‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 23 sur 111 · ACTION SUR LA VESSIE · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA VESSIE

eflet, on constate à la suite des lésions traumatiques ou spontanées de la moelle, d'abord une paralysie du corps de l'organe, laquelle se traduit par une rétention complète d'urine ; puis, au bout d'un temps variable, selon les conditions particulières du malade, apparaît une incontinence qui ne provient pas toujours, comme on l'a dit, d'une excrétion par regorgement, mais qui résulte dans bon nombre de cas d'une paralysie secondaire du col même de la vessie, dont le sphincter a perdu toute activité fonctionnelle.

Gomme d'un autre côté, l'étude de la miction physiologique enseigne que ce sphincter est le seul des muscles vésicaux sur lequel la volonté ait quelque influence, il fallait admettre, en se basant ici sur l'observation pathologique, que le corps de l'organe est innervé par le sympathique, tandis que le col l'est, au moins en partie, par les nerfs cérébro-spinaux proprement dits; on comprenait ainsi que la paralysie pût atteindre isolément l'un ou l'autre de ces systèmes. Mais lorsqu'il fut bien établi que le sympathique ne jouit d'aucune indépendance fonctionnelle, et que dans les mouvements auxquels il préside, il n'est que l'agent de transmission de l'innervation spinale, il devint beaucoup plus difficile de concevoir l'abolition isolée de ces mouvements antagonistes ; l'innervation motrice du corps et du col de la vessie venant également de la moelle, et qui plus est, du même segment de la moelle , on devait prévoir un résultat tout différent, on devait s'attendre à rencontrer constamment la paralysie simultanée de tous les muscles vésicaux, et la rétention qui précède si souvent l'incontinence excitait un légitime ètonnement. Pour sortir d'em-

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barras, on invo(]uait une contraction spasmodique du sphincter, qui existe réellement dans quelques cas, et on voyait dans la rétention l'ellet de cette contraction, et non plus le résultat de la paralysie du corps de l'organe ; or, cette explication, il faut en convenir, n'était guère plus satisfaisante, car il était difficile d'admettre, et surtout de démontrer que certaines parties motrices sont le siège d'une excitabilité anomale, tandis que les éléments homologues qui prennent naissance au même niveau, dans le même point hmité de la moelle, conservent leurs fonctions intactes. Le problème- était retourné, il n'était point résolu, et cette contracture isolée ne se prêtait pas plus à une interprétation rigoureuse que la paralysie isolée de tout à l'heure.

Mais toute difficulté disparaît si l'on découvre dans la moelle deux voies distinctes pour les fibres motrices de l'organe, car, dès lors, il est tout simple que les deux agents de transmission ne soient pas toujours simultanément frappés; il est tout simple aussi que la lésion primitive intéresse secondairement des éléments nerveux, qu'elle n'a pas touchés d'abord. Or, les nouvelles recherches anatomo-physiologiques queBudge(l) a fait connaître cette année même, me paraissent complètement autoriser l'application pathologique que je viens de formuler. Le savant professeur de Greifswald a démontré, en effet, qu'il

(1) Budge, Uebcr den Einfluss des Nervensystems auf die Bewegung der Harnblase (Henle's und Pfeufer's Zeilschr., XXI; 1863). — Action du bulbe rachidien, de la moelle épinière cl du grand sympathique sur les mouvements de la vessie {Compt. rend. Acad. se, 1S63- IS6Û).

Comparez :

Giaiinuzzi, Recherches physiulooiques sur les nerfs moteurs de la vessie {.lourn. de physiologie, 18(53),

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