DES MOUVEMENTS REFLEXES
gagnent les cellules antérieures par un trajet ascendant; d’autres même s’inclinent en bas, présentent d’abord une direction descendante, et se relèvent ensuite pour pénétrer dans l’axe gris, et gagner enfin les cornes antérieures. Mais, quel que soit le trajet plus ou moins rectiligne par lequel ces fibres atteignent les cellules motrices, il n’en est pas moins vrai, c’est là le fait important, qu’elles prolongent les racines postérieures jusqu’aux cellules, d’où naissent les racines motrices des nerfs; considérées dans leur ensemble, et abstraction faite des détails secondaires, ces fibres constituent donc réellement un système intermédiaire, qui relie directement le système spinal sensitif au système spinal moteur, sans emprunter la voie détournée de l’encéphale; ces fibres unissantes ont été découvertes à la même époque (1853-1854) par Schrôder van der Kolk et Wagner (1) , qui leur ont donné tous deux le nom significatif de fibres réflexes.
(1) Wagner, Ueber den Bau des Rückenmarks und die heraus resul tirende Grundlage zu einer Théorie der Reflexbewgungen , Milbewegungen und Milempfindungen ( Giittingische gelehrle Anzeigen , 1854).
Schrôder van der Kolk, Anat. phys. Onderzeck over het Ruggemerg. Amsterdam, 1854.
On voit par là que les fibres réflexes sont découvertes et démontrées depuis dix ans, et je m’étonne que Cayrade ait invoqué cette année ce système de fibres, comme un argument nouveau en faveur de l’indépendance des mouvements volontaires et des mouvements réflexes.
Cayrade , Recherches critiques et expérimentales sur les mouvements réflexes. Thèses de Paris, 1864.
Comparez :
Marshall-Hall, On the reflex action of tlie Medulla oblongala and Medulla spinalis. — On the spinal Marrow and the excilo-motory System of nerves. London, 1837. — Lectures on the Nervous System and its Discases. London^ 1838. — New Memoir on the Nervous System. London, 1843. — On the functions of the Spinal Columna (The Lancet , 1844). — Ueber rétrograde Reflexthdtigkeit im Froschc (Müller’s Archiv , 1847). — Aperçu du système spinal ou de la série des actions réflexes. Paris, 1855.
PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
Les rapports des fibres réflexes avec les autres éléments de la moelle, nous révèlent par eux-mêmes le but et le mode fonctionnels de ce système intermédiaire. Appartenant aux racines, postérieures, ces libres conduisent des impressions centripètes, et en raison de leur terminaison, elles apportent ces impressions aux cellules des cornes antérieures ; excitées de la sorte, ces cellules entrent en action, et comme elles ne tiennent sous leur dépendance que des racines motrices, cette action se révèle par des contractions musculaires, par des mouvements, à la production desquels la volonté est restée complètement étrangère ; tout s’est passé dans la moelle. Voilà en quelques mots tout le mécanisme, toute la théorie des mouvements réflexes : une excitation impres sive est transformée dans la moelle en excitation motrice . On peut donc définir le mouvement réflexe, un mouvement involontaire déterminé par une excitation périphérique, qui est propagée, à travers la substance grise de la moelle, jusqu’aux cellules motrices, par l’intermédiaire des fibres réflexes. Ces fibres méritent ainsi à tous égards le nom de fibres excito-motrices.
Les mouvements réflexes étant involontaires; il est facile de prévoir qu’ils se manifesteront d’autant mieux, que l’innervation volontaire sera plus complètement annihilée. L’étude expérimentale confirme pleinement cette induction. Déjà chez les grenouilles, il est très-difficile de produire à l’état normal des mouvements réflexes, mais ils apparaissent avec leurs caractères les plus nets, si l’animal a été décapité; le contraste est plus remarquable encore chez les mammifères ; chez eux, tant que le système nerveux est intact, il est extrêmement rare d’obser-