ANTAGONISME DES NERFS VASO-MOTEURS
que, seule, elle rend comple desfails physiologiques que je rappelais il y a un instant, entre autres des expériences de Schiff, de Czermak et de Bernard, parce que, seule aussi, elle peut donner raison des troubles nutritifs variables que l'on observe dans les membres paralysés.
La contraction et la dilatation vasculaires peuvent être produites soit par une excitation directe, auquel cas elles se manifestent dans les points mêmes sur lesquels a porté le stimulus, soit par le mécanisme de l'acte réflexe, et ■alors elles ont lieu à une distance plus ou moins grande du point excité; Tare excito-moteur est formé dans ce cas par un nerf sensitif ou centripète, par la moelle ou par un groupe de cellules ganglionnaires et par les rameaux vaso-moteurs.
Quant à la nature et à la modalité de l'influence exercée par les vaso-moteurs sur la nutrition proprement dite, c'est là un des problèmes les plus obscurs de la physiologie. Après des travaux innombrables, entre lesquels ceux de Schiff, de Snellen et de Bûttner (1) tiennent la première place, nous sommes ramenés à la
(1) Schiff, Neucsle Versuche ilber dm Einfluss der Nerven auf dio Gefiisse und die tliierhche Wcirme {Millheil. der Berner Nalurforscher Gesellschafl, 1856). — Lehrbuch der Physiologie. Lahr, 1858.
Hauser, Sur l'influence du système nerveux sur la nutrilion (thèse de Paris, 1858 ; contient l'exposé des travaux de Schiff).
Snellen, De invloed der zenurven op de Onlsleking. Utrecht, 1857.
Btiitner, Ueber die nach der Durschschneidung des Trigemintis auftrC' lenden Ernûhruvgssturungen imAugeund andereu Organen (llenle's und Pfeufer's leilsch., 18G2).
Valeiitin, 2oc. cil.
Comparez :
Schwann , Spring et Glugc , Sur l'influence que le grand sympalhiqua
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formule de Valenlin , dont la vérilc ne peut êlre contestée : l'abolition de l'innervation ne compromet la nutrition que parce qu'elle diminue la capacité de résistance des parties; en d'autres termes, les tissus soustraits à l'innervation vaso-motrice n'ont pas leur nutrition directement atteinte , mais ils acquièrent par là une prédisposition anormale à s'altérer sous l'influence des moindres causes occasionnelles. C'est pour cela qu'il est extrêmement rare de voir survenir chez les paraplégiques des lésions de nutrition (eschares, etc.) dans les régions qui ne sont soumises à aucune pression, à aucun frotte-ment, à aucune influence enfin, qui puisse mettre en jeu la prédisposition morbide des tissus; on sait, au contraire, avec quelle facilité ces désordres se produisent sur les parties qui se trouvent dans des conditions opposées.
Je termine ici cette étude anatomo-pbysiologique de la moelle; les développements dans lesquels je suis entré paraîtront peut-être trop considérables, j'ai la conviction cependant de ne m'être arrêté que sur les questions fondamentales, sur celles qui présentent une application directe à l'observation clinique, et pour dire toute ma
exerce sur les phénomènes de la mUrilion {DuUel. de l'Acad. de Bruxelles, 1856).
• Pour ne pas compliquer inutilement cette étude, j'ai laissé de côté la théorie de Samuel, qui distingue, au point de vue anatomique et au point de vue physiologique, des nerfs vaso-moteurs proprement dits et des nerfs tropbiques. Cette distinction n'est pas encore suirisamment établie.
Samuel, Grundziige zur Lehrc vom irojMschen Ncrvciuystem (Sclimidt's Jahrl.i 1859). — Vie Iraphischcn Nerven. Leipzig, 1860.