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CHAPITRE IV

DU RÔLE PHYSIOLOGIQUE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

LA MOELLE CENTRE D’iNNERVATION. — SON AUTONOMIE. (suite.)

Action de la moelle sur les mouvements involontaires. — Action sur la vessie, sur l’intestin, sur l’utérus. — Centre génito-spinal. — Travaux de Budge. — Action sur le cœur. — Théorie des mouvements automatiques. — Le tonus musculaire.

Action de la moelle sur l’excitabilité des nerfs moteurs. — Dégénérescence paralytique. — Théorie des centres nutritifs. — Influence de l’inertie fonctionnelle. — Dégénérescence dans les nerfs moteurs, dans les nerfs sensibles, dans les cordons de la. moelle. — Travaux de Türck. — Conditions de l’excitabilité normale des nerfs et de la moelle.

Action de la moelle sur l’excitabilité musculaire. — Question de l’irritabilité hallérienne. — Effets du curare.

Action de la moelle sur la sécrétion urinaire et les organes génitaux.

Action de la moelle sur les circulations locales, la calorification et la nutrition. — Centre cilio-spinal. — Les nerfs vaso-moteurs.

Action de In moelle sur les mouvements involontaires.

Les origines du sympathique dans la moelle nous rendent parfaitement compte de l’influence exercée par elle sur les mouvements organiques, et il y a quelques années déjà que cette action a été constatée expérimentalement. Ainsi l’excitation directe de la moelle amène des contractions dans les intestins, dans la vessie urinaire, dans l’utérus et les canaux déférents, etc.; les résultats primitivement annoncés par Ludge ont été confirmés par Pfîü*

PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

ger (1). Le premier de ces observateurs s'est attaché à déterminer exactement quel est le point de la moelle qui est le centre fonctionnel de ces divers mouvements, ou, en termes anatomiques, dans quel point de la moelle prennent naissance les racines sympathiques, qui conduisent à ces organes l’influence motrice. Après des recherches multipliées, Budge a été amené à localiser ces racines dans une région très-limitée de l’axe rachidien, au niveau de la quatrième vertèbre lombaire (chez le lapin) ; c’est là le centre d’action du sympathique lombaire, centre génito-spinal, qui tient sous sa dépendance les mouvements de la partie inférieure du canal intestinal, de l’utérus, de la vessie et des canaux déférents. Ces faits suffisent pour établir d’une ^manière générale l’influence directe de la moelle sur les mouvements organiques ; mais il est opportun d’examiner de plus près quelques questions qui ont une application pratique immédiate, entre autres, l’action de la moelle sur la vessie, et sur l’intestin.

Action sur la vessie. — Les premiers travaux de Budge qui démontraient si nettement la subordination du sympathique lombaire au segment correspondant de la moelle, ne suffisaient point encore pour rendre compte d’un fait pathologique, qui se présente très-souvent à l’observation; je veux parler de la paralysie isolée du corps et du col de la vessie. Le plus ordinairement, en

(1) Budge, Art. Sympathischer Nerv. , in Wagner’ s IJandwùrterbuch der Physiologie. Braunschweig, 18A6.

Pfliiger, De nervorum splanchnicorum funclionc. Berolini, 1855. — Das Hemmungsnervensystem. Berlin, 1857.

Budge, Ueber das Centrum genilo - spinale des Nervus sympathicus (Virchow’s Archiv , 1858).

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