ACTION SUR LES ORGANES GÉNITAUX
que ; mais aujourd'hui que nous sommes mieux renseignés sur les véritables origines du sympathique, celle influence ne peut être contestée, nous savons même qu'elle s'exerce au moyen des nerfs dits vaso-moteurs, par l'intermédiaire desquels la moelle épinière tient sous sa dépendance la circulation capillaire des organes sécréteurs. Les anciennes expériences qui avaient porté Brachet et Ségalas (1) à nier l'influence de la moelle sur la sécrétion spermatique, n'ont point la valeur absolue que ces observateurs leur ont attribuée , car ils se sont bornés à pratiquer la section de la moelle, alors qu'il fallait, selon la juste remarque de Longet, détruire la totalité du segment lombaire. Notons enfin, pour ne rien omettre, que le phénomène de l'érection rapporté par Serres (2) et d'autres physiologistes à l'influence du cervelet, est bien positivement sous la dépendance de la moelle, et surtout de la moelle cervicale; à défaut de l'expérimentation physiologique, les observations palhologiques d'Oliivier, de Lawrence, de Réveillon (3), suffisent pour le prouver. Chez un individu atteint de fracture des vertèbres dans la région inférieure de la colonne cervicale, j'ai observé moi-même, pendant les deux premiers jours, une turgescence notable et continue du pénis. Ici encore r^ion est transmise par les nerfs vaso-moteurs, dont je dois maintenant examiner les rapports avecla moelle; c'est
(1) Brachet, Fondions du syslèmo nerveux ganglionnaire, Paris, 1837. Ségalas, lac. cit.
(2) Serres, Analomie comparée du cerveau. Paris, 1827.
(3) OUivier, Traité des maladies de la moelle épinière. Parij, 1837. Lawrence, in Œuvres chirurgicales d'Aslley Cooper, traduction de
Chassaignac et Richelot. Paris, 1853.
liévcillon, in Archives générales de médecine. 1827,
JACCoui), 43
I9!l riIYSIOLOGIE DE LA MOELLE.
là le complément nécessaire de celte étude physiologique.
Action de la moelle sur les circulations locales, la calorification et la nutrition. -— I^erfs vaso-moteurs.
Lorsque les travaux de Valentin, Budge et Schiff (1) eurent fait justice de la prétendue autonomie du sympathique dans la sphère des phénomènes de raotihté, on continua cependant, afin de légitimer par une fonction spéciale l'indépendance qu'on attribuait à ce nerf, à placer dans le système ganglionnaire l'origine des nerfs vasculaires, dont la découverte, préparée par les travaux de Magendie, Landmann, Wedemeyer, Treviranus, Brachet etMayer (de Bonn), avait été définitivement réalisée en 18/iO par Henle et Stilling (2) ; c'est ce dernier analomiste, comme on le sait, qui a proposé pour ces nerfs le nom de vaso-moteur s >
Par une déduction légitime de cette donnée anatomi-
(1) Valentin, De funciionibus ne^'vorim cerehralium et nervi sympalhici, Berne, 1839.
Budg-e, Sympalhischer Nerv, in Wagner's Handivorlerhuch der PhysiO' logie. Braunschweig, 1846.
Schiff, Unlersuchungen zur Physiologie des Ncrvensy stems. Frankfurt,
(2) Magendie, Recherches sur le nerf trijumeau {Journ. de physiol. expérim., 1824).
Landmann, Commentatio anatomica eœhibens morbum cerebri et oculi singularem. Lifrice, 1820.
Treviranus, Biologie oder Philosophie der lebenden Naiur. Gottingen, 1802-18212.
Wedemeyer, Unlersuchungen Uber den Kreislauf des Blutes. Hannover,
Brachet, Fondions du système nerveucc ganglionnaire, Paris, 1837. Mayer (au? Bonn), Neve Unlersuchungen iihef die Folgen und insbe-