VITESSE DES MOUVEMENTS RÉFLEXES
périphériques des nerfs sensibles détermine des mouvements réflexes coordonnés , l’excitation persistante d’un tronc nerveux irrité par un corps étranger, ou par une pression anormale, est d’abord sans effet; puis au bout d’un temps variable, sons l’influence de cette excitation, incessamment transmise, la force excito-motrice de la moelle dépasse les limites compatibles avec l’état physiologique, la crampe réflexe survient, le tétanos apparaît; qu’il soit traumatique ou non, le mécanisme pathogénique est toujours le même, et il doit être constamment présent à l’esprit du médecin.
Durée et vitesse des mouvements réflexes. — La durée de la propriété réflexe est loin d’être la même dans les diverses espèces animales ; elle peut persister pendant un temps, en quelque sorte illimité, dans les amphibies, les reptiles et les oiseaux, si la moelle a été simplement séparée de l’encéphale par une section transversale ; mais si l’on enlève le cerveau et la moelle allongée, la propriété réflexe s’éteint beaucoup plus promptement; c’est chez les oiseaux qu’elle disparaît le plus vite, puis viennent les mammifères, puis les reptiles, et enfin les amphibies. I/état de la circulation est une des conditions qui influent le plus sur la persistance des mouvements réflexes, même chez les animaux où elle présente la plus grande durée; la propriété excito-motrice est rapidement anéantie si la moelle ne reçoit pas un quantité suffisante de sang, convenablement renouvelé. Cette circonstance, d’après Schiff (1), explique pourquoi, chez les mammifères, les mouvements réflexes disparaissent plus rapide-
(i) Schiff, foc, cit.
PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE
ment après la section qu’après l’écrasementde la moelle; cette dernière opération, en effet, abolit la transmission cérébrale sans compromettre le système vasculaire de l’organe. Enfin, Brown-Séquard (i) a montré que si l’on refroidit le sang des mammifères et des oiseaux avant l’ablation de l’encéphale, en ouvrant la cavité abdominale et en laissant les viscères exposés à l’air, les mouvements réflexes durent plus longtemps que dans les conditions ordinaires; Schiff a vérifié ce fait sur des chats.
L’observation avait permis de constater, depuis longtemps déjà, que la vitesse des mouvements réflexes est moins grande que celle des mouvements volontaires. Helmholtz (2), qui le premier, en 1850, a mesuré exactement la vitesse de propagation de l’impulsion motrice cérébrale, au moyen d’une des conceptions les plus remarquables de la physiologie expérimentale, a étudié également la vitesse de production des mouvements spinaux, c’est-à-dire l’intervalle qui s’écoule entre l’application de l’excitant et le commencement du mouvement ; or, dans toutes les circonstances, même après l’empoisonnement par la strychnine, la secousse réflexe retarde de l/30e à l/10e de seconde sur la secousse volontaire; ce retard démontre que le mouvement ne résulte pas d’une transmission directe de l’excitation, et il donne la mesure de la rapidité avec laquelle est opérée, dans la
(1) Brown-Séquard, Experimental Researches on the Physiology and Patliology of the Spinal Cord. Richmond, 1855.
(2) Helmholtz, Messungen über den zeitlichen Verlauf der Zuckung animalischer Muskeln und die Foxtpflantzungsgeschwindigkeil der Reizung in den Nerven (Müller’s A rchiv, 1850 et 1852).
Voyez aussi sur ce sujet :
Brown-Séquard, Sur la vitesse du courant ncrveuv (le Progrès , 1859),