budge et Eigenbrodt n'avaient annoncé qu'une décussation partielle, et après les travaux confirmatifs d'Oré et de Bezold , après l'élude impartiale des faits et des expériences, c'est à cette conclusion qu'on est forcément conduit (3). Si d'ailleurs on veut bien se rap-

(1) Budge, Untersuchungen uber das Nervensyslem. Frankfurt, 1841. Eigenbrodt, Leiiungsgezelze im Rue kenmarke. Oiessen, 1848.

(2) Brown-Séquard , loc. cit.

Van Kempen, Expériences physiologiques sur la t7-ansmission do la sensibilité et du mouvement dans la moelle épinière {Bullet. de l'Acad. roy. de mcd. de Belgique, 1859).

(3) Von Bezold , Ueber die gekreuste Wirkungen des McUemnarlcs {Zeilsch. fur wissenschaflliche Zoologie, 1858).

Gré, liecherches expérimentales sur l'influence que la moelle et le bulbe rachidien exercent sur la sensibililé et la motililé (Comptes rend, do l'Acad. des se, 1854).

Telle est aussi Topinion de Volkmann et de Longel. — Van Kempen professe une opinion mixle, par laquelle il se rapproche de KoUiker. Suivant lui, chez les mammifères, la transmission est directe dans la région lombo-dorsale, mais cjle serait croisée dans 1^ région cervicale.

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