ATAXIE INCOMPLÈTE. G
membres ont élé examinés, et dcréLat de la sensibilité cutanée.
Enfin, on observe souvent, mais non toujours, un autre pbénomène remarquable, qui est, lui aussi, la conséquence directe de l'abolition du sens musculaire. La sensation spéciale de fatigue, que produit la contraction prolongée d'un même groupe de muscles, n'existe plus, et les malades peuvent maintenir leurs membres dans l'extension droite, par exemple, plus longtemps que les individus bien portants; le sentiment de la tension des muscles d'où naît à l'état normal le malaise caractéristique, a disparu avec les autres modes du sens musculaire.
L'état morbide que je viens de décrire a été signalé par Bell, Nasse, Gerdy, Weber, Romberg et Landry sous le nom de paralysie du sens musculaire. Cet état constituant réellement au point de vue sémiotique une forme d'ataxie, il m'a paru plus opportun, et surtout plus logique de lui donner une place dans la classe des ataxies du mouvement.
Ataxie par défaut de coordination automatique. — En pathogénie, cette forme ne diffère de l'alaxie complète que par la conservation de la coordination volontaire, c'est-à-dire du sens musculaire; en clinique, elle se distingue par les résultats négatifs de l'épreuve des yeux, et par l'adaptation régulière des mouvements au but voulu. Cette forme très-rare n'a été vue jusqu'ici que chez les hystériques, et elle paraît tenir à l'exagération de l'excitabilité réflexe de la moelle, bien plutôt qu'à la perturbation des irradiations spinales. Ce qui le prouve, c'est que les mouvements sont normaux lorsqu'ils sont exécutés dans la slation couchée ou assise; ils ne deviennent ataxi-
SÉMIOTIQUE DE l'atAXIE DU MOUVEMENT.
ques que dans la station debout et pendant la marche; on voit alors des contractions involontaires troubler l'équilibre, ou interrompre l'harmonie de l'acte fonctionnel, toutes les fois que la plante du pied pose sur le sol, c'està-dire lorsque les impressions centripètes résultant du contact mellent en jeu l'hyperkinésie morbide de la moelle.
L'ataxie s'accusant par des phénomènes aussi nettement caractéristiques, il n'est, à vrai dire, qu'un très-petit nombre d'étals morbides qui exigent un diagnostic différentiel; je signalerai la paraplégie, l'anesthésie plantaire, la titubation cérébelleuse et les spasmes coordonnés de Romberg.
Paraplégie. — La paraplégie incomplète peut seule prêtera la confusion; mais l'erreur est facilement évitée, car dans aucun cas la démarche du malade ne ressemble à celle de l'ataxique. Bien loin de lancer follement ses jambes, le paraplégique traîne ses pieds à terre, ou bien si la paralysie est tellement incomplète qu'il puisse encore les soulever, le mouvement de progression s'accompht dans un plan vertical antéro-poslérieur, parallèle à l'axe médian du corps, et les mouvements de la marche qui pourront être hésitants, incertains, en raison de la diminution de l'impulsion motrice, ne sont point troublés dans leur succession et leur harmonie naturelles, en un mot, ils ne sont point désordonnés.
Dans un cas, je l'ai signalé plûs haut, le paraplégique décrit lui aussi un arc de cercle avec ses membres inférieurs; c'est ce qui arrive au début, lorsque le groupe des adducteurs est plus particulièrement atteint. Eh bien!