‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 4 sur 111 · LOI DE BELL · texte numérisé non relu

LOI DE BELL

les deux systèmes longitudinaux, et ne présente pas de communication directe avec l'encéphale.

Ces notions anatomiques permettent de prévoir deux classes de fonctions. Les couches longitudinales annoncent un organe conducteur, un agent de transmission entre le cerveau et les nerfs excentriques ; le système intermédiaire témoigne de fonctions propres, qui assurent à la moelle l'autonomie d'un centre nerveux indépendant.

Tel est précisément le double rôle physiologique de la moelle, tel est le double point de vue sous lequel elle se présente à notre étude. Voyons d'abord les fonctions qui lui sont dévolues en tant qu'organe conducteur.

Des voic^ de transmission dans la moelle épiniére.

Loi de Bell. — Si l'on pratique chez un mammifère la section transversale complète de la moelle, la sensibilité et le mouvement volontaire sont totalement abolis, dans toutes les parties qui reçoivent leurs nerfs du segment inférieur de la moelle, lequel ne communique plus avec l'encéphale. Cette expérience suffît pour prouver que la moelle est l'agent conducteur unique de l'impulsion motrice volontaire, et des impressions sensitives, et qu'elle est parcourue par deux courants opposés : l'un, qui porte aux muscles les ordres de la volonté, doit nécessairement marcher de haut en bas, c'est le courant centrifuge; l'autre , qui transmet au sensorium cérébral les impressions des nerfs périphériques, doit évidemment se diriger de bas en haut, c'est le courant centripète. Rien de plus net, rien de plus satisfaisant que la démonstration de ces faits élémentaires. Mais les difficultés commencent lors-

qu'il s'agit de déterminer quelles sont les voies suivies par ces deux ordres d'excitation, ou, en d'autres termes, quelles sont les parties de la moelle qui sont affectées à la transmission des impulsions motrices , et quelles sont celles qui sont chargées de la propagation des impressions sensitives.

En 18H, Ch. Bell a démontré que les deux espèces de racines nerveuses sont respectivement en rapport avec cette double conductibilité ; il a établi que la section des racines antérieures détruit le mouvement volontaire dans les parties innervées par les nerfs coupés, sans les priver toutefois de leur sensibilité, tandis que la section des racines postérieures abolit la sensibilité, sans faire disparaître le mouvement. Appuyé sur l'expérimentation directe, le physiologiste anglais réalisait l'une des plus remarquables découvertes de la science contemporaine, et réduisait à sa juste valeur l'assertion entièrement hypothétique de Walker, qui, deux ans auparavant, avait affirmé que les racines antérieures sont affectées à la sensibihté, etqueles postérieures sont spécialement consacrées au mouvement (1). Ainsi fut étabhe cette loi de Bell qui a été le point de départ et la base de tous les travaux, de tous les progrès ultérieurs; cette loi est des plus simples: les fibres nerveuses motrices sont contenues exclusivement dans les racines antérieures, les fibres nerveuses sensibles sont renfermées exclusivement dans

(1) Ch. Bell, An hleaof a new Analomy of Ihe Draina London, 1811. — Physiologische und palhologische Unlersuchungen des Nervensyslems. A us dem Englischen von Romberg. Berlin, 1832.

Walker, Archives uf Universal science, 111, 1809. — Documents and Dates of modem Discoveries in Ih-enervous System. London, 1839,

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