‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 32 sur 123 · partie de l’organe s’exerce celte influence spéciale · texte numérisé non relu

partie de l’organe s’exerce celte influence spéciale

La disposition anatomique du mécanisme réflexe indique déjà la substance grise, puisque c’est, là que s’opère la transformation de l’excitation impressive en excitation motrice; une expérience de Schrôder van derKolkadonné la démonstration positive de cette présomption (1). Chez deux chiens empoisonnés par la strychnine, il a constaté l’intégrité parfaite de l’encéphale et de la substance blanche de la moelle ; mais l’axe gris était le siège d’une injection considérable, qui présentait son développement maximum, dans le renflement lombo-dorsal; chez le premier chien, l’hypérémie avait causé la rupture de quelques capillaires, de sorte qu’il s’était fait çà et là de petits épanchements sanguins; chez le second, le fait le plus frappant était la dilatation anévrysmatique des capillaires, quelques-uns avaient aussi cédé sur les points les plus distendus. L’injection sanguine occupait également les cornes postérieures et les cornes antérieures; elle se prolongeait jusque dans les parties supérieures de la moelle, mais au-dessus du renflement lombaire on n’observait plus que des capillaires dilatés, sans extravasation sanguine.

En présence de ces résultats qui démontrent la généralisation des effets de la strychnine dans toute la substance grise; je ne puis accepter l’opinion de Cayrade (2), qui pense que la strychnine agit surtout sur les extenseurs ; les expériences qu’il cite à l’appui de sa manière de voir, semblent très-probantes, mais pour en apprécier la véritable

(1) Schrôder van der Kolk, loc. cit. La figure 13 représente très-nettement cette disposition remarquable des capillaires.

(2) Cayrade, loc , cit f

PIlYSIuLOGIE DE LA. MOELLE.

signification il ne faut pas perdre de vue le principe général qui a été établi par les travaux d’Engelhardt, de Harless, de Budge et de Volkmann (1). L’excitabilité des diverses fibres motrices dans l’intérieur de l’axe spinal n’est point égale sur tous les points de la moelle, et de l’ensemble des recherches précédentes, il ressort que dans la moelle lombaire c’est l'excitabilité des nerfs d’extension qui domine, tandis que dans la moelle cervicale c’est l'excitabilité des nerfs de flexion qui tient la première place. Cette proposition est la reproduction textuelle de la conclusion de Ludwig (2). Or, si nous songeons en même temps que les lésions observées par Schrôder van der Kolk dans la substance grise avaient leur plus grande intensité dans le renflement lombo-dorsal, nous verrons que les observations consignées par Cayrade dans son intéressant travail, rentrent dans la loi que je viens de rappeler, et qu’il n’est pas nécessaire d’invoquer, pour s’en rendre compte, la localisation de l’action toxique sur le système des nerfs d’extension.

Je ne puis quitter ce sujet sans appeler l’attention sur certaines causes qui exaltent puissamment la force excitomotrice de la moelle, en dehors de toute excitation toxique. Tandis que l’excitation temporaire des extrémités

(1) Engelhardt, Ueber die verschiedenen Functionen der oberen und unteren Hdlfle des Rückenmarks hinsichllich der Beug und Streclcmuskeln der Gliedmassen (Müller’s Archiv , 1841).

Volkmann, Beilrag zur naheren Kenntniss der motorischen Nervenwh'kungen ( eodem locot 1845).

Budge, Untersucliungen über das Nervensystem. Frankfurt, 1841.

Harless, Ueber die funclionell verschiedencn Partien des Rüchenmarks der Amphibien (Müller’s Archiv , 1846).

(2) Ludwig, Lehrbuch der Physiologie des Menschçn . Leipzig und Heidelberg, 1854.

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