‹ Etudes de pathogenie et de semiotiqueChapitre 76 sur 111 · MOUVEMENTS RÉFLEXES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RÉFLEXES

Suit-il de là que le médecin doive exclure l'idée d'une paraplégie organique toutes les fois qu'il trouvera la réaction rcHcxe diminuée ou nulle? Non, sans doute. Il suffit de songer aux trois actes successifs qui composent l'opération réflexe, pour être fixé sur ce point : transport de l'impression périphérique aux cellules motrices, excitation de ces cellules, réaction motrice centrifuge, voilà la série des phénomènes; conséquemment, les mouvements réflexes peuvent manquer, bien que la paraplégie soitsousla dépendance d'une lésion matérielle, danstrois circonstances différentes, savoir: si les nerfs centripètes sont altérés, si l'excitabilité de la substance grise est diminuée ou éteinte , si les nerfs centrifuges ne conduisent plus l'excitation. C'est là une autre expression de cette loi physiologique sur laquelle je me suis longuement arrêté dans la première partie de ce travail; un mouvement réflexe, quelque limité qu'il soit, démontre l'intégrité d'un faisceau radical postérieur, d'une rondelle de substance grise, et d'un faisceau radical antérieur. En résumé, la diminution ou l'abolition des mouvements réflexes est un signe clinique de peu de valeur à notre point de vue, parce qu'il est commun à certaines paraplégies organiques et aux paraplégies indépendantes d'une lésion spinale ; un seul cas doit être excepté, dans lequel l'anéantissement de la molilité réflexe devient un signe pathognomonique d'une altération profonde de la moelle.

Lorsque chez un paraplégique les mouvements réflexes ont été manifestement exagérés pendant un certain temps, et qu'ils diminuent ensuite pour disparaître définitivement, on peut aflîrmer qu'il s'est produit une désorganisalion profonde dans le segment lombo-dorsal de la moelle

llSô bÉMIOTJQUE DES l'AHAPLÉGIES.

OU dans les nerfs périphériques; la première période, ou période d'exagération, répond au temps pendant lequel la lésion première a soustrait le segment lombaire à l'influence du cerveau, alors l'action propre de ce segment se manifestait dans toute la puissance qu'elle tirait de son isolément; puis le travail pathologique a fait des progrés, il a intéressé la portion de moelle située au-dessous de l'altération primitive, alors ce n'est plus l'influence cérébrale seule quia fait défaut, c'est aussi l'influence spinale, et les mouvements réflexes, graduellement affaiblis, sont devenus impossibles. Dans ce cas qui se présente fréquemment à l'observation, l'extinction de ces mouvements n'est donc pas seulement le signe d'une lésion matérielle de la moelle, c'est le signe d'une lésion qui a interrompu d'abord les voies de transmission dans le système spinal antérieur, et qui ensuite a altéré dans ses couches blanches, dans ses couches grises ou dans ses racines, le segment inférieur du cordon rachidien.

Chez un homme que j'ai vu, en 1858, dans le service de mon savant maître le professeur Malgaigne, la succession de ces phénomènes a été on ne peut plus nette, et c'est même cette observation qui m'a définitivement éclairé sur la valeur de ces signes. Cet individu, robuste et dans la force de l'âge, était devenu subitement paraplégique après être tombé d'un échafaudage peu élevé : la paralysie remontait jusque au-dessus de l'ombilic; la sensibilité était aussi complètement abolie que la motilité volontaire; la moindre excitation des membres infél'ieurs, et surtout de la plante des pieds, déterminait des mouvements réflexes énergiques avec irradiation fréquente dans le membre du côté opposé. En raison des

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