ASSOCIATION COORDONNÉE DES MOUVEMENTS
ditions, et nous verrons qu’une impulsion volontaire venant atteindre un groupe de cellules, excitera toujours et nécessairement toutes ces cellules à la fois, et que toutes les racines motrices, nées de ce groupe, seront elles-mêmes excitées ensemble; de là la contraction forcément simultanée et totale, non-seulement de tous les faisceaux d’un même muscle, mais aussi de tous les muscles d’un même groupe.
Qu’on veuille bien enfin ne pas oublier que les divers groupes de cellules motrices reliés à l’encéphale parleurs fibres ascendantes, sont en outre unis entre eux par des prolongements qui ne s’étendent pas au delà des territoires cellulaires qu’ils mettent en communication, et l’on comprendra que les mouvements plus complexes qui exigent faction simultanée, non plus seulement de tous les muscles d’un même groupe, mais de plusieurs groupes musculaires, soient exécutés néanmoins sous l’influence d’une seule et unique impulsion volontaire. Celle-ci détermine le mouvement dans son ensemble, sans avoir à commander isolément les divers mouvements partiels, nécessaires à son accomplissement. Du reste, et cette remarque appartient encore à Schrôder van der Kolk, ce mode de transmission d’où résulte pour la moelle une influence primordiale sur l’association des mouvements, pouvait être déduit à priori d’une autre disposition anatomique , qui est la démonstration indirecte des faits précédents. Puisque, en effet, le volume de la moelle à sa partie supérieure est loin d’égaler le volume total des racines des nerfs, il est clair que les fibres propres de l’axe rachidien sont inférieures en nombre aux libres radiculaires, et conséquemment il est impos-
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PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
sible que la volonté atteigne directement toutes les fibres qui se distribuent aux muscles à mouvoir; il faut donc qu’une condition anatomique spéciale permette à l’influence volontaire de se faire sentir indirectement sur la totalité des racines motrices d’un groupe musculaire, par l’intermédiaire d’un nombre beaucoup plus restreint de fibres cérébrales. Cette condition est précisément remplie par les groupes cellulaires, qui transmettent, en la disséminant sur toutes leurs branches, l’excitation unique qu’ils ont reçue. Quant au rôle des prolongements transversaux qui unissent ces groupes d’un côté à l’autre de la moelle (commissure antérieure), il apparaît de lui -même; cette commissure a pour effet d’associer et d’harmoniser les mouvements volontaires dans les. deux moitiés du corps.
Soit donc qu’on interroge l’anatomie de texture, soit qu’on étudie les caractères physiologiques des mouvements composés, on voit surgir les preuves irrécusables de ces deux faits : les divers mouvements partiels qui concourent à l’accomplissement d’un mouvement composé sont naturellement associés en vertu d’un mécanisme préétabli, — ce mécanisme réside dans le système antérieur de la moelle. Mais j’ai démontré d’autre part que le système spinal postérieur exerce une influence toutepuissante, quoique indirecte, sur la coordination motrice, et je suis conduit ainsi à cette proposition fondamentale : la moelle épinière est l'organe de l’association et de la coordination des mouvements .
Il y a vingt ans que Volkmann a formulé cette conclusion ; il n’y a guère moins longtemps qu’elle a été présentée par Schroder van der Kolk et Wagner; elle a été
ASSOCIATION COORDONNÉE DES MOUVEMENTS. 99 depuis lors acceptée par les physiologistes les plus autorisés, et il est regrettable, vraiment, qu’on n’ait pas accordé en France plus d’attention à cès travaux , dont la connaissance eût évité peut-être bien des discussions stériles.