‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 16 sur 123 · ASSOCIATION COORDONNÉE DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

ASSOCIATION COORDONNÉE DES MOUVEMENTS

vérité de mon assertion. En résumé, qu’il s’agisse des mouvements d’élévation, des mouvements de flexion ou d’extension, qu’il s’agisse des mouvements plus composés encore, qui président aux actes de locomotion et de préhension , nous voyons que les muscles chargés de les accomplir sont réunis en groupes, et que l’association des muscles d’un même groupe est tellement intime qu’ils agissent constamment ensemble, sans que la volonté puisse rompre un seul instant cette union fatale, qui fait de tous ces agents, au point de vue de la fonction, un seul et même organe.

Cette impuissance de la volonté, disais-je, est un fait capital; en effet, deux conséquences en résultent qui nous font toucher du doigt la solution du problème : l’union fonctionnelle indissoluble des groupes musculaires doit être préétablie ; de plus, elle doit être assurée et garantie par une condition anatomique quelconque, qui la mette à l’abri de l’influence volontaire. Or, cette condition anatomique ne peut être réalisée que dans la moelle; car c’est elle qui donne naissance aux racines motrices, et lorsqu’on l’a isolée de l’influence encéphalique par une section à sa partie supérieure, ou mieux encore, lorsqu’on a enlevé l’encéphale, elle produit des mouvements qui, parleur régularité et leur harmonie, révèlent clairement la persistance de l’association fonctionnelle des groupes musculaires; bien plus, la similitude est si grande entre ces mouvements et les mouvements volontaires, que la distinction des deux ordres de phénomènes est une des plus grandes difficultés que rencontre le physiologiste dans ses vivisections. Il ne peut donc rester aucun doute sur la vérité de ces proposi-

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tions : l’association des muscles en vue des actes fonctionnels résulte d’une condition anatomique préétablie ; cette condition anatomique est remplie par la moelle.

La question se pose donc en ces termes : Gomment est assurée l’association involontaire des groupes musculaires dans un organe qui conduit les impulsions de la volonté? Les recherches de Schilling , de Wagner, de Bidder et Owsjannikow sur les cellules anastomosées des cornes grises antérieures, celles de Volkmann, de Stilling, de Bratsch et Ranchner (1), sur le volume de la moelle, à sa partie supérieure, comparé à celui des racines nerveuses, permettaient de pressentir la réponse à cette question, qui a été complètement résolue par Schrôder van der Kolk. Quelques mots suffiront , car la disposition anatomique du système spinal antérieur répète, à ce point de vue, celle que nous venons d’étudier dans le système postérieur.

Les grandes cellules des cornes antérieures (cellules motrices de van der Kolk) sont anastomosées et unies, de manière à constituer des groupes séparés; de chacun de ces groupes de cellules naissent les racines motrices de tous les muscles d’un même groupe, c’est-à-dire de tous les muscles qui sont naturellement et constamment associés dans l’exécution d’un mouvement; d’autre part, chacun de ces groupes cellulaires est relié à l’encéphale par un ou plusieurs prolongements, toujours peu nombreux, qui forment par leur réunion les cordons blancs antéro-laléraux. Tenons compte de ces deux con*

(1) Les indications bibllogiaj biques -Je tous ccs travaux ont 6tC dmnéos dans le chapitie précédent .

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